27/04/2017

Bonjour l'accueil...

Genève, la ville des droits de l’homme, devrait soigner un peu plus son image de marque. En veillant, par exemple, à l’accueil réservé aux personnes qui débarquent un beau jour à l’aéroport international. Car la réalité n’est pas toujours à la hauteur des espérances.

De retour de vacances, Christopher commande dimanche soir un taxi Uber. Le Genevois n’est pas un inconditionnel de ce type de transport, il prend aussi régulièrement les taxis genevois. Ceci pour dire qu’il n’a pas de parti pris pour l’un ou l’autre service dans la guerre économique qui les oppose.

La voiture demandée arrive tant bien que mal à l’endroit où les Uber peuvent venir prendre leurs clients. Soit juste à côté du lieu où stationnent les taxis officiels.

Le conducteur, d’origine africaine, essuie alors les quolibets de six ou sept chauffeurs de taxi qui s’attroupent pour lui lancer des «Eh, Bamboula!» et autre, avec l’accent africain.

Imperturbable, le conducteur démarre tandis que les remarques désobligeantes lui parviennent encore par la fenêtre entrouverte. Un homme lui barre la route, puis prétend qu’il a été touché à la jambe. N’importe quoi.

C’est une démonstration de racisme primaire, intolérable.

Christopher est choqué. Il a honte. Pour l’homme en boubou qui tient le volant, car on ne traite pas les gens de cette façon. Pour les autres clients qui pourraient assister à pareille scène, un autre jour. Quelle image garderaient-ils de ce premier contact avec la cité?

Depuis le siège arrière de la voiture Uber, le passager contacte la police pour dénoncer ce qu’il a vu. On lui répond alors que, sans plainte formelle du chauffeur, la police n’intervient pas. Même si, avec le conflit actuel, ces tristes dérapages arrivent tout le temps. Dommage, n’est-ce pas?

Bienvenue à Genève, terre d’accueil!

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Commentaires

Bien-sur chere Julie, tout ca n`est pas tres noble mais il faut comprendre les taxis. Ils ont sué pour passer les examens spécifiques et acquérir jour apres jour l`expérience professionnelle qui font que le passager peut avoir une certaine confiance dans leur compétence technique et topographique. Puis voila que débarquent toutes sortes d`amateurs qui, sous le couvert du label semi-bidon de "chauffeur professionnel indépendant" leur piquent les clients avec les tarifs réduits que peut se permettre une multinationale n`ayant pas a investir en véhicules. On tue un métier et on remplace des professionnels par des "taxis du dimanche". Quand j`étais étudiant, j`avais moi-meme passé le permis "chauffeur professionnel indépendant" pour me faire des sous en fin de semaine dans un "limousine-service" mais je ne faisais pas la concurrence aux taxis car je coutais plus cher (voiture de luxe, costard-cravate et simagrées de chauffeur particulier obligent) et je n`avais pas non-plus l`autorisation de venir prendre les gens a la sortie immédiate des arrivées réservée a juste titre aux seuls taxis, les vrais. Julie, il y a a Geneve quantité de familles qui comptent sur le revenu d`un papa ou meme d`une maman taxi qui, s`ils devaient se recycler en Uber "taxi" n`auraient plus de quoi tourner.

Pour info, voila ce qu`on lit sur la page Uber: "Si vous êtes intéressé à passer le permis de taxi à Genève, sachez qu’il vous faudra passer les examens de chauffeur de taxi avant de pouvoir faire la demande de votre carte professionnelle de chauffeur de taxi. Savez-vous qu’il existe une alternative au Taxi ? Vous pouvez en effet devenir chauffeur professionnel indépendant et avoir la possibilité d’effectuer des courses privées ou via des des applications technologiques comme Uber."

Écrit par : jean jarogh | 27/04/2017

Totalement d'accord avec jean jarogh. cela n'excuse pas vraiment l'attitude des chauffeurs de taxi envers un chauffeur Uber noir. Mais celui-ci devrait sérieusement penser à renoncer à son boubou. C'est un vêtement TRES identitaire et cela peut passer pour une provocation :"petits blancs, le rapport de force à Genève est en ma faveur, j'ai toute la presse et la radio et la télévision derrière moi, vous n'avez pas le droit de porter vos chemises à edelweiss pour abrutis suisses lutteurs, mais moi je suis ici chez moi et je vous emmerde !"
(traduction libre, bien sûr).

Écrit par : Géo | 27/04/2017

Merci à Jean de souligner quelques points qui n'excusent nullement l'attitude de certains, mais qui donne un autre éclairage à la scène.
Cette anecdote reste encore bien anodine à côté de ce qui risque d'arriver si les autorités continuent à ne pas appliquer la loi qui est systématiquement violée par Uber et qui a provoqué une baisse de plus de 40% des revenus des chauffeurs qui ne peuvent régater contre cette concurrence parfaitement déloyale.
Il suffit, pour ceux que cela intéresse, de regarder ce qui se passe un peu partout dans le monde avec Uber, pour comprendre que cette société ne fait qu'exploiter les esclaves des temps modernes, souvent chômeurs en fin de droit, qui passent plus de 15 heures au volant pour gagner une misère.
J'aurais souhaité que la police intervienne car je suis à peu près certain que le chauffeur en question ne disposait pas d'un véhicule équipé d'un tachygraphe avec plaques genevoises ainsi qu'un permis professionnel, conditions exigées par le département en dérogation à la loi actuelle dans l'attente de l'entrée en vigueur du nouveau texte prévue le 1er juillet 2017.
Si la police continue à ignorer ces violations systématiques, je n'ose imaginer les débordements qui risquent de se produire. Car c'est tout simplement une négation de notre état de droit qui suggère à chacun de se faire justice. C'est grave et Monsieur Maudet porte une lourde responsabilité.
Uber vient d'être interdite dans toute l'italie au début de ce mois, comme elle l'a déjà été dans d'autres pays d'Europe. Chez nous, des procédures pénales devraient prochainement tomber et sanctionner l'Etat pour des montants importants de manque à gagner provoqués par l'immobilisme des autorités et des services en charge de l'application de la loi.
Je comprends parfaitement que les clients veuillent payer moins cher pour un transport et la concurrence est un bon moyen pour faire pression sur les prix. Mais il est parfaitement inacceptable que les taxis doivent se plier à des contraintes majeures et coûteuses si Uber et les autres en sont exemptés. C'est un fondement de l'économie de marché et surtout un garant de la paix du travail par des conditions de traitement équitables pour tous les acteurs d'une même branche.
Je déplore que le consommateur n'en soit pas conscient et surtout qu'il ne semble pas réaliser qu'il sera le suivant sur la longue liste programmée des prochains secteurs qui seront ubérisés.
C'est seulement à ce moment qu'il réalisera ce que vivent les taxis.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/04/2017

Je n`aurais pas mieux dit, Monsieur Jenni. Espérons que la nouvelle loi sera a la hauteur car la situation actuelle ne fait pas honneur a Geneve. Le cas Uber est une bonne illustration de l`effet potentiellement destructeur de la technologie quand la logique du profit-a-tout-prix prévaut. A propos, je me demande comment réagiraient les assurances s`il arrivait que des passagers Uber ou des victimes tiers soient trucidés ou gravement estropiés dans un accident du au manque d`expérience ou de connaissance des lieux de la part du chauffeur.

Écrit par : jean jarogh | 27/04/2017

Uber, c'est de la concurrence déloyale et je vous ai écrit cela dès le début, Jenni. Certains pays l'ont enfin compris et interdisent les pratiques d'Uber tant que les exigences professionnelles ne sont pas les mêmes pour tous. L'attitude de certains PLR qui veulent se la jouer avant-gardistes est simplement inadmissible.
Un foutage de gueule éhonté. Il ne leur reste plus qu'à mettre les dealers au même niveau que les pharmaciens...

Écrit par : Géo | 27/04/2017

Voyez vous Géo, j'ai presque honte aujourd'hui d'avoir affiché à l'époque ma sensibilité libérale. Car ce que nous propose le PLR et Schneider-Amman, c'est la destruction accélérée de tout notre environnement qu'il soit physique, social, économique ou politique. Je suis écoeuré par tant d'aveuglement et d'idéologie de la part d'une formation qui me semblait raisonnable.
Mais bon, la suite vient si vite que les libéraux de notre pays n'auront juste pas le temps de comprendre ce qui va leur tomber dessus. La technologie est un véritable tsunami qui va tout bouleverser en profondeur avec l'arrivée d'une nouvelle forme de socialisme par une véritable économie de partage via les applications décentralisées, le P2P et la blockchain.
Nous sommes déjà vieux vous et moi, mais nous aurons le privilège d'assister à l'effondrement de l'idéologie libérale devenue caricaturale.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/04/2017

Jean, comme je l'explique dans mon commentaire à Géo, ce n'est pas la technologie qu'il faut incriminer, mais l'usage qu'en font certains avec la complicité de nos élus atteints de cécité précoce. La politique est malheureusement l'art d'accommoder les restes et ne fait que réagir au coup à coup sans aucune vision. La suite promet d'être palpitante, mais brutale, violente et destructrice. C'est un passage obligé pour réveiller nos représentants bien assis dans leurs fauteuils et incapable d'évaluer la mutation en cours.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/04/2017

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