26/02/2016

La belle Harmonie

En passant l’autre jour devant le Victoria Hall, et en levant le nez pour saluer la grande statue qui veille sur la cité, je me suis aperçue que le bâtiment portait encore les traces de la manifestation colérique de décembre dernier.

Trois gros éclats de peinture sur la façade. Vert, rouge, bleu. Trop hauts pour être nettoyés. Ah, les voyous!

M’est alors revenue l’histoire contée par un Genevois tout à fait respectable allant gentiment sur ses 90 ans.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, il était adolescent. Du genre marrant et assez remuant. Comment en était-il venu à concevoir cette expédition? Il ne s’en souvient plus très bien.

Toujours est-il qu’avec quelques copains de Chêne-Bourg, ils étaient descendus en ville à la nuit tombée, munis d’un drôle de barda.

Et tandis que Genève s’endormait, les garçons avaient escaladé la façade principale du Victoria Hall, d’abord avec une grande échelle, puis en s’aidant de leurs mains. Le but étant d’arriver au pied de la statue. La belle et troublante allégorie de l’Harmonie!

Ses formes sensuelles et sa nudité provocante avaient choqué, à la fin du XIXe siècle, les habitants de la Cité de Calvin. Mais pas ces jeunes polissons! Les voilà qui sortent de leur besace de la colle de poisson et une grosse touffe de poils. Et que je te flanque ça sur le pubis de la belle, avant de filer à l’anglaise…

Ah, les voyous!

Pour nettoyer la toison sauvage, pas besoin de crème dépilatoire ou de remède de cheval: quelques pluies ont eu raison de ces crins disgracieux, et la statue a retrouvé sa charmante nudité.

C’était l’amusement d’un autre temps…

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