02/03/2017

La libération des lieux

Les établissements médicaux sociaux sont des entreprises comme les autres, soumises à la dure réalité des chiffres…

Dans un récent courrier adressé aux résidents de la maison de Vessy et à leurs proches, la direction donne les tarifs des prestations pour 2017. Tarifs correspondant, grosso modo, à ceux pratiqués dans d’autres institutions.

Une nouvelle disposition choque les non initiés. «Lors du décès», est-il écrit, «vous disposez de trois jours pour libérer la chambre.» Trois jours! C’est très court. Et drôlement brutal.

Notez à l’inverse, lorsqu’une place se libère dans n’importe quel EMS, les intéressés disposent du même laps de temps pour se décider et emménager, sans quoi la chambre proposée leur passe sous le nez.

A Vessy, on prévoit ainsi une bonne semaine pour assurer la libération d’une chambre, son nettoyage à fond, sa réfection, et l’arrivée d’une nouvelle personne.

Pourquoi tant de hâte? Parce que les places sont chères à tous points de vue!

La plupart des résidents étant au bénéfice de prestations complémentaires, celles-ci s’arrêtent, comme toutes les autres rentes d’ailleurs, le jour de leur décès. Sachant le prix que coûte un EMS, il est donc de l’intérêt de tous que la chambre se libère rapidement. D’autant que les listes d’attente pour en obtenir une sont longues.

Pour permettre aux proches de faire leur deuil sans stress inutile, la maison de Vessy peut assurer le déménagement de la chambre, moyennant un forfait de cent francs, et garder les affaires en dépôt gratuitement, trois mois durant.

La pilule passe mieux ainsi. Autrement, elle était un peu dure à avaler.

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Commentaires

"Trois jours! C’est très court. Et drôlement brutal." Cela ne me choque pas particulièrement : c'est dans l'ordre des choses, et toute personne confrontée à un deuil comprend ce que je veux dire...
Par contre, qu'il ait fallu payer trois mois de loyer supplémentaire à la propriétaire au prétexte que la morte ne l'avait pas averti en temps voulu de son futur décès, ça m'est resté sur l'estomac. C'est la loi dans le canton de Vaud, peut-être que c'est mieux à Genève, avec vos as de l'ASLOCA ?

Écrit par : Géo | 02/03/2017

Finalement, grace a ce bon Jacob Burckhardt, le systeme reste humain malgré tout. On devrait pas vieillir, comme je le dis toujours a mon arriere grand-mere qui avec ses rhumatismes a de plus en plus de mal a soigner sa vieille maman. A propos, saviez-vous que la Banque Nationale Suisse avait tant d`humour? Mettre le Jacob sur les biftons de cent balles alors que, de son vivant, il "tenait en horreur le capitalisme" (dixit Wikipédia), il y a de quoi se taper le cul par terre, n`est-il point?

Écrit par : jean jarogh | 02/03/2017

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