03/10/2017

Des bancs de grisailles

En quittant Genève par le lac, les deux Géantes nous ont bien enfumés!

Depuis leur départ, dimanche en fin d’après-midi, les nuages artificiels qui masquaient en partie la procession lacustre sont devenus réels. Et ces voiles grisâtres semblent vouloir s’installer là pour de bon. Enfin, façon de dire…

Le fameux couvercle genevois s’est à nouveau posé sur la rade et la cuvette environnante. Et il faudrait des géants autrement plus vigousses et nombreux que nos deux charmantes visiteuses pour soulever cette chape de stratus qui va bientôt nous faire mariner dans une sauce fade et froide. Pendant des plombes.

Alors on fera avec. Avec tous ces bancs de grisailles. Qui pourrait d’ailleurs s’asseoir dessus, à part celles qui s’en sont allées?

L’automne s’installe à petits pas, c’est un fait. Tandis que les arbres prennent des couleurs, les habits des humains en perdent. La tendance de saison est aux tenues sombres et enveloppantes. Les bas recouvrent les jambes, les cols se relèvent, les visages se ferment. L’automne, quoi!

Et la poésie, dans tout ça? Elle ne s’est pas fait la malle avec les Géantes! Elle est toujours à notre portée, libre, sous la forme la plus légère et gracile qui soit. Mieux: elle n’a pas besoin d’une armada de policiers pour être partagée avec le plus grand nombre…

Suffit de lever la tête, de regarder, voire d’écouter. Et là, c’est magique: des nuées d’étourneaux offrent à qui le veut de bruyants et somptueux spectacles qui prennent aux tripes!

Ces vols de petits oiseaux effectuent des sortes de respirations désordonnées, des pulsations vives dans le ciel. Des murmures, dit-on, pour qualifier ces mouvements spontanés. Bon, c’est plus riant de les voir sur fond bleu. Mais nous avons ici à l'automne un penchant naturel pour les ciels grisouilles.

07:00 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Commentaires

Le ciel genevois d`automne dit "béret de Calvin" permet de bien profiter des parfums d`hydrocarbure qui y restent piégés et qui font le bonheur de la tribu des Vroumvroum.

Écrit par : Ignaz | 03/10/2017

Vous ne devriez pas vous plaindre, JJ. Il est fini le temps de l'essence avec plomb, le temps où les enfants de la Jonction avait un taux de Pb dans les dents sept fois supérieur aux normes OMS...
Et puis bon, vous savez comme moi que la pollution est sur nos gueules et que les urbains adorent le béton et l'odeur des HC...

Écrit par : Géo | 03/10/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.