31/01/2017

Une si triste mouette

Elle est tout sauf rieuse, cette Mouette!

Toute de noir drapée, elle va et vient dans la rade depuis décembre dernier, comme une âme en peine.

Lorsqu’elle traverse les voiles de brume hivernale ou glisse sur les eaux froides et sombres de la cité, cette sinistre vision file vite des frissons.

L’embarcation est pourtant une Mouette genevoise. Sa couleur jaune a simplement été recouverte de noir, et d’un peu de bleu, par «tppub», une entreprise de publicité mobile.

L’habillage intégral du bateau a été voulu et payé par une grande marque horlogère. Impossible de savoir auprès des vendeurs de pub combien de temps durera la campagne. Six mois au moins. Ou un an. Voire plus. Au secours!

Car c’est triste à mourir! Cette mouette solaire qui vire au charbon fait penser à ces vieux corbillards flottants utilisés à Venise pour conduire les défunts à San Michele, l’île cimetière. Sauf qu’ici, elle trimballe des vivants des Pâquis… au Port Noir. Décidément, on ne va pas s’en sortir!

Et puisque l’on parle couleur, je voudrais juste rappeler qu’avant d’être semblables à des canaris, les Mouettes genevoises étaient blanches. Comme les oiseaux du même nom qui trouvent refuge et s’épanouissent dans la rade.

Ce n’est peut-être pas pour rien que le blanc des bateaux se marie si bien à l’eau. Surtout quand leurs flancs sont libres de tout slogan. Alors je dis: de la publicité, oh oui, mais dans les canards. Pas sur les mouettes!

Parce que depuis Sarcloret, on sait tous à Genève que les Mouettes, c’est chouette.

Or là, c’est plutôt corbeau…

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30/01/2017

Le piège du siège

Notre société est faite pour les gens jeunes et bien portants. Riches aussi, mais ceci est encore une autre histoire.

Les vieux et les malades n’ont donc qu’à se dépatouiller tout seuls et faire au mieux. Or le mieux, ce n’est souvent pas terrible… Ce qui les fatigue davantage, voire les énerve carrément.

Un exemple tout bête? Le coup du siège profond sans accoudoir! J’avoue que je n’y aurais jamais pensé si une vieille amie ne me l’avait pas signalé.

Pour cette dame âgée, le cas de figure le plus agaçant se rencontre dans la salle d’attente de certains toubibs de la place, quand ce n’est pas dans leur salle de consultation.

La pièce réservée à l’attente est généralement meublée avec goût. Il y a là des plantes vertes et des revues disposées sur une table pour que les clients patientent en les feuilletant, bien installés dans des canapés design assez bas.

Les minutes passent, le temps s’étire. Quand une blouse blanche vient enfin annoncer à cette dame à mobilité réduite que son tour est venu, c’est vite vu, elle reste scotchée sur place. Elle ne peut plus se redresser, n’ayant rien sous le coude, ou la main, pour prendre appui. Il faut alors quémander de l’aide. Une fois de plus.

Enfin, face au docteur, un autre siège profond et sans accoudoir l’attend. Quelle tuile! La patiente sait déjà qu’elle ne pourra pas s’en extirper seule. Alors quoi, elle s’échoue là tristement ou elle rentre droit chez elle, pour ne pas être minée par ce piège de trop?

Il suffit parfois d’un simple accoudoir à un siège pour faciliter la vie des gens malades ou âgés. Les toubibs devraient le savoir, c’est pas sorcier!

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28/01/2017

Le Salève, aller-retour

Foutu stratus! Il finit par nous plomber sérieusement le moral et nous donner des envies d’ailleurs...

Pour quitter leur cuvette remplie de grisaille brouillardeuse et cafardeuse, les Genevois sont prêts à tout. Comme  faire beaucoup de bagnole dans l’espoir de voir un coin de ciel bleu.

Ainsi Regina. Dimanche dernier, elle et sa famille décident d’aller chercher le soleil là-haut, sur la montagne, et y faire une promenade pour se requinquer.

Départ en voiture pour le Salève, en montant par Monnetier. Naturellement, ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette lumineuse idée. Ce qui fait que plus ils montent, plus il y a du monde.

Des véhicules, parqués non-stop au bord de la route, ne laissent passer que la file qui monte et celle qui redescend. Bonjour les pots d’échappement!

N’étant pas du genre à abandonner leur auto n’importe où, et n’ayant pas trouvé de lieu de stationnement en haut du Salève, la famille choisit de redescendre par la petite route du col de la Croisette, en espérant trouver en route une petite place où se garer.

Las. De ce côté-là, c’est le rallye des grands jours, le bouchon total. Et pas vraiment de soleil par-dessus tout ça. Dépités, les Genevois replongent alors progressivement dans la peuf et rentrent chez eux. Cette virée de 68 kilomètres au compteur leur aura pris une heure trente, sans sortir de leur voiture. Regina et les siens sont ensuite partis se balader dans le brouillard tant ils avaient besoin de se défouler.

Moralité:  prenez le téléphérique!

Cette ligne droite reste le plus court chemin entre deux points. La plus sûre et la plus rapide aussi. Elle vous conduit droit au septième ciel. Enfin, presque!

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26/01/2017

Nouer des contacts

Serviables et honnêtes, les jeunes? Oui, même s’ils sont parfois maladroits…

L’autre soir, Denise s’en va récupérer sa voiture dans le quartier de villas où elle est garée. Et là, que voit-elle? Son rétroviseur est démoli et pend misérablement dans le vide.

L’automobiliste n’a pas le temps de pester contre inconnu que déjà elle voit un billet posé sur le pare-brise. Sur ce bout de papier figurent le nom du jeune homme coupable du dommage ainsi que son numéro de téléphone.

Elle apprendra plus tard, par une connaissance, que le garçon est allé sonner à la première porte venue pour demander de quoi écrire, n’ayant rien pour le faire. Un portable, ça ne règle pas tout! Certains fautifs en auraient profité pour filer à l’anglaise. Pas lui.

Denise prend donc contact avec le jeune qui se rend bientôt chez elle pour constater les dégâts. Il lui propose d’effectuer les réparations lui-même, étant mécanicien. Elle est partante. Aujourd’hui, les réparations sont faites et tout s’est arrangé simplement, à la satisfaction de tous. Sympa, non?

Ce qui serait aussi sympa, c’est que Christine puisse entrer en contact avec un club de marcheuses répondant au doux nom de «Perruches». Celles-ci sillonnent le canton de Genève tous les mardis, si j’ai bien compris. Et Christine aimerait bien se joindre à elles.

Comment les trouver? Ces charmants oiseaux ne figurent pas dans le bottin, encore moins sur Internet. Alors si une Perruche se reconnaît, qu’elle se manifeste et je ferai le contact. A moins que ces dames de 50 à 89 ans ne préfèrent jaboter ou gazouiller qu'entre elles en cheminant. Mais j’en doute!

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25/01/2017

Fin de la récréation

La trêve publicitaire aura été de courte durée!

Les grandes et belles plages blanches affichées depuis le 30 décembre dernier sur quelque 3000 panneaux de la Ville de Genève sont en voie de disparition.

Les affaires sont les affaires…

Pris d’assaut par les créatifs de la République, estomaqués d’avoir eu de telles surfaces d’expression à portée de main, ces panneaux retrouvent donc leur vocation première. La pub est de retour!

Terminées les grandes envolées poétiques sur les pages blanches, finis les slogans décalés, les encouragements à sourire, à être heureux, les clins d’œil marrants ou impertinents, les interventions artistiques de Charles Drawin, les prises de tête, les surprises au coin de la rue. L’imprévu n’est plus au rendez-vous.

Pas de doute, la récré est terminée!

Place à nouveau aux messages rentables et formatés. Ici l’on vend des produits. Là des idées. Et encore…

Des photos léchées et bien cadrées sautent au visage du passant, avec des invitations à consommer à peu près tout et son contraire.

Sur les affiches hautes en couleur des prochaines votations, des mots d’ordre disent l’essentiel de la politique. OUI. NON. Ou dans le sens inverse.

Face à cette déferlante de messages qui l’assaillent et le saturent déjà, le passant se prend à rêver d’autre chose. La publicité, ça fait vivre. Certes. Et ce n’est pas une plume de la presse écrite qui va dire le contraire. Mais tout de même. Une petite trêve publicitaire dans l’espace public, comme celle vécue en début d’année, c’est à refaire. On a tous besoin de récréation!

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24/01/2017

Jeunesse serviable

Avec le stratus tenace qui pèse sur nos têtes, le froid qui persiste, les mauvaises nouvelles qui affectent la presse romande, la grippe qui frappe, et plus tout le reste, autant varier les plaisirs!

Je vais donc y aller tout doux en ce début de semaine pour ne pas ajouter une couche supplémentaire à la morosité ambiante…

Alors voilà. Madeleine a pris la peine de m’écrire une lettre manuscrite à l’encre bleue pour dire à quel point elle était épatée par la gentillesse et la serviabilité de la jeunesse d’aujourd’hui. Exactement!

Cette dame âgée et handicapée s’est rendue début janvier au cinéma de la Praille. En arrivant dans la salle, juste avant le début du film, elle entreprend la périlleuse descente des marches en se tenant tant bien que mal à la paroi. Il ne fait pas bon être vieux et à mobilité réduite…

Un jeune homme surgit alors derrière elle et lui propose son bras pour l’aider à gagner sa place, au 4e rang. Elle l’accepte avec plaisir.

Parvenue à son fauteuil, Madeleine remercie chaleureusement le garçon et profite pleinement de la séance. Une fois le générique du film terminé, quand les lumières se rallument et qu’elle revient à la réalité, qui voit-elle devant elle?

Son jeune chevalier servant! Il vient spontanément l’aider à remonter les marches et gagner la sortie. Trois de ses amis les attendent en haut de la salle pour veiller à ce que tout aille bien.

«A peine 20 ans et une telle attention à l’autre! J’étais émue et reconnaissance», écrit Madeleine. «Ce n’est pas la première fois que je reçois de l’aide, mais à ce point, c’est inouï!»

Oh oui! Et ce n’était pas du cinéma…

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23/01/2017

Chassez le naturel

Ah, les promenades du dimanche à la campagne…

Qui n’a jamais fait ce genre de balade pour s’aérer les poumons, se vider la tête et se dégourdir les jambes? Certains chanceux le font même tous les jours. Avec la certitude de se faire du bien.

Oui mais. Il arrive que des éléments extérieurs gâchent ces retrouvailles entre soi et la nature: les chamailleries des enfants; la sonnerie du portable; le bruit des voitures au loin ou ces déchets de toutes sortes qui troublent la vue et font vite monter les tours.

La bise de ces derniers jours a balayé sur son passage plastiques et papiers qui s’accrochent où bon leur semble, formant des paysages disgracieux. Mais ce n’est pas le pire, aux yeux de Valérie.

Cette dame qui marche régulièrement des heures dans la campagne genevoise avec son chien est sidérée de trouver presque tous les jours le long des chemins, derrière des arbres isolés ou en forêt des déjections humaines, signalées par la présence de mouchoirs en papier. Ce genre de saleté attire son animal de compagnie, et c’est peu ragoûtant.

Ainsi donc des promeneurs endurcis se soulagent, les fesses à l’air, dans le froid polaire! Grand bien leur fasse, pour autant qu’ils laissent place nette derrière eux. Or ces adeptes du retour à la nature ont plutôt du sopalin sous la main. Et peu de scrupules.

«En tant que propriétaire de chien», relève Valérie, «j’utilise des sacs ad hoc pour ramasser ses excréments et je le fais scrupuleusement, par respect de chacun, et pour des raisons sanitaires aussi.» Qu’on étende donc cette obligation aux fèces humaines. Car elles ne polluent pas seulement la vue…

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21/01/2017

Mettre le feu au lac...

Qui l’eût cru possible, à cette saison?

Il faut décidément ne pas avoir froid aux yeux, ni ailleurs, du reste, pour se lancer dans pareille aventure!

Ainsi donc, en ce samedi du mois de janvier, alors qu’il fait quelques degrés en dessous de zéro et que le stratus plombe le ciel, plus de mille volontaires vont mouiller leur maillot lors de l’Antigel Run. Un truc de givrés…

Mais c’est quoi encore cette invention? C’est une course à pied polaire et populaire, ouverte aux sportifs de tous âge et destinée à «réveiller l’hiver genevois!»

Ben oui, c’est vrai. On finit par s’avachir, à ronronner paisiblement au chaud en attendant que passent les frimas. Allez, hop hop hop, on se bouge, on chausse les baskets à crampons, on sort les moufles, on ajuste les frontales, et c’est parti, mon kiki!

Ces joyeux drilles vont donc courir dans des températures peu propices aux efforts. Tout ça par plaisir. Et pour mettre le feu au lac, en guise d’apéro au prochain Festival Antigel.

Pourquoi le feu au lac? Parce que le point de départ de la course est fixé à Baby Plage, à deux pas de la Brise (la statue, donc), à trois pas du Léman, et parce qu’elle va briller de mille feux.

Comme à l’Escalade, plusieurs courses vont se succéder dans l’après-midi, du bord du lac aux parcs voisins. Puis viendra la course nocturne: les participants sont invités à se munir de frontales, lampions, guirlandes, bref, de tout ce qui brille et illumine.

Cet éclairage féerique ne sera pas de trop pour traquer la perfide plaque de glace. Les coureurs sont avertis. On est tout de même en hiver. Une saison où l’on se luge, de préférence…

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20/01/2017

L'ascenseur à vélo

La récente fermeture de l’ascenseur du Seujet fait le désespoir des nombreux pédaleurs et piétons qui l’empruntent au quotidien.

Au secours! Les travaux annoncés vont durer trois mois… Autant dire une éternité, pour ses fidèles usagers.

Bien vite, la rumeur enfle parmi les cyclistes abonnés à cette liaison. Ils ont peur de ne plus pouvoir utiliser le monte-charge panoramique qui relie le quai du Seujet à la rue de Saint-Jean quand il sera refait tout beau tout neuf. Et le font savoir.

Faut dire que cet élévateur se trouve sur le domaine privé. Les piétons y sont certes tolérés, mais les vélos interdits. Or près de 700 cyclistes s’y engouffrent chaque jour pour faire les six étages à l’œil et le muscle au repos. Ils prennent vite pas mal de place dans la cabine et contribuent à l’usure de l’ascenseur. Alors ça fait des histoires, forcément.

Ces litiges sont terminés. Je vous dis la bonne nouvelle de ce début d’année? Grâce à une convention passée entre les divers propriétaires de l’immeuble et le Département de Pagani, l’ascenseur du Seujet est devenu d’usage public.

La Ville de Genève va ainsi financer pour moitié le remplacement de l’installation, et pour moitié ses frais d’entretien, afin de faciliter la mobilité de ses contribuables!

Quand l’ascenseur sera enfin remis en fonction (trois mois, tout de même!) les deux roues n’y seront plus interdits et les cyclistes plus amendables. Mieux: il ne devrait plus y avoir de tensions entre piétons et pédaleurs, l’espace étant désormais ouvert à tous.

Il se partagera au printemps de 6 h à 22 heures en semaine et de 8 h à 22 h le dimanche. On se réjouit déjà!

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19/01/2017

Vous avez dit froid?

«Mains froides, cœur chaud!»

Cette expression populaire s’est imposée au fil du temps comme une évidence. Sauf qu’avec la bise et les températures négatives de ces jours, ce ne sont plus seulement les mains qui sont glacées. C’est tout le reste. Le cœur risque de devoir batailler ferme pour réchauffer tout ça…

Car, comme dirait l’autre, il fait une de ces cramines! Ça caille dur. Ça pince ferme. Pour l’exprimer plus crûment encore, on se les gèle! Ou on se les pèle, tant qu'à faire.

Il fait à n’en pas douter un froid de canard. Un froid de loup, un froid de chien, voire un froid de tous les diables, il n’y a que l’embarras du choix.

Certains anciens parlent même de froid de gueux, ceux-ci n’ayant pas les moyens de se protéger contre ses morsures.

«Saint-Martin a donné la moitié de son manteau à un pauvre: comme ça, ils ont froid tous les deux…» lâchait, fataliste, le poète Jacques Prévert.

Bref, le froid peut être parfois si fort qu’il est à pierre fendre. Il devient sibérien, quand il ne vire pas carrément polaire. De quoi bleuir ou blêmir à son contact.

Pour éviter alors tout refroidissement, rien ne vaut un petit grog. Ou une infusion. Or il arrive parfois qu’une telle boisson chaude soit de nature à jeter un froid…

Monsieur Arthur n’a toujours pas digéré sa verveine prise l'autre jour chez Ladurée. Une consommation facturée 10 francs. Servie certes dans une très jolie théière, mais sans même un mini macaron, spécialité de la maison. Mais il y a le cadre, cosy. Plus le chauffage assuré.

Et quand il fait froid, ça compte!

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18/01/2017

La Bise, ou La Brise...

Il n’y a vraiment qu’elle pour être si dénudée par un temps pareil!

Alors que les passants avancent dans le froid polaire bardés d’écharpes, de bonnets et de grosses vestes chaudes, alors que le lac gronde et se déchaîne presqu’à ses pieds, la belle résiste… en tenue d’Eve.

Les seins à l’air et alertes, les fesses nues et les jambes à peine entravées par une pièce de tissu, elle semble vouloir aller se tremper dans les flots comme le font, sur la rive d’en face, quelques nageurs téméraires.

Sauf qu’elle, "La Bise", ne peut rougir sous l’effet du froid ou avoir la chair de poule. Sa peau est de pierre! Elle affronte donc sereinement les éléments, comme le regard des gens. Et ne craint rien. Pas même la neige ou les glaçons.

Le seul point qui pourrait la troubler, c’est son nom. Pour les uns, dont je suis, elle s’appelle depuis toujours "La Bise", et pour les autres, "La Brise".

Vous voulez savoir d’où peut venir la confusion? Il faut pour cela remonter jusqu’en 1939 et au concours organisé par le Département fédéral de l’intérieur et la Ville de Genève pour aménager le quai Gustave-Ador. C’est le projet d’Henri König, "La Brise", qui est finalement retenu et réalisé, devant "La Bise" de Maurice Sarkissof.

Or les sculpteurs avaient tous deux, à l’origine, appelé leur étude "La Bise"! König avait donc dû changer le nom de sa création pour éviter toute confusion.

Après sa pose aux Eaux-Vives, en 1941, la sculpture fait vite polémique. Exposée comme elle l’est, les Genevois l’adoptent raisonnablement comme étant "La Bise". Comme le vent qui nous gèle aujourd’hui. Ou le bisou qui nous réchauffera...

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17/01/2017

Quel barnum!

Tout passe, tout lasse, tout casse. Même le cirque de papa!

Le célèbre Barnum, (Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus, pour tout dire) annonce sa mort à venir pour le mois de mai. C’en est donc fini du «plus grand spectacle du monde» qui aura fait rêver, depuis 1871, des millions d’Américains, mais aussi d’Européens lors de tournées mémorables.

Un poids lourd du divertissement populaire s’en va. Une époque aussi. Celle du gigantisme des productions, des performances réalisées avec des animaux et autres «curiosités».

Comme tant d’autres, ce spectacle d’arts vivants a subi la concurrence de la télévision et l’érosion progressive de son public, attiré par d’autres sirènes.

Mais ce sont les milieux de défense des animaux qui lui ont porté le coup de grâce: en mai 2016, par gain de paix, Barnum renonçait à ce qui était pourtant le clou de son programme: les éléphants! Leur absence aura finalement précipité la baisse des ventes de billets et poussé à cette sortie de piste.

L’absence des éléphants. Ça vous rappelle quelque chose? En 2016, la famille Knie a aussi gommé les pachydermes de sa tournée, pour la première fois de son histoire. Et après les éléphants, exit les chevaux, les lamas ou les chiens?

Pour rester dans le politiquement correct, peut-être que les directeurs de cirque seront condamnés, un jour, à remplacer les animaux par des robots. C’est très mode, les robots!

Et puis ce sont des bêtes propres, lisses, dociles et prévisibles. Avec elles, plus de sciure, de paille et d’odeurs fauves sous le chapiteau. Fini, tout ce barnum! Quelle tristesse…

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16/01/2017

Plus tôt, l'ouverture

Surprise! Depuis une semaine, la Coop de mon quartier ouvre ses portes à la clientèle à 7 h 30 pétantes. Soit une demi-heure avant l’horaire habituel.

La caissière en chair et en os, celle qui résiste encore à l’invasion des caisses automatiques, les fameuses «self-checkout», affiche la mine fataliste des grands jours. Ben oui. On commence toujours plus tôt, et on finit toujours plus tard…

Ceci pour que nous autres clients puissions acheter local avant de filer au boulot, sans avoir la tentation d’aller butiner de l’autre côté de la frontière.

Telle n’est pas la raison principale évoquée par la direction bâloise du groupe pour expliquer ces nouveaux horaires matinaux. L’ouverture à 7 h 30 d’une quinzaine de magasins genevois répond, semble-t-il, aux besoins de la clientèle! Faut dire qu’on lui mitonne tout spécialement des produits prêts à être mangés quasi au saut du lit. Les boulangers du coin, ou du moins ceux qui restent, vont déguster.

Mais surtout, affirme ce géant suisse de la distribution, les gens apprécient de pouvoir faire leurs achats avant d’aller au turbin. Et ça fonctionne très bien. Dans de nombreuses villes de Suisse Alémanique, les magasins ouvrent déjà à 7 h 30. Voire plus tôt.

Plus tôt? Mais ils ne se reposent donc jamais, là-bas? Pas vraiment! Si j’en crois les horaires de quelques magasins de cette enseigne outre-Sarine, certains travaillent de 6 h à 22 h. Plus le dimanche. A Bâle surtout. Un autre canton proche de la frontière, donc.

D’ici à ce que la Coop de mon quartier ouvre à 6 h…

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14/01/2017

La P'tite Prune

C’était le soir du réveillon, après un repas bien animé. Au détour d’une conversation, un convive me lance soudain: «Tu connais la P’tite Prune?» «Euh… non.» «Et t’es de la Tribune?» «Euh… oui, j’en suis toujours, aux dernières nouvelles.»

Alors sans plus attendre, mon voisin de table pousse la chansonnette que voici: «Je m’appelle P’tite Prune, je vends la Tribune, je n’fais pas fortune, mais ça n’fait rien…»

Le tout sur le refrain de «Je te fait pouet-pouet, tu me fais pouet-pouet, etc...» interprété en son temps par Bourvil. Une chanson extraite de l’opérette "Elle est à vous" datant de 1929 déjà.

Mais pour en revenir à cette soirée du 31 décembre, je n’en croyais pas mes oreilles. Ainsi donc mon journal et sa vendeuse avaient, un beau jour, inspiré une chanson populaire. Extra! J’avoue que ça m’en a bouché un coin.

«Attends, j’appelle ma maman» poursuit l’ami, devant mon air surpris. Au bout du fil, la Genevoise de 94 ans confirme en fredonnant en direct la P’tite Prune. «C’est comme ça que je la chantais à mes enfants quand ils étaient petits…»

D’où vient donc cette ritournelle? A-t-elle des couplets? Une suite? Impossible d’en savoir plus sur le moment. Ni après, d’ailleurs.

Je me tourne vers vous. Si vous connaissez l’histoire de cette chanson maison, je suis toute ouïe. Ce serait trop dommage qu’elle se perde, elle me semble assez unique en son genre.

Notez qu’on pourrait aussi imaginer des variations en «une» pour combler ces lacunes. Ainsi P’tite Prune rime bien avec Thune. Pour décrocher enfin la lune?

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13/01/2017

Une bonne rentrée

Allez, on va commencer l’année par une nouvelle réjouissante: malgré les rythmes et les horaires de travail qui pèsent lourdement sur leurs épaules, certains chauffeurs des TPG n’oublient pas d’être serviables et sympas. Un exemple?

En ce lundi frisquet de la rentrée, une maman et sa fille de 8 ans rentrent à pied depuis les Tournettes à Veyrier. Il fait déjà nuit quand l’enfant trébuche et s’ouvre salement le genou en tombant sur le goudron.

Impossible de consoler la petite en pleurs et encore moins de la faire marcher. C’est la cata. Le genre de situation bloquée que tous les parents connaissent ou redoutent.

C’est alors que Zorro est arrivé…

Un bus de la ligne 8 qui passait par là freine et s’arrête à la hauteur de la mère et de la fille. Le conducteur s’inquiète. Ont-elles besoin d’aide? Oh que oui, lâchent-elles en chœur.

Il les invite aussitôt à bord de son bus et les véhicule jusque tout près de chez elles, leur proposant même de les déposer entre deux arrêts, si nécessaire. Tout ça avec le sourire en plus.

Mieux qu’Uber. Et encore moins cher. Mais surtout si réconfortant!

Ce devait être un bon jour, ce lundi. Car au même moment, à l’autre bout du canton, la famille Portier accueillait les gens de Perly pour fêter l’Epiphanie en bonne compagnie.

Au menu, pas moins de 36 litres de vin chaud, préparés par Louis, plus quelques galettes pour couronner le roi et la reine du village. Sans oublier la panse de Jules qui récoltait à cette occasion ses dernières thunes. Y’a pas à dire, l’année commence bien!

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12/01/2017

Déclaration d'amour

«Ma chère Carouge, je t’aime fort, et depuis longtemps…» Waouh! Ça, c’est de la déclaration! La Mairie, à qui ce courrier s’adresse, doit en frétiller d’aise. Au début. Après ça se gâte un peu.

Car l’amoureux lui fait vite part de sa déception sentimentale. C’est vrai, à la fin. Pourquoi le punir de la sorte quand il fait tant efforts pour lui plaire?

Au lieu d’aller manger n’importe où dans le canton, c’est à Carouge que Laurent se rend la veille du réveillon. Or la belle roupille un peu en ces Fêtes.

L’homme ne veut pas la réveiller, juste dîner chez elle, en bonne compagnie. Il tournicote dans les rues désertes jusqu’à trouver une auberge ouverte et accueillante. Et aucun problème pour garer sa voiture: les places libres abondent. Il truffe alors de pièces le parcomètre, sous les yeux de deux contractuelles qui s’ennuient.

Il jouit ainsi d’une heure et demie de parking. C’est un peu court pour un repas de fête. Peu avant l’heure butoir, Laurent déplace son véhicule en zone bleue et retourne gueuletonner.

Tout au plaisir de la table, il dépasse de peu l’heure convenue. Mais les contractuelles veillent au grain. Laurent découvre en sortant la prune gelée de Noël. Qui lui reste sur l’estomac.

Carouge est-elle à ce point intéressée qu’elle ne puisse pas lâcher la pression, comme Versoix l’a fait en fin d’année? Les contrevenants légers y ont certes reçu une bûche de Noël. Mais une représentation de la pâtisserie, avec un petit mot de la police municipale leur rappelant les règles en usage et en leur souhaitant de joyeuses Fêtes. Classe!

Malgré tout, Laurent déclare à Carouge: «Sans rancune, je t’aime toujours...» Paraît que quand on aime, on ne compte pas!

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11/01/2017

Tant de blancheur

neige.JPGLes vacances sont à peine terminées que la neige se met timidement à tomber en plaine. Mieux vaut tard que jamais, direz-vous, mais tout de même: les glissades auraient été plus drôles sur les pistes que sur les trottoirs…

Mais l’or blanc n’en fait qu’à sa tête. Il se pose peu à peu sur le paysage pour lui adoucir les contours, voire brouiller les cartes. Et sa couverture froide, très lumineuse aussi, change nos repères habituels.

Mais cette blancheur est éphémère. En ville surtout, où elle ne peut tenir en place. Elle se marque et se salit à toute allure, avant de fondre dans la grisaille ambiante.

Serait-ce le propre du blanc que d’avoir une si courte espérance de vie? Songez aux habits de cette couleur qui le restent si peu après usage; à cette page vierge qui angoisse tant l’écrivain avant qu’il ne la remplisse de phrases. Et à ces panneaux publicitaires qui n’avaient jamais affiché tant de vide dans l’espace public genevois.

Combien d’entre eux sont-ils encore immaculés? A l’évidence, ces surfaces libres sont une invite à l’expression citoyenne ou artistique. Voire les deux à la fois. Et dire que nos élus découvrent à cette occasion que le canton regorge de gens talentueux. Il était temps!

Dans la neige fraîche, les pneus des voitures laissent aussi sur leur passage d’étranges motifs sombres; les doigts d’enfants dessinent des cœurs sur les pare-brise; ceux des plus grands tracent des messages moins poétiques; les petits pas des promeneurs constellent le tapis clair de motifs foncés.

Profitons-en! Bientôt, il ne restera plus rien de tout ce blanc comme neige.

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10/01/2017

La Thune se partage

Ça y est, c’est fait: Jules a été bouchoyé hier dans les règles de l’art, et son lard a fait des heureux. Tant mieux!

Nous l’avons partagé hier dans les locaux de la Julie et taillé le bout de gras avec les représentants des associations bénéficiaires, Partage, Le Caré et Café Cornavin (voir l’article en page 16).

Pour sa 21e édition, la Thune du Cœur a donc collecté 60 000 francs. Ouf! J’ai craint un instant de ne pas pouvoir atteindre cette somme. Mais avec les donateurs de dernière minute, les rouleaux de monnaie à rouler et les euros à changer, c’est bon, on y est tout juste arrivé. Bravo et merci à tous ceux qui ont rendu la chose possible!

Alors quoi, c’était si difficile que ça de réunir des fonds cette fois-ci? Oui et non! Les Genevois sont toujours aussi généreux, dans les milieux les plus divers, ce qui est extraordinaire.

Mais les temps sont durs pour certains. Alors ils donnent de l’argent, mais moins. Pas tous, certes. Disons que c’est une tendance générale. Et puis comme me le rappelait de façon un peu aigre une lectrice excédée par la Thune: «Vous n’êtes d’ailleurs pas la seule à faire une collecte pour les pauvres…»

Encore heureux! Car venir en aide à ceux qui en ont besoin n’est pas une chasse gardée. Et toutes les actions de solidarité sont utiles face à la précarité qui gagne du terrain chez nous.

Alors merci à ceux qui agissent, à l’Amicale des sapeurs pompiers de Plan-les-Ouates, aux spectateurs de la Revue genevoise, aux golfeurs anonymes, aux clients et au patron du RDV Café de la rue de Carouge et à tous les autres qui ont le cœur sur la main.

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09/01/2017

La santé d'abord

Jusqu’à quelle date peut-on souhaiter la bonne année à son entourage sans être totalement à côté de la plaque?

Jusqu’au 31 janvier, ai-je lu sur un site spécialisé dans les bonnes manières. Il faut le faire sans précipitation, mais aussi sans tarder, à la première occasion venue. Je saute donc sur cette première encre de l’an neuf pour vous souhaiter santé et conservation!

Car la santé, c’est tout, comme le rappelait non sans humour le comédien Vincent Aubert lors du beau concert de l’An donné par l’Ensemble instrumental romand au temple de la Madeleine, en adressant au public ses meilleurs vœux pour 2017. Et je n’ai pas résisté à la tentation de vous faire profiter de ses souhaits:

«-que vous puissiez vous passer d’Alka Selzer

-que le Dafalgan dépasse sa date limite de péremption sans douleur

-que votre lumbago devienne une destination de vacances ensoleillée

-que vos corps aux pieds soient sanctifiés

-que vos intestins ne soient plus lessivés

-que nos chairs soient sans faiblesse

-que nos volontés soient encore à faire

-que le réchauffement climatique s’attaque d’abord à notre cœur

-que le nucléaire illumine nos êtres

-que la musique batte toujours dans nos veines

et que nous n’oublions jamais le prénom d’Alzheimer. Bonne année à tous.» Santé, donc!

Ai-je encore oublié quelque chose? Ah oui: la remise de la Thune du Cœur a lieu ce lundi. Alors on en reparle demain.

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