27/02/2018

Une histoire venue du froid

«Tu connais la dernière? C’est l’histoire d’un Esquimau. D’un Lapon, peut-être. Bref, l’histoire d’un homme qui vit dans ces contrées arctiques, là où il fait nettement plus froid qu’ici.»

C’est un ami qui me raconte tout ça, lundi, en pleine bise. Un truc de givré! «Alors voilà, me dit-il en se frottant les mains pour se réchauffer. C’est un type qui attend sa belle en plein air. Le genre d’amoureux transi. Il prend son mal en patience en battant la semelle pour ne pas coller sur place, mais la promise ne vient toujours pas. Et avant de se transformer en statue de glace, il lâche enfin: «si elle n’arrive pas moins 20 je me tire!» En visant son thermomètre, bien sûr. Ha, ha, ha; gla gla gla…

C’est le genre de gag qui fait un bide assuré en plein été. Mais à l’heure où les bords du lac se parent de dentelles de glace, pour le plus grand bonheur des photographes, il est de circonstance et glisse tout seul. Comme sur des patins.

Et puis ce froid qui mord la peau est assez inspirant. Il peut même être plaisant. Il change de l’ordinaire. Il nous fait sentir vivant, capable d’affronter les extrêmes. Parce qu’au fond, on sait que lorsqu’on en aura marre de grelotter, on retrouvera son chez-soi bien douillet et bien chauffé. Un cocon familier où se réfugier lorsque le dehors devient vraiment trop hostile.

Et c’est là qu’il faut penser à ceux qui n’ont aucun lieu de repli. À ceux qui sont sans abri alors que les températures sont négatives. La Ville de Genève vient d’annoncer qu’elle ouvre deux abris supplémentaires en cette période glaciale. Il y aura ainsi 370 places disponibles ces nuits prochaines pour répondre aux besoins. Seront-elles suffisantes? Sauront-elles accueillir ceux qui résistent encore à toute aide proposée?

Quelles que soient les raisons qui les poussent à rester en dehors de tout, ne pas hésiter à composer le 144 si votre chemin croise celui d’une personne en danger, en raison de ce froid sibérien.

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Commentaires

Surtout si le quidam (il y a meme des qui-dame-ttes!) est ou parait endormi sur le trottoir car il risque alors de ne plus se réveiller.

Écrit par : JJ | 27/02/2018

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