29/02/2016

Qualité de vie au top

Ainsi donc, nous vivons super bien ici! Pour celles et ceux qui ne s’en seraient jamais rendu compte, il règne en ces lieux une qualité de vie que beaucoup de villes nous envient.

La preuve? Le dernier classement en date d’un institut tout ce qui a de plus sérieux nous place en 8e position mondiale. La vache!

Dans ce palmarès très flatteur pour nous, Genève arrive néanmoins derrière Zurich, classée numéro 2. Rien de bien nouveau sous le soleil: la Cité de Calvin ne peut décidément pas rivaliser avec celle de Zwingli…

Bombons malgré tout  le torse et assumons notre statut de cité épanouie, opulente et désirable, où ses habitants, venus d’un peu partout, se sentent parfaitement en sécurité.

A voir pourtant les affiches et les encarts publicitaires qui ont marqué la campagne des votations du 28 février, les personnes non averties par notre fonctionnement démocratique pourraient en douter.

Tunnels en feu, immenses croix gammées dans les gares, vieille dame en pleurs, vampire vêtu de noir piétinant un bâtiment public et slogans aux relents un peu rances ont mis les pupilles en émoi. On aura ainsi tout vu.

Et on ne parle pas de ces OUI ou ces NON immenses barrant en long, en large et en travers l’espace public, donnant cette drôle d’impression de ne pas savoir où donner de la tête.

Hier pourtant, les électeurs ont fait leur choix. Librement. On peut ou non se réjouir des résultats, ils sont l’expression de ce que désire la majorité des voix exprimées. Et cela fait aussi partie de notre qualité de vie!

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27/02/2016

Un défaut d'éclairage

L’Arve coule comme si de rien n’était. Elle devrait pourtant se demander pourquoi ses eaux ne sont plus nappées de couleurs vives lorsqu’elle quitte en vitesse les Acacias pour filer vers la Jonction. Pourquoi, alors?

Parce que l’ouvrage qui enjambe la rivière avec tant d’élégance à la hauteur des Vernets n’est plus que l’ombre de lui-même. Quand il fait nuit, donc.

Dorothée me signale que le fameux pont Hans Wilsdorf ne brille plus de mille feux lorsque tombe le jour. Et que ça dure depuis des mois. Seule une petite moitié de sa structure en nid d’oiseau est encore éclairée, le reste baignant dans l’obscurité.

Quand on a en mémoire les splendides jeux de lumière qui habillaient de tons chauds l’intérieur de l’ouvrage, on se dit que la nouvelle est regrettable. Pour une fois qu’une réalisation en jette dans la République, il faut que ça foire…

Est-ce que les finances de la Ville de Genève ne lui permettent plus d’entretenir correctement les cadeaux qui lui sont faits? Le pire étant que la partie éteinte du pont se trouve justement du côté des donateurs, à savoir la Fondation Wilsdorf. Moche, n’est-ce pas?

Renseignements pris auprès du génie civil, ce n’est pas une question de gros sous, mais de problèmes techniques. Le défaut d’éclairage étant lié à des dégradations faites sur l’ouvrage fin 2014 déjà.

Il y a donc eu analyse des désordres, nettoyage des installations et réparations. Tout ça prend du temps.

Bonne nouvelle, l’éclairage devrait être remis intégralement en service pour fin mars. Et que la lumière soit, Alléluia!

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26/02/2016

La belle Harmonie

En passant l’autre jour devant le Victoria Hall, et en levant le nez pour saluer la grande statue qui veille sur la cité, je me suis aperçue que le bâtiment portait encore les traces de la manifestation colérique de décembre dernier.

Trois gros éclats de peinture sur la façade. Vert, rouge, bleu. Trop hauts pour être nettoyés. Ah, les voyous!

M’est alors revenue l’histoire contée par un Genevois tout à fait respectable allant gentiment sur ses 90 ans.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, il était adolescent. Du genre marrant et assez remuant. Comment en était-il venu à concevoir cette expédition? Il ne s’en souvient plus très bien.

Toujours est-il qu’avec quelques copains de Chêne-Bourg, ils étaient descendus en ville à la nuit tombée, munis d’un drôle de barda.

Et tandis que Genève s’endormait, les garçons avaient escaladé la façade principale du Victoria Hall, d’abord avec une grande échelle, puis en s’aidant de leurs mains. Le but étant d’arriver au pied de la statue. La belle et troublante allégorie de l’Harmonie!

Ses formes sensuelles et sa nudité provocante avaient choqué, à la fin du XIXe siècle, les habitants de la Cité de Calvin. Mais pas ces jeunes polissons! Les voilà qui sortent de leur besace de la colle de poisson et une grosse touffe de poils. Et que je te flanque ça sur le pubis de la belle, avant de filer à l’anglaise…

Ah, les voyous!

Pour nettoyer la toison sauvage, pas besoin de crème dépilatoire ou de remède de cheval: quelques pluies ont eu raison de ces crins disgracieux, et la statue a retrouvé sa charmante nudité.

C’était l’amusement d’un autre temps…

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25/02/2016

La fête à la grenouille

«Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille. Et la grenouille, c’est mon amie…» chantait-on joyeusement sous la pluie, les pieds dans les flaques.

Or, n’en déplaise à la comptine, les batraciens ne sont pas spécialement à la fête ces temps-ci.

Quelle que soit la météo du jour, les grenouilles, tritons et autres crapauds sortent par milliers de leur cachette hivernale et s’élancent vers les gouilles les plus proches pour s’y reproduire.

Ce bel élan vital est souvent coupé net quand des axes routiers barrent le parcours amoureux des amphibiens, qui ne se doutent de rien. Que faire alors pour éviter qu’ils ne finissent tous aplatis comme des crêpes?

Faute de pouvoir interdire la circulation dans les campagnes en février et en mars, des humains aident ces petites bêtes menacées à traverser les routes. Elles tombent donc comme des fruits mûrs dans des seaux, enterrés contre les filets longeant les chaussées, ou empruntent des tunnels créés spécialement à leur intention. C’est pas mignon?

Plusieurs lieux protégés existent ainsi dans le canton. Tout ceci demande du matériel et des bénévoles, prêts à se lever à l’aube pour trimballer des bidons pleins d’amphibiens par-dessus les routes et les relâcher ensuite près de l’eau, assurant ainsi leur survie.

Les humains de chez nous sont décidément capables de grandes choses pour venir en aide aux grenouilles, qui sont nos amies.

Ne pourraient-ils pas avoir, parfois, autant de compassion pour les humains qui cherchent aussi à sauver leur vie? Mais c’est encore une autre histoire…

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24/02/2016

Les ponts peinturlurés

L’énigme des ponts peinturlurés enjambant les autoroutes A1 et A9 vient d’être percée. Il était temps. Le suspens durait depuis avril dernier…

Résultat des courses, ce sont des vandales sportifs, et non des artistes, qui ont opéré nuitamment sur ces ouvrages. Ils ont peint à l’arrache ces larges bandes rouges, blanches et noires qui rythment nos trajets automobiles entre Genève et Lausanne. Voire plus, si entente.

Ces interventions assez radicales ont alimenté toutes sortes de questionnements. Qui se cache derrière cette action et pour dire quoi, finalement?

La «cellule graffitis» de la police cantonale vaudoise a fini par pincer les fauteurs de troubles. Ce sont tout simplement de jeunes fans de hockey! Du LHC, donc. Les Genevois auraient ajouté une tache de jaune à la palette…

Ces peintres sauvages sont désormais poursuivis pour dommages à la propriété qualifiés. Dommage!

Parce que ces tranches de couleurs sur ces ponts désespérément gris ne font de mal à personne. Au contraire. Elles changent des slogans d’amoureux transis ou des déclarations ravageuses qui perturbent les conducteurs. Elles rompent discrètement la monotonie de l’autoroute et allument le coin de l’œil.

Je parie d’ailleurs que de nombreux usagers pensent que les rayures dilatées sont des interventions artistiques comme il s’en voit dans certains tunnels genevois. Et qui ont dû coûter bonbon.

Même pas. Ces bandes de couleur marquent juste le territoire de certains activistes et n’ont pas coûté un rond à la collectivité. Mais leurs auteurs devront passer à la caisse…

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20/02/2016

"Au bal de la vie", suite

C’était l’an dernier, à pareille époque. Je vous racontais l’histoire de deux vieux copains des Pâquis qui s’étaient lancé un défi: écouler, dans l’ébénisterie de Christian, les bouquins de Roger, pour qu’ils trouvent enfin leur public.

Roger Cuneo, puisqu’il s’agit de lui, avait écrit "Au bal de la vie". Un récit autobiographique poignant qui s’était étrangement mal vendu en librairie, si l’on songe que son précédent ouvrage ("Maman, je t’attendais") avait reçu le prix Jean d’Ormesson. Ce qui n’est pas rien!

Bref. Comme cela se fait en pareille circonstance, les invendus étaient promis au pilon. Pas question, se disent alors les deux complices qui rachètent le stock. C’est ainsi qu’ils se retrouvent, en février 2015, avec mille livres sur les bras. Eh bien la bonne nouvelle, c’est qu’ils n’en ont plus. Tout est parti!

Suite à l’article, des gens sont venus en nombre dans l’ébénisterie pâquisarde acheter, pour une thune, "Au bal de la vie" qui trônait en vitrine. Certains sont revenus en prendre deux ou trois pour leurs proches, tant ils ont aimé ce récit. Le bouche à oreille a bien fonctionné et, de lecteurs en lecteurs, les 500 bouquins ont trouvé preneur.

Les 500 autres exemplaires ont pris le chemin des cycles et les collèges. Les écrits de Cuneo ont touché les jeunes. Car l’auteur parle d’un temps, pas si lointain, où il s’est retrouvé, orphelin de 16 ans, à vivre seul à Lausanne et à bosser dur pour se payer une chambre, ses études et de quoi manger. Un témoignage qui intrigue les ados d’aujourd’hui et qui a donné lieu à de beaux échanges en classe. C’est extra!

Quant à moi, je vous retrouve mercredi prochain…

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19/02/2016

Les pentes opposées

Il m’a filé le témoin en disant «Tiens, vise un peu ça, c’est passionnant!»

L’objet en question est un livre trouvé aux puces de Plainpalais. Un bouquin patiné par les ans et dont la couverture part un peu en miettes. On dira qu’il a bien vécu puisqu’il est sorti d’une imprimerie genevoise en 1777!

Par quelle succession de hasards et de manipulations diverses ce tome I du dictionnaire géographique, historique et politique de la Suisse est-il arrivé, un beau jour, dans les mains d’un pucier, puis dans les miennes?

Mystère et boule de gomme.

Un collègue féru d’histoire et de généalogie a donc mené l’enquête. Ce fin limier a découvert le nom du premier propriétaire de l’ouvrage, grâce à l’ex-libris collé à l’intérieur la couverture et où figure un blason. Celui de la famille du duc de Bauffremont, dont la devise est «Dieu aide au premier chrétien» et le cri «Plus de deuil que de joie». De vrais rigolos, en ce temps-là…

Concernant notre petite république, j’ai beaucoup aimé la conclusion à laquelle les auteurs sont parvenus. Je cite, avec l’orthographe d’aujourd’hui: «D’ailleurs Genève a des alliances; elle peut donc se flatter de perpétuer son état florissant aussi longtemps que sa liberté et sa paix intérieure seront garanties par une constitution fixe, et qu’une administration modérée, mais respectée, la préservera des effets de deux pentes opposées; de celle qui entraîne les riches vers l’ambition de dominer, et de celle qui invite le peuple à l’indocilité et à la licence.»

Trouver un point d’équilibre entre ces deux pentes opposées, telle était la préoccupation genevoise, en 1777…

Le pucier avait raison: ce témoin est passionnant!

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18/02/2016

Mendicité encouragée

Les temps changent, pas vrai?

Autrefois figurait, dans les ascenseurs ou les halls d’entrée d’immeuble, l’avis «Colportage et mendicité interdits». Ça vous rappelle quelque chose? C’était avant que les bâtiments ne se barricadent derrière des portes à digicodes pour repousser les intrus.

Aujourd’hui, faire la manche n’est toujours pas en odeur de sainteté dans la République puisque ceux qui la pratiquent sont amendables. Bien.

Or voici qu’une nouvelle pub pousse à la mendicité pour obtenir l’objet de son désir! Les bas m’en tombent.

Oh, bien sûr, on dira que c’est de l’humour. A prendre au deuxième ou au troisième degré. Un message adressé aux jeunes. Un clin d’œil complice.

Mon œil! Mais je dois être trop vieille pour piger. Alors venons-en aux faits.

La pub de cette multinationale de la bouffe sur le pouce pose tout de suite la question vitale: «Tu as de l’argent?» S’ensuit un jeu de piste graphique avec question et réponse à la clé.

Tu as de l’argent? Ouais! Alors va directement au Big Mac qui t’attend là. Wouah!

T’en as pas? Tu sais chanter? T’as un chapeau? Alors chante dans la rue! On devrait te donner de l’argent… T’en reçois pas? Alors demande à mémé.

Et pourquoi pas à pépé, pendant qu’on y est!

Mendiez donc, vous qui n’avez pas de quoi vous offrir ce «must»…

Un comble, cette pub! Ou alors un truc furieusement tendance. Le travail devenant une marchandise toujours plus rare pour les jeunes, il ne leur restera bientôt plus qu’à faire la manche pour trouver à manger. Tout, mais pas ça…

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17/02/2016

Un temps à hiberner

La ville s’est vidée de ses occupants partis voir ailleurs si c’est mieux qu’ici. Car ici il fait moche, il fait froid, il bise à s’en geler les doigts. Alors dans mon bureau, bien au chaud, je procrastine grave… Mauvais carnet Julie!

Et alors? J’y peux rien s’il fait un temps à hiberner. La nature voudrait qu’on ralentisse, comme elle. Mais cette logique passe mal chez les humains. Surtout chez les humains employeurs. Alors je m’occupe à plein-temps, sans écrire immédiatement.

J’astique ainsi mon plan de travail pour le rendre propre en ordre. Nickel, même. Rien de tel pour avoir les idées claires. En cherchant bien, je vois de drôles de trucs non identifiables coincés entre les touches de l’ordinateur. Une horreur.

Après l’opération du clavier, le rond de café laissé près de la souris fait soudain tache. Et que je te poutze tout ça vite fait. Enfin vite, pas vraiment. Car tant qu’à faire le ménage, je trie encore le cheni dans les tiroirs, taille les crayons et change l’eau des fleurs. Or pour aller chercher la flotte, faut passer devant la machine à café…

Alors hop, un petit noir en passant. Le gobelet pisse à nouveau et laisse un rond discret sur le bureau, près de la souris. Je ne vais pas m’en sortir.

C’est déjà quoi, tous ces papiers? Je m’attaque à la pile de documents, instable, forcément. Tout dégringole. Il y a des feuilles partout. Mince, ça ne va pas me mettre en avance. Et dire que je n’ai pas encore écrit une seule ligne pour demain…

Ah tiens, intéressant. J’avais mis de côté un article sur la procrastination au travail. Tu parles d’un hasard!

Bon, fini de rigoler. Au boulot, Julie.

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16/02/2016

Mamie remontée

Sa lettre manuscrite annonce d’emblée la couleur: Anne-Marie est une grand-mère genevoise qui rouspète! Ciel, que lui est-il donc arrivé?

A dire vrai, rien de très particulier. C’est plutôt l’accumulation de plusieurs faits agaçants qui la pousse à râler. Ainsi la conférence sur le climat: tout le monde veut changer la donne, mais qui est prêt à changer quelque chose dans sa petite vie bien confortable, hein?

Qui renonce à la voiture pour conduire son chérubin à l’école? Qui évite de faire couler inutilement l’eau au robinet? Qui éteint les lumières dans les chambres vides? Qui aère son logis en hiver pendant 5 petites minutes, au lieu d'une heure? Pas grand monde!

Dans un autre registre, qui jette son chewing-gum dans une poubelle, et non sur les trottoirs? Qui ramasse les crottes de son chien? Qui? Il y aurait encore tant de choses à améliorer…

Pour mieux vivre ensemble, plaide cette aînée, on peut déjà tendre la main au moins une fois par jour à ses semblables. Avec le sourire.

C’est pas compliqué, par exemple, de tenir la porte à quelqu’un chargé de sacs, de proposer à une personne âgée de lui porter ses fardeaux.

Ou alors de confectionner un gâteau et de mettre une part de côté pour son voisin qui a besoin d’un peu de douceur, au propre comme au figuré.

Le monde ira un peu mieux quand on regardera moins son portable et un peu plus l’autre. Celui qui est devant soi, en chair et en os! Un bonjour dans la rue, ça ne coûte rien, mais ça réchauffe le cœur.

Y’a pas à dire: le bon sens d’une grand-mère râleuse, ça fait vraiment du bien!

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15/02/2016

Le gramme en trop

On ne plaisante pas avec la précision en Suisse. Elle fait partie de nos valeurs cardinales. Pensons à nos montres, à nos industries de pointe.

Et à notre Poste…

Oui, le géant jaune aime la précision. Celle de ses balances. Ces machines rigoureuses qui pèsent les lettres et les colis à trimballer plus ou moins loin à la ronde. Et qui déterminent ainsi le prix à payer pour ce service.

L’autre jour, Ingrid et Ingolf se rendent à la poste du Petit-Lancy, un petit paquet sous le bras. Ils comptent l’expédier à Berlin.

Ce n’est pas une première pour eux. Ils savent que le port se calcule d’après le poids de l’objet et qu’il augmente (le prix, donc) par kilo entamé.

Le sachant, ils prennent des dispositions pour ne pas faire exploser leur budget. Ils pèsent scrupuleusement le paquet qui fait 1995 grammes pile à leur balance de cuisine. Or, sur celle de la poste, il a pris du poids. Il pèse soudain 2001 grammes. Aïe. Problème.

Car la postière est formelle: le gramme en trop va coûter comme un kilo en plus. Punkt. Schluss. On est précis ou on ne l’est pas.

Alors Ingolf demande à l’employée une paire de ciseaux. Et il coupe avec détermination un morceau de papier kraft entourant le pacson. Ainsi le compte est bon et il repasse sous la barre des deux kilos. Ouf, on respire.

Reste encore à affranchir le tout, après le dernier passage sur la balance. Aux dernières nouvelles, les timbres n’ont pas fait la différence!

Mais l’on ne sait pas encore si le paquet, privé de quelques grammes d’emballage, est arrivé à bon port...

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13/02/2016

Un temps à carnaval

Coincés, les Genevois? Pas tant que ça!

Suffit de voir ces déhanchements lascifs qui pimentent les nuits de nos boîtes et font chavirer toute la République. Bon. Vous me direz que tout ça se passe dans des lieux fermés et feutrés…

Parce que sur la voie publique, c’est une toute autre histoire. Pas de danses endiablées, pas de tenues excentriques ou de musiques pétaradantes. Les cliques, non merci. Genève n’est pas encore prête à rivaliser avec Bâle, Lucerne ou même Moudon et ses Brandons.

Dans la ronde des carnavals, la Cité de Calvin est décidément à la traîne. Elle a pourtant tout essayé.

Il fut un temps où le Palladium se drapait de couleurs brésiliennes pour danser la samba. Onex s’est pris de passion pour les Guggenmusik. Des associations ont lancé d’éphémères réjouissances carnavalesques. Ça n’a jamais vraiment pris. Faut croire que cette fête n’est pas dans notre ADN.

Certains y croient encore dur comme fer. Sauront-ils faire souffler ce petit vent de folie sur le reste de la ville? Car le Carnaval aux bains, qui va vivre sa 5e édition, se tient pour l’essentiel sur la jetée des Pâquis.

On y croisera ce samedi après-midi des poulpes géants dans le jacuzzi et on pourra faire une chasse au trésor en compagnie de Phileasardine Fogg et Passe-partout. Normal, le thème des réjouissances se situe vingt mille lieues sous les mers.

Avant le feu d’artifice, mais après le concours de déguisements des enfants, le Bonhomme Hiver sera brûlé. Sous les flocons, t’y crois pas…

Alors bon carnaval aux uns, bonnes vacances aux autres, et joyeuse fête aux amoureux!

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12/02/2016

Les choses de la vie

Je ne savais pas les Genevois si taquins. Marina m’a ainsi livré sa technique mise au point pour lutter, avec le sourire, contre les démarchages téléphoniques.

Avant de répondre à l’appel, elle enclenche sur son lecteur CD une petite chanson d’Henri Dès: «Pan pan pan, qui est là? C’est la pt’ite Charlootte…» Les intrus craquent assez vite.

La facétieuse varie les plaisirs. Elle place parfois l’écouteur devant sa TV où s’échangent quelques répliques suaves de top models. Un autre nanar fait aussi bien l’affaire. Effet garanti.

Il faudrait un jour qu’un démarcheur téléphonique me file la liste des plus grosses ficelles inventées pour lui faire lâcher prise…

Lâcher prise, les partis devraient aussi y penser quand ils font de la retape personnalisée pour les votations. Une Pâquisarde a eu dernièrement la surprise de découvrir, dans sa boîte aux lettres, un courrier adressé à son mari l’appelant voter socialiste et signé par les élus du parti à la rose.

Mais il y a une épine. Une grosse qui fait mal. Le capitaine de la gendarmerie genevoise à qui s’adresse cette missive est décédé d’une crise cardiaque lors du G8. C’était en 2003! Sa femme n’a pas encore digéré ce courrier déplacé.

Une autre veuve a reçu un pli du Service des successions et de l’enregistrement qui l’a aussi mise hors d’elle. Cette dame a donc perdu son mari, mais la lettre officielle s’adresse à «Monsieur» pour lui présenter les condoléances, avant d’entrer dans le vif du sujet. Nul!

Car Monsieur a été frappé par la mort, pas par le deuil. Et Madame est dans la peine. Pas besoin d’en rajouter.

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11/02/2016

Encore les abeilles...

Planter des crocus? Il y a mieux à faire pour sauver les abeilles, me signale Pierre, en réaction à l’encre d’hier. Mieux vaut signer la pétition en ligne «protégeons les abeilles» visant à interdire les pesticides qui les tuent à petit feu. Ce sera plus efficace.

Ou alors signer cette requête sur les stands de Greenpeace qui se trouvent dans les Rues Basses, me dit-on par ailleurs. Je ne savais même pas qu’une telle collecte de signatures était en cours. C’est dire…

Mais j’ai rattrapé mon retard. J’ai par exemple appris, sur le site de l’organisation citée plus haut, que des experts avaient estimé la valeur économique du travail de pollinisation de nos chères butineuses.

Ne me demandez pas comment ils ont calculé, j’en sais trop rien! Ce boulot représenterait, disent-ils, environ 300 milliards de francs suisses par an…

Braves bêtes! Qu’on les laisse donc faire leur boulot gratos sans les gazer. Ces alliées ailées sont trop précieuses pour qu’on les traite ainsi.

M’est donc d’avis qu’on peut signer la pétition pour assurer leur survie et faire pousser aussi pour elles des plantes à floraison précoce. Histoire de fournir de quoi manger à leurs larves. Les deux choses sont compatibles.

Que faire autrement? Attendre que les abeilles aient disparu de nos vies pour les regretter et pleurer sur notre triste sort? Ce serait pas très malin.

Autant agir pour elles maintenant, même si cette action n’est qu’un grain de sable. Notez qu’avec la raréfaction de ce matériau à la surface du globe, c’est toujours bon à prendre!

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10/02/2016

La santé des abeilles

Mettre le nez dehors? Faut vraiment le vouloir, ou le devoir: le temps est tout sauf aguichant! Pourtant, des tas de fleurs s’épanouissent déjà dans les prés ou les plates-bandes alentours. Des primevères, crocus et perce-neige, qui n’ont pas eu trop à percer cet hiver.

J’admire depuis toujours ces fleurs qui annoncent le printemps. Mais après avoir écouté l’émission «On en parle» de la RTS, j’aimerais carrément en planter, pour qu’il y en ait davantage.

Parce que si j’ai tout bien compris, ces plantes à floraison précoce fournissent aux abeilles, avec les saules, les noisetiers et les cornouillers, le pollen dont elles ont cruellement besoin pour nourrir leurs larves.

Si elles n’ont pas assez à becqueter à cette période de l’année, ces futures butineuses ne pourront pas se développer. Et ce serait plutôt moche!

Alors pour que ces mouches à miel puissent continuer à faire leur boulot dans un monde qui leur est toujours plus hostile, les humains pourraient peut-être leur donner un coup de main. En faisant pousser, par exemple, des plantes à floraison précoce dans leur jardin ou dans des bacs, sur les balcons.

Ceux qui possèdent un coin de terre pourraient aussi y planter des saules ou d'autres arbustes fleurissant tôt dans la saison. Les abeilles passeraient ainsi bien mieux ce moment critique, et ce serait bénéfice pour tous.

La nature étant bien faite, les butineuses s’en iront ensuite polliniser les fleurs des arbres à fruits, ce qui assurera une bonne récolte de cerises ou de pommes. Miam…

Sans oublier le miel. Slurp…

C’est décidé, je plante demain des crocus!

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09/02/2016

La frousse s'invite

Les Genevois sont curieux. Dimanche, au lieu de rester au sec chez eux, ils ont bravé la pluie battante pour découvrir, de leurs yeux, le nouvel Opéra des Nations. Une scène lyrique toute en bois, vous imaginez?!

Il y avait foule à l’intérieur des portes grandes ouvertes de l’institution. On a donc fait la queue pour visiter la salle, la scène et les coulisses de cette construction provisoire faite en un temps record. Ou faite tout court, ce qui est déjà un exploit.

Sur le plateau, au milieu des décors d’Alcina, les visiteurs pouvaient poser toutes sortes de questions au maître de cérémonie. L’une revenait souvent.

Côté sécurité, le bâtiment est fiable? Euh, tout ce bois, ça ne brûle pas des fois trop facilement?

Nous y voilà! Le bois est encore et toujours intimement lié au feu. A la bonne vieille peur de l’incendie. Une construction publique faite avec ce matériau peut inquiéter plus qu’une autre les gens qui aiment se faire peur. Et le bel Opéra des Nations n’y coupe pas.

Avec pédagogie, l’homme de théâtre explique alors les tonnes de précautions prises. Les exigences du service du feu. Les fauteuils changés pour être conformes aux normes suisses. Les sièges étaient sûrs pour les Parisiens, pas assez pour les Genevois. Sourires soulagés…

Et s’il reste des inquiets dans la salle, qu’ils filent au Printemps Carougeois! La manifestation aura bientôt la frousse aux trousses. Elle cherche des figurants bénévoles prêts à participer à la parade effrayante et démoniaque de la Cie Transe Expresse, qui aura lieu le vendredi 22 avril. Y a-t-il des amateurs?

(www.carouge.ch)

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08/02/2016

Liaisons contrariées

Dans la rubrique «c’était mieux avant», une dame regrette de ne plus pouvoir prendre son bus à la place Dorcière pour se rendre à Annecy, comme elle le faisait jusqu’en décembre dernier.

Elle achetait alors son billet à la gare routière et grimpait directement dans le véhicule aux plaques françaises qui stationnait là, au cœur de la ville.

Eh bien c’est fini! Sans crier gare, il a été décidé que le bus 72 ne desservirait plus ce lieu central. La passagère doit désormais aller le chercher plus loin, du côté de l’aéroport ou du Bachet, là où passent d’autres lignes d’Unireso.

Seules les liaisons du matin et du soir sont encore maintenues place Dorcière pour les personnes venant de France voisine œuvrer dans la cité. On parle de bus, bien sûr.

Pour les clients branchés, ça ne change pas grand-chose, finalement. Mais pour ceux qui, comme cette dame, ne peuvent pas acheter leur billet par Internet ou prendre un abonnement, comme la plupart des usagers font, ça complique la donne.

Car ils seront pénalisés s’ils payent leur titre de transport directement dans le véhicule. Pour éviter cette surtaxe, ils peuvent toujours aller chercher leur ticket à la gare routière, comme avant, puis retraverser toute la ville en TPG. Et ça passe assez mal quand le client a le sentiment que le service est moins bon et plus cher. Mais c’est ainsi!

Les autorités cantonales veulent en effet diminuer le nombre de cars qui transitent par la place Dorcière, afin de décharger le site et fluidifier la circulation alentours. Puis viendra le temps de la mise en service du CEVA.

Pour le plus grand nombre, ce sera alors mieux après. Enfin on l’espère!

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06/02/2016

La filature publique

Souriez, vous êtes filmé. Même si vous faites semblant de ne pas remarquer les caméras qui pointent leur museau un peu partout au-dessus de vos têtes.

Bientôt, plus personne ne se formalisera d’être constamment pris en filature sur la voie publique. Ça fait partie du jeu: ces yeux fouineurs sont là pour nous protéger. Ils veillent sur nous et sur nos biens. Bien.

Grâce à la vidéosurveillance, la criminalité va baisser, le sentiment d’insécurité disparaître et la concorde revenir en ces lieux, dit-on. Peut-être. Notez qu’avec les menaces terroristes et les mesures qu’elles imposent, ce type de contrôle a encore de l’avenir!

N’empêche. C’est pas drôle de se sentir toujours épié quand on n’a rien fait de mal et donc strictement rien à se reprocher. Ça me donne juste envie de faire un pied de nez à chaque appareil espion repéré...

Alors quand on m’a signalé la présence d’une caméra cachée, place du Cirque, pour mater les lieux sans que ses usagers ne puissent s’en rendre compte, j’ai foncé. Pour voir.

Et là je dis chapeau! Car il faut être à pieds et s’arrêter tout contre l’immense platane dominant la place pour découvrir son existence. La machine est juchée sur un poteau planté à deux pas de l’arbre. Certes, un petit panneau rond signale que vidéosurveillance il y a. Encore faut-il pouvoir le lire.

Renseignement pris, la caméra zieute uniquement les flux de circulation, et rien d’autre. Elle ne capte ni les visages des cyclistes ou des piétons passant au rouge, ni les plaques de voitures forçant le passage. Elle n’est là que pour gérer la mobilité générale. Soit.

Alors sourions!

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05/02/2016

Pousser à l'achat

«Pour moi et pour toi». On connaît par cœur le slogan d’un des géants de la grande distribution suisse.

Cette semaine, la Coop nous offre, à toi et à moi, la possibilité d’obtenir cinq fois plus de superpoints lors nos achats. Wouah, quelle aubaine!

L’action se découvre dans les pages du journal de l’entreprise, et elle a le don d’énerver une cliente. Car si l’on regarde de près ce qui est proposé, la multiplication des points (et non des pains) est valable uniquement si l’on fait des achats pour un montant minimum de 50 francs.

Or la plupart des acheteurs ne dépensent pas une telle somme, affirme cette lectrice. A moins de faire les courses une fois par semaine. Ou d’être appâtés par les superpoints.

Et puis à voir la liste des produits qui n’entrent pas en ligne de compte dans cette superaction, c’est à se demander ce qui reste pour faire le poids.

Mais ma brave dame, c’est du pareil au même à la Migros! Ils se tiennent à la culotte, ces deux-là, pour nous pousser à la consommation.

Car «M comme Marque d’exception» fait aussi fort, ces jours, avec ses paquets surprises. Si t’as pas acheté la sucette pour le petit dernier et que tu n’arrives pas aux 20 francs pile nécessaires pour avoir droit à l’autocollant, c’est râpé. Tu reviens une autre fois. Et là, tu calcules tes dépenses au centime près pour être sûr d’arriver au total voulu.

Si t’es bien sage, après vingt stickers, tu as droit au cadeau. Bravo!

Avec ces promotions, ils nous prennent un peu pour des ballots. Ne feraient-ils pas mieux, finalement, de baisser les prix de certains produits? Ce serait une vraie bonne action!

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04/02/2016

T'es Pas Gentil?

Allez, Julie! Fais un truc bien piquant sur les TPG. Et spécialement sur les contrôleurs «T’es Pas Gentil» qui n’en font qu’à la tête du client, me glisse-t-il à l’oreille.

Bof! Le retour de ce froid bien humide ne donne pas envie de piquer. Plutôt de ronronner au coin du feu… Mais je ne suis pas payée pour. Alors va pour un billet doux, cette fois. Ça peut pas faire de mal, comme dirait l’ami Gallienne sur les ondes de France Inter.

J’avais parlé l’automne dernier de cette retraitée qui s’était pris 100 balles d’amende parce qu’elle n’avait pas réussi, lors d’un contrôle, à présenter le ticket qu’elle avait pourtant acheté. Elle avait ensuite remis la main dessus et contesté la sanction. Eh bien elle a eu gain de cause! A titre exceptionnel. Et en tenant compte de sa situation financière. Bien vu!

L’autre fait remarquable a été relevé samedi, à l’avenue Louis-Casaï. L’abri TPG, situé devant l’Hôtel Crowne Plaza, est désaffecté depuis longtemps. Or, il y a toujours des touristes, ou des gens dans la lune, qui patientent longtemps à cet endroit avant de réaliser que quelque chose cloche.

Normal. Seule une petite affiche rédigée en français indique que l’arrêt est déplacé 50 mètres plus loin. Pour les non-francophones, qui sont légion dans le canton, ça ne dit juste rien.

Samedi, ils étaient ainsi une dizaine à attendre le bus qui, le moment venu, leur passe évidemment sous le nez. Mais! Réalisant le trouble de ces clients abandonnés, le chauffeur s’arrête plus loin, laissant le temps à la petite troupe de courir sous la pluie pour grimper à bord du véhicule. C’est-y pas sympa?

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