11/01/2017

Tant de blancheur

neige.JPGLes vacances sont à peine terminées que la neige se met timidement à tomber en plaine. Mieux vaut tard que jamais, direz-vous, mais tout de même: les glissades auraient été plus drôles sur les pistes que sur les trottoirs…

Mais l’or blanc n’en fait qu’à sa tête. Il se pose peu à peu sur le paysage pour lui adoucir les contours, voire brouiller les cartes. Et sa couverture froide, très lumineuse aussi, change nos repères habituels.

Mais cette blancheur est éphémère. En ville surtout, où elle ne peut tenir en place. Elle se marque et se salit à toute allure, avant de fondre dans la grisaille ambiante.

Serait-ce le propre du blanc que d’avoir une si courte espérance de vie? Songez aux habits de cette couleur qui le restent si peu après usage; à cette page vierge qui angoisse tant l’écrivain avant qu’il ne la remplisse de phrases. Et à ces panneaux publicitaires qui n’avaient jamais affiché tant de vide dans l’espace public genevois.

Combien d’entre eux sont-ils encore immaculés? A l’évidence, ces surfaces libres sont une invite à l’expression citoyenne ou artistique. Voire les deux à la fois. Et dire que nos élus découvrent à cette occasion que le canton regorge de gens talentueux. Il était temps!

Dans la neige fraîche, les pneus des voitures laissent aussi sur leur passage d’étranges motifs sombres; les doigts d’enfants dessinent des cœurs sur les pare-brise; ceux des plus grands tracent des messages moins poétiques; les petits pas des promeneurs constellent le tapis clair de motifs foncés.

Profitons-en! Bientôt, il ne restera plus rien de tout ce blanc comme neige.

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