11/04/2016

Bouquet d'ormes

Comme partout ailleurs, le printemps s’est pointé au parc des Délices avec ses pousses d’un vert si tendre qu’il chavire les cœurs les plus endurcis.

Mais il n’est plus aussi exubérant, aussi joyeux, aussi rose pomponné et blanc froufroutant que d’habitude: les huit pommiers qui allumaient le parc à cette saison ont disparu.

Ils n’étaient déjà plus que l’ombre d’eux-mêmes à l’automne, la faute à un méchant champignon boucheur de sève. Et ils n’ont pas passé l’hiver. Ne restent aujourd’hui que huit ronds de terre retournée sur une triste pelouse, devant le musée Voltaire.

Les jaseurs bauréaux ne reviendront donc plus ici se goberger de fruits secs en trillant loin à la ronde. Dommage! Les voisins du parc et les ornithologues se souviennent avec émotion de ce printemps 2005 où l’on avait dénombré jusqu’à 250 individus dans ces arbres d’ornement. Une vision extraordinaire!

Ces hôtes assez rares dans nos contrées, gros comme des étourneaux, au plumage comme de la soie, petite huppe rousse et bandeau noir sur la tête, assuraient alors le spectacle devant les passants enchantés.

Le spectacle à venir sera plus sage. On vient de planter dans un coin de la maison de maître des arbres majeurs, comme cela se pratiquait à l’époque de Voltaire. Deux jeunes ormes ont été mis en terre tout près l’un de l’autre, afin qu’ils grandissent ensemble, branches emmêlées, jusqu’à ne former visuellement plus qu’un seul bouquet à la couronne majestueuse.

Pour profiter de son ombrage, il faudra bien compter une quinzaine d’années. Mais le temps passe si vite…

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