14/12/2016

Des fleurs mortelles

Au cimetière des Rois, le temps du deuil n’en finit plus: l’exposition "Open End" joue les prolongations. Installée entre les tombes et les arbres à mi-septembre, pour célébrer les 150 ans du service des pompes funèbres de la Ville de Genève, elle restera finalement en place jusqu’au 15 janvier.

Pourquoi pas. C’est même plutôt une bonne nouvelle, car les sculptures déposées sur le frais gazon supportent bien le temps qui passe. Elles sont d’ailleurs nombreuses à faire sens en ce lieu, comme la fausse pierre tombale où se lit l’épitaphe de Groucho Marx «Je vous l’avais bien dit que j’étais malade», et dont l’humour noir fait toujours son petit effet.

Mais si l’on pouvait éviter d’avoir sous nos yeux, un mois de plus, la barrière de fleurs trépassées qui se dresse à droite de l’entrée principale du cimetière, ce serait une délivrance...

Certes, il s’agit d’une installation artistique. Certes, elle doit sans doute nous questionner sur notre rapport à la mort, la décomposition, le culte du souvenir et tout le tralala.

Mais quand on voit au quotidien cet étalage de produits périmés depuis des semaines, c’est pas seulement moche, ça devient aussi vite déprimant. Car les fleurs sont fanées et pourries dans leur emballage de guingois, les bougies ont rendu l’âme, les bouquets en plastique ont viré au fade et au tristounet.

Les temps actuels sont déjà assez lourds pour ne pas en rajouter une couche supplémentaire. Alors tant qu’à prolonger l’expo, faudrait remettre là des fleurs fraîches, des bougies neuves. Ou replanter des arbres dans le cimetière, pour redonner un peu de vie. On en a bien besoin!

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