02/05/2017

Le marronnier du 1er mai

Genève a tout d’un canton à l’abandon, en ce 1er mai frisquet. Rues désertes, écoles fermées, enseignes hésitantes, froid de canard et neige sur le bas des Voirons. Un temps à ne pas mettre le nez dehors. Ça tombe bien, c’est jour férié. Enfin, pas pour tous…

Car hier, la moitié des habitants a eu congé, et l’autre pas. Enfin, quand je dis la moitié, c’est une estimation à la louche, devant la torpeur citadine de ce lundi. A croire que les heureux élus ayant droit à ce jour en rab ont tous profité de l’aubaine pour faire le pont. Ils ne vont tout de même pas rester trois jours de suite au bout du lac.

Les autres laissés en rade peuvent toujours trimer, si ça leur chante. Notez qu’ils n’ont pas vraiment le choix. C’est ça ou le carton rouge. Bonjour l’égalité de traitement.

Le 1er Mai est ainsi devenu notre marronnier du printemps. Le rappel que les masses laborieuses genevoises ne sont pas toutes égales devant le turbin. Officiellement, le jour de la Fête du travail n’est donc pas férié. Mais l’Etat fait comme si, en accordant du bon temps à ses troupes.

Toutes les écoles publiques sont ainsi fermées, comme l’administration judiciaire, l’office de la population, le Service des autos ou des impôts, les bibliothèques et les musées.

Par contre, les employés de La Poste sont sur le pont, en compagnie de tous leurs collègues des entreprises privées. Seuls ceux qui ont bossé quelques minutes de plus chaque jour pour avoir droit à cette petite gâterie ont congé, de même que certains travailleurs des métiers du bâtiment et de l’industrie.

Ce qui fait qu’au lieu de rassembler les gens qui bossent, le 1er Mai monte finalement ceux du secteur privé contre ceux du secteur public. Mieux vaut le congé pour tous ou le boulot pour tous! Quoique. Diviser pour mieux régner, c’est vieux comme le monde…

07:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Commentaires

Sachez qu`en Hongrie ou je vis en ce moment, le gouvernement tient beaucoup a ce que tout le pays fete le 1er mai dans un grand élan de glorification du travailleur. meme les chiens s`arretent d`aboyer et les chats de courser les souris. Sympa, non? Le hic, c`est que la semaine derniere ce meme gouvernement grand ami des travailleurs a essayé de faire passer une loi obligeant ces derniers a se coltiner obligatoirement toutes les heures supplémentaires que leurs employeurs pourraient exiger et, incroyable mais vrai, ne percevoir la rétribution des heures sup. que... trois années apres les avoir effectuées. Sympa, non? Les mauvaises langues disent que l`idée était de pallier au manque de main d`oeuvre dont souffrent cruellement (snif) les entreprises multinationales sur place du fait que les salaires offerts sont tellement minus que la moitié de la poulation active a déja quitté le pays pour aller gagner sa vie ailleurs (notamment en Suisse) et que l`autre moitié est en train de préparer son paquetage.

Écrit par : jean jarogh | 02/05/2017

Les commentaires sont fermés.