29/11/2016

Echec et mat frisquet

Elle décoiffe, cette bise! Elle se faufile entre les couches d’habits et nous fait vite rentrer la tête dans les épaules, pour se mettre à l’abri. Quand elle s’y met, on se passerait bien d’aller dehors. A moins d’y être contraint.

Eux ne sont pas du tout forcés de se cailler les miches sous la bise. Mais ils se tiennent droits dans le courant d’air. Rien ne semble pouvoir les distraire. Leur indifférence aux éléments, leur concentration force le respect: les joueurs d’échecs du parc des Bastions sont décidément une bande à part…

Alors que le monde alentour presse le pas, la goutte au nez, ces mordus font le pied de grue devant leur échiquier. Ils réfléchissent. Ils évaluent. Ils soupèsent. Ils méditent.

Et ça peut prendre des plombes! J’ai pris froid rien qu’à les regarder penser. C’est dire.

Seule concession faite à la température frisquette et à la grisaille ambiante, ces messieurs disputent leur partie en portant capuche, chapka ou chapeau de feutre. Plus la clope au bec, pour certains. Ça peut réchauffer.

D’autres gardent les mains dans les poches et poussent la pièce du pied. Mais tout de même. Pour déplacer un cavalier, ça manque un peu d’allure. Alors la main ressort de la poche pour faire avancer le jeu. Mais que ça caille.

La scène se déroule sous le regard connaisseur et critique de spectateurs. Des messieurs, encore et toujours. Les échecs, ici, sont affaire d’hommes. Par temps de bise en tout cas.

Par temps de course de l’Escalade, ça risque de ne plus jouer du tout: on ne peut pas disputer une partie d’échecs avec 45 000 coureurs et leurs admirateurs!

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Commentaires

Contrairement à vous, j'adore la bise : un vrai bonheur !!!

Je me vêts chaudement et me voilà partie pour deux heures de marche rapide, les rencontres se font rares mais intéressantes : on échange sur tout et rien à la fois et autant l'écrire le thé à la cannelle est ... très réconfortant. Petite, j'allais marcher avec feu mon père et j'ai gardé cette habitude quel que soit le temps.

Écrit par : Marie | 29/11/2016

"...j'adore la bise..."

Moi aussi. Mais cela est le luxe des gens qui peuvent s'abriter. Pour les gens sans abri, ça doit être perçu bien différemment.

Écrit par : laurent | 29/11/2016

@ Laurent : vous dérangerais-je ?

J'ignorais qu'apprécier la bise - comme le froid - était un luxe : vous vous méprenez totalement sur ma personne !

Sachez simplement que feu mon père était un ouvrier, vous savez ceux qui travaillent par tous les temps -pluie, chaleur/canicule, neige, froid glacial tel que celui de 1956 - pour construire routes, etc... et à son époque, les vêtements de protection n'étaient pas entièrement fournis par les employeurs !

Écrit par : Marie | 29/11/2016

"Laurent : vous dérangerais-je ?"

Pas du tout. Moi aussi j'aime beaucoup sortir quand il souffle ainsi. Donc je comprends tout à fait votre plaisir. Mais il est vrai, que je ne peux pas m'empêcher de penser à ceux qui sont très vulnérables dans de telles conditions atmosphériques. J'ai pas envie de gâcher votre plaisir, mais comme vous, je partage mes impressions. C'est tout.

Écrit par : laurent | 29/11/2016

Les commentaires sont fermés.