19/09/2017

Heureuse surprise

A Genève, on râle sur tout. Surtout sur les taxis! On trouve leurs services trop chers, et qui plus est assurés par des chauffeurs souvent ronchons. Inutile de vous énerver, Monsieur Jenni, je rappelle juste un état d’esprit général avant d’en venir aux faits particuliers.

J’ai reçu dernièrement deux appels pour faire passer un message à un chauffeur de taxi. Un message positif, s’entend. Jolie coïncidence!

Lundi dernier, Sandrine s’engouffre dans un taxi avec plein d’affaires sous le bras, encore mal réveillée et complètement à la bourre. Ce qui devait arriver arrive: elle laisse tomber son natel dans l’auto, dans tous les sens du terme.

Le temps de réaliser la chose, la voiture a déjà disparu. Bref instant de panique: c'est fou ce que l'on se sent vite rien, sans cet engin! Lorsque l’étourdie a enfin accès à un téléphone fixe, elle appelle son propre numéro. Le chauffeur décroche.

A l’évidence, il a retrouvé le portable et a l’intention de le glisser dans la boîte aux lettres de Sandrine, si elle lui donne son adresse. Ce qu’elle fait. Mais elle est à ce point surprise par la gentillesse du Monsieur qu’elle en oublie de lui demander son nom. Aussi est-elle bien embêtée pour le remercier lorsqu’elle récupère son bien. D’autant que la centrale ne peut pas lui donner le contact de cet homme serviable.

D’où ce merci public lancé au taxi 755!

Elena, elle, tente de rendre à un chauffeur l’argent qu’il lui a rendu en trop après une course effectuée fin août entre l’aéroport et Le Lignon, tous deux étant distraits par leurs bavardages.

Non seulement le conducteur a travaillé pour des prunes, mais il a mis de l’argent de sa poche pour raccompagner Elena chez elle. Ce qui n’est pas le but de l’opération! Elle aimerait donc lui restituer son dû. Or, sans connaître la plaque d’immatriculation du véhicule, impossible de le faire.

Si le monsieur se reconnaît, je fais l’entremetteuse. Au sens commun du terme, donc!

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16/09/2017

La mobilité à la genevoise

Il y a comme ça des raccourcis qui me mettent en joie. Je pense au sigle de la dernière formation politique en date GEM. Comme Genève en marche.

Toute ressemblance avec le mouvement lancé de l’autre côté de la frontière par celui qui est finalement devenu président de tous les Français est fortuite, forcément! La ficelle est un peu grosse. Mais notre tribun local n’a peur de rien. L’idée de la marche, Stauffer l’avait sans doute déjà avant. Et Genève, il l’a dans la peau. Alors…

Et puis l’avantage, avec cette nouvelle abréviation, c’est qu’elle sonne extraordinairement positif: «J’aime!» J’aime la vie, je fais des bébés, chantait Sarcloret, avant de filer à Paris. Genève, j’aime, disait un temps un slogan, affublé d’un gros cœur rouge. Elle peut aussi s’entendre dans une version bien plus nombriliste «Je m’aime…»

Là où je rigole franchement, connaissant les idées du Monsieur, avec la préférence cantonale en matière d’emploi et tout le tralala, c’est que Gem, c’est aussi le sigle qu’affichent certains bus transfrontaliers!

Des bus habillés comme ceux des TPG, de bleu de bleu, et de blanc, mais qui portent des plaques françaises. Ils transportent au bout du lac des frontaliers qui viennent prendre le boulot des gens d’ici, si j’ai bien tout compris.Des bus qui aident aussi les gens d’ici à aller faire leurs courses dans les supermarchés voisins, c’est certain, et qui sont gérés par la société Gem, comme «Genevois Mobilité». Joli clin d’œil, ma foi!

Bon, vous me direz que le sigle en question est aussi celui du Groupement des Multinationales, sis à Saint-Jean, qui ne doit pas trouver cet amalgame très drôle, ou de GEM immo, basée à Gland. Comme la Porchet. Marie-Thérèse, bien sûr. GEM, donc. Comme je me marre!

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14/09/2017

Miroir, ô mon beau miroir

«Miroir, ô mon beau miroir…»

On connaît tous l’histoire, celle de la méchante marâtre interrogeant inlassablement son miroir magique: est-ce toujours elle, la plus belle, ou la jeune Blanche-Neige?

Avec le temps, la glace enchantée a bien changé d’allure et de statut. Elle est devenue numérique, à portée de millions de clients. Des êtres qui se mirent désormais dans leur écran portable pour immortaliser leur reflet en de curieux selfies qui inondent les réseaux sociaux.

Eh bien, sachez qu’on n’arrête pas le progrès. Depuis la semaine dernière, cet autoportrait électronique redevient palpable. Par la grâce postale…

La Poste vient en effet de sortir un timbre «Selfie» pour affranchir le courrier à 1 franc. Et ça nous en met plein la vue, pour autant que l’on achète la feuille entière de vingt éléments, bordée de noir et aux bords arrondis.

On jurerait une tablette numérique. Mieux. On est presque ébloui en regardant cette surface lisse et réfléchissante, sur laquelle on peut admirer son visage. Miroir, ô mon beau miroir… Sur un seul timbre, on se voit moins, forcément.

Mais voilà. Il y a un léger hic. Ces selfies de papier ont été réalisés au moyen d’un film brillant argenté. Ce qui les rend plus épais, plus rigides, et donc plus difficiles à coller.

«A force d’appuyer dessus pour que le timbre tienne sur l’enveloppe, l’effet miroir a totalement disparu», se désole une cliente. C’est raté, pour se mirer.

Mais ce n’est pas pour autant une malfaçon, affirme La Poste, qui a développé ce produit avec les étudiants de la Haute Ecole d’art de Zurich. Elle donne alors ce mode d’emploi: «Il faut simplement bien humidifier ce timbre, le laisser sécher quelques minutes, puis bien appuyer dessus, mais pas trop, pour ne pas l’endommager.» A tester.

M’est d’avis que le miroir magique d’antan était peut-être plus pratique…

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12/09/2017

Se hâter lentement

Un matin, dans la campagne genevoise. Où, précisément, je n’en sais rien et cela n’a aucune importance.

Un jeune homme s’en va à pieds prendre le bus qui le conduit au collège. C’est un grand gaillard de 19 ans, «deux mètres de gentillesse et de sensibilité», tient à me préciser sa grand-maman. On la croit sur parole!

Il marche d’un bon pas quand il voit, non loin de ses pieds, un bel escargot entreprendre la traversée périlleuse de la route, laissant derrière lui un mince filet de bave scintiller sur le bitume.

Le collégien le regarde se hâter lentement, tout en pressant le pas: il est en retard, comme toujours... Son bus arrive enfin, mais finalement, c’est plus fort que lui: il ne peut tout de même pas laisser ce pauvre gastéropode se faire écraser.

Au lieu de sauter dans le véhicule qui vient de s’arrêter, il retourne vite sur ses pas pour mettre l’escargot en lieu sûr, dans l’herbe toute proche.

C’est alors qu’arrive à toute allure une moto, indifférente à ce qui se trame en ces lieux. Sans même s’en rendre compte, elle roule sur la coquille et la bête téméraire. Crissement sous les pneus. Fin de l’escargot. Et grosse déception du garçon.

Non seulement il n’a pas réussi à sauver l’animal mais en plus, il a raté son bus. Difficile de justifier son arrivée tardive, sous peine de passer pour un doux rêveur. Ce qui n’est pas forcément très tendance…

Une morale peut-être, me glisse la grand-maman qui me conte cette histoire? «Ne remets jamais à plus tard les bienfaits que tu peux faire de suite». C’est noté!

D’ailleurs j’ai remis pas plus tard qu’hier la croix huguenote, reçue dans une petite enveloppe, à la dame qui s’était fait arracher la sienne dans la rue. Cette octogénaire au regard vif et malicieux en est ravie! Elle remercie de tout cœur la personne anonyme qui lui a fait ce beau présent. Promis, elle en prendra grand soin!

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11/09/2017

Le mystère s'épaissit...

Le mystère s’épaissit. Pourquoi faut-il donc que certaines cartes postales, expédiées de Londres ou d’Edimbourg, fassent un crochet par les Philippines avant d’arriver à Genève?

Après avoir relaté dans une encre bleue un cas que l’on aurait pu croire isolé, de nombreux lecteurs m’ont fait part d’une expérience similaire: un courrier qui met deux à trois mois pour parvenir à destination et qui porte le cachet de la poste des Philippines en lieu et place de celui du Royaume-Uni.

Bizarre autant qu’étrange!

M’est donc venue l’idée saugrenue d’en savoir plus sur le sujet en m’adressant à La Poste suisse. Pourrait-elle éclairer ma lanterne? Eh bien elle n’était pas même au courant du problème. Faut dire que ce n’est pas spécialement sa tasse de thé. Car son boulot, dans le cas qui nous préoccupe, c’est de se charger de ce qui arrive sur le territoire helvétique et de l’acheminer à bon port. Peu importe si les cartes proviennent de l’île de Skye ou de Manille.

Pour élucider ce mystère, La Poste suisse me conseille de m’adresser tout de go à son alter ego anglais. Mais si la réponse doit passer par le Sud-Est asiatique, ça va pas le faire! Notez qu’il y a d’autres moyens de communication plus rapides, que je ne vais pas tester pour autant.

Car j’avoue que le sujet dépasse mon champ d’action, avec ces nouvelles ramifications internationales: des personnes en France et en Belgique ont attendu trois mois également des cartes postales expédiées d’Angleterre par une Genevoise en vadrouille. Elles aussi ont fait un détour par les Philippines.

Y aurait-il un accord postal entre les administrations de ces pays que tout oppose? Ce serait étonnant.

Mais la mode étant à la délocalisation des services et des êtres, plus rien ne devrait nous surprendre. Quand des économies sont à faire, il n’y a plus de mystère…

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05/09/2017

La Farfouille d'Ali Baba

«Venez vous servir avant les 40 voleurs chez Ali Baba»!

L’invite a de quoi surprendre. Ecrite sur de petits papillons qui se distribuent ces jours dans le canton, elle annonce la réouverture de la Farfouille d’Ali Baba, l’ex-brocante de l’association Carrefour-Rue/La Coulou qui vient à la rescousse des laissés-pour-compte de chez nous.

Ce vaste bazar, empli de meubles et d’objets divers, va désormais ouvrir ses portes tous les mardis et vendredis après-midi.Dans ce lieu de deuxième main, il n’y a rien à voler. Tout est à prendre! Les intéressés font le tour du propriétaire, visent ce dont ils ont besoin et l’emportent, sans bourse délier.

Les clients de la brocante solidaire sont des personnes en situation de précarité qui ne peuvent pas, ou plus, s’offrir ce qui leur fait défaut. Tous les objets ici réunis proviennent de dons, personnels ou collectifs, adressés à cette association. J’ai appris à cette occasion qu’un autre service de ce type existe depuis peu pour les habits. C’est la "Friperie généreuse d’Aboudaby", au 154, route de Malagnou. Mêmes jours, mêmes heures, mêmes pratiques.

La fête d’inauguration de la Farfouille a donc lieu ce vendredi 8 septembre dès midi, avec Gégène à l’accordéon, une surprise tombée du ciel et un buffet. On s’y retrouve? C’est au 85 de la route de Saint-Julien, si jamais.

J’ai eu également droit à une sacrée surprise tombée de la poste, cachée dans une petite lettre. Elle contenait ces quelques mots: «Voici une croix huguenote à offrir à cette dame éplorée, bien cordialement.» Plus une signature, indéchiffrable, et l’objet en question, un beau bijou en or, tenu par un scotch transparent!

Un présent extraordinaire pour remplacer la croix huguenote accrochée à une chaîne qu’un voleur avait arrachée il y a peu, en pleine rue, à une dame âgée. Et un bien joli clin d’œil, en cette veille du Jeûne genevois!

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02/09/2017

Des arbres et un homme

Impossible d’avoir les mirettes partout pour voir ce qui se trame dans cette République de près de 500 000 âmes. Heureusement, je peux compter sur quelques yeux supplémentaires pour repérer ce qu’il y a de marquant.

Ainsi Hermann. Tel est son prénom. Un homme qui prend le temps de regarder autour de lui et de réfléchir sur le sens des choses. Il est à un âge où l’on se plaît à considérer la vie avec un certain recul: il compte déjà 92 printemps, c’est dire!

Hermann me signale ainsi que les deux jeunes platanes qui se trouvent depuis une dizaine d’années entre l’hôtel Cornavin et le Buffet de la Gare ont été coupés net. Ils sont sciés, finis. Sauf qu’ils font de la résistance!

Enfin, surtout un. Des pousses ont jailli du tronc à ras le bitume et forment aujourd’hui un superbe buisson qui semble défier le béton et l’agitation alentours. Jusqu’à quand?

Si le vieux monsieur apprécie les arbres, il aime encore plus les humains. Le voilà qui revient sur ce fait divers datant de mi-août, lorsqu’un bus articulé des TPG a mordu sur un trottoir au rond-point de Plainpalais, écrasant au passage la patte d’une chienne qui se tenait là avec son maître, présenté comme un SDF. Le sort du Malinois amputé a ému la population, mais pas celui de son jeune propriétaire.

Or lors de l’accident, il pleurait à chaudes larmes, me signale Hermann. Les TPG ont certes formé leurs vœux pour le jeune chien et l’homme qui l’accompagnait, ce qui est bien. Mais ils feraient mieux de lui proposer un petit job au sein de leur grande entreprise, pour qu’il s’en sorte dans la vie, n’est-ce pas?

«Moi, je parle avec mon cœur», me dit gentiment cet aîné. «Alors si l’on pouvait faire quelque chose pour ces arbres et ce jeune homme, ce serait vraiment bien!» Je transmets…

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