14/02/2018

Fâcherie au fil de l'eau

Nous sommes vraiment gâtés à Genève. Je le dis sans rire. Nous vivons au bord de l’eau, et c’est un vrai cadeau du ciel, ou d’ailleurs. Il y a le lac, bien sûr, mais aussi le Rhône et l’Arve, plus toutes ces rivières le long desquelles serpentent chemins ou promenades.

Et pour cause: on se balade au bord de l’eau depuis des âges pour l’agrément, la beauté du paysage, la fraîcheur qu’elle dispense ou la nostalgie qu’elle fait naître en nous, avec son courant qui file au loin, sans que l’on n’y puisse rien changer.

Nous sommes gâtés à Genève! C’est ce que je me disais en marchant le long du lac, côté rive droite, en direction du centre-ville. La passerelle piétonne sous le pont du Mont-Blanc permet à nouveau d’avancer au fil de l’eau, avec la perspective de continuer à ses côtés jusqu’à la Jonction. Chouette alors.

Mais il a vite fallu vite déchanter. Si le premier tronçon du quai des Bergues permet encore au piéton de cheminer sur un trottoir tout près des flots, ça se gâte sérieusement après le pont des Bergues, où il n’y en a plus du tout.
Une ligne blanche est tracée quasi au pied de la barrière flambant neuve. Le promeneur n’a rien à faire sur la chaussée. En tout cas pas s’accouder à la balustrade pour admirer l’eau si limpide en hiver. Car ça circule dans son dos…

Plus loin, entre le pont de la Machine et celui de l’Ile, une piste cyclable a été marquée au sol, tout contre la rambarde. Piétons, passez votre chemin! Ou allez plutôt de l’autre côté du quai, sur le trottoir extralarge s’étalant au pied des bâtiments, qui ne montrent rien, ou si peu. Quelle agréable perspective!

«Parfois, je pense que les concepteurs ne connaissent pas, ou ne fréquentent pas les endroits qu’ils modifient» me disait Rita, à propos du viaduc de la Jonction et de sa nouvelle barrière. Comment l’expliquer autrement? Des fois, on est peu gâtés, à Genève…

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