20/02/2018

Une langue de proximité

Le sujet fâche! J’ai reçu une avalanche de réactions à propos du billet «Une dernière pincée de sale», où je montais une fois de plus les tours contre ces magasins qui incitent à la consommation en proposant des articles sales, voire super sales.

Une vieille amie tempère mes ardeurs: «Vous vous battez contre des moulins à vent, ou carrément contre le vent lui-même! Ces fichus anglicismes sont entrés dans les mœurs, tout faux qu’ils sont, et impossibles à corriger.»

La cause peut donc sembler perdue. Quoique. À l’heure où les beaux et grands discours vantent la diversité à toutes les sauces, il faudrait se laisser bouffer tout cru par la langue dominante? Mais je n’ai aucune envie de lui rouler une pelle!

Je préfère cultiver local. En utilisant au mieux la diversité du vocabulaire français. Il existe tant de jolis mots pour décrire les gens et les situations que l’on aurait tort de s’en priver et de préférer ceux des autres. Que la langue française varie parfois les plaisirs en adoptant des termes qui témoignent de leur temps, passe encore. Pourvu qu’ils riment à quelque chose.

Car ce qui agace passablement les lecteurs avec ces «sales» pour dire soldes, ou bonnes affaires, c’est qu’il y a tromperie sur la marchandise. Que le message est à rebours du bon sens. Qui voudrait acheter du linge à 70% sale?

Cette dénomination inappropriée fait se dresser les cheveux sur la tête d’une cliente, ou renoncer à entrer dans un magasin pour une autre. Une personne très remontée me dit rêver «d’une équipe de barbouilleurs qui se muniraient de bombes colorées pour ajouter «très» devant chaque «sale»»…

Enfin, on me glisse à l’oreille que le magasin dont nous sommes les propriétaires a aussi un faible pour le «sale». Or il s’affiche «commerce de proximité» sur sa vitrine des Eaux-Vives. La langue française devrait donc s’y imposer!

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Commentaires

SALE temps pour les affaires...

Écrit par : JJ | 20/02/2018

Bravo de persévérer! A force d'arroser la graine, elle deviendra une fleur, que dis-je un arbre grâce à votre pugnacité!
En citant l'exemple du magasin de proximité, vous ne pouvez qu'éveiller certaines consciences.
En tous cas, il vaut la peine d'être fidèle à soi plutôt que de se plier aux commodités imposées actuellement sous tant de formes.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20/02/2018

Surtout que depuis la dernière campagne de pub de ce magasin "je suis son propriétaire" donc je peux décider et interdire :-)

Écrit par : grindesel | 20/02/2018

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