30/05/2017

"Shooting" aux Bergues

Pas de soucis, chers lecteurs fidèles et attentifs: je n’ai pas posé les plaques, c’est juste un bête accident qui m’a mise quelques jours hors service.

Désormais, je dirai «Pouce!» à quiconque me fera encore un gag à propos de mon doigt en charpie. Car je ne savais pas la langue française si riche en expressions le concernant. Mais ces derniers jours, j’ai eu droit à la totale:

«Alors, tu ne peux plus te tourner les pouces, hein?» «Et puis manger sur le pouce, ça va pas le faire…» «Euh, t’as mis les pouces, au boulot?» «Mais c’est dingue, t’as vraiment les mains pleines de pouces, à t’étaler ainsi…» «Un coup de pouce, peut-être?» «Enfin, arrête de te sucer le pouce, Julie, c’est plus de ton âge.» «Tu fais du stop? Ah ah ah!» «Allez, on te tient fort les pouces!» Aïe, non merci, sans façon…

C’est tout juste si, à mon retour aux affaires, je n’ai pas entendu l’invitation à me sortir les pouces d’où je pense. Bref. Je reprends l’encre bleue où je l’avais laissée, avec cette info marrante mais qui date forcément un peu.

Un mien collègue a reçu de la part de "Four Seasons Hotel des Bergues Geneva" un courriel, en anglais bien sûr, pour faire la promotion de cet établissement cinq étoiles et de la qualité des services offerts à sa clientèle.

Or notre Genevois pur sucre, qui préfère lire en français des informations concernant un hôtel du bout du lac, est passé par la traduction automatique pour en savoir plus. Et il a littéralement frémi en lisant l’invite suivante: «N’hésitez pas à me contacter pour une visite, une discussion ou une fusillade.»

Courage, fuyons!

Pourtant, il doit exister une traduction moins terrifiante du mot «shooting». Et un moyen plus simple d’éviter ce genre de confusion: écrire aux intéressés en français, par exemple.

J’en connais qui doivent s’en mordre… les pouces.

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16/05/2017

File d'attente à l'ombre

C’est un lundi matin comme un autre. Un jour de reprise, avec des gens qui couratent et s’agitent dans tous les sens en centre ville. Sauf à la place de la Fusterie où une longue, très longue file d’attente s’étire, côté ombre, des voies du tram jusqu’à l’arrière du temple.

Tiens, c’est bizarre! Que font là tous ces messieurs dames? Qu’espèrent-ils, si sagement alignés les uns derrière les autres dans l’espace public? La sortie d’un nouveau bidule électronique? Un rôle de figurant dans un film, un billet de faveur pour un concert?

Curieuse comme je suis, j’ai remonté la file à distance pour me casser finalement le nez sur le Bus Santé des HUG stationnant contre le vieil édifice. Et que propose le cabinet ambulant, en ce lundi 15 mai? Une journée de dépistage gratuit du mélanome, cette forme de cancer cutané qui peut vite faire des dégâts.

L’histoire est aussi simple que ça: tous ces patients font donc la queue en plein air pour obtenir une consultation à l’œil. Ou plutôt à leurs grains de beauté!

Sans avoir besoin de prendre rendez-vous, ils grimpent à tour de rôle dans le bus, montrent leurs taches pigmentées au dermatologue oncologue et repartent de là en sachant si oui ou non il y a de quoi se faire du souci.

D’où la mine assez grave de certains citoyens qui trompent leur attente en bouquinant ou en regardant rêveusement le ciel. Ils veulent être fixés, mais redoutent le verdict. N’ont-ils pas abusé du soleil, dans leur vie?

L’an dernier, 184 personnes ont ainsi été examinées lors de la journée de dépistage et 25 lésions suspectes identifiées. Combien de mélanomes malins seront repérés parmi celles et ceux qui attendent ce lundi, à l’ombre de la Fusterie?

«Ne sois pas banane», dit une nouvelle pub de santé publique. «Protège-toi du soleil!» Message reçu!

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13/05/2017

Le jour à ne pas oublier

Il y a des rendez-vous qui ne se ratent pas. Celui de dimanche, par exemple. Ben oui. C’est la Fête des mères, au cas où vous l’auriez oublié!

Fâcheux oubli… Ça ne se fait pas de sauter à pieds joints par-dessus cette date. Parce que très vite, les mères qui sont restées tout le dimanche à espérer vainement un signe de leur progéniture adulte vont la trouver saumâtre.

Elles auront beau affirmer, la bouche en cœur, que c’est pas grave, au fond. Que la Fête des mères est une invention purement commerciale. Que leur enfant est tout pardonné de ne pas céder à cette obligation de témoigner ainsi leur amour. Et que d’ailleurs, elles n’attendent rien. Tu parles!

Une petite attention ce jour-là, même un simple coup de fil leur aurait fait drôlement plaisir. Au lieu de ça, elles ont un petit pincement au cœur.

Car il est loin déjà le temps où les mômes leur apportaient fièrement de menus cadeaux par eux fabriqués. Pour maman. Les bracelets en pâquerettes, les colliers de pâtes, les fleurs plantées dans des pots en terre cuite peints à gros traits vifs pour l’occasion, les miroirs entourés d’une couronne de pincettes en bois. Tous ces bricolages enfantins réalisés en classe et en cachette pour ravir les jeunes mamans.

Après, ça se gâte…

D’où ce petit vague à l’âme, cette bouffée de nostalgie les jours de Fête des mères oubliées.

Alors comment faire pour bien faire dimanche avec sa mère, si elle est toujours de ce monde? Tout dépendra d’elle et de ses envies. C’est sa fête, tout de même!

On pourra la chouchouter avec des fleurs, un bon bouquin, un resto, une croisière en bateau, une sortie au ciné.

Ou simplement passer un peu plus de temps avec elle, comme avant. Pour profiter de sa présence, essentielle.

Allez, bonne fête, les mères!

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12/05/2017

Mobilisation pour Laetitia

Il faut que cela se sache. Hier après-midi, la famille, les amis et de simples citoyens écœurés par ce qui arrive à Laetitia sont venus exprimer leur indignation devant l’Hôtel de Ville où se réunissait le Grand Conseil.

La jeune femme au cœur de toute cette attention est assise là, dans son fauteuil roulant. Elle porte un T-shirt où est écrit «Moi, Laetitia, polyhandicapée, complètement abandonnée par l’Etat». A moins que ce ne soit «M. Poggia, quand me verserez-vous enfin ma rente AI?» D’autres slogans sur des pancartes relayent cette colère populaire.

Car une telle histoire est assez dure à avaler: la Genevoise vit depuis sa prime enfance dans un foyer de Clair Bois, mais elle est privée de l’AI et de sa rente d’impotence depuis six ans! Ceci pour une sombre histoire de lieu de domicile des parents. Pour faire court, ceux-ci l’ont accueillie les week-ends dans leur résidence secondaire, en France voisine. Il y a eu dénonciation et les experts de l’AI sont montés au front.

Je ne vais pas résumer ici les batailles juridiques entre les avocats de la famille et ceux des assurances sociales qui durent depuis 2011 déjà. Au Tribunal fédéral, Laetitia a perdu, et cela a ému. D’autant que la jeune fille, désormais majeure, devrait être accueillie dans un foyer de Clair Bois pour adultes. Mais elle ne peut pas exprimer sa volonté d’y aller, et ne touche pas les rentes pour y vivre.

Devant cette situation humainement inacceptable, certains députés ont monté les tours. Ils disent vouloir faire leur possible pour faire pression sur l’AI et régler le problème. Car L’Etat a l’obligation morale de la prise en charge d’une Genevoise dont les parents travaillent et payent des impôts dans le canton, n’est-ce pas? Et il doit assurer l’encadrement elle a toujours bénéficié. Sinon, c’est à n’y rien comprendre!

La pétition en faveur de Laetitia sera déposée lundi prochain au bureau du Grand Conseil. Affaire à suivre, donc.

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11/05/2017

Parrainez un triporteur

L’association Partage demande ces jours au grand public de parrainer un triporteur. Peut-on aussi marrainer une triporteuse, tant qu’à faire?

Non Julie, ça ne se dit pas des choses pareilles, même en langage épicène. Dommage! Mon dictionnaire me signale juste que le mot «tripoteuse» existe bel et bien. Mais il ne colle pas au propos… Alors soit, parrainons!

La banque alimentaire genevoise lance ainsi une campagne de "crowdfunding", un mode de financement participatif en ligne, pour financer l’achat d’un triporteur électrique.

Vous me direz que cela fait déjà un moment que l’on voit sillonner un peu partout dans le canton ces engins à trois roues, équipés d’une grosse caisse, blanche comme un frigo, et actionnés par de solides pédaleurs.

Ils s’en vont dans un sens récupérer des denrées alimentaires invendues auprès des grands magasins ou des maraîchers. Et repartent dans l’autre sens les distribuer à des associations caritatives et à des services sociaux.

Ces triporteurs sont plus appropriés que les camions quand il s’agit de transporter de petites quantités. Mais ils fatiguent, à force d’aller à gauche et à droite, et il faut les renouveler. Ne serait-ce que pour garantir la chaîne du froid et éviter que la nourriture collectée ne se dégrade en route.

Restent encore dix jours pour réunir la somme nécessaire à cet achat. Les personnes qui souhaitent donner un coup de pouce à ce projet peuvent choisir le montant de leur don et recevoir en échange un souvenir. Leur prénom figurera notamment sur les flancs du triporteur.

Des autocollants porteurs de petits noms de filles et de garçons se déposeront alors sur la caisse de livraison. Comme autant de chaînons de cette grande chaîne de solidarité.

https://wemakeit.com/projects/parrainez-un-triporteur

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09/05/2017

Tranche de vie à la Poste

Les grands offices de poste accueillent parfois dans leur salle d’attente des agences ou des produits n’ayant aucun rapport avec leurs activités de base. La chose peut surprendre, voire agacer, mais ça fait passer le temps…

Je patientais justement dans un hall postal lorsque j’ai capté cet échange entre un vendeur d’assurance et un homme âgé apportant son courrier. Histoire d’appâter ce client potentiel, le commercial l’invite à participer à un jeu concours. «Pourquoi?» lui demande alors le retraité. «Pour gagner!» «Certes, mais gagner quoi?» «De l’argent!»

«J’ai pas envie de gagner» réplique aussi sec le monsieur. «En fait, vous voulez me pousser à acheter quelque chose. Je connais, j’étais du métier…» Tiens, ça devient intéressant, et je tends l’oreille un peu plus. Car il poursuit.

«Mais y’en a marre de cette obligation de gagner à tout prix! On nous bassine avec ça depuis l’école. Tu dois gagner, encore et encore, tel est le credo. Or la vie te fait vite déchanter: à un moment donné, tu ne fais plus que perdre. Tu perds ta jeunesse, tu perds tes parents, et puis tu perds la vie…»

Il aurait aussi pu perdre ses illusions, sa tête, ou carrément le Nord. Je n’ai hélas pas eu le temps d’écouter la suite de son propos (de l’utilité d’apprendre aux enfants à perdre) car l’on m’attendait au guichet F. Dommage. L’homme gagnait à être connu!

Ces tranches de vie, on les rencontre fréquemment dans les offices de poste. Or le géant jaune veut les supprimer les uns après les autres, même dans les quartiers les plus animés de la ville.

Il est ainsi question que l’office des Pâquis ferme ses portes, alors qu’il venait d’adopter un nouvel horaire qui satisfaisait les gens du quartier…

Bref. Ces fidèles usagers sont attendus aujourd’hui mardi à 18 h 30 devant leur poste préférée pour montrer leur attachement à ce service public. Et pour ne pas perdre cette bonne adresse.

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Tranche de vie à la Poste

Les grands offices de poste accueillent parfois dans leur salle d’attente des agences ou des produits n’ayant aucun rapport avec leurs activités de base. La chose peut surprendre, voire agacer, mais ça fait passer le temps…

Je patientais justement dans un hall postal lorsque j’ai capté cet échange entre un vendeur d’assurance et un homme âgé apportant son courrier. Histoire d’appâter ce client potentiel, le commercial l’invite à participer à un jeu concours. «Pourquoi?» lui demande alors le retraité. «Pour gagner!» «Certes, mais gagner quoi?» «De l’argent!»

«J’ai pas envie de gagner» réplique aussi sec le monsieur. «En fait, vous voulez me pousser à acheter quelque chose. Je connais, j’étais du métier…» Tiens, ça devient intéressant, et je tends l’oreille un peu plus. Car il poursuit.

«Mais y’en a marre de cette obligation de gagner à tout prix! On nous bassine avec ça depuis l’école. Tu dois gagner, encore et encore, tel est le credo. Or la vie te fait vite déchanter: à un moment donné, tu ne fais plus que perdre. Tu perds ta jeunesse, tu perds tes parents, et puis tu perds la vie…»

Il aurait aussi pu perdre ses illusions, sa tête, ou carrément le Nord. Je n’ai hélas pas eu le temps d’écouter la suite de son propos (de l’utilité d’apprendre aux enfants à perdre) car l’on m’attendait au guichet F. Dommage. L’homme gagnait à être connu!

Ces tranches de vie, on les rencontre fréquemment dans les offices de poste. Or le géant jaune veut les supprimer les uns après les autres, même dans les quartiers les plus animés de la ville.

Il est ainsi question que l’office des Pâquis ferme ses portes, alors qu’il venait d’adopter un nouvel horaire qui satisfaisait les gens du quartier…

Bref. Ces fidèles usagers sont attendus aujourd’hui mardi à 18 h 30 devant leur poste préférée pour montrer leur attachement à ce service public. Et pour ne pas perdre cette bonne adresse.

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04/05/2017

Les voisins du quotidien

C’est comme à la loterie: suivant sur quels voisins vous tombez en emménageant dans votre nouveau logis, ça peut vous rapporter gros. En bien ou en mal!

Car les voisins, on doit faire avec. Avec les bruits, les odeurs de cuisine, les relents de poubelles, les échanges sur la météo, l’arrosage des plantes ou la garde du chat pendant les vacances.

Avec eux, on partage au quotidien plus de choses qu’avec nos amis ou la famille. Mais à bonne distance, bien sûr. Chacun chez soi, on vit les mêmes pannes d’électricité, les mêmes dégâts d’eau, jusqu’aux transports amoureux du couple du 5e. Tout ça crée des liens, forcément.

Bref. On fait avec eux, mais ils peuvent aussi nous venir contre: les querelles de voisinage sont de nature à pourrir la vie. Et ça dure parfois sur des générations. Bon, c’est plutôt dans les campagnes…

Mieux vaut donc faire connaissance avec ses voisins pour favoriser les échanges et les services, plutôt que les embrouilles. La Fête des voisins, qui aide à ces rencontres, aura lieu tout soudain, le 19 mai. La Ville de Genève vient de mettre en ligne le matériel promotionnel pour organiser au mieux l’événement. Les intéressés peuvent ainsi remplir les cartes d’invitation avec les infos pratiques et les envoyer aux locataires d’à-côté...

Les voisins qui ne sont pas branchés électronique ne sont pas condamnés à rester chez eux: les supports traditionnels pour préparer ces réjouissances sont à leur disposition dans les points info service de la ville, dans les maisons de quartier ainsi qu’aux services clients Migros du canton.

On se donne tous rendez-vous le vendredi 19 mai, côté cour ou jardin, ou pourquoi pas dans le hall d’entrée. Là où l’on ne peut pas se rater. Alors bonne fête, les voisins!

www.lafetedesvoisins.ch

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02/05/2017

Le marronnier du 1er mai

Genève a tout d’un canton à l’abandon, en ce 1er mai frisquet. Rues désertes, écoles fermées, enseignes hésitantes, froid de canard et neige sur le bas des Voirons. Un temps à ne pas mettre le nez dehors. Ça tombe bien, c’est jour férié. Enfin, pas pour tous…

Car hier, la moitié des habitants a eu congé, et l’autre pas. Enfin, quand je dis la moitié, c’est une estimation à la louche, devant la torpeur citadine de ce lundi. A croire que les heureux élus ayant droit à ce jour en rab ont tous profité de l’aubaine pour faire le pont. Ils ne vont tout de même pas rester trois jours de suite au bout du lac.

Les autres laissés en rade peuvent toujours trimer, si ça leur chante. Notez qu’ils n’ont pas vraiment le choix. C’est ça ou le carton rouge. Bonjour l’égalité de traitement.

Le 1er Mai est ainsi devenu notre marronnier du printemps. Le rappel que les masses laborieuses genevoises ne sont pas toutes égales devant le turbin. Officiellement, le jour de la Fête du travail n’est donc pas férié. Mais l’Etat fait comme si, en accordant du bon temps à ses troupes.

Toutes les écoles publiques sont ainsi fermées, comme l’administration judiciaire, l’office de la population, le Service des autos ou des impôts, les bibliothèques et les musées.

Par contre, les employés de La Poste sont sur le pont, en compagnie de tous leurs collègues des entreprises privées. Seuls ceux qui ont bossé quelques minutes de plus chaque jour pour avoir droit à cette petite gâterie ont congé, de même que certains travailleurs des métiers du bâtiment et de l’industrie.

Ce qui fait qu’au lieu de rassembler les gens qui bossent, le 1er Mai monte finalement ceux du secteur privé contre ceux du secteur public. Mieux vaut le congé pour tous ou le boulot pour tous! Quoique. Diviser pour mieux régner, c’est vieux comme le monde…

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