12/10/2017

On joue les prolongations

«Le temps ne fait rien à l’affaire» chantait Georges Brassens. «Quand on est con, on est con». Ce constat, vieux de plus de cinquante ans, n’a pas pris une ride. Je dirais même qu’il est d’une troublante actualité…

Le temps ne fait donc rien à l’affaire. Mais le temps qu’il fait, ça change tout!

Je me faisais cette réflexion mercredi midi, au cœur de la rade, dans cet été genevois qui n’en finit pas et qui rend la vie un peu plus douce.

Dans ce splendide décor de carte postale, avec le Jet d’eau et le Mont-Blanc qui irradient de blancheur, tout semble calme, luxe et volupté. Les rumeurs de la ville ne viennent pas troubler ceux qui se dorent au soleil, dans leur bulle de béatitude.

Et ils sont si nombreux, ces gens qui lézardent un peu partout pendant la pause de midi, voire plus encore! Ils repèrent vite chaque parcelle gorgée de lumière et de chaleur et s’en emparent. Ils s’attardent à une terrasse, sur un banc public, contre un mur au soleil. Ils profitent tant qu’ils peuvent du temps présent pour faire leurs réserves.

Il y a chez eux, chez nous, cette envie irrépressible de jouer le plus longtemps possible ces prolongations bienveillantes, de fuir les zones d’ombre froide, de repousser l’idée même des grisailles à venir.

Là, il fait beau, il fait bon, et ça fait du bien par où ça passe!

Ce sursis estival pourrait nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes genevois. Même si les primes maladie augmentent à la folie; si le prix des loyers explose; si l’emploi se fait rare; si personne ne sait de quoi demain sera fait.

On fait semblant momentanément que tout baigne. Que ça roule. Pourquoi pas, finalement?

La présente douceur du temps nous met du baume au cœur, ravit les yeux. C’est tout bénéfice pour nous. Alors profitons-en.

Quand le béret de Calvin se posera à nouveau sur nos têtes, ce sera une autre histoire. Le temps, je vous dis, ça change tout!

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Commentaires

Rien de tel que la lumiere pour éclairer les coeurs. Comme le dit la devise de Geneve: Post Tenebras Lux. Debleudebleu.

Écrit par : J.S. | 12/10/2017

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