08/03/2018

Très jeune, et si peu précoce

À force de voir lapins et poupoules gambader depuis des semaines dans les rayons des magasins, sur des tapis d’herbe au vert tendre parsemée de petits nids douillets plein de douceurs, ça commence par chatouiller les sens. Et l’on finit par s’impatienter.

D’ailleurs l’épisode neigeux semble déjà oublié, tout comme celui de la bise glaciale. Signe qu’il est temps de passer à autre chose. Au printemps, par exemple. Oui mais voilà: notre cher marronnier ne l’entend pas de cette oreille. Je parle du jeunot de la Treille, donc. Le 4e arbre officiel qui fait référence, depuis 2016, pour annoncer l’arrivée des beaux jours à Genève.

On aimerait croire que de ce gamin plein de vitalité jaillisse une verdure conquérante au moment où l’on s’y attend le moins, comme au milieu de bourrasques de neige. Bref, qu’il soit précoce, qu’il surprenne, vu son jeune âge.

Eh bien c’est raté! Le sautier confirme: les bourgeons sont bien là, mais loin d’être capables de s’ouvrir. Avec le froid qu’il a fait…

La sève n’est pas encore montée, voyez-vous. Compter encore deux semaines ensoleillées pour que ses bourgeons explosent enfin. Sage précaution. Car le marronnier fou, celui qui n’en fait toujours qu’à sa tête, a déjà sorti quelques feuilles, toutes rabougries et gelées. Le fou…

Mais tout de même, m’a glissé mon collègue qui en connaît un rayon sur le sujet. Pour marquer les 200 ans de notation officielle, on ne peut pas dire qu’elle se presse, cette première feuille.

Ainsi depuis pile deux siècles, Genève fait noter par un sautier la date de sortie d’une feuille. Extraordinaire! La chose était consignée auparavant par un Monsieur Rigaud qui venait, en voisin, vérifier l’état des bourgeons, et ce dès 1808. C’est fou, ce désir de marquer la venue du printemps!

Et si c’est une Genevoiserie, je la trouve plutôt jolie!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.