22/03/2018

Un luxe, la convalescence?

C’est l’histoire d’une femme qui a un jour un gros pépin de santé, comme cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous. Eva devra malheureusement subir une hystérectomie. Autrement dit l’ablation de l’utérus.

Une opération qui n’a rien d’anodin et qui laisse des traces, non seulement dans le corps, mais aussi dans le cœur d’une femme. Dorénavant, elle ne pourra jamais plus mettre au monde un enfant. Un constat qui peut être traumatisant.

Et puis Eva habite seule au 5e étage d’un immeuble sans ascenseur. Avant l’intervention, elle s’inquiète de savoir comment se remettre de tout ça à sa sortie de l’hôpital, sa mère n’étant pas en mesure de l’accueillir.

Renseignements pris, la Faculté dit qu’elle entend l’envoyer dans une maison de convalescence, à Montana, où elle sera bien entourée et pourra se remettre au mieux de cette lourde opération. Or son assurance ne l’entend pas de cette oreille. La patiente n’aura pas droit à cette solution. Elle n’aura que ses yeux pour pleurer.

Mais enfin, de quoi se plaint-elle, diront certains lecteurs. L’assurance lui paie déjà l’hôpital, que demander de plus? L’assurance d’une bonne convalescence, par exemple, afin qu’elle recouvre rapidement santé et moral!

Pourquoi n’y aurait-elle pas droit? Eva n’a-t-elle pas payé, des années durant, des primes exorbitantes, sans avoir pour autant coûté bonbon à sa caisse maladie?

Elle et sa maman auront beau tenter de faire revenir l’assurance sur sa décision, rien à faire. On lui permettra tout au plus de rester deux jours supplémentaires à l’hôpital. Après, débrouille-toi.

C’est une amie qui accueillera Eva quelques jours chez elle, pour lui éviter de gravir les 5 étages à pied et la laisser seule chez elle, à broyer du noir. Cette solution a l’avantage de ne pas coûter trop cher à l’assurance. Elle pourra ainsi dormir tranquille sur ses réserves...

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Commentaires

Bonjour Julie,
Vous soulevez l'énorme problème que ce sont des économistes ou des juristes qui décident des prestations, soutenus de plus par des jurisprudences, vaguement peut-être conseillés par des médecins-experts, éloignés de la pratique. La perception médicale des êtres humains dans son ensemble devient mineure et se réduit à un diagnostic très focalisé, ici suite d'hystérectomie. On ne tient même pas compte de l'effort du bas-ventre traumatisé qui doit de plus assumer la montée de 5 étages.

Il n'y a pas non plus de vue dans le temps : une personne privée de convalescence, autrement dit de bien recharger ses batteries après une opération, une maladie ou un traumatisme reste fragile. Autrement dit, à la moindre sollicitation de l'extérieur que ce soit affective, climatique ou accidentelle la fera replonger en maladie sur un terrain déjà affaibli, d'où un cercle vicieux avec maladies chroniques voire cancer. Outre les conséquences humaines, cela coûtera cher à l'assurance qui, quand ce sont des pathologiques faciles à cataloguer, sera obligée de payer.

Quand à prédire l'avenir, je ne pense pas que les assurances vont dormir longtemps car le système s'est tellement aggravé qu'il faudra bien qu'il éclate d'une manière ou d'une autre.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 22/03/2018

Un peu facile, Ma'ame Julie. Vous tenez absolument à faire monter nos primes ?

Écrit par : Géo | 22/03/2018

On peut marcher sans souci après cette opération et je dirais que c'est très bien. En revanche, il faut faire très attention à ne pas porter des objets lourds et la première chose à faire est d'alléger son sac à main.

De toute façon, les premiers jours si l'envie de sortir se fait sentir, on a pas forcément la force de le faire, que cette dame en profite pour lire, dormir et écouter de la musique et un beau matin, elle sortira joyeuse et humera l'air du printemps !

C'est ce que j'avais fait il y a fort longtemps !!!

Écrit par : M.A. | 22/03/2018

Les décisions de tous les jours concernant les remboursements aux assurés ne sont guere plus prises par des humains mais par des algorithmes. Digitalisation oblige, c`est en train de devenir le cas également dans les banques et l`administration publique. Les machines ne prennent pas le pouvoir avec des rayons de la mort comme dans les films de science-fiction, mais au moyen d`une armée d`algorithmes impitoyables qui seront probablement bientot eux-memes produits par d`autres algorithmes.

Écrit par : JJ | 22/03/2018

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