22/04/2016

Spectacle de plein air

La grue rouge a fini par replier ses ailes et se faire la malle. Ne restaient hier sur la scène à ciel ouvert qu’un immense levier orange haut de plusieurs étages, un bout de quai barré à la circulation et un pont de Carouge tout dépenaillé, au chevet duquel les ouvriers s’activaient toujours.

L’ouvrage d’art est en effet aux soins intensifs, intubé de partout, protégé par des tas de barricades et soutenu par des poutres métalliques. Des hommes casqués s’affairent sur le tablier ou près des piliers, indifférents aux regards qui se portent sur eux. Ils ont l’habitude.

Tous les chantiers de la République ont ainsi leurs fidèles et leurs curieux. Aux premières loges de ces spectacles de rue très prisés, les parents avec leurs jeunes enfants. Ils observent le ballet des machines et des travailleurs, commentent et puis s’en vont.

Et puis il y a les retraités. Des messieurs, principalement, qui ont leur poste d’observation préféré et le regard un brin nostalgique. Ou connaisseur. Ils étaient peut-être du métier.

Entre ces deux grandes catégories de spectateurs, pas grand monde, il faut bien l’avouer. Je connais un jeune sexagénaire qui, à chaque chantier qui s’ouvre en ville, se dit encore: tiens, je pourrais y aller avec les garçons!

Mais ses garçons sont adultes depuis belle lurette… Regarder les chantiers, c’est plus de leur âge. Ou pas encore. S’ils y jettent encore un œil en passant, c’est peut-être pour se rappeler de ces moments passés en famille. Pas plus.

Les chantiers, c’est un peu comme les spectacles de cirque. On les regarde à des moments précis de sa vie. A propos, le Nock vient d’arriver sur la plaine de Plainpalais, si jamais…

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