16/04/2016

De bleu le billet vert

Tâtez-le donc: il est tout lisse, tout neuf. Et puis il n’est pas encore plié, écorné ou taché par des milliers de mains. Oh qu’il est beau, le billet vert!

La scène se déroule dans une grande banque de la place. Là où les distributeurs automatiques donnent de l’argent à ceux qui en font poliment la demande.

A ma gauche, une blonde parvient à obtenir facilement la nouvelle coupure de 50 francs mise en circulation depuis mardi par la BNS.

Comme c’est la première fois que le biffeton apparaît au grand jour, les clients s’approchent de la dame qui le détaille en public. Il passe même de main en main. On le palpe, on l’apprécie des doigts et des yeux. On veut l’avoir aussi.

Un homme retourne vite au distributeur pour s’en tirer un. De billet. Pas de café. Pourquoi pas moi?

Je demande alors poliment à l’automate un montant avec le chiffre 50 au bout. Comme ça, c’est sûr, le billet convoité sortira. Mais niet. La machine refuse. Au lieu de 50, elle me suggère 60. Nouvelle tentative, nouveau refus. J’insiste. Rien n’y fait.

C’est donc une conspiration! Pourquoi j’y ai pas droit, hein? Les banquiers font ainsi de la rétention de nouvelles coupures? Ils les distribuent au compte-gouttes, à la tête du client?

Pauvre fille. Faut lire ce qui est écrit sur la machine, Julie! Ton automate ne distribue que des billets de 20 ou de 100 francs. Pas de 50. Celui d’à-côté oui, mais pas celui-là. Oups!

Un moment de honte étant vite passé, j’ai appris autre chose de la banque: il y a bien eu une petite ruée sur le billet vert. Mais pas de quoi friser la rupture de stock. Voilà l’histoire.

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