02/11/2016

Le voile qui divise

C’est une histoire d’intolérance comme il en existe encore dans notre cité si ouverte et multiculturelle. Celle qui abrite le siège des droits de l’homme.

Un réfugié syrien a justement trouvé là terre d’accueil, après les épreuves que l’on peut deviner. Sa femme et ses enfants sont autorisés à le rejoindre. La famille déracinée prend peu à peu pied dans cette ville où tout lui est étranger.

Comme femme musulmane, la jeune épouse porte le voile. Il est certes discret, mais visible. Quelques autochtones ne voient d’ailleurs que lui, et c’est assez pour les perturber.

La première agression a lieu un jour en pleine rue. Un passant bouscule la Syrienne qui est enceinte et l’invective violemment. Si elle ne comprend pas les paroles, elle en saisit du moins le sens. Il n’a rien de sympathique.

La deuxième fois, c’est une vieille dame qui l’insulte copieusement dans le tram. Choquée, la femme voilée en parle à des amies musulmanes de la région. T’inquiète, lui disent-elles. Ça arrive souvent ici. On s’y fait…

Or, cette mère de famille ne veut pas s’habituer à pareil traitement. Pas ici! Alors elle prend une grande décision: elle va ôter son voile. Puis apprendre à fond la langue française et toutes ses subtilités, ce qui est toujours bon pour son intégration. Et quand elle maîtrisera parfaitement le français, elle remettra le voile…

Car le jour où elle sera à nouveau agressée verbalement, elle pourra enfin réagir. Non pas en hurlant plus fort que l’autre. Mais en expliquant les raisons qui la poussent à se couvrir ainsi.

Le dialogue interculturel, il n’y a rien de tel. Le respect aussi: ça change la vie!

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Commentaires

Le voile, actuellement, en nos sociétés, n'est même plus porté par l'ensemble des religieuses et retiré selon les travaux ou études reprises conduisant notamment à l'université.

Par Saint-Vincent de Paul la raison d'être du voile, en l'occurrence cornette en forme de mouette aux "ailes" en cas de vent maintenues par une pince à linge était dans le travail social, les soins aux malades et aux plus pauvres... le danger en lequel se trouvaient plongées les religieuses actives dans les quartiers violents.

La pulsion spirituelle est en nous toutes et tous.
Nul besoin de l'afficher.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 02/11/2016

Voila un bien étrange article qui culpabilise les individus qui sont pour la liberté.
Ces gens sont choqués parce que porter le voile dans nos sociétés représente une provocation, (une forme de terrorisme), une façon d'affirmer la volonté de conquête colonisatrice de l'Islam politique au sein des états hôtes une marque de communautarisme exacerbé rejetant nos sociétés et la laïcité.

Dire que le voile est mon choix, ne dit pas ce qu’est le voile et quelle est sa fonction. Cette tenue vestimentaire imposée par une idéologie religieuse illustre bien une certaine idée de la femme et du droit qui est incompatible avec notre conception de la société et de la dignité humaine.
Mais ce qui me choque vraiment c’est votre article qui renverse les rôles et qui ne défend pas la plus élémentaire dignité humaine.

Écrit par : Boccard | 02/11/2016

La signification du voile est dans l'oeil de l'observateur, qui voit ce qu'il a envie de voir, comprend ce qu'il a envie de comprendre, et défend sa liberté d'emmerder n'importe qui au nom de la liberté humaine...

Écrit par : Patatra | 02/11/2016

- « Ces gens sont choqués parce que porter le voile dans nos sociétés représente une provocation, (une forme de terrorisme) »

Ah ben ! Celle-là je l'attendais depuis un moment.

Dites moi, Monsieur Boccard, comment distingue-t-on une ... "provocation" terroriste ... d'une "provocation" non-terroriste ?

Si je me plains que votre commentaire me choque, cela suffit-il à faire de vous ... un terroriste ?

Écrit par : Chuck Jones | 02/11/2016

Oh, mais que les Suisses sont méchants et cruels!
Je conseillerais à cette dame de déposer sa demande d'asile dans un pays plus tolérants, un de ceux où le port du voile est non seulement autorisé mais obligatoire. Malheureusement, ces pays-là sont généralement en guerre, miséreux et dictatoriaux. Ma foi, on ne pas tout avoir….

Cela dit, si les insultes poussent les femmes voilées à apprendre le français, c'est win-win, vous ne trouvez pas? Ca leur permettra d'élargir leurs horizons et de lire autre chose que le Coran.

Écrit par : Arnica | 02/11/2016

Moi qui vit à Genève depuis toujours et qui n'ai jamais, je dis bien jamais, assisté à la moindre remarque ou action faite dans la rue ou dans le bus contre une femme voilée, je suis toujours étonnée d'apprendre que ces femmes sont soi-disant harcelées dans notre canton. Quoi qu'il en soit, on peut comprendre la réaction négative de certains (si elle existe !) car il faut savoir qu'une femme voilée est 9x sur 10 à la charge de la société, les employeurs étant réticents à les engager pour diverses raisons (manque de formation, ramadan, relations avec les hommes, réticence de la clientèle, etc.).

Écrit par : Camille | 03/11/2016

"Ces gens sont choqués parce que porter le voile dans nos sociétés représente une provocation"
J'écrirais plutôt "est perçu" que "représente". Quant à savoir s'il y a vraiment provocation, il est évidemment impossible de le dire.
Ce qui est patent, par contre, c'est que les pays les plus soumis à l'Islam (ou ces qui font le plus strictement respecter ses obligations), l'Arabie Saoudite et l'Iran, considèrent que ne pas porter le voile est une "insulte" impardonnable à leur Prophète. Ils imposent donc le port du voile aux visiteuses non musulmanes.
Chez nous, les plus anciens se souviennent qu'il a fallu des décennies, sinon des siècles, pour nous affranchir de ce type de domination de la part de certaines autorités de l'Eglise chrétienne et qu'une Guerre de Religions bel et bien dû être menée en Suisse pour que les deux courants principaux de la religion réussissent à coexister.
Pour eux, la disparition des signes religieux ostensiblement affichés (pardon pour le pléonasme) a donc représenté une délivrance et un progrès. Comme le port du voile représente une régression vers une forme de passé dont nous avons pu nous affranchir.
Je ne comprends pas ces éléments culturels ne soient pas enseignés aux musulmans immigrants, de manière à ce que ceux qui le désirent, il doit y en avoir, puissent faire preuve, librement mais en connaissance de cause, du même respect envers les habitants de leur pays d'accueil que celui que les gouvernements précités imposent à leurs visiteurs.

Écrit par : Mère-Grand | 03/11/2016

" Comme femme musulmane, la jeune épouse porte le voile. "

C'est un peu comme si j'écrivais :

" Comme homme suisse, le jeune mari porte le bredzon. "

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 03/11/2016

Et si la Julie, pour changer un peu, faisait une fois un reportage sur les femmes (au Pakistan, Afghanistan, Yémen, etc.) qui se sont pris une giclée de vitriol au visage parce qu'elles ne voulaient pas porter le voile.

Écrit par : Camille | 03/11/2016

@Camille

Vous portez le voile Camille ?

Écrit par : Camilo | 07/11/2016

Je n'ai pas compris le sens de votre commentaire Camilo, pourriez-vous être plus explicite ? (Et si vous n'avez pas compris que je ne fais pas partie des voilées, c'est que vous n'avez pas compris mes commentaires).

Écrit par : Camille | 07/11/2016

@ Camille

J'ai parfaitement compris vos commentaires. Quant au mien, on ne peut plus clair. Mais cela ne m'étonne pas que vous ne l'ayez pas compris. Peut-être une tierce personne pourrait vous aider ?

Écrit par : Camilo | 07/11/2016

@Camillo

Vous portez la barbe Camillo ?

Ce qui est pratique avec le voile, c'est qu'il remplace l'étoile jaune ou rose. Asinus asinum fricat, n'est-ce pas?

Écrit par : Charles | 07/11/2016

@ Camille

Ben... Ce n'est pas Charles qui pourra vous venir en aide.

Écrit par : Camilo | 08/11/2016

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