20/03/2018

Les dangers du baisemain

La galanterie n’est plus ce qu’elle était, me glisse sur le ton de la confidence Eliette, une dame de plus de 80 printemps. Méfiez-vous donc des baisemains!

À dire vrai, cette mise en garde s’adresse plutôt aux femmes de sa génération. À celles qui avancent seules dans les rues et qui sont des proies rêvées pour les malfrats, tant elles sont encore confiantes dans le genre humain.

Eliette me conte alors sa mésaventure, qui va définitivement la vacciner contre les bonnes manières d’un parfait inconnu. Un jour, après avoir été à la banque pour retirer de l’argent et fait ses courses au magasin, elle glisse son porte-monnaie dans la poche extérieure de son chariot à commissions et s’en revient tranquillement chez elle.

Ses faits et gestes n’ont pas échappé à un œil averti. Celui qui guette la bonne occasion de se faire de la thune sans effort. En usant au besoin de son charme.

Quand elle arrive à la porte d’entrée de son immeuble, Eliette voit un monsieur traverser la route et se diriger droit sur elle, tout sourire. Ce chevalier servant inespéré propose aimablement à son aînée de l’aider à tirer la charrette jusqu’à l’ascenseur, en haut des escaliers. Et elle, flattée que l’on s’intéresse à elle, ou reconnaissante de n’avoir pas à faire cet effort, accepte volontiers. La voilà qui grimpe l’escalier devant ce galant homme, lui laissant ainsi tout loisir de commettre son larcin.

«J’ai même voulu lui offrir un café pour le remercier» s’étonne encore la dame. Mais lui, soudain pressé, décline l’invitation et s’en va, non sans lui avoir fait un baisemain. La classe!

Elle recouvre ses esprits bien trop tard, en vidant ses affaires. Et là, patatras, plus de porte-monnaie: «J’ai été faite comme un bleu!»

Dans son malheur, (elle a tout de même perdu des centaines de francs), elle a pu compter sur la gentillesse de la police, des voisines et de ses proches, ce qui fait toujours du bien.

Mais ce qui lui reste sur l’estomac, c’est le baisemain!

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Commentaires

Dans les villes de grande solitude,
Moi, le passant bien protégé
Par deux mille ans de servitude
Et quelques clous sur la chaussée tralala...

Écrit par : JJ | 20/03/2018

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