20/10/2016

L'arbre qui bruissait

Un seul hêtre vous manque, et tout est dépeuplé…

Faut dire qu’il prenait de la place, cet arbre, lui qui montait la garde à l’entrée du cimetière des Rois depuis une bonne centaine d’années. Pour nous autres humains, il avait toujours été là. Fidèle au poste.

Il était une masse de verdure et d’ombrage à la belle saison, un écran naturel entre le parc et la rue, une force tranquille.

Et puis en juin dernier, il a craqué. Un bruit sinistre. Les tronçonneuses l’ont alors rayé du paysage urbain. Ne reste de sa splendeur passée d’hêtre qu’un tronc amputé net, appuyé sur la tombe de l’ancien magistrat Alfred Vincent. Celui qui a une rue aux Pâquis.

Quand l’arbre majestueux était encore de ce monde, il rythmait notre quotidien sans faiblir, son feuillage marquant les saisons et abritant les oiseaux de passage.

C’est d’ailleurs maintenant que son absence se fait le plus sentir. Sans lui, plus de vol d’étourneaux sous les fenêtres de la Julie, plus de respiration sonore, lorsqu’un vol prenait ses branchages d’assaut. Il bruissait alors de pépiements joyeux.

Soudain, le silence revenait, signal qu’un départ était imminent. Et hop, des centaines de passereaux s’élançaient à nouveau dans le ciel pour y dessiner d’étranges formes mouvantes et graciles. Un régal pour les yeux.

A moins qu’ils ne viennent crécher dans un arbre voisin, comment savoir désormais que le temps des étourneaux est revenu?

Un seul hêtre vous manque, et tout est dépeuplé. C’est bien connu!

05:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.