09/04/2016

Un temps à morilles

L’histoire pourrait s’appeler la rêverie du promeneur solitaire ou les réflexions amusées du piéton. C’est selon.

Chaque jour ou presque, cet homme aux cheveux blancs emprunte le pont de la Coulouvrenière et porte son regard vers l’aval. Il admire la transparence des eaux, séparées par une digue qui relie les halles de l’Ile au BFM. Et cette vue, sans cesse renouvelée, le plonge dans une grande contemplation.

Un matin, son œil est attiré par trois policiers arborant combinaisons noires. Ils fouillent et furètent. Ils procèdent à un intriguant examen de chaque pouce de terre de la promenade des Lavandières. Que peuvent-ils donc chercher?

Suis-je sot! se dit notre contemplatif. Ces messieurs cherchent des morilles! Les premières viennent d’apparaître sur nos marchés. La proximité de l’eau, la présence de vieux saules, voilà leur habitat de prédilection.

Et quoi de meilleur qu’une omelette aux morilles et fines herbes? Il en a l’eau à la bouche, rien que d’y penser…

Or voilà que, dépités et bredouilles, les trois cueilleurs regagnent leur véhicule de fonction où doit attendre un petit panier d’osier.

Notre promeneur se fait la réflexion suivante: l’endroit étant habituellement investi par les dealers, sans doute auront-ils récolté les précieux champignons au nez et à la barbe de la police.

Et le voilà qui les imagine, non sans envie, en train de mitonner de belles cuisses de poulet aux morilles et vin jaune…

Il leur faudra toutefois veiller à les cuire un bon quart d’heure, afin d’éliminer toute substance toxique. On parle des morilles, donc!

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