08/06/2017

Les aides directes

La vie est remplie de ces petits riens qui font du bien et dont on ne parle jamais assez. C’est peu vendeur, voyez-vous. Peu dans l’air du temps. Mais tant pis.

L’autre jour, Nadège buvait un jus dans le bar d’un centre commercial pendant que le cordonnier de l’arcade d’à-côté réparait ses chaussures. Un jeune homme à barbichette, flanqué d’un chien, s’arrête alors près d’elle. Il ramasse la jaquette qu’elle a laissé tomber, la remet sur le dossier de son siège, puis demande à la ronde: «Y a un café pour moi aujourd’hui?»

Et devant la mine interrogative de Nadège, la serveuse lui explique qu’un habitué de l’estaminet paye toujours deux petits noirs quand il n’en boit qu’un, afin de pouvoir l’offrir à ce jeune dans la dèche.

«C’est extra! Ils sont où, Julie, les bistrots, les bars et les cafés où l’on peut partager comme ça?» Eh bien ils sont quelques-uns, à Genève, à pratiquer le «café suspendu» ou une variante! Une petite annonce posée sur le comptoir signale généralement la pratique: le client paie son expresso et un deuxième pour un inconnu désargenté qui pourra le déguster quand il le voudra.

Car c’est ainsi: au lieu de donner de l’argent à ceux qui leur en demandent, des citoyens préfèrent leur offrir de quoi boire ou manger. Au moins, c’est pour eux!

Une amie m’a raconté qu’à l’entrée d’un magasin, elle s’est retrouvée il y a peu devant une dame très digne qui faisait la manche. N’ayant rien à offrir, elle lui a proposé de venir dans le supermarché et de prendre ce dont elle avait besoin. «Je payerai vos courses.»

Sitôt dit, sitôt fait. Les deux femmes font alors le tour des rayons et se retrouvent ensuite à la caisse. Le panier de l’invitée est très bien rempli, le porte-monnaie de la jeune femme pas très fourni. Mais son contenu est juste suffisant pour les deux. Alors elle a partagé. Et les deux se sont saluées.

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Commentaires

Qu`il y ait de plus en plus de gens prets a partager, c`est cela la mesure de la vraie croissance, pas le PIB. Heureusement, les jeunes sont de plus en plus comme ca.

Écrit par : Jean Jarogh | 08/06/2017

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