03/04/2018

Les dégâts collatéraux

Les carottes sont cuites! Les fêtes de Pâques et leur cortège de joyeux lapins sont déjà derrière nous, même si on ne les a pas bien digérées. Je parle des montagnes de chocolat, donc. Le reste, c’est une autre histoire. Car le temps pascal, à savoir les 50 jours qui séparent le dimanche de Pâques de celui de Pentecôte, vient de commencer. C’est le temps de la résurrection. Du renouveau.

Alors que cette période donne plutôt des ailes à de nombreux croyants, elle peut aussi totalement démoraliser des personnes qui vivent depuis longtemps des situations critiques.

Je pense à cette mère de famille qui m’a adressé l’autre jour une lettre à propos d’un sujet «tabou», dit-elle. La drogue et ses dégâts collatéraux.

Quel est le message de cette dame? Tous les jours, écrit-elle, on peut lire dans les journaux l’arrestation de dealers, le démantèlement d’un trafic ou une saisie spectaculaire de drogue. Mais on ne parle jamais des problèmes découlant de la toxicomanie des jeunes. Notamment la détresse des familles, confrontées à la descente aux enfers d’un des leurs, et qui se battent pour les sauver, et pour ne pas sombrer à leur tour dans les tourments.

«Nous souffrons en silence, la culpabilité nous ronge… Nous n’osons même plus nous confier à nos amis de peur d’avoir à affronter leur regard, leur jugement, souvent très cruel…»

Personne n’étant en mesure de soutenir ces familles en plein désarroi, la dame lance cet appel, comme une bouteille à la mer. «Ne devrions-nous pas crier haut et fort notre détresse? Dénoncer le problème, à la manière de ce qui se fait à propos du harcèlement sexuel? Et devenir visibles, afin que nos édiles se rendent enfin compte de l’ampleur du phénomène et du nombre de citoyens impactés par cette lèpre qui ronge nos enfants…»

Voilà de quoi méditer, en ce temps pascal!

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Commentaires

Il est important que vous souleviez ce problème bien réel.
Ce qui me frappe, c'est à quel point on agite les problèmes une fois qu'ils sont bien patents au lieu d'informer dans les différents milieux concernés des premiers signes qui dénotent qu'un jeune commence à se droguer. Ce que j'appelle les détections précoces. Apprendre à y être vigilants et sensibles. Comment armer les parents à prendre conscience de ce que vivent leurs enfants? Est-ce qu'eux-mêmes n'ont pas axé leurs attentions sur d'autres priorités qui s'avèrent moins fondamentales que les besoins intimes du jeune? Quand j'entends un père dire: tout ce qui m'importe c'est que mon fils ait le bac, on perçoit bien là que l'équilibre du jeune passe après.
Quand on pense que Santésuisse refuse la notion de médecine précoce et la classifie dans la médecine préventive afin de ne pas devoir la financer, on voit là le manque de vision économique sur le long terme.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 03/04/2018

Absolument! Parents, descendez dans la rue et réclamez une politique de non-tolérance absolue envers les dealers, petits ou grands! Trafic de drogue entrainant accoutumance, cinq ans automatique et puis dix en cas de récidive et peu importe les salades larmoyantes de l`avocat sur l`enfance malheureuse et tutti quanti et pas de remise de peine pour "bonne conduite", hein. Dans les relativement petites villes suisses les dealers n`ont pas ou se planquer si l`on veut vraiment les coincer et quand quelques douzaines seront derriere les barreaux pour au-moins cinq ans, les autres fileront comme des rats qui quittent le navire. Faut en tout cas pas se raconter des bobards, la plupart des dealers n`ont aucune intention de jamais travailler honnetement quoi qu`en disent leurs avocats (qui sont payés justement pour raconter ce genre de conte de fées) et meme des travailleurs sociaux gavés de psychologie humaniste déconnectée de la réalité; si on les empeche de faire leur sale trafic, les delaers ficheront plutot le camp pour dealer ailleurs en Europe et bon vent! N`oubliez pas, s`il n`y a pas de dealers (les "petits poissons"), on coupe l`herbe sous le pied des "grands poissons" qui vendent la came en gros et devant lesquels parfois meme les politiques baissent culotte car ces requins n`iront jamais dans la rue pour vendre eux-memes leur cochonnerie.

Écrit par : Jean Jarogh | 03/04/2018

@M-F de Meuron La prévention, c`est la grosse tarte a la creme. Beaucoup de jeunes accrocs aux drogues n`ont pas de probleme particulier au niveau familial mais on simplement l`occasion d`essayer pour une raison ou autre et puis deviennent accrocs. De ce point de vue, la situation est similaire a celle de l`alcoholisme. On le sait, l`alcoholisme chronique est loin de sévir seulement dans les milieux dits défavorisés. Culpabiliser la société ou les parents dans le cas de la drogue ca fait peut-etre intello mais c`est idiot et completement contre-productif.

Écrit par : JJ | 03/04/2018

Les "onaka" & bonnes paroles infusées à la petite leçon de morale ne tiennent pas la route ici.

Il est aussi illusoire de prétendre pouvoir aller contre le "désarroi" ou plutôt la détresse de l'entourage, que de prétendre pouvoir anticiper la descente aux enfers, ou désintoxiquer un drogué - lui seul en a le pouvoir. Détresse et désespoir des proches concernés - dont les drogués en réhab doivent se distancer, aggravés par l'incurie des politiques de programmes de substitution en guise de désintoxication. Les proches ont besoin de leur côté, d'entamer leur propre travail psy.

Aussi illusoire, pour le toxico, que sont les programmes dits de "désintox" alors que cette "désintoxication" est basée sur la seule 'substitution' d'une drogue par l'autre. La méthadone n'est qu'une autre drogue, de synthèse, mais choisie car moins chère que l'héro, pour les collectivités qui financent. Ces programmes de substitution ne visent pas la désintox mais la stabilisation de la conso du toxico. Pire, si la méthadone est 1 drogue dure, dont le drogué aura beaucoup plus de mal à descendre que s'il prenait de l'héroïne, ces substituts le 'programment' à passer au cristal meth etc.

Un programme thérapeutique hors substitut et complet coûte beaucoup d'argent aux collectivités; une désintoxication complétée coûte beaucoup de temps au toxico, ce qui implique pour l'entourage, d'accepter que le toxico fasse plusieurs rechutes. Traversées suicidaires. Bon courage!

ce commentaire est long, partage d'ex-thérapeute spécialisée drogues dures / programme complet de réhab à long terme.

Les drogues sont de la merde, et les politiques qui font le choix et des substitutions et de la liberté des dealers jusque devant les écoles de nos enfants,

pas mieux.

Écrit par : divergente | 03/04/2018

JJ. Votre façon de dénigrer mes propos montre que vous aussi vous ne faites pas la différence entre prévention et traitement précoce. De plus, vous minimisez les causes du passage entre l'essai par curiosité et les causes plus profondes qui aboutissent à l'addiction.
D'autre part, éveiller les parents à plus de conscience de ce que vivent leurs ados n'a rien à voir avec les culpabiliser mais bien à leur permettre de détecter ce qui est modifiable dans les façons de percevoir et d'agir.
Culpabilité vient de "culpa" la coupure. Cela signifie en premier qu'on est coupé de soi. Actuellement, on vit plutôt dans un mode superficiel alors que si on éveillait davantage l'intériorité de chacun-e, les parents sauraient mieux capter les signaux de leurs enfants et en profiter pour grandir eux-mêmes dans leurs dimensions plus intimes. Une telle dynamique leur permettrait de créer une relation avec leurs enfants plus adaptée à leurs évolutions. Une telle attitude permettrait aussi de mieux capter le sens ou les messages d'appel des gestes ou des paroles grossières ou maladroites des jeunes en recherche d'identité.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 04/04/2018

Aux parents et proches, Attention!

Vous êtes en tant que personnes en situation de vulnérabilité, la proie facile et les clients de premier choix de tous ces "coaches du bien-être" et autres auto-proclamés thérapeutes,
tous proliférant dans le même monde, aux mécanismes du même ordre que toutes sectes.

Soyez vigilants, pensez d'abord à vous protéger.

Écrit par : divergente | 04/04/2018

En tant qu'êtres humains, nous sommes tous vulnérables, à savoir, selon l'étymologie, capables d'être blessés. La différence est qu'il y a ceux qui affrontent les blessures, ceux qui les anesthésient, ceux qui les nient ou encore ceux qui croient que des boucliers suffisent pour aller de l'avant.
Dans notre monde où l'on développe peu voire pas le conscience de soi et de sa souveraineté ontologique, chacun est une proie pour un quelconque système structuré quel qu'il soit, officiel ou non.
Il vaut la peine d'être vigilant afin de voir ce qu'il y a de bon à garder pour faire un pas après l'autre dans son chemin d'évolution, vers l'équilibre et la santé.
Dans les problèmes complexes ou chroniques, il peut être approprié de s'appuyer sur différentes démarches, chacune ayant son utilité, pour une expérience unique, pour un temps délimité ou pour un accompagnement plus approfondi.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/04/2018

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