30/09/2017

La journée sans et avec

Il y a des jours où ça bouchonne grave. Où tout se passe furieusement en même temps. A croire que c’est fait exprès!

Ainsi ce premier dimanche d’octobre. A Genève, on a en temps normal la Journée sans ma voiture. «La rade vous appartient!» clament généreusement nos autorités.

Chouette! Profitons de tous ces quais fermés à la circulation dès potron-minet et du pont du Mont-Blanc, prêté pour une fois aux piétons. Son tablier XXL sera ainsi recouvert de tables et de bancs pour permettre à la population d’aller casser la graine en famille ou entre amis, au milieu de l’eau.

Mais voilà. Pas question de s’éterniser sur cette terrasse populaire. Faudra plier bagage à l’heure du dessert ou du pousse-café. Et vite, pousse-toi de là! Car bientôt, les Géantes vont poser leurs grands pieds dans la rade. Et là, je vous dis pas!

Ça va bouchonner grave. De monde! A la foule d’ici se mêleront des milliers de gens par les Géants attirés. Des petits curieux venus de partout pour assister, dans l’après-midi, au lent défilé des grandes filles du parc La Grange jusqu’à la rotonde du Mont-Blanc.

A cette multitude s’ajoutent encore les très nombreux policiers, civilistes, bénévoles, samaritains, pompiers et j’en passe, qui viendront grossir les rangs de la manifestation. Un truc de ouf!

Au milieu de cette agitation dominicale, Partage, la centrale alimentaire genevoise, fera le baptême de deux triporteurs flambant neufs financés par de généreux donateurs. Vous, peut-être! Ces engins de courses, fabriqués à Genève, seront présentés au quai du Mont-Blanc, à l’heure de l’apéro.

Et si je vous disais encore que ce 1er octobre, c’est aussi la journée internationale des personnes âgées, qui danseront en trois lieux dans le canton, que le Jet d’eau sera illuminé le soir pour le début du mois du cancer du sein? Et que… oups, y’a plus de place! 

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28/09/2017

On retombe en enfance

Bienheureuse, elle dort, indifférente à la foule qui se presse à ses pieds. Grand-mère pique un petit roupillon dans son monumental lit de bois, un vague sourire aux lèvres. Quelqu’un l’a gentiment bordée pour qu’elle ne prenne pas froid et glissé un oreiller sous son chignon d’un autre âge.

La scène se déroule mercredi dans le Bâtiment des Forces Motrices. Parce que oui, j’ai craqué! Je suis allée la voir, en voisine, et plutôt deux fois qu’une. Car on a beau dire, elle nous fait vite retomber en enfance!

«T’as vu, elle dort avec ses pantoufles…» Dingue! «Pis des fois, elle pète, et ça sent la vanille» affirme très sérieusement un petit gars qui a l’air d’en savoir long sur le sujet. «Attendez, M’dame. Elle va bientôt respirer…»

Alors j’attends. Mais la respiration ne vient pas. «C’est le signe que son âme n’a pas encore passé le mur de Planck» me glisse, sur le ton de la confidence, un organisateur de l’événement. «Quand elle arrivera et que la Grand-mère se réveillera enfin, vous allez voir ce que vous allez voir!»

On le croit sur parole. Car même allongée, la marionnette géante de la Compagnie Royal de Luxe a un sacré impact sur les humains. Spécialement sur les minots. Ils sont venus par centaines avec les crèches, les écoles ou les parents, certains bizules accrochés à la main d’un adulte, tétanisés par la taille de la vieille dame.

Les plus grands s’enhardissent. Bombardent de questions les personnes au survêtement bleu ciel qui montent la garde autour du lit: elle vient d’où?; elle mange quoi?; elle rêve?; elle est née comment? Ils la dessinent sous toutes les coutures. Ils marchent à fond dans la saga des géants!

Les grands enfants aussi. Ils se donnent déjà tous rendez-vous en fin de semaine à Carouge et en ville. Pas question de rater ça. Qu’importe la foule ou le temps qu’il fera. On y sera pour vivre un moment magique. J'en fais un peu trop? Même pas. Car c'est géant!

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26/09/2017

La partie de cache-cache

Les limites du terrain de jeu sont grosso modo celles du canton.

Ceux qui s’y collent sont des gens qui vaquent à leurs affaires au bout du lac et qui sont d’un naturel un peu plus curieux que les autres. Ils ont souvent l’œil ouvert, et le bon!

La partie de cache-cache a débuté il y a une bonne semaine. Faut dire que tout Genève ne parle bientôt plus que d’elles, de leur démesure, de l’émotion qu’elles procurent où qu’elles passent. Alors on les cherche, car elles séjournent déjà ici, c’est sûr. Mais où?

Le premier qui a crié «trouvé!» m’a signalé, tout fier, qu’il les avaient vues. «Oui, là-bas! Je les ai aperçues en conduisant ma voiture. Si c’étaient vraiment elles? Ben oui! Y’a pas photo!»

Justement, il n’y avait pas d’image pour prouver ses dires. Alors j’ai filé «là-bas» pour vérifier. Eh bien elles n’y étaient plus: les Géantes avaient disparu sans laisser de trace. Vu leur taille, c’est tout de même assez fortiche!

Et il en est ainsi depuis des jours: on nous annonce avoir trouvé la planque de la grand-mère en charentaises et de la petite géante sauvageonne, et pfft, elles s’évaporent, se dissimulent, pour mieux se faire désirer. Un grand classique!

Dimanche pourtant, des lève-tôt ont découvert un étrange convoi sur le quai, côté rive gauche. Des vidéos ont circulé, prises depuis un bateau. Pas de doute, c’en est bien une! Qui roupille dans son lit, comme la Belle au bois dormant…

Mais chut, je n’en dirai pas plus. Je fais comme la copine qui fait partie des bénévoles inscrits pour encadrer la venue des géantes. Elle les a approchées, en sait long sur elles, mais refuse d’être cuisinée à leur sujet. Motus et bouche cousue. Faudra donc patienter jusqu’à demain, jour de la première apparition officielle de la grand-mère.

Avant de partir à la découverte de Genève, l’aïeule fera dodo mercredi et jeudi au BFM. Elle dormira de 10 h à 18 h. Un doux baiser pourrait sans doute la sortir de cette torpeur. Mais qui sera à sa hauteur?

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La partie de cache-cache

Les limites du terrain de jeu sont grosso modo celles du canton.

Ceux qui s’y collent sont des gens qui vaquent à leurs affaires au bout du lac et qui sont d’un naturel un peu plus curieux que les autres. Ils ont souvent l’œil ouvert, et le bon!

La partie de cache-cache a débuté il y a une bonne semaine. Faut dire que tout Genève ne parle bientôt plus que d’elles, de leur démesure, de l’émotion qu’elles procurent où qu’elles passent. Alors on les cherche, car elles séjournent déjà ici, c’est sûr. Mais où?

Le premier qui a crié «trouvé!» m’a signalé, tout fier, qu’il les avaient vues. «Oui, là-bas! Je les ai aperçues en conduisant ma voiture. Si c’étaient vraiment elles? Ben oui! Y’a pas photo!»

Justement, il n’y avait pas d’image pour prouver ses dires. Alors j’ai filé «là-bas» pour vérifier. Eh bien elles n’y étaient plus: les Géantes avaient disparu sans laisser de trace. Vu leur taille, c’est tout de même assez fortiche!

Et il en est ainsi depuis des jours: on nous annonce avoir trouvé la planque de la grand-mère en charentaises et de la petite géante sauvageonne, et pfft, elles s’évaporent, se dissimulent, pour mieux se faire désirer. Un grand classique!

Dimanche pourtant, des lève-tôt ont découvert un étrange convoi sur le quai, côté rive gauche. Des vidéos ont circulé, prises depuis un bateau. Pas de doute, c’en est bien une! Qui roupille dans son lit, comme la Belle au bois dormant…

Mais chut, je n’en dirai pas plus. Je fais comme la copine qui fait partie des bénévoles inscrits pour encadrer la venue des géantes. Elle les a approchées, en sait long sur elles, mais refuse d’être cuisinée à leur sujet. Motus et bouche cousue. Faudra donc patienter jusqu’à demain, jour de la première apparition officielle de la grand-mère.

Avant de partir à la découverte de Genève, l’aïeule fera dodo mercredi et jeudi au BFM. Elle dormira de 10 h à 18 h. Un doux baiser pourrait sans doute la sortir de cette torpeur. Mais qui sera à sa hauteur?

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23/09/2017

Perturbations planifiées

La rue Emile-Yung, vous connaissez?

Elle part de la place Claparède et descend en direction de l’Hôpital cantonal. C’est une voie de circulation assez fréquentée et bruyante en temps normal, bordée de beaux vieux immeubles. Où vivent des familles.

Depuis le début de la semaine, des travaux sont en cours dans le quartier. La faute à un gros collecteur d’eaux usées qu’il faut rénover. Durée du chantier: 7 mois au bas mot. Bien.

Cette situation engendre fatalement des «perturbations planifiées», selon le terme en usage aux TPG. Sur leur site, on signale que les arrêts «Claparède» et «Hôpital» des lignes 1 et 5 sont provisoirement déplacés. En bas de la rue Emile-Yung, et plus précisément au niveau de l’entrée de l’immeuble portant le numéro 10.

Un arrêt provisoire y est installé, bricolé avec le strict minimum pour les usagers des TPG: un distributeur de billets et un poteau indicateur. Pas de siège pour se poser, pas d’abri où se protéger des éléments, pas de poubelles. Alors ces usagers prennent leurs aises.

Ils se blottissent en grappe contre l’entrée de l’immeuble pour échapper à la bise ou se réfugient à l’intérieur quand il pleut, perturbant les allées et venues des habitants. Et des poussettes.

Des gens moins délicats patientent en prenant les environs de l’arrêt pour une poubelle, jettent leurs détritus sur une terrasse ou au sol, fument sous les fenêtres, écrasent leur mégot n’importe où. N’importe quoi!

Après trois jours à ce régime, les locataires grimpaient déjà aux murs. Et ils ont sept mois à endurer! M’est d’avis qu’il faudrait tenter d’arranger les bidons assez rapidement avant que la situation ne s’envenime. Il y a des spécialistes pour tout dans nos administrations. Personne n’avait pensé à ces problèmes avant? Ce sont pourtant des «perturbations planifiées»…

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21/09/2017

Pom pom pom pomme...

Pom pom pom pom…

La symphonie n° 5 de Beethoven me semblait de circonstance pour annoncer la 25e journée de la pomme qui se fête, demain, dans toute la Suisse. Or depuis que j’ai chantonné ces quelques notes pour lancer mon billet, elles ne me lâchent plus. C’est pire qu’un tube. Une scie, presque. Pom pom pom pom…

Bref. Vendredi 22 septembre, le pays tout entier n’aura d’yeux que pour elle, pour sa belle robe rouge ou verte, sa mine réjouie et son goût sucré.

Cette ronde et juteuse tentatrice est, de loin, le fruit favori des gens d’ici: ils en consomment plus de 16 kg par tête de pipe. Par an, donc. Contre un peu plus de 11 kg de chocolat… C’est fou jusqu’où va la gourmandise. Et comme la pomme, mais de terre, elle est vraiment bonne à tout faire.

Pom pom pom pomme…

Faut dire aussi qu’au pays de Guillaume Tell, tous les arguments sont bons pour nous la faire croquer. C’est le casse-croûte par excellence, pauvre en calories, riche en vitamines et en oligo-éléments. Le truc sain qui vous assure une santé de fer. Les Anglo-Saxons ne disent-ils pas «one apple a day keeps the doctor away»?

Les Zurichois doivent penser pareil que les Anglais. La preuve? Notre patron nous offre des pommes. Un plein panier de Gala tous les jours. Merci patron!

Pom pom pom pomme…

Vendredi, ce sont les arboriculteurs de chaque région et de petites mains amies qui viendront distribuer ces fruits fraîchement cueillis aux passants. Où ça? Dans les gares et les places publiques helvétiques.

A Genève, cette opération séduction a lieu à la gare Cornavin, de 7 h à 18 h. Avec un grand concours à la clé, pas trop difficile. J’aurais peut-être la chance de gagner un éplucheur!`

Pom pom pom pomme...

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19/09/2017

Heureuse surprise

A Genève, on râle sur tout. Surtout sur les taxis! On trouve leurs services trop chers, et qui plus est assurés par des chauffeurs souvent ronchons. Inutile de vous énerver, Monsieur Jenni, je rappelle juste un état d’esprit général avant d’en venir aux faits particuliers.

J’ai reçu dernièrement deux appels pour faire passer un message à un chauffeur de taxi. Un message positif, s’entend. Jolie coïncidence!

Lundi dernier, Sandrine s’engouffre dans un taxi avec plein d’affaires sous le bras, encore mal réveillée et complètement à la bourre. Ce qui devait arriver arrive: elle laisse tomber son natel dans l’auto, dans tous les sens du terme.

Le temps de réaliser la chose, la voiture a déjà disparu. Bref instant de panique: c'est fou ce que l'on se sent vite rien, sans cet engin! Lorsque l’étourdie a enfin accès à un téléphone fixe, elle appelle son propre numéro. Le chauffeur décroche.

A l’évidence, il a retrouvé le portable et a l’intention de le glisser dans la boîte aux lettres de Sandrine, si elle lui donne son adresse. Ce qu’elle fait. Mais elle est à ce point surprise par la gentillesse du Monsieur qu’elle en oublie de lui demander son nom. Aussi est-elle bien embêtée pour le remercier lorsqu’elle récupère son bien. D’autant que la centrale ne peut pas lui donner le contact de cet homme serviable.

D’où ce merci public lancé au taxi 755!

Elena, elle, tente de rendre à un chauffeur l’argent qu’il lui a rendu en trop après une course effectuée fin août entre l’aéroport et Le Lignon, tous deux étant distraits par leurs bavardages.

Non seulement le conducteur a travaillé pour des prunes, mais il a mis de l’argent de sa poche pour raccompagner Elena chez elle. Ce qui n’est pas le but de l’opération! Elle aimerait donc lui restituer son dû. Or, sans connaître la plaque d’immatriculation du véhicule, impossible de le faire.

Si le monsieur se reconnaît, je fais l’entremetteuse. Au sens commun du terme, donc!

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16/09/2017

La mobilité à la genevoise

Il y a comme ça des raccourcis qui me mettent en joie. Je pense au sigle de la dernière formation politique en date GEM. Comme Genève en marche.

Toute ressemblance avec le mouvement lancé de l’autre côté de la frontière par celui qui est finalement devenu président de tous les Français est fortuite, forcément! La ficelle est un peu grosse. Mais notre tribun local n’a peur de rien. L’idée de la marche, Stauffer l’avait sans doute déjà avant. Et Genève, il l’a dans la peau. Alors…

Et puis l’avantage, avec cette nouvelle abréviation, c’est qu’elle sonne extraordinairement positif: «J’aime!» J’aime la vie, je fais des bébés, chantait Sarcloret, avant de filer à Paris. Genève, j’aime, disait un temps un slogan, affublé d’un gros cœur rouge. Elle peut aussi s’entendre dans une version bien plus nombriliste «Je m’aime…»

Là où je rigole franchement, connaissant les idées du Monsieur, avec la préférence cantonale en matière d’emploi et tout le tralala, c’est que Gem, c’est aussi le sigle qu’affichent certains bus transfrontaliers!

Des bus habillés comme ceux des TPG, de bleu de bleu, et de blanc, mais qui portent des plaques françaises. Ils transportent au bout du lac des frontaliers qui viennent prendre le boulot des gens d’ici, si j’ai bien tout compris.Des bus qui aident aussi les gens d’ici à aller faire leurs courses dans les supermarchés voisins, c’est certain, et qui sont gérés par la société Gem, comme «Genevois Mobilité». Joli clin d’œil, ma foi!

Bon, vous me direz que le sigle en question est aussi celui du Groupement des Multinationales, sis à Saint-Jean, qui ne doit pas trouver cet amalgame très drôle, ou de GEM immo, basée à Gland. Comme la Porchet. Marie-Thérèse, bien sûr. GEM, donc. Comme je me marre!

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14/09/2017

Miroir, ô mon beau miroir

«Miroir, ô mon beau miroir…»

On connaît tous l’histoire, celle de la méchante marâtre interrogeant inlassablement son miroir magique: est-ce toujours elle, la plus belle, ou la jeune Blanche-Neige?

Avec le temps, la glace enchantée a bien changé d’allure et de statut. Elle est devenue numérique, à portée de millions de clients. Des êtres qui se mirent désormais dans leur écran portable pour immortaliser leur reflet en de curieux selfies qui inondent les réseaux sociaux.

Eh bien, sachez qu’on n’arrête pas le progrès. Depuis la semaine dernière, cet autoportrait électronique redevient palpable. Par la grâce postale…

La Poste vient en effet de sortir un timbre «Selfie» pour affranchir le courrier à 1 franc. Et ça nous en met plein la vue, pour autant que l’on achète la feuille entière de vingt éléments, bordée de noir et aux bords arrondis.

On jurerait une tablette numérique. Mieux. On est presque ébloui en regardant cette surface lisse et réfléchissante, sur laquelle on peut admirer son visage. Miroir, ô mon beau miroir… Sur un seul timbre, on se voit moins, forcément.

Mais voilà. Il y a un léger hic. Ces selfies de papier ont été réalisés au moyen d’un film brillant argenté. Ce qui les rend plus épais, plus rigides, et donc plus difficiles à coller.

«A force d’appuyer dessus pour que le timbre tienne sur l’enveloppe, l’effet miroir a totalement disparu», se désole une cliente. C’est raté, pour se mirer.

Mais ce n’est pas pour autant une malfaçon, affirme La Poste, qui a développé ce produit avec les étudiants de la Haute Ecole d’art de Zurich. Elle donne alors ce mode d’emploi: «Il faut simplement bien humidifier ce timbre, le laisser sécher quelques minutes, puis bien appuyer dessus, mais pas trop, pour ne pas l’endommager.» A tester.

M’est d’avis que le miroir magique d’antan était peut-être plus pratique…

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12/09/2017

Se hâter lentement

Un matin, dans la campagne genevoise. Où, précisément, je n’en sais rien et cela n’a aucune importance.

Un jeune homme s’en va à pieds prendre le bus qui le conduit au collège. C’est un grand gaillard de 19 ans, «deux mètres de gentillesse et de sensibilité», tient à me préciser sa grand-maman. On la croit sur parole!

Il marche d’un bon pas quand il voit, non loin de ses pieds, un bel escargot entreprendre la traversée périlleuse de la route, laissant derrière lui un mince filet de bave scintiller sur le bitume.

Le collégien le regarde se hâter lentement, tout en pressant le pas: il est en retard, comme toujours... Son bus arrive enfin, mais finalement, c’est plus fort que lui: il ne peut tout de même pas laisser ce pauvre gastéropode se faire écraser.

Au lieu de sauter dans le véhicule qui vient de s’arrêter, il retourne vite sur ses pas pour mettre l’escargot en lieu sûr, dans l’herbe toute proche.

C’est alors qu’arrive à toute allure une moto, indifférente à ce qui se trame en ces lieux. Sans même s’en rendre compte, elle roule sur la coquille et la bête téméraire. Crissement sous les pneus. Fin de l’escargot. Et grosse déception du garçon.

Non seulement il n’a pas réussi à sauver l’animal mais en plus, il a raté son bus. Difficile de justifier son arrivée tardive, sous peine de passer pour un doux rêveur. Ce qui n’est pas forcément très tendance…

Une morale peut-être, me glisse la grand-maman qui me conte cette histoire? «Ne remets jamais à plus tard les bienfaits que tu peux faire de suite». C’est noté!

D’ailleurs j’ai remis pas plus tard qu’hier la croix huguenote, reçue dans une petite enveloppe, à la dame qui s’était fait arracher la sienne dans la rue. Cette octogénaire au regard vif et malicieux en est ravie! Elle remercie de tout cœur la personne anonyme qui lui a fait ce beau présent. Promis, elle en prendra grand soin!

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11/09/2017

Le mystère s'épaissit...

Le mystère s’épaissit. Pourquoi faut-il donc que certaines cartes postales, expédiées de Londres ou d’Edimbourg, fassent un crochet par les Philippines avant d’arriver à Genève?

Après avoir relaté dans une encre bleue un cas que l’on aurait pu croire isolé, de nombreux lecteurs m’ont fait part d’une expérience similaire: un courrier qui met deux à trois mois pour parvenir à destination et qui porte le cachet de la poste des Philippines en lieu et place de celui du Royaume-Uni.

Bizarre autant qu’étrange!

M’est donc venue l’idée saugrenue d’en savoir plus sur le sujet en m’adressant à La Poste suisse. Pourrait-elle éclairer ma lanterne? Eh bien elle n’était pas même au courant du problème. Faut dire que ce n’est pas spécialement sa tasse de thé. Car son boulot, dans le cas qui nous préoccupe, c’est de se charger de ce qui arrive sur le territoire helvétique et de l’acheminer à bon port. Peu importe si les cartes proviennent de l’île de Skye ou de Manille.

Pour élucider ce mystère, La Poste suisse me conseille de m’adresser tout de go à son alter ego anglais. Mais si la réponse doit passer par le Sud-Est asiatique, ça va pas le faire! Notez qu’il y a d’autres moyens de communication plus rapides, que je ne vais pas tester pour autant.

Car j’avoue que le sujet dépasse mon champ d’action, avec ces nouvelles ramifications internationales: des personnes en France et en Belgique ont attendu trois mois également des cartes postales expédiées d’Angleterre par une Genevoise en vadrouille. Elles aussi ont fait un détour par les Philippines.

Y aurait-il un accord postal entre les administrations de ces pays que tout oppose? Ce serait étonnant.

Mais la mode étant à la délocalisation des services et des êtres, plus rien ne devrait nous surprendre. Quand des économies sont à faire, il n’y a plus de mystère…

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05/09/2017

La Farfouille d'Ali Baba

«Venez vous servir avant les 40 voleurs chez Ali Baba»!

L’invite a de quoi surprendre. Ecrite sur de petits papillons qui se distribuent ces jours dans le canton, elle annonce la réouverture de la Farfouille d’Ali Baba, l’ex-brocante de l’association Carrefour-Rue/La Coulou qui vient à la rescousse des laissés-pour-compte de chez nous.

Ce vaste bazar, empli de meubles et d’objets divers, va désormais ouvrir ses portes tous les mardis et vendredis après-midi.Dans ce lieu de deuxième main, il n’y a rien à voler. Tout est à prendre! Les intéressés font le tour du propriétaire, visent ce dont ils ont besoin et l’emportent, sans bourse délier.

Les clients de la brocante solidaire sont des personnes en situation de précarité qui ne peuvent pas, ou plus, s’offrir ce qui leur fait défaut. Tous les objets ici réunis proviennent de dons, personnels ou collectifs, adressés à cette association. J’ai appris à cette occasion qu’un autre service de ce type existe depuis peu pour les habits. C’est la "Friperie généreuse d’Aboudaby", au 154, route de Malagnou. Mêmes jours, mêmes heures, mêmes pratiques.

La fête d’inauguration de la Farfouille a donc lieu ce vendredi 8 septembre dès midi, avec Gégène à l’accordéon, une surprise tombée du ciel et un buffet. On s’y retrouve? C’est au 85 de la route de Saint-Julien, si jamais.

J’ai eu également droit à une sacrée surprise tombée de la poste, cachée dans une petite lettre. Elle contenait ces quelques mots: «Voici une croix huguenote à offrir à cette dame éplorée, bien cordialement.» Plus une signature, indéchiffrable, et l’objet en question, un beau bijou en or, tenu par un scotch transparent!

Un présent extraordinaire pour remplacer la croix huguenote accrochée à une chaîne qu’un voleur avait arrachée il y a peu, en pleine rue, à une dame âgée. Et un bien joli clin d’œil, en cette veille du Jeûne genevois!

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02/09/2017

Des arbres et un homme

Impossible d’avoir les mirettes partout pour voir ce qui se trame dans cette République de près de 500 000 âmes. Heureusement, je peux compter sur quelques yeux supplémentaires pour repérer ce qu’il y a de marquant.

Ainsi Hermann. Tel est son prénom. Un homme qui prend le temps de regarder autour de lui et de réfléchir sur le sens des choses. Il est à un âge où l’on se plaît à considérer la vie avec un certain recul: il compte déjà 92 printemps, c’est dire!

Hermann me signale ainsi que les deux jeunes platanes qui se trouvent depuis une dizaine d’années entre l’hôtel Cornavin et le Buffet de la Gare ont été coupés net. Ils sont sciés, finis. Sauf qu’ils font de la résistance!

Enfin, surtout un. Des pousses ont jailli du tronc à ras le bitume et forment aujourd’hui un superbe buisson qui semble défier le béton et l’agitation alentours. Jusqu’à quand?

Si le vieux monsieur apprécie les arbres, il aime encore plus les humains. Le voilà qui revient sur ce fait divers datant de mi-août, lorsqu’un bus articulé des TPG a mordu sur un trottoir au rond-point de Plainpalais, écrasant au passage la patte d’une chienne qui se tenait là avec son maître, présenté comme un SDF. Le sort du Malinois amputé a ému la population, mais pas celui de son jeune propriétaire.

Or lors de l’accident, il pleurait à chaudes larmes, me signale Hermann. Les TPG ont certes formé leurs vœux pour le jeune chien et l’homme qui l’accompagnait, ce qui est bien. Mais ils feraient mieux de lui proposer un petit job au sein de leur grande entreprise, pour qu’il s’en sorte dans la vie, n’est-ce pas?

«Moi, je parle avec mon cœur», me dit gentiment cet aîné. «Alors si l’on pouvait faire quelque chose pour ces arbres et ce jeune homme, ce serait vraiment bien!» Je transmets…

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