24/03/2016

Un taxi dans la nuit

Le blues d’hier a repoussé d’un jour cette jolie histoire de taxi. Mais je ne compte pas l’abandonner pour autant. Car la gentillesse, voyez-vous, est plutôt salutaire par les temps qui courent.

Deux tourtereaux de 17 ans s’en reviennent samedi soir d’un concert à l’Arena. Tous deux crèchent à Avully, autant dire au diable vauvert. Manque de bol, ils loupent la correspondance avec le RER et se retrouvent ,comme seuls au monde, en pleine Zimeza. Un décor on ne peut plus romantique…

A défaut de déranger les parents, les jeunes appellent un taxi. En raclant bien leurs fonds de poche, ils parviennent tout juste à rassembler 34 francs à eux deux. Ça ne suffira pas pour régler la course, c’est vite vu.

Ils annoncent d’emblée la couleur au chauffeur de taxi qui leur dit «on verra bien». Mais eux voient, avec un peu d’inquiétude, le compteur tourner.

A La Plaine, le montant à disposition est atteint. Les clients demandent alors au conducteur de les déposer là. Il leur reste trois bons kilomètres à marcher dans la nuit pour rentrer chez eux, ce n’est pas la mer à boire.

Mais le chauffeur ne l’entend pas de cette oreille. «Pas question que je vous laisse en pleine campagne, les jeunes! Je vous laisse mon numéro de téléphone, vous arrangerez ça plus tard». Il les pose ainsi à Avully. Et encore bonne nuit!

La confiance a payé. Le lendemain, une maman reconnaissante appelait le chauffeur de taxi pour le remercier et lui régler son dû. Simple comme bonjour. Et sympa comme tout.

Sur ce, je vous pose carrément un lapin, en chocolat, et vous retrouve à la rentrée. Joyeuses fêtes de Pâques!

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23/03/2016

Le blues, sans doute

Au fil des heures, mon encre bleue a viré au noir. Le blues, sans doute.

Depuis la double explosion à l’aéroport de Bruxelles et les horreurs qui ont suivi, les mauvaises nouvelles n’ont cessé de déferler sur nous à folle allure, en ce triste mardi.

Prise par le suivi en direct de ces attentats, j’ai été bien incapable d’aligner plus de trois phrases de l’histoire que je voulais vous conter ici aujourd’hui.

Le billet prévu, qui mettait en scène un chauffeur de taxi genevois très sympa, m’a semblé soudain totalement hors de propos alors que je prenais connaissance, comme tout le monde, de la situation à Bruxelles, du décompte des victimes et des nombreux témoignages qui affluaient.

Dans ces conditions, peut-on faire comme si de rien n’était? Est-ce bien de continuer à écrire sur les faits de notre paisible quotidien, alors que des gens meurent en prenant le métro pour aller au boulot, à un peu plus d’une heure de vol de chez nous?

Bonne question. Mais si je devais renoncer à écrire mes billets après chaque attentat, je devrais bientôt fermer boutique. Il s’en passe tous les jours, des plus ou moins lointains, des tout aussi abjects.

Or, celui-ci m’a spécialement coupé la chique. Faut dire Bruxelles est une capitale proche et spécialement sympa. Un endroit où l’on a vite ses repères. Parfois même ses habitudes. Beaucoup d’entre nous ont mis les pieds un jour ou l’autre à son aéroport.

Alors forcément, chacun se fait son cinéma. Et c’est pour ça aussi que ces attentats nous touchent pareillement. Quel blues, les amis Belges…

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22/03/2016

Sourire au printemps

C’est le printemps et il fait grand beau. Que demander de plus, côté météo?

Sourions donc à pleines dents devant la nature qui s’éveille, la sève qui monte de partout et la perspective des beaux jours à venir. C’est si bon.

Oui mais voilà. Ai-je le sourire qui convient pour savourer pleinement ce bonheur naturel? J’ai un léger doute.

Faut dire qu’une lettre m’a un peu plombé le début de la matinée. Elle vient d’une clinique dentaire chicos et s’adresse à moi, je ne sais pourquoi. Une pub, quoi!

«Souhaitez-vous préserver une excellente santé et l’harmonie dans votre vie sociale?» me demande-t-elle. Oui, bien sûr, mais quel est le rapport…

Eh bien, plus t’as de belles dents,  plus tu gagnes en assurance. Un beau sourire, acquis avec des soins dentaires haut de gamme, c’est un atout prépondérant pour ton rayonnement personnel au sein de la société. La classe, quoi!

Si je sais lire entre les lignes, ça revient à dire que sans des quenottes parfaites, t’es rien, ou si peu. Et quand on sait le prix des dentistes…

La pub insiste: «La dentition est la première chose qui est observée lorsqu’on rencontre une personne. En second viennent les yeux». Prêche pour ta paroisse! Pour moi, les mains sont plus parlantes que les crocs. Les yeux aussi. Alors cause toujours.

«Pour sourire à la vie, appelez-nous sans attendre» insistent-ils. Ils vont attendre longtemps! Car même si je n’ai de loin pas la dentition de Julia Roberts, (de près non plus…), je vais sourire à pleines dents au printemps, comme d’habitude. Aux passants aussi. Et ça ne sera pas un rictus de pub.

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21/03/2016

Le chien et la valise

C’était une histoire vraie, vécue par l’amie d’une amie de l’amie de sa fille, m’a-t-elle assuré.

Vérifications faites, c’est une légende urbaine qui court sur la Toile et se décline en plusieurs variantes. Si le fond reste le même, le lieu de l’action, les prénoms et les accessoires diffèrent.

Comme nous sommes dans une période où l’on peut rire de bon cœur, je vous la livre, dans sa version courte.

C’est donc l’histoire de Marie qui s’occupe du gros chien de sa voisine pendant ses vacances. L’animal est très vieux et très malade. Un jour hélas, il trépasse. Panique de la jeune femme.

Que faire? Elle décide de transporter le cadavre chez le vétérinaire le plus proche. Une solide valise à roulettes fera l’affaire. La miss glisse alors le corps dans le bagage et se met en route.

Elle avance péniblement dans la rue, tirant ce poids mort derrière elle. Un passant lui propose de l’aide. Marie ne dit pas non: elle en a plein les pattes!

Le galant homme empoigne la valise et commence à tailler une bavette avec la fille qui commence à se demander dans quel pétrin elle s’est fourrée. Car au bout de quelques mètres, le porteur se fait curieux. Que peut bien contenir une valise aussi lourde?

Euh… du matériel informatique! lâche-t-elle, un brin empruntée.

Peu après, le charmant monsieur accélère soudain le pas et s’enfuit avec la valise, sans demander son reste.

L’histoire de dit pas pourquoi Marie n’a pas piqué un sprint pour rattraper le voleur. Ni la tête qu’il a faite en ouvrant la valoche…

Une vidéo récente a d’ailleurs été faite à partir de cette légende urbaine, intitulée «Je suis dans la merde». C’est dire!

www.festivalnikon.fr/video/2015/2063

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19/03/2016

Prendre son pied

A chacun ses marottes. Il y en a qui font de la course à pied et d’autres qui prennent leur pied en se triturant les méninges. C’est ainsi. Chacun fait ce qui lui plaît. Pas vrai, Guillaume?

Vous prendrez bien un peu de dictée? Qu’importe s’il fait beau dehors, pourvu qu’il y ait l’ivresse intérieure… Celle de réussir un sans-faute à l’exercice collectif proposé par l’Alliance française de Genève.

Car ce samedi à 14 h, au moment où les quais et les terrasses seront remplis de gens se dorant au soleil printanier, d’autres sueront devant leur copie, à la Cité bleue, pour accorder correctement le participe passé d’un verbe pronominal et braver d’autres joyeusetés de la langue française.

Cette joute orthographique singulière est ouverte à tous les amateurs et elle est gratuite. On vient donc avec son Petit Robert, son Grevisse et son Godel sous le bras. Ou pas. Chacun fait ce qui lui plaît. Seul l’ordinateur n’est pas admis dans la salle à cause du correcteur. Ce serait pas du jeu…

Car ici, la dictée se veut ludique et constructive. Trois catégories d’âge sont ainsi prévues pour s’amuser sur le même texte, et l’on verra bien qui s’en tirera le mieux.

M’est d’avis que tous ceux qui ont été traumatisés par cet exercice dans leurs tendres années scolaires devraient participer à l'événement pour réviser leur jugement.

Alors Guillaume, prêt pour la dictée?

Mais oui, allez, faites un peu de sport cérébral, ça peut pas faire de mal! Si?

Tant pis, j’aurai au moins tenté de le convertir. Sûr qu’il va encore aller faire de la course à pied. A chacun ses marottes...

(Inscription sur place selon les disponibilités, Cité bleue, 46 avenue de Miremont)

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18/03/2016

Cadeaux intéressés

Parfois, les cadeaux reçus se révèlent un brin envahissants. Et je ne pense pas forcément à l’énorme ours en peluche qui squatte le canapé du salon depuis l’anniversaire du cadet.

Il s’agit d’un truc bien plus petit et intrusif qui se glisse, mine de rien, dans votre vie privée. C’est la carte cadeau offerte par Manor à ses bons clients.

Marie a ainsi reçu des «bonus card» pour la récompenser des achats conséquents et réguliers effectués dans le magasin de Vésenaz. Chouette alors.

Que doit-elle faire avec ce sympathique bout de plastique? L’activer, bien sûr, en se rendant sur le site du groupe commercial. Elle doit alors remplir un formulaire et donner son adresse mail.

En retour, Marie obtiendra le code qui lui permettra d’utiliser ce bon d’achat dans certains rayons du grand magasin, et ce jusqu’à la fin du mois de mars.

Oui mais voilà, cette fidèle cliente tient mordicus à protéger ses données. Elle n’activera donc pas ses cartes et pense même les jeter à la poubelle.

Mais une question la turlupine: les gens qui reçoivent ces bons et qui ne possèdent pas d’ordinateurs, ils font comment pour faire valoir ce bonus?

Marie va donc se renseigner auprès du Service Clients. On lui répond que dans ce cas, la carte est activée là, sur place. Sans rien leur demander. Idem pour ceux qui refusent de communiquer leurs données sur le site de Manor. Et ils seraient nombreux…

Notre cliente précautionneuse a donc dégainé ses cartes qui ont été aussitôt validées. Elle en a profité pour faire des cadeaux à son petit-fils avec ce cadeau qui était devenu, finalement, assez bon!

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17/03/2016

Rire de bon coeur

«Rire, c’est bon pour la santé… Rire de bon cœur, avec quelqu’un, c’est partager des moments de bonheur…»

La prestation surréaliste du président de la Confédération a remis au goût du jour la nécessité de rire. Un verbe qui veut dire «exprimer la gaieté par l’élargissement de l’ouverture de la bouche, accompagné d’expirations saccadées plus ou moins bruyantes.» C’est du moins l’avis du p’tit Robert. Mon dico.

Et cette manifestation-là, on n’y a pas eu droit lors de cette mémorable allocution pour la journée des malades. Tout le monde s’est donc dilaté la rate, fendu la pipe ou s’est bidonné grave. Ah, quel bien ça fait par où ça passe!

Rire, c’est donc drôlement bon pour la santé, mais ce n’est plus suffisant pour être le pays le plus heureux du monde.

La Suisse était en tête du classement des pays dont les habitants étaient le plus aux anges. Une étude réalisée par l’Université Columbia, allez savoir pourquoi. Or, voilà que le Danemark repasse juste devant nous.

Qu’a-t-il de plus, ce royaume, pour nous ravir la couronne des gens heureux, je vous le demande. La mer? Elle est froide. Les Lego? Nous avons Heidi. La richesse? On se tient. L’ouverture aux réfugiés? Euh… Alors quoi?

Mystère. N'empêche. Pour améliorer le bien-être de leur population, quatre pays ont déjà nommé des ministres du bonheur. En Suisse, nous avons à l’évidence un président qui assure. Reste à savoir s’il connaît la chanson. Celle de Gilles: «Le bonheur est chose légère/que toujours, notre cœur poursuit/mais en vain, comme la chimère/on croit le saisir, il s’enfuit…»

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16/03/2016

Accusé de réception

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Hugues commande l’autre jour des produits Just à son droguiste qui les lui envoie par la poste, comme d’habitude. Une opération facile. A première vue.

C’est par courrier électronique que la poste avise le destinataire de l’arrivée prochaine du colis. Youpi! Elle indique même le poids et les dimensions de la chose qui entrera pile-poil dans la boîte à lait. Pratique, n’est-ce pas?

Or le lendemain, un autre courriel de la poste annonce à l’intéressé qu’il a hélas raté la livraison du paquet. Mais il pourra le retirer à l’office de poste de Bern neutrale Abholungseinladungen!

Ach! A ce stade, autant aller chercher soi-même les produits désirés en Appenzell, patrie de la maison Just…

C’est quoi au juste le problème?, demande alors Hugues à son facteur. Pourquoi avoir mis un papillon jaune dans ma boîte et non le colis attendu?

Eh bien voyez-vous, Monsieur, cet envoi est resté à notre office postal car il est estampillé «QL». Autrement dit, il contient du liquide, ce qui est potentiellement dangereux. (C’est vrai qu’un déodorant bio, ça craint un max!)

Bref. Dans ce cas, il faut demander un accusé de réception. Et comment l’obtenir, quand il n’y a pas d’interphone dans l’immeuble pour appeler les clients?

Par chance, le Genevois n’a pas dû se déplacer à Berne pour récupérer son paquet suspect. Un crochet au bureau de poste du coin a suffi.

Le jour suivant, il recevait un troisième courriel du géant jaune lui disant que le colis avait été délivré avec succès…

Pourquoi faire si compliqué?

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15/03/2016

Un atelier sous l'eau

«Allô, allô? L’eau me tombe sur la tête! Elle coule de l’appartement d’en dessus par le trou de la lampe et se déverse dans mon atelier. Il y en a partout. J’ai besoin d’un coup de main! Allô, allô??»

Cet appel au secours a été lancé par Michel Baumgartner vendredi 11 mars vers midi. Lundi, il attendait toujours…

Ce peintre paysagiste aurait sans doute dû appeler les pompiers. Ils se seraient déplacés, eux. Mais l’artiste n’y a pas songé. Il a contacté sa régie et son assurance commerce. Faut dire que l’inondation a eu lieu dans une maison classée, au cœur du Vieux Carouge.

On lui a promis un aspirateur à eau, mais il n’en a pas encore vu la couleur. Alors depuis vendredi, il retrousse ses manches et pompe avec des serpillières et du papier ménage la moquette imbibée de flotte. Plus tout le reste.

Le sinistré ne sait plus trop où donner de la tête, entre les coups de fil à passer à gauche à droite pour obtenir une aide concrète, et tenter de faire sécher l’intérieur de son atelier.

Car tout son travail a pris l’eau. Les aquarelles sont totalement délavées, les croquis botaniques gouttent, les toiles du Salève ou des Alpes dégoulinent, les blocs à dessins sont trempés et foutus, comme les toiles neuves et les livres d’art. C’en est désolant.

Mais pour le peintre, le plus décourageant est encore de réaliser que son lieu de travail ne pourra pas accueillir ainsi ses élèves. Et qu’il peut plus y œuvrer.

Que faire alors? Il commencera en mai prochain ses stages de peinture à la Perle du Lac, pour croquer le Salève, s'il fait beau. D’ici là, il faudrait tout de même que l’on assèche et sécurise son atelier, avant que plafond ne lui tombe sur la tête!

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14/03/2016

Les vertus de l'écoute

«Ecouter, ça change la vie!»

Tel est le slogan de la première Journée de l’écoute qui a lieu ce lundi 14.3. et qui est lancée par le 143. Ces chiffres vous disent quelque chose? C’est le numéro d’urgence de la Main Tendue.

Depuis plus de cinquante ans, cette association offre un service de soutien aux adultes qui en ont besoin. Sa ligne téléphonique est ainsi ouverte de jour comme de nuit, tous les jours de l’an.

Au bout du fil, des bénévoles formés à cette pratique prêtent une oreille attentive à ce que dit leur interlocuteur. Ils l’écoutent. Et ça peut tout changer: les gens se sentent parfois si désespérément seuls.

La Main Tendue, c’est la voix d’une personne avec qui l’on converse et que l’on ne connaît pas. Aujourd’hui pourtant, l’association fait sa première sortie publique pour aller à la rencontre de la population dans douze villes en Suisse.

A Genève, le rendez-vous est prévu au Rond-Point de Plainpalais, de 11 h à 17 h. L’espace de rencontres sera aménagé pour qu’il n’y ait pas de doute possible, avec une sorte de banc et des ballons.

Si le cœur vous en dit, vous pourrez aller sur place pour discuter des vertus de l’écoute avec les bénévoles, collaborateurs et amis de la Main Tendue. Ils ont tant à nous dire, et nous tant à écouter. A apprendre aussi…

Mais pour bien écouter, il faut du temps et un minimum de quiétude tout alentour. Pas dit que la circulation et la tension urbaine aident beaucoup…

On s’exercera donc à la maison ou au bureau avec le matériel d’information qui nous sera alors distribué. Ça peut toujours servir!

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12/03/2016

Des télés sur les bras

Le passage au tout numérique, suite. Pour ceux qui auraient raté le premier épisode, sachez que depuis le 8 mars, les Genevois qui n’étaient pas à la pointe du progrès technique ont vu leur téléviseur afficher l’écran noir total.

Depuis, à ce qu’on m’a dit, c’est un peu la pagaille dans les résidences avec encadrement pour personnes âgées. Dépassés par les événements, certains résidents n’avaient pas compris à temps ce qui se tramait derrière leur boîte à images. Ou alors ils pensaient que cela allait s’arranger tout seul.

Mardi, ils ont compris leur douleur.

Ainsi donc, ils devraient avoir un décodeur et manipuler deux télécommandes pour avoir simplement droit à «Question pour un champion?» Ça va pas le faire, ils vont s’emmêler les pinceaux…

Et même s’ils optaient pour ce truc qui permettrait de garder ouverte leur lucarne sur le monde, qu’acheter et où? Qui croire aussi, parmi ces opérateurs et leurs promesses? Et surtout, comment installer tout ça? Au secours!

Alors par gain de paix, de nombreux aînés achètent ces jours un nouveau poste. Les vendeurs sont aux anges.

Quant aux responsables d’une résidence genevoise, ils se retrouvent déjà avec douze «anciennes» télés sur les bras (elles n’ont parfois que 4 ans…)! Ils les entreposent juste dans un coin avant de savoir où les filer plus loin. Mais pas question de les jeter à la décharge. Ce serait un tel gaspillage!

Dans les EMS touchés par la coupure du 8 mars, on opte plutôt pour l’achat de décodeurs, car c’est souvent le personnel qui se charge d’allumer et d’éteindre les télés des pensionnaires.

On n’est décidément pas tous égaux devant le progrès…

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11/03/2016

Mouchoirs fort utiles

Vous avez la goutte au nez? Ça tombe bien! Il est temps de faire vos réserves de mouchoirs en papier auprès des bénévoles de Terre des Hommes.

Plus de deux cents enfants et adultes tiendront en effet des stands en ville et dans les communes genevoises dès cet après-midi et jusqu’à demain soir.

Ils arpenteront les rues avec leur petit panier bleu suspendu à leur cou pour vendre à la ronde ce matériel de saison. Par ici, les mouchoirs, M’sieurs Dames!

Le prix du paquet est fixé à deux francs. Mais on peut aussi donner plus, sachant que les bénéfices de l’opération servent à aider les enfants qui survivent dans certains pays du Sud.

L’an dernier, plus de 40 000 francs ont ainsi été récoltés. Ça fait un paquet de paquets! Et si des entreprises ou des collectivités publiques ont envie d’offrir des mouchoirs à leurs clients ou à leurs employés, sait-on jamais, il est toujours possible de les commander en ligne. Atchoum! Ciel, où sont mes mouchoirs? (boutique.terredeshommessuisse.ch)

Et où sont mes papiers? Fin février, Andrée est allée faire des photocopies de documents nécessaires à sa déclaration d’impôt. Mais en partant du magasin, elle embarque seulement les originaux, laissant les copies confidentielles sur la machine. Mauvais carnet…

Lorsqu’elle s’en rend compte, il est trop tard: ses papiers ont disparu de la photocopie. La distraite craint le pire.

Or un matin, elle reçoit dans une grande enveloppe tous ses documents égarés. Inespéré! La personne discrète et bienveillante qui a pris la peine de les récupérer et de les lui envoyer, à ses frais, est restée anonyme. Comment lui dire merci, se dit Andrée? Merci!

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10/03/2016

Face à l'écran noir

Ils l’avaient annoncé. Et ils l’ont coupé. Couic. Fini. Plus de signal analogique. Depuis le 8 mars, Naxoo est devenu 100% numérique!

Et ma bonne vieille télé branchée au téléréseau genevois a rendu l’âme. Privée de tuner DVB-C, de décodeur, de convertisseur ou de que sais-je encore, elle affiche depuis mardi un écran noir.

Je m’étais pourtant rendue dans une officine pour savoir comment négocier au mieux ce saut technologique. Mais ça n’avait rien donné! J’avais compris, devant la mine affligée du vendeur, que je sortais à peine de la préhistoire, avec ma télé âgée de dix ans bien sonnés. Ma pauvre dame, il serait temps de la changer. Ou prendre ce bidule… J’ai fui.

Mais faut vivre avec ton temps, Julie! Te brancher tout numérique pour avoir toujours plus et toujours mieux. Le top, quoi. Oui, certes. Bien sûr.

Mais on n’a jamais assez d’yeux et de temps pour voir tout ça. On s’y noie, pas vrai? Je crois que je vais faire la snob, comme Boris Vian: «J’avais la télé, mais ça m’ennuyait/Je l’ai r’tournée… d’l’aut’côté c’est passionnant!»

Désormais, les soirées n’en seront que plus variées, en allant plus souvent au théâtre, aux concerts ou à des conférences. Et puis voir des films au cinéma ou se rendre aux Vernets pour suivre la saison des Grenats. Ces loisirs coûtent plus cher que la télé, mais si on n’a plus besoin de payer Billag…

On peut aussi inviter plus d’amis à la maison, faire des feux de cheminée. Ou bouquiner, pour s’évader du quotidien. Excellent programme!

Mais bon, là, j’ai un petit coup de mou. Il n’y avait pas un bon polar à la télé, ce soir?

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09/03/2016

Palette carougeoise

C’est à se demander ce qu’ils ont en tête lorsqu’ils passent à l’acte…

J’utilise ici le masculin pluriel, mais le féminin singulier pourrait tout aussi bien convenir, puisque l’on ne sait pas qui a commis cette bêtise-là.

Toujours est-il que la grande banderole d’un beau rouge annonçant l’exposition de la Palette Carougeoise a disparu entre samedi et dimanche. Et elle ne s’est pas envolée toute seule: la bâche était solidement attachée à une barrière vauban posée devant l’entrée de la salle des fêtes de Carouge.

A quoi tout cela peut-il rimer, je vous le demande. Est-ce le rouge qui dérange ou qui attire trop certains passants? La manifestation carougeoise fait-elle des jaloux? La chose serait étrange, pour dire que la société fête cette année ses 80 ans d’activités au service des arts et des artistes de la région.

A moins que ce vol de banderole ne soit qu’un acte de vandalisme sans queue ni tête. Un de plus.

Sachez pourtant qu’avec ou sans annonce rouge devant ses portes, l’exposition collective de la Palette Carougeoise se découvre à la salle des fêtes jusqu’au dimanche 13 mars. Faudrait pas la rater.

Car elle présente les résultats d’un grand concours dont le thème était le mouvement, pour les peintres, et l’équilibre, pour les sculpteurs. Les artistes ont donc œuvré et soixante d’entre eux ont été retenus par un jury pour montrer leur travail au public.

Dimanche matin, on aura encore l’occasion d’aller tailler une bavette avec eux. Ils seront présents dès 10 h pour parler de leur passion. Qui sait si cela ne va pas favoriser de nouvelles vocations…

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08/03/2016

Histoire d'amour

Parlons une fois d’amour… D’une belle histoire qui donne des ailes, car elle se moque bien du temps qui passe.

Charles nous écrit une longue lettre pour témoigner que jamais rien n’est perdu quand on aime vraiment, et qu’il faut toujours garder espoir. La preuve?

En 1980, ce Belge de trente ans vient pour la première fois à Genève et voit Corinne. C’est le coup de foudre! Le vrai, avec des papillons dans le ventre et tout et tout. Mais voilà, l’homme est marié, il a deux enfants et vit à Liège.

Les deux êtres frappés par cette décharge électrique d’amour chancellent, hésitent quelque temps à franchir le pas, et puis non. L’homme du Plat Pays n’a pas la force de quitter tout ce qui faisait sa vie. Il annonce alors à la Genevoise qu’il ne reviendra plus ici.

Trente ans plus tard, pourtant, il y revient et retrouve Corinne, place du Molard! Hasard? La lettre ne le dit pas.

Au premier regard, tout redevient comme avant. Car ces deux-là n’ont rien oublié de leur flamme. Trente ans durant, elle a couvé en eux. La voilà qui fait son retour au grand jour. Ils ont beau avoir tous deux vieilli et vécu leur vie, chacun de leur côté, leurs sentiments n’ont pas pris une ride.

C’est pourquoi Charles et Corinne ont décidé de vivre enfin leur histoire, amorcée au siècle passé… Cinq mois après ces retrouvailles, ils étaient mariés!

L’amoureux s’est donc installé au bout du lac et ouvre son récit émerveillé avec cette citation de Jorge Louis Borges: «De toutes les villes du monde, de toutes les patries intimes qu’un homme cherche à mériter au cours de ses voyages, Genève me semble la plus propice au bonheur.» Eh oui…

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07/03/2016

Face Nord du Victoria

La troublante nudité de la douce Harmonie n’affole plus les passants de ce siècle. Ils en ont vu tant d’autres…

La belle statue dominant l’entrée du Victoria Hall a pourtant marqué les esprits des amateurs pendant fort longtemps, si j’en crois le témoignage d’un lecteur. Les faits qu’il me rapporte remontent à près de 90 ans et sont antérieurs à ceux narrés ici fin février.

C’est l’histoire d’une ascension à mains nues vers l’Harmonie, un exploit réalisé à l’époque par son père, président de la Cour. Excusez du peu.

Dans la deuxième moitié des années vingt, cet homme érudit était revenu bien barbu de Berlin. Après s’être rasé, sur un coup de tête, il avait escaladé seul la façade pour aller coller, sur le pubis de la belle, les restes de sa barbe!

Ce haut fait a été relaté en 1965 dans la publication du centenaire de la section genevoise du Club alpin suisse, chapitre «Escalades dans la Cité», sous le titre «Face Nord du Victoria Hall»… Explications techniques:

«Première ascension réussie peu avant le lever du soleil par un distingué magistrat genevois. Escalade se déroulant dans un terrain exposé aux imprécations de la maréchaussée. Matériel: Bordeaux 45 et beaucoup d’ambition. Cinq minutes.

S’élever à gauche de la porte principale grâce à des gradins de molasse érodés par les précipitations; franchir en opposition un balcon surplombant, puis saisir fermement une cheville (de Muse) au moyen de laquelle on se rétablit (pénible). Descente ad libitum.»

Le magistrat était alors revenu sur terre. Et totalement sous le charme. Sacrée Harmonie!

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05/03/2016

Retard à l'allumage

Si la Poste ne s’emmêle plus les pinceaux, le gourmet pourra enfin se mettre à table, chez lui, pour déguster un repas gastronomique bien mérité.

Car Cédric a commandé, auprès de la société d’Anne-Sophie Pic, la cheffe de cuisine aux trois étoiles, des repas mitonnés par ses soins et conditionnés sous vide. C’est tout neuf, ça vient de sortir. Bref, pour savourer chez soi ces petites merveilles, il faut les glisser dans un cuiseur ad hoc, et le tour est joué.

Notre fin bec est verni: la société lui offre ce gros ustensile! Il lui sera envoyé en colis prioritaire et livré le 1er mars. Le Genevois en a déjà l’eau à la bouche.

Le jour dit, Cédric fait le guet toute la journée. Pour des prunes. Si la livraison est confirmée, côté français, la Poste suisse lui explique que le stagiaire n’a pas trouvé sa boîte aux lettres et que le colis est classé sous «livraison infructueuse». Mais il arrivera demain. Promis!

Le lendemain, il attend en vain. Coup de fil à la centrale de Berne, puis au dépôt de Montbrillant, qui finit par lâcher qu’il y a eu erreur d’adressage, ce qui explique cela. Ce n’est pourtant pas le cas. Bon, le colis sera là demain. La troisième tentative devrait être la bonne…

Le 3 mars, il demande donc à un ami de venir chez lui réceptionner le colis en son absence. Peine perdue! Car à son retour, il découvre dans sa boîte aux lettres le petit papillon jaune l’invitant à retirer son paquet au guichet. Aaaaarrh!

Là, notre gastronome devient aussi chaud bouillant que le cuiseur attendu!

La Poste est dans ses petits souliers. Elle lui propose, à choix, une lettre d’excuse ou la livraison gratuite du colis. A partir de samedi. Au plus vite…

Cédric a choisi les excuses. C’est plus sûr s’il veut passer aujourd’hui à table. Alors, bon appétit!

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04/03/2016

Comptes toujours

Tout est question de point de vue. La mesure est perçue comme un scandale pour les uns, une décision logique pour les autres. Qui croire…

Depuis le 1er mars, la banque UBS facture en effet à ses clients 5 francs par retrait d’espèces sur leur compte d’épargne, que ce soit au guichet ou à l’automate. L’institution offrant encore la gratuité pour six retraits par an.

On voudrait les pousser à changer de compte que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

C’est ce qu’a fait cette cliente âgée de 85 ans. Fidèle depuis toujours à UBS, où lui est versée sa petite retraite, elle a piqué la mouche contre cette nouvelle taxe. Sauf qu’elle n’a pas troqué son compte d’épargne contre un compte privé, comme suggéré. Elle a carrément préféré changer d’établissement.

Et elle s’en est vue, côté paperasses! Mais pas question pour elle de se faire rançonner, par principe.

Du côté de la banque, c’est une autre musique: le but de la mesure entrée en vigueur cette semaine est de trouver une meilleure adéquation entre le produit proposé et son utilisation par la clientèle. Or, celle-ci semble avoir pris de mauvaises habitudes au fil du temps.

Je ne suis pas banquière, mais j’ai pigé qu’un compte épargne, fait pour mettre des sous de côté, est un peu mieux rémunéré qu’un compte privé, ce dernier étant conçu pour de fréquents mouvements d’argent.

Et l’usage inadapté du produit a un coût que les banques, toutes enseignes confondues, tentent actuellement de faire reporter sur leurs clients.

Tout compte fait, tout est décidément question de point de vue...

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03/03/2016

La double ration

Est-ce bien raisonnable, toute cette eau?

Il pleut des cordes, il souffle frisquet, et voilà que par-dessus tout ça, le Jet d’eau nous arrose copieusement.

Faut dire qu’en ce mercredi humide et gris, notre fier drapeau liquide ne se hisse pas à sa hauteur normale. Il s’étire tout en largeur, s’aplatit, s’alanguit. Ses lourds rideaux d’eau s’en vont balayer le bout de la jetée des Pâquis et finissent par tirer discrètement leur révérence au large.

Sacré Jet d’eau! En temps normal, on lui aurait juste coupé le sifflet. Fermé le robinet, pour qu’il ne pleuve pas plus que de raison sur la cité.

Mais voilà. Genève vit un temps tout à fait anormal. Ou plutôt exceptionnel: c’est aujourd’hui l’ouverture officielle du 86e Salon de l’auto! Et qui dit Salon dit panache, c’est bien connu.

Certains s’en souviennent peut-être: jusqu’en 2003, le Jet d’eau était fermé en octobre, roupillait tout l’hiver et revenait se dandiner dans la rade et le ciel genevois début mars. En l’honneur du Salon de l’auto, précisément.

Le beau jet est donc tout naturellement de sortie ces jours-ci, qu’il pleuve ou qu’il vente. Ce qui fait double ration d’eau sur les têtes. Et aussi double ration de voitures dans les rues.

Car Palexpo n’a pas l’exclusivité des belles bagnoles à admirer. Le spectacle se découvre partout en ville, où de grosses cylindrées font déjà sensation dans la circulation. Et même au repos, comme cet engin racé qui a enfilé sa capote bleu roi pour sortir couvert. Il trône ainsi devant l’Hôtel des Bergues et son stationnement privé sur la voie publique. Où il pleut ferme…

Un temps idéal pour tenir Salon!

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02/03/2016

Pas un jour sans grille

Vous êtes incorrigibles! J’ai été bombardée hier de messages me donnant les solutions qui me manquaient pour avancer le mot croisé géant du samedi. Super! Mais comment vais-je encore pouvoir activer mes neurones contre les affres de l’âge si vous me soufflez toutes les réponses?

Merci néanmoins pour le coup de main, d’autant que je ne suis pas au bout de mes peines.

Cette petite expérience m’a ouvert les yeux: je ne savais pas qu’il existait tant de cruciverbistes acharnés dans ce canton! De gens capables de se creuser les méninges, des heures durant, pour venir à bout de définitions parfois tordues, voire tirées par les cheveux.

Tout ça par amour des mots, ou pour ne pas mourir idiot…

Bon, si j’en crois certains témoignages, la pratique peut vite rendre accro. Une lectrice me signale qu’elle fait partie de ces gens qui ont pour devise «pas de jour sans grille».

Tant qu’elle n’est pas faite de barre de métal ou de fil de fer barbelé, m’est d’avis que ça peut jouer.

D’autres amateurs du genre, comme la Genevoise des Grisons qui m’est venue en aide, avouent ne pas pouvoir aller se coucher avant d’avoir trouvé toutes les solutions. Une vraie addiction.

Notez que cette pratique ludique de la langue n’est pas forcément solitaire. Elle est aussi partageuse: le cruciverbiste qui m’a filé un tuyau m’a ainsi demandé, en retour, si je connaissais les deux mots qui lui manquaient. Je lui ai glissé «interlope» et «subtils» que mes neurones avaient trouvés. Pas tout seuls, hélas…

Les mots croisés portent décidément bien leur nom!

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