29/03/2018

La poule aux oeufs d'or

Quelques semaines avant Pâques, une Genevoise est admise à l’Hôpital cantonal. Elle n’est pas au mieux de sa forme et ne peut rien avaler de ce qui lui est proposé au petit-déjeuner. La seule chose qu’elle tolère, sans avoir la nausée, c’est un simple œuf à la coque. Allez comprendre pourquoi.

La patiente en demande donc un. On la prévient que ce produit n’est pas compris dans le prix du repas du matin, et qu’il lui sera facturé.

À la bonne heure, un œuf, ce n’est pas du caviar! Elle le commande sans demander son prix et fait de même les deux jours suivants.

Au troisième jour de ce régime, elle reçoit un coup de fil des cuisines pour savoir si elle désire un autre œuf pour le lendemain. Sur le ton de la plaisanterie, la dame glisse qu’elle reprendra volontiers un, pour autant qu’il ne coûte pas dix francs. Pensant alors être au comble de l’exagération. Silence un brin embarrassé au bout du fil. Euh, c’est un peu plus.

Combien? 15 francs. Quinze francs pièce, donc!

À cette annonce, la malade manque de s’étrangler. Bon elle est à l’hôpital, elle ne risque rien. Mais tout de même. Trois thunes l’œuf à la coque, ça ne passe pas. La malade peine à digérer. J’ai demandé à voir la facture, car je n’en croyais pas mes oreilles. Mais oui, c’est bien ça: un total de 45 francs pour ces trois merveilles de la nature, pondus par une poule aux œufs d’or…

Et pour rester à l’Hôpital cantonal en cette période pleine de petits œufs en sucre et en chocolat, je vous signale le concert que l’Ensemble instrumental romand donnera Vendredi-Saint à 15 h, à la salle Opéra. Malades, visiteurs et amateurs de musique apprécieront les œuvres pour violons de Georg Philipp Telemann et un concerto de Vivaldi, dirigés par Eric Bauer. Entrée libre.

Cela dit, je vous pose un lapin samedi. Alors joyeuses fêtes de Pâques!

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27/03/2018

L'éveil à l'heure d'été

Le passage à l’heure d’été peut laisser des traces dans nos petits organismes fatigués par un long hiver. Certains peinent à s’adapter au nouvel horaire, d’autres développent des troubles du sommeil ou ne se sentent juste plus en phase avec leur quotidien.

Ce n’est pas pour rien que certains députés européens envisagent de supprimer un jour l’heure d’été qui est, à l’usage, ni bonne, ni mauvaise, bien au contraire…

Lundi, en ce premier jour ouvrable après le changement d’heure, le réveil sonne donc bien plus tôt que d’habitude. Le corps et l’esprit des dormeurs, encore tout embrumés, sont particulièrement lents au démarrage.

Sauf mon «œil», vif et alerte depuis l’aube. Cet homme qui voit tout et me raconte ensuite ses découvertes arrive de bon matin en ville. Parvenu devant une cassette à journaux, il regarde à deux fois l’étrange tableau qui s’offre à lui.

Deux longues tirelires métalliques, fermées à clef, reposent sur la cassette. Il les saisit et les secoue. Elles tintent fort! Normal, elles contiennent l’argent que les lecteurs de la Tribune de Genève ont versé pour payer leur information.

«Encore un qui n’était pas bien réveillé ce matin» se dit mon œil, en pensant à l’employé qui, dans sa tournée des caissettes, livre les nouvelles du jour et relève les compteurs. Alors, pour que la recette de la Julie ne tombe pas entre des mains malintentionnées, notre homme ramasse les tirelires et s’en va au poste de police voisin. Fermé.

Il se rend ensuite à la police municipale qui ouvre ses portes à 7 h 30. Mais il n’y a personne au guichet pour l’accueillir et apprécier, à sa juste mesure, son geste citoyen. Parce qu’il aurait pu se faire la malle avec tous les sous…

Il a fini par se pointer au journal, avec les deux tirelires pleines sous le bras. Et là, on lui a fait la fête comme il se doit: tournée générale de cafés pour siroter cette histoire à dormir debout.

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24/03/2018

ça bourgeonne un peu partout

Le printemps est arrivé, la belle saison!

Les terrasses des bistrots fleurissent dans les rues; les chaises longues s’étalent sur le quai Turrettini; les passants s’arrêtent pour prendre le soleil à la première occasion; des oiseaux chantent; les souliers remplacent les bottes; les tons clairs reviennent en force dans les habits majoritairement foncés.

Ces signes ne trompent pas. Il y a du renouveau dans l’air. Il était temps!

Bon, rien n’est encore joué: le marronnier de la Treille n’a toujours pas annoncé le printemps! Il bourgeonne tant et plus, la verdure pointe le bout de son nez, mais sa première feuille n’est pas éclose, «à l’heure où nous mettons sous presse», comme le veut la formule.

Le sautier de la République, à qui revient l’honneur de consigner cette sortie végétale dans le registre officiel, est allé vendredi vérifier toutes les deux heures s’il y avait du nouveau sur l’arbre. Avec ce coup de chaleur, hop, la belle devrait éclore n’est-ce pas? Mais non, rien! L’heureux événement devrait toutefois être annoncé par ses soins samedi midi, sur la Treille, avec les enfants du quartier rassemblés à l’occasion de la Fête de la première feuille. Qui tombe plutôt bien!

La nature genevoise n’a pas attendu cette nouvelle pour sortir de sa torpeur hivernale. L’horloge fleurie s’est ainsi mise à l’heure des élections à venir en accueillant 500 primevères jaunes et 500 autres rouges, du plus bel effet. Le cadran fait de l’œil aux passants, sans slogan électoral. Et c’est tant mieux!

Car ailleurs, ces couleurs genevoises recouvrent jusqu’à l’étouffement bus et trams, comme le font les couleurs d’autres formations politiques. Toutes vampirisent ces véhicules qui n’en demandent pas tant, avec des promesses qui ne tiendront que le temps de la campagne printanière. Du coup, des nez rouges bourgeonnent ces jours sur les images des candidats...

C’est ainsi, le printemps des Genevois, qui ne devraient pas oublier de passer, dimanche déjà, à l’heure d’été!

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22/03/2018

Un luxe, la convalescence?

C’est l’histoire d’une femme qui a un jour un gros pépin de santé, comme cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous. Eva devra malheureusement subir une hystérectomie. Autrement dit l’ablation de l’utérus.

Une opération qui n’a rien d’anodin et qui laisse des traces, non seulement dans le corps, mais aussi dans le cœur d’une femme. Dorénavant, elle ne pourra jamais plus mettre au monde un enfant. Un constat qui peut être traumatisant.

Et puis Eva habite seule au 5e étage d’un immeuble sans ascenseur. Avant l’intervention, elle s’inquiète de savoir comment se remettre de tout ça à sa sortie de l’hôpital, sa mère n’étant pas en mesure de l’accueillir.

Renseignements pris, la Faculté dit qu’elle entend l’envoyer dans une maison de convalescence, à Montana, où elle sera bien entourée et pourra se remettre au mieux de cette lourde opération. Or son assurance ne l’entend pas de cette oreille. La patiente n’aura pas droit à cette solution. Elle n’aura que ses yeux pour pleurer.

Mais enfin, de quoi se plaint-elle, diront certains lecteurs. L’assurance lui paie déjà l’hôpital, que demander de plus? L’assurance d’une bonne convalescence, par exemple, afin qu’elle recouvre rapidement santé et moral!

Pourquoi n’y aurait-elle pas droit? Eva n’a-t-elle pas payé, des années durant, des primes exorbitantes, sans avoir pour autant coûté bonbon à sa caisse maladie?

Elle et sa maman auront beau tenter de faire revenir l’assurance sur sa décision, rien à faire. On lui permettra tout au plus de rester deux jours supplémentaires à l’hôpital. Après, débrouille-toi.

C’est une amie qui accueillera Eva quelques jours chez elle, pour lui éviter de gravir les 5 étages à pied et la laisser seule chez elle, à broyer du noir. Cette solution a l’avantage de ne pas coûter trop cher à l’assurance. Elle pourra ainsi dormir tranquille sur ses réserves...

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20/03/2018

Les dangers du baisemain

La galanterie n’est plus ce qu’elle était, me glisse sur le ton de la confidence Eliette, une dame de plus de 80 printemps. Méfiez-vous donc des baisemains!

À dire vrai, cette mise en garde s’adresse plutôt aux femmes de sa génération. À celles qui avancent seules dans les rues et qui sont des proies rêvées pour les malfrats, tant elles sont encore confiantes dans le genre humain.

Eliette me conte alors sa mésaventure, qui va définitivement la vacciner contre les bonnes manières d’un parfait inconnu. Un jour, après avoir été à la banque pour retirer de l’argent et fait ses courses au magasin, elle glisse son porte-monnaie dans la poche extérieure de son chariot à commissions et s’en revient tranquillement chez elle.

Ses faits et gestes n’ont pas échappé à un œil averti. Celui qui guette la bonne occasion de se faire de la thune sans effort. En usant au besoin de son charme.

Quand elle arrive à la porte d’entrée de son immeuble, Eliette voit un monsieur traverser la route et se diriger droit sur elle, tout sourire. Ce chevalier servant inespéré propose aimablement à son aînée de l’aider à tirer la charrette jusqu’à l’ascenseur, en haut des escaliers. Et elle, flattée que l’on s’intéresse à elle, ou reconnaissante de n’avoir pas à faire cet effort, accepte volontiers. La voilà qui grimpe l’escalier devant ce galant homme, lui laissant ainsi tout loisir de commettre son larcin.

«J’ai même voulu lui offrir un café pour le remercier» s’étonne encore la dame. Mais lui, soudain pressé, décline l’invitation et s’en va, non sans lui avoir fait un baisemain. La classe!

Elle recouvre ses esprits bien trop tard, en vidant ses affaires. Et là, patatras, plus de porte-monnaie: «J’ai été faite comme un bleu!»

Dans son malheur, (elle a tout de même perdu des centaines de francs), elle a pu compter sur la gentillesse de la police, des voisines et de ses proches, ce qui fait toujours du bien.

Mais ce qui lui reste sur l’estomac, c’est le baisemain!

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17/03/2018

Juste à l'envers du bon sens

Peut-être suis-je un poil chauvine, mais c’est l’une des plus belle vue qui soit sur Genève et sa rade. Celle que des milliers de touristes nous envient et immortalisent, en souvenir de leur passage au bout du lac.

Pour l’apprécier, il faut se trouver, rive droite, sur le quai des Pâquis, là où les amateurs de promenade lacustre patientent pour prendre leur mouette. Laquelle peut être entièrement noire, ô rage ô désespoir, depuis que la compagnie de navigation vend les flancs de ses bateaux à la publicité. Mais c’est encore une autre histoire…

Bref, lorsque l’on se tient là, tout près de l’eau, on voit au premier plan le bleu Léman, en face le jet d’eau qui domine la rade, avec la silhouette du Salève et celle de la cathédrale et, en toile de fond, comme pour couronner le tout, le Mont-Blanc dans toute sa splendeur. Un vrai décor de carte postale!

Où veux-tu en venir, Julie? Aux deux jolis bancs publics qui viennent d’être posés juste à cet endroit. Ce qui est plutôt une bonne idée, n’est-ce pas, le point de vue y étant unique en son genre. Oui mais voilà. Nous sommes à Genève. Et ces sièges bienvenus ont été mis à l’envers…

Oui, c’est ça: ils tournent carrément le dos au lac! Les passants qui s’installent sur ces bancs peuvent ainsi admirer les voitures en stationnement sur le quai et les grands hôtels alentour. Extraordinaire!

Ça paraît tant à l’envers du bon sens que je n’y ai pas cru, la première fois que je l’ai vu. Alors je me suis bêtement penchée pour voir si ces sièges étaient seulement posés là, en attendant leur installation définitive de l’autre côté. Mais non. Ils sont déjà solidement boulonnés au sol. Raté. Encore raté!

lI s’en faudrait pourtant de peu pour que ce soit réussi: déboulonner les bancs, les remettre à l’endroit, en les reculant un chouia. Les promeneurs pourraient ainsi s’y poser, reposer leurs pieds sur la barrière des quais. Et admirer la vue.

Serait-ce trop demander?

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15/03/2018

Le monde et les temps changent

«Car le monde et les temps changent…» Ce refrain vous dit quelque chose? En 1965, le chanteur Hugues Aufray annonçait, sur une musique de Bob Dylan, l’avènement d’une nouvelle société.

Depuis, le monde et les temps ont drôlement changé. En bien et en mal. Et alors? Alors j’ai pensé à cette chanson en recevant, à quelques jours d’intervalles, deux témoignages qui se font écho.

Le plus récent date de mardi. Une dame a vu rouge devant la photo en Une du magazine de la Coop. La couverture montre une jeune blonde très découverte dans sa salopette bleue. Sans petit haut dessous, donc. Juste une fine bretelle de soutien-gorge. Et un regard qui allume. Tout ça pour parler de jeans.

«Cette tenue est provocante. Trois bras pourraient se glisser dans la salopette de la fille», s’insurge la grand-maman, qui trouve que l’éducation des ados est déjà assez difficile comme ça. Et voilà qu’un journal qui entre dans toutes les familles montre pareil exemple. C’est juste scandaleux, dit-elle.

Auparavant, un lecteur m’avait apporté la photocopie d’un avis officiel de 1951, oubliée dans un coin et qui a ressurgi la veille de la journée des femmes. Ça vaut son pesant de cacahuètes!

«Le Conseil d’État, qui avait été saisi l’année dernière de plaintes justifiées au sujet de la tenue inconvenante affichée par certaines dames et jeunes filles sur la voie et dans les lieux publics, est décidé à ne pas tolérer le renouvellement de tels abus.

Il adresse en conséquence une sérieuse mise en garde aux personnes qui seraient tentées de faire preuve d’un trop grand laisser-aller.

Si cet avertissement n’était pas compris, le Conseil d’État n’hésiterait pas à envisager d’autres mesures, certain d’être approuvé par tous ceux, hommes et femmes, qui se respectent eux-mêmes et qui respectent autrui.»
Signé à Genève, le 4 juillet 1951. Et tout ça pour quel résultat? Le monde et les temps ont changé...

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08/03/2018

Très jeune, et si peu précoce

À force de voir lapins et poupoules gambader depuis des semaines dans les rayons des magasins, sur des tapis d’herbe au vert tendre parsemée de petits nids douillets plein de douceurs, ça commence par chatouiller les sens. Et l’on finit par s’impatienter.

D’ailleurs l’épisode neigeux semble déjà oublié, tout comme celui de la bise glaciale. Signe qu’il est temps de passer à autre chose. Au printemps, par exemple. Oui mais voilà: notre cher marronnier ne l’entend pas de cette oreille. Je parle du jeunot de la Treille, donc. Le 4e arbre officiel qui fait référence, depuis 2016, pour annoncer l’arrivée des beaux jours à Genève.

On aimerait croire que de ce gamin plein de vitalité jaillisse une verdure conquérante au moment où l’on s’y attend le moins, comme au milieu de bourrasques de neige. Bref, qu’il soit précoce, qu’il surprenne, vu son jeune âge.

Eh bien c’est raté! Le sautier confirme: les bourgeons sont bien là, mais loin d’être capables de s’ouvrir. Avec le froid qu’il a fait…

La sève n’est pas encore montée, voyez-vous. Compter encore deux semaines ensoleillées pour que ses bourgeons explosent enfin. Sage précaution. Car le marronnier fou, celui qui n’en fait toujours qu’à sa tête, a déjà sorti quelques feuilles, toutes rabougries et gelées. Le fou…

Mais tout de même, m’a glissé mon collègue qui en connaît un rayon sur le sujet. Pour marquer les 200 ans de notation officielle, on ne peut pas dire qu’elle se presse, cette première feuille.

Ainsi depuis pile deux siècles, Genève fait noter par un sautier la date de sortie d’une feuille. Extraordinaire! La chose était consignée auparavant par un Monsieur Rigaud qui venait, en voisin, vérifier l’état des bourgeons, et ce dès 1808. C’est fou, ce désir de marquer la venue du printemps!

Et si c’est une Genevoiserie, je la trouve plutôt jolie!

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06/03/2018

Les cartons de la déraison

Il y a, comme ça, des situations qui heurtent la vue et devant lesquelles on baisse les bras avant même de les lever. On capitule. On ne veut pas s’en mêler, parce qu’il faudrait soulever des montagnes pour obtenir pas grand-chose, et que c’est trop compliqué. Tant pis, ma foi, c’est la société qui veut ça…

Là, je ne pense pas aux horreurs de ce monde, comme ce qui se passe ces jours en Syrie dans l’indifférence générale. Non, j’évoque plutôt nos petits renoncements devant les agissements dérangeants de nos semblables.

Mais il y a aussi des gens, comme ça, qui réagissent. Par réflexe citoyen. Parce que le désordre, le gâchis, l’incivilité crasse, ça les heurte profondément. On se souvient tous de cette dame qui récupère les chariots égarés en ville et les rapporte aux magasins. De ces nettoyeurs spontanés, dans les parcs ou les rues, qui s’encombrent des déchets des autres, pour le bien-être général.

Ce sont des exceptions. Des êtres précieux. C’est à l’un d’eux que j’ai pensé hier en voyant des tas de cartons, restés en rade, gondoler dans la neige fondue. À Martin, donc. Ce redresseur de torts n’a jamais peur d’interpeller autorités ou firmes en mains publiques dès qu’il y a un truc qui ne fonctionne pas à ses yeux.

Ainsi sa dernière croisade auprès des CFF: pourquoi les employés qui réapprovisionnent les distributeurs en rouleaux de billets ont-ils tendance à jeter les cartons propres qui les contenaient, au lieu de les recycler? Cela éviterait un fameux gaspillage!

Car en bourrant les corbeilles métalliques des gares avec ces objets encombrants, ils donnent juste du boulot aux nettoyeurs de RailClean. C’est du gâchis de temps, d’argent et d’énergie. Mais voilà, ça ne dérange pas trop les responsables de l’entreprise qui parlent de volontiers développement durable, et qui ont d’autres chats à fouetter.

Alors Martin retrousse ses manches, et recycle les cartons des CFF…

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03/03/2018

La malédiction du flocon

Combien de temps peut bien mettre un flocon de neige, tombé sur un sommet des Alpes valaisannes, pour arriver jusqu’à Genève par les bons soins du Rhône? Des semaines, des mois, des années? La question en titille plus d’un.

Une autre taraude les milliers d’usagers des rues genevoises. Combien de temps mettra le redoux, avec le renfort des employés de voirie, pour venir à bout de ces centaines de milliards de milliards de cristaux de glace admirables? Un certain temps. Trop long, sans doute. Le Genevois n'ont aucune patience.

C’est toujours la même histoire, au bout du lac. Passé le premier émoi devant les délicats flocons venus de si haut et qui tiennent au sol, ça tourne vite au vinaigre, au petchi généralisé, voire aux vilains règlements de comptes.

Car il faut forcément trouver un responsable à la désorganisation incompréhensible qui frappe une communauté bardée de règlements et de certitudes.

Les bus sont en retard? C’est la faute aux TPG qui n’ont pas anticipé. Les poubelles ne sont pas relevées en bas de chez moi? La voirie s’en moque, elle préfère dégager la neige ailleurs… Les facteurs n’arrivent pas à livrer le courrier? Normal, la Poste réduit trop ses effectifs. Les trottoirs ne sont pas dégagés? Visez les motos parquées là et qui ne laissent pas passer les lames à neige. Les passants en sandales se cassent la figure? Les cantonniers n’ont pas mis assez de sel au sol! Les chiens ont mal aux pattes? La voirie répand trop de sel, bien sûr. Les voitures aux pneus d’été patinent? Tu voudrais pas qu’ils chaînent! Le Salon de l’auto, c’est demain…

Et si c’était juste un temps de neige? Celui qui met les contractuels au repos forcé, les flocons masquant les lignes bleues, jaunes, blanches, comme les plaques d’immatriculation. Un temps qui tempère les ardeurs des «scans cars», et ravit les sens.

Un temps de neige, donc. Il faut en profiter, car il reste encore assez de poudre blanche pour faire des batailles de boules et créer de belles bonnes femmes de neige. Ben oui. La semaine de l’égalité vient de commencer!

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01/03/2018

Le plan Vigiglaçon

Quand vous lirez ces lignes, la neige aura sans doute chassé bise et glaçons des discussions. Il n’y en aura plus que pour elle, pour sa splendeur immaculée, ou pour la pagaille à venir. Mais l’heure du blanc manteau n’a pas encore sonné pour moi qui rédige ce billet avec des moufles, tant ça caille…

Contre l’attaque en règle du froid, la défense citoyenne a adopté ces jours le plan Vigiglaçon. Chacun a sa manière. Chacun selon ses moyens.

Les Rues Basses n’ont plus vu depuis longtemps pareil défilé de visons, zibelines, astrakans ou renards se promenant sur deux pattes. Vous me direz que c’est l’occasion ou jamais de faire prendre l’air à sa fourrure, sinon à quoi bon la garder dans son armoire.

Partout ailleurs, c’est la grande sortie du bonnet à pompon. Ces bitos joyeux et un poil impertinents qui dodelinent à tout va au-dessus de la mêlée pressée sont décidément du plus bel effet!

Quant aux vigiles frigorifiés de la rue du Rhône, ils n’ont pas droit au pompon, même masqué. Ça ferait pas sérieux, devant les bijouteries. Alors ils remontent leur écharpe jusque sous les yeux et enfoncent leur chapeau. De loin, ces baraqués semblent encagoulés. Comme ceux qu’ils dissuadent d’entrer

Toujours dans le plan Vigiglaçon, Globus, pour ne pas le nommer, fait très fort. Le magasin a déjà pris le parti du printemps, avec ses vitrines exposant des tenues légères et des guirlandes de fleurs. Or son entrée principale raconte une autre histoire: les clients doivent entrer par une petite porte pour permettre au gros chauffage d’appoint d’envoyer assez d’air chaud en direction des vendeuses de cosmétiques. Vu qu’elles ne portent pas de petite laine, elles pourraient prendre un rhume. Et ce serait dommage. 

Notez que j’ai une autre solution contre la goutte au nez: les mouchoirs en papier de Terre des hommes. Ils seront en vente vendredi et samedi, devant plus de 30 marchés et supermarchés. D’ici là, bonne neige!

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