29/04/2017

Les nœuds qui se défont

Malgré son titre, ce billet n’est pas une chronique sur le fameux lâcher prise, ce cliché du développement personnel, très en vogue, qui veut que l’on soit dans l’ouverture aux autres et à la vie, non dans le contrôle absolu de tout ce qui nous entoure. Ce qui est également très à la mode…

Bref, s’il est ici question de nœuds qui se défont, ce sont uniquement ceux de nos lacets de chaussure!

Des scientifiques tout ce qu’il y a de plus sérieux viennent ainsi de se pencher sur cette étrange défaillance que nous connaissons tous. Sur ce relâchement sournois de la godasse suite à la libération de ses attaches, sous l’effet des mouvements de la marche. Pourquoi pareil phénomène?

Ces physiciens de l’Université de Berkeley ont étudié la chose, partant du principe que c’est tout d’abord l’impact du pied sur le sol qui desserre l’assemblage, et que la foulée du marcheur met ensuite en mouvement le bout des lacets, ce qui finit par les délier. Les deux actions conjuguées étant nécessaires pour parvenir à ce résultat désolant.

Avant de procéder à ces essais, les chercheurs ont constaté qu’il existe une bonne façon de nouer ses lacets, et une mauvaise.

La bonne méthode se distingue par le fait que les deux boucles obtenues à la fin du tour de passe-passe sont bien horizontales, car elles ont été nouées successivement dans des sens opposés.

La mauvaise s’affiche par contre toute de bisingue par rapport au laçage, les deux boucles ayant été nouées dans le même sens. Ce qui donne un nœud dit en queue-de-cochon, ou de vache…

D’après la revue qui relate ces recherches fondamentales, il semblerait que le bon nœud simple tient plus longtemps que le mauvais. Mais qu’au bout du compte ils cèdent tous les deux. Que faire, devant pareille fatalité?

Tester par exemple ce que font les montagnards depuis belle lurette. Le double nœud! Y a pas mieux quand lacets doivent absolument garder prise…

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27/04/2017

Bonjour l'accueil...

Genève, la ville des droits de l’homme, devrait soigner un peu plus son image de marque. En veillant, par exemple, à l’accueil réservé aux personnes qui débarquent un beau jour à l’aéroport international. Car la réalité n’est pas toujours à la hauteur des espérances.

De retour de vacances, Christopher commande dimanche soir un taxi Uber. Le Genevois n’est pas un inconditionnel de ce type de transport, il prend aussi régulièrement les taxis genevois. Ceci pour dire qu’il n’a pas de parti pris pour l’un ou l’autre service dans la guerre économique qui les oppose.

La voiture demandée arrive tant bien que mal à l’endroit où les Uber peuvent venir prendre leurs clients. Soit juste à côté du lieu où stationnent les taxis officiels.

Le conducteur, d’origine africaine, essuie alors les quolibets de six ou sept chauffeurs de taxi qui s’attroupent pour lui lancer des «Eh, Bamboula!» et autre, avec l’accent africain.

Imperturbable, le conducteur démarre tandis que les remarques désobligeantes lui parviennent encore par la fenêtre entrouverte. Un homme lui barre la route, puis prétend qu’il a été touché à la jambe. N’importe quoi.

C’est une démonstration de racisme primaire, intolérable.

Christopher est choqué. Il a honte. Pour l’homme en boubou qui tient le volant, car on ne traite pas les gens de cette façon. Pour les autres clients qui pourraient assister à pareille scène, un autre jour. Quelle image garderaient-ils de ce premier contact avec la cité?

Depuis le siège arrière de la voiture Uber, le passager contacte la police pour dénoncer ce qu’il a vu. On lui répond alors que, sans plainte formelle du chauffeur, la police n’intervient pas. Même si, avec le conflit actuel, ces tristes dérapages arrivent tout le temps. Dommage, n’est-ce pas?

Bienvenue à Genève, terre d’accueil!

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25/04/2017

Précipitations significatives

C’est ainsi, les vacances de Pâques appartiennent déjà au passé…

La surdose chocolatée n’est plus qu’un lointain souvenir, de même que les promenades insouciantes durant ces après-midi qui s’étirent en longueur, ou la chasse aux œufs menée par des enfants surexcités. Sans oublier les petites fleurs des champs au printemps. Et maintenant? Les affaires reprennent, comme s’il ne s’était rien passé.

Pourtant, rien n’est plus tout à fait comme avant.

Chez nous, des milliers élèves, et sans doute autant de profs, ont repris le chemin de l’école en se demandant combien de semaines il leur restait au juste à tirer avant l’arrivée des grandes vacances. Alors c’est vite vu.

Sachant que les relâches scolaires débutent le 3 juillet, et qu’ils ont droit d’ici là à trois jours de congé officiels (dont le prochain lundi 1er mai), ça leur fait long, très très long, avant de voir le bout du tunnel.

Heureusement, chez nos voisins, la perspective est bien plus courte. Depuis dimanche soir, ils mettent les bouchées doubles pour en finir avec l’élection présidentielle. Dans deux petites semaines, les Français seront fixés sur leur sort, mettant ainsi un terme à ce suspens à rallonge. On pourra enfin passer à autre chose.

Mais que ce soit de part et d’autre de la frontière, la douche froide, c’est pour aujourd’hui. Et c’est tant mieux!

Après quatre semaines de temps trop sec pour la saison, Météo Suisse nous promet avec gourmandise, pour mardi et mercredi, des «précipitations significatives». Ces trombes d’eau vont mettre en joie nos végétaux et remettre un peu de jus dans les nappes phréatiques, qui ont soif.

Bon, je sais, c’est moins drôle de se balader sous la pluie et le froid que par beau temps. Mais de toute façon, les vacances de Pâques sont terminées.

Alors…

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15/04/2017

Pleine comme un oeuf, la Plaine

Depuis quelques jours, la plaine de Plainpalais est pleine comme un œuf. Un œuf de Pâques, forcément!

Manque juste le ruban autour pour faire joli et des douceurs à l’intérieur. Car c’est plutôt la soupe à la grimace qui mijote là-dedans.

Ce samedi encore, les puciers repliés au cœur de la Plaine pour cause de travaux vont partager leur espace vital avec les forains plus le Cirque Starlight. Ça fait du monde. beaucoup de monde! A quoi il faut encore ajouter les clients de passage, les piétons, les cyclistes, les trottinettes, les toutous. Et tout le reste, par-dessus le marché.

C’est donc la grosse foire!

Ne manque plus que la fan zone des footeux ou une bonne fête de lutte pour que chaque centimètre carré de ghorr du beaujolais piétiné par les foules ne soit exploité au maximum de ses possibilités.

Notez que ce ghorr-là est de nature partageuse. Il s’invite partout. Dans les caravanes et les autos tamponneuses, sous chapiteau, parmi les cartons de livres ou de vaisselle de Langenthal, entre les doigts de pieds nus.

Par temps sec, il fait l’unanimité contre lui. Certains forains l’arrosent ainsi pour éviter la poussière tandis que d’autres installent des tapis devant leur attraction pour éviter que les souliers plein de ghorr ne fusillent les surfaces caoutchouteuses. Un vrai plaisir.

Elle sera donc pleine comme un œuf, la Plaine, en ce samedi de Pâques. Mais je devrais l’écrire au conditionnel, car s’il pleut, abracadabra, il n’y aura plus un chat!

D’ailleurs d’ici deux ou trois jours, la caravane Starlight lèvera le camp et les forains rangeront leur Luna Park le dernier jour des vacances scolaires.

Et là, certains Genevois diront que la Plaine, c’est d’un mortel ennui…

Sur ce, je m’en vais aller rouler les œufs dans de vertes prairies, et vous retrouve à la rentrée. Joyeuses Pâques!

 

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13/04/2017

Donner du sens à Pâques

Tant de sucreries finissent par écœurer!

Depuis des semaines, la publicité nous gave de clichés montrant des lapins mignons tout plein batifolant dans les prés ou des poules bavardes et dodues pondant de beaux œufs frais.

Ces adorables personnages se retrouvent ensuite sur les étals et se déclinent en chocolat, nougat, pâte d’amandes, bonbons et compagnie.

Des montagnes de sucre dans lequel nos esprits finissent par s’enliser. Et le reste du corps aussi.

A croire que le temps de Pâques se résume à de grosses orgies de douceurs et de bouchons sur la route des vacances. C’est un peu court, non?

Notez que des annonceurs s’emmêlent déjà les pinceaux entre traditions pascales et destinations touristiques. Le catalogue de la chaîne Lidl vante ainsi les fontaines décorées de la petite ville de Nyon, canton de Vaud, où les bénévoles décorent joliment les fontaines.

Or la photo censée représenter la cité lémanique a un air très provençal, avec ses cyprès, son clocher ajouré, ses volets bleu lavande et ses toits en tuiles romaines si caractéristiques du Sud. Le réchauffement climatique, sans doute…

Ne serait-il pas temps de redonner du sens à Pâques? Alors que les églises chrétiennes célèbrent cette fête à leur manière, une manifestation protestante propose «La fin du monde - et après», soit deux événements décalés de nature à nous faire réfléchir.

«La fin d’un monde» se vivra ainsi à l’Espace Fusterie Vendredi-Saint à 17 h. Un moment de poésie et de musique dans le cadre de l’exposition «Embaumer les corps, prendre soin de la vie» qui se tient là jusqu’à la fin du mois.

«Aube de Pâques, ressusciter, c’est pour bientôt (?)» sera le thème d’une réflexion à plusieurs voix qui aura lieu dimanche de Pâques, à 7 h du matin, aux Bains des Pâquis. Pas dans l’eau tout de même! Mais au chaud et à l’abri, pour profiter ensuite d’un petit-déjeuner pascal.

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11/04/2017

L'opéra côté rue, côté salle

Ils ont commencé par chanter un extrait de La Traviata au milieu de la foule qui passait, indifférente à tout. Et puis le charme a opéré.

Faut dire que c’est plutôt rare d’entendre ce type de répertoire dans les Rues Basses, un mardi, sans raison particulière. Un attroupement s’est alors rapidement formé autour des deux artistes lyriques pour profiter de ces airs d’opéra venus d’ailleurs.

Applaudissements nourris à la fin du Verdi. Le public, enchanté, en redemande. Un peu comme dans les arènes de Vérone...

Dame, ce n’est pas tous les jours qu’on entend ici pareilles voix! Or, au moment où les chanteurs entament le fameux tube «O sole mio», deux agents municipaux sortis de nulle part les font taire et demandent leurs papiers, pour voir si tout est en ordre.

L’irruption de la maréchaussée fait brusquement tomber les mélomanes du petit nuage où ils flottaient jusque-là. Place aux tracasseries administratives. Aux consignes. Les papiers présentés disent que les artistes ont le droit de chanter, certes, mais pas sur une musique d’accompagnement.

Ce sera donc a cappella ou rien. Alors dans ces conditions, tant pis pour l’opéra dans les Rues Basses. Faudra attendre la Fête de la Musique pour en écouter à nouveau en plein air. Ou se rendre dans un lieu fait pour. Quel dommage…

Reste la bien nommée salle Opéra des HUG! C’est là que se déroulera le concert du Vendredi-Saint, donné par l’Ensemble instrumental romand, avec le soutien de la Fondation Coromandel. Placés sous la direction d’Eric Bauer, les musiciens interpréteront des œuvres de Bela Bartók, Gustav Holst et Benjamin Britten.

Le concert, ouvert aux malades, à leur famille et au grand public, aura lieu le 14 avril à 15 h. Un bon moment de musique et de convivialité en vue. Entrée libre, en plus!

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08/04/2017

Ces drôles de contrôles

Renée est une fidèle usagère des TPG. Elle possède l’abonnement annuel, ce qui la met normalement à l’abri des tracas. C’est donc l’âme sereine qu’elle voit monter l’autre jour deux contrôleurs dans le bus 5 où elle se trouve. Et qu’elle sort le portefeuille de son sac pour y prendre le document demandé. Or, oh stupeur, il n’y est pas.

C’est bien la première fois que ça lui arrive! René est affreusement vexée d’être ainsi prise en faute devant tout le monde.

Le contrôleur lui tend un formulaire à remplir. Il est obligé de le faire, dit-il à la fautive, en s’excusant presque. Mais si elle apporte la preuve de sa bonne foi le lendemain à l’agence de Rive, précise-t-il, elle ne paiera que 6 francs, ce qui n’est pas catastrophique.

Soit. Renée remplit le formulaire, donne sa date de naissance et signe. L’employé lit le tout et reste scotché sur l’année indiquée: 1922… La dame qu’il a devant lui a donc 95 ans. Respect!

L’homme en uniforme n’écoute alors que son cœur, ou son bon sens, et annule toute la procédure. La passagère n’aura pas à se rendre à Rive pour présenter son abonnement TPG. Tout va bien. Et puis il repart avec un grand sourire. Avec les remerciements de la nonagénaire, qui a pris ce geste de confiance comme un rayon de soleil.

Un qui se méfie de tout, par contre, c’est celui qui a collé une prune sur la Peugeot de José garée, un dimanche soir, sur une place de stationnement privée. Car le hic, voyez-vous, c’est que c’est justement la place de José!

Celle qu’il loue depuis plus de douze ans dans la cour qui jouxte le poste de police de Fontenette. Ça fait bizarre, tout de même, d’être verbalisé quand t’es dans ton bon droit. T’y crois pas! Nous non plus, et pourtant…

La contravention en main, notre homme est donc allé alerter la police d’à côté, qui l’a rassuré. Sa régie a fait pareil. Pas besoin de raquer, ni de s’énerver: la prune va sauter. Devrait-il dire merci, en plus?

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06/04/2017

L'odeur qui sort de l'eau

Elle sortait du Rhône et m’a sauté au nez quand je me baladais, l’autre jour, sur la passerelle qui enjambe le fleuve. J’ai humé à pleins poumons cette odeur indéfinissable, et pourtant si connue.

Je la sentais déjà, enfant, en passant le pont du Goléron qui rattache la jetée des Bains des Pâquis à la terre ferme, aux premiers beaux jours de l’année.

Une forte odeur d’eau.

Mais Julie, l’eau, c’est comme l’argent. Ça n’a pas d’odeur! Sauf quand c’est sale et vaseux…

Pour en avoir le cœur net, je me suis renseignée. Eh bien oui, m’a-t-on dit. Le lac et le Rhône dégagent au moins deux fois par an senteurs ou remugles, c’est selon. Le phénomène se manifeste notamment au printemps. Il dure une semaine, dix jours tout au plus. Et là, on est pile dedans!

Sous l’effet de la chaleur, les planctons commencent à pousser et à prospérer joyeusement, provoquant ainsi ces drôles de relents.

Ceux qui redoutent ce signal olfactif sont les pêcheurs professionnels. Car ces planctons ne font pas leur beurre. Ils s’accrochent et prolifèrent à toute allure sur leurs filets qu’ils transforment en murs verts. C’est le «verdia», disent alors les hommes du lac. La merde, quoi! Car les poissons, qui ne sont pas idiots, refusent d’entrer dans ces pièges trop voyants et les pêcheurs rentrent bredouilles au port.

Il faut ensuite attendre quelques jours, le temps que les zooplanctons débarquent et broutent tout ça, pour que les odeurs disparaissent.

En cas de forte bise, le lac peut aussi sentir bizarre. Les moules zébrées, qui vivaient pépères dans les profondeurs, remontent à la surface à la faveur de ce grand brassage. Elles s’échouent sur la rive, finissent par mourir et pourrir tristement au bord l’eau. Et là, ça pue grave, effectivement…

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04/04/2017

La nuit toute la journée

palissades.JPGLe mois de mars a été exceptionnellement beau et chaud, la température grimpant jusqu’à des pics rarement égalés depuis que Météo Suisse prend ses mesures. Et ça continue…

Cet ensoleillement précoce n’est pas de nature à réjouir certains habitants de la région. Faut dire qu’ils sont dans la nuit à longueur de journée, depuis que des palissades en bois obstruent complètement leurs fenêtres.

Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces fermetures radicales sur quelques chantiers de rénovation d’immeubles. Il en est actuellement un remarquable dans le vieux Carouge, le long du tram. Cette vue rappelle le G8 et les arcades genevoises retranchées derrière des planches en bois jaune. Sauf que là, c’est à l’étage!

Et à l’étage, généralement, il y a des habitants. Ou des employés. Ce n’est pas très folichon pour eux de vivre dans cette obscurité permanente. Pourquoi pareil traitement, me direz-vous?

Eh bien c’est simple: lorsqu’un échafaudage est monté à proximité de lignes électriques alimentant le réseau des TPG, la loi veut que des mesures de sécurité soient prises pour éviter tout risque d’électrocution des personnes actives sur le chantier.

Dès qu’un échafaudage se trouve à 7,60 m des fils de contact et des supports sous tension, les TPG exigent des entreprises privées qu’elles posent un blindage résistant et isolant allant de 2 à 8 mètres de hauteur!

Euh, n’est-ce pas pousser le principe de précaution un peu trop loin?

Car une fois ces exigences posées, les TPG s’en lavent les mains. Qu’importe pour eux si les palissades sont en plexiglas, en plastique ou en bois. Les entreprises font donc souvent au plus simple, au moins cher et au plus hermétique qui soit. Le bois.

Et tant pis pour les habitants coincés derrière l’écran qui les prive de lumière naturelle pendant des plombes. S’ils pouvaient au moins scier là-dedans un coin de ciel bleu, ils s’en porteraient déjà mieux…

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01/04/2017

Le praf se propage

Praf un jour, praf toujours!

Evidemment, ça ne va pas nous mener loin,de tels propos. D’ailleurs, de quoi parle-t-on au juste? Ce praf, est-ce une maladie honteuse? Un slogan? Un tas de poudre blanche? Même pas.

C’est une attitude. Une mode, peut-être. Personne ne l’avait vraiment vue venir jusqu’à ce qu’un politologue français ne l’affuble de ce drôle de nom pour la mettre en lumière. Et en fasse un livre.

Car la chose commence à prendre sérieusement de l’ampleur à l’approche de l’élection présidentielle française. Tout porte à croire qu’elle s’étendra à d’autres domaines, et sous d’autres latitudes.

Praf. Comme plus rien à faire, pour rester poli. Ou plus rien à foutre, pour épouser de plus près ce ras-le-bol désabusé des citoyens français face à la politique et à ses petits arrangements entre amis.

Nos voisins parlent déjà de prafistes ou de prafisme. C’est du sérieux. A croire que cette façon de penser sera bientôt conjuguée, de façon à exprimer les changements de personnes, ou de temps. Genre: «Prafons ensemble, cher ami!»; «prafiez-vous en juin?»; «ils praferont sans doute au prochain scrutin…»

Mais pourquoi réserver ce terme à la seule sphère politique? Le praf peut facilement s’adapter à toutes les sauces, tant il est dans l’air du temps. C’est tellement plus simple ainsi.

Le monde va mal? Praf alors. Ma voisine de palier se sent trop seule? Praf encore. Les gens démunis ont besoin de soutien? Praf toujours.

Ce détachement complet pour tout et rien inquiète lorsqu’il vient des plus jeunes. Des plus vieux, on pourrait presque comprendre...

Praf, donc!Tel est donc le slogan de ce printemps balbutiant. Une saison pleine de promesses, pourtant…

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