18/01/2017

La Bise, ou La Brise...

Il n’y a vraiment qu’elle pour être si dénudée par un temps pareil!

Alors que les passants avancent dans le froid polaire bardés d’écharpes, de bonnets et de grosses vestes chaudes, alors que le lac gronde et se déchaîne presqu’à ses pieds, la belle résiste… en tenue d’Eve.

Les seins à l’air et alertes, les fesses nues et les jambes à peine entravées par une pièce de tissu, elle semble vouloir aller se tremper dans les flots comme le font, sur la rive d’en face, quelques nageurs téméraires.

Sauf qu’elle, "La Bise", ne peut rougir sous l’effet du froid ou avoir la chair de poule. Sa peau est de pierre! Elle affronte donc sereinement les éléments, comme le regard des gens. Et ne craint rien. Pas même la neige ou les glaçons.

Le seul point qui pourrait la troubler, c’est son nom. Pour les uns, dont je suis, elle s’appelle depuis toujours "La Bise", et pour les autres, "La Brise".

Vous voulez savoir d’où peut venir la confusion? Il faut pour cela remonter jusqu’en 1939 et au concours organisé par le Département fédéral de l’intérieur et la Ville de Genève pour aménager le quai Gustave-Ador. C’est le projet d’Henri König, "La Brise", qui est finalement retenu et réalisé, devant "La Bise" de Maurice Sarkissof.

Or les sculpteurs avaient tous deux, à l’origine, appelé leur étude "La Bise"! König avait donc dû changer le nom de sa création pour éviter toute confusion.

Après sa pose aux Eaux-Vives, en 1941, la sculpture fait vite polémique. Exposée comme elle l’est, les Genevois l’adoptent raisonnablement comme étant "La Bise". Comme le vent qui nous gèle aujourd’hui. Ou le bisou qui nous réchauffera...

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