07/04/2018

Allez les vieux, dehors!

Parler de cette histoire, c’est donner peut-être du grain à moudre au parti qui caresse lourdement l’électorat genevois dans le sens du poil, affirmant que lui ne fera jamais, oh grand jamais, de résiliation de bail dès 65 ans. On parle ici de l’âge des habitants, donc. Pas de la durée de leur bail. Ah, la belle promesse électorale que voilà.

Mais bon. Il est temps aussi de dire la grogne qui monte chez les locataires de la Gérance Immobilière Municipale (GIM) dont le manque de souplesse est légendaire. Elle monte d’ailleurs à tel point, cette grogne, qu’une association de personnes fâchées par la politique de la GIM vient de voir le jour. C’est dire si le sujet est sensible.

Bref. C’est un couple de retraités de bientôt 70 ans chacun. Après avoir passé 35 ans dans un logement social des Grottes, ils reçoivent leur congé, sans possibilité de recours ou d’arrangement.

Motif: leur appartement est sous-occupé, depuis que leurs trois enfants ont quitté le nid. Or pendant des années, leur logis a été nettement sur occupé, sans que ça fasse d’histoire.

Et puis quand Monsieur et Madame sont entrés dans cet immeuble de la rue de la Servette, les étrangers n’avaient pas le droit d’y loger, ce qui était injuste. Mais quand ils ont mis la clé sous le paillasson, ils étaient les derniers locataires suisses de la maison. Ce qui ne joue pas non plus.

Comme tant d’autres de leur âge, ce couple a été obligé de déménager alors qu’il avait organisé sa vie aux Grottes pour s’occuper de la famille élargie. «Pourquoi ne tient-on pas compte des grands-parents qui gardent leurs petits-enfants? Bonjour la politique sociale affichée par la Ville de Genève!»

Ces locataires sont d’autant plus remontés qu’ils ont toujours payé leurs loyers, sans renâcler, et qu’ils n’ont jamais fait de vagues. Résultat: allez les vieux, dehors! «Nous sommes dégoûtés». On le serait à moins…

Cela dit, je m’esquive quelques jours et vous retrouve le mardi 24 avril.

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Commentaires

"Selon que vous serez puissant ou misérable..." C`est écrit au fronton de toutes les régies, qu`elles soient muni-cipales ou muni-ficentes.

Écrit par : JJ | 07/04/2018

Voici un exemple patent de la mentalité actuelle: Un calcul froid, de type yang ou émissif, affirme : "logement sous-occupé = dehors!"
Aucune dimension réceptive, de type yin, pour tenir compte de tout ce que vous soulevez du mode de vie personnel et social de chacun des membres de ce couple, de plus en relation avec le quartier.
C'est là qu'on voit à quel point la dimension féminine- réceptive ou yin- de notre système est défaillant, manquant ou mutilé.
Un féminisme authentique permettrait de redonner son amplitude à la dimension féminine mais voilà, on cherche l'égalité avec les hommes plutôt que la mise en valeur des qualités propres à chacun-e.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07/04/2018

Ignoble, Inhumain, Inadmissible.
Puanteur électoraliste et nos familles traitées comme des misérables.
Nos administrations sont inhumaines, nos élus sont dépassés par leurs querelles internes et externes.
Triste Genève !

Écrit par : Steve Roeck | 08/04/2018

Et Genève se veut le canton le plus humaniste,,,,,,,!?

Quand les enfants quittent leur nid ILS PAIENT DES IMPÔTS. L’appât du gain: un prétexte pour augmenter le loyer!

Écrit par : Patoucha | 08/04/2018

JE NE VOTERAI QUE POUR LA LISTE OU CELUI QUI PRENDRA CE PROBLÈME À BRAS LE CORPS!
"Bonjour la politique sociale affichée par la Ville de Genève!»"

Hé oui! Car pas/plus applicable pour les Suisses! Il n'y a pas de "pauvres".... à Genève!

"Et puis quand Monsieur et Madame sont entrés dans cet immeuble de la rue de la Servette, les étrangers n’avaient pas le droit d’y loger, ce qui était injuste. Mais quand ils ont mis la clé sous le paillasson, ils étaient les derniers locataires suisses de la maison. Ce qui ne joue pas non plus."

C'est bien ce que j'ai dit!

"Bref. C’est un couple de retraités de bientôt 70 ans chacun. Après avoir passé 35 ans dans un logement social des Grottes, ils reçoivent leur congé, sans possibilité de recours ou d’arrangement."

Pourquoi!? Parce que c'est la VILLE? un Etat dans l'ETAT!? Raison de plus! Leur situation aurait changée? Ils ont gagné à la loterie!?

"La Ville de Genève possède un parc immobilier important, qui représente 5.25% des logement existant sur le territoire de la Ville de Genève...."

"Motif: leur appartement est sous-occupé, depuis que leurs trois enfants ont quitté le nid."

Ce motif est abusif! Il ne DEVRA plus figurer dans les conditions d'un bail.La Ville de Genève, devrait revoir sa copie avec la GIM!

Honte à cette politique de la Ville de Genève! Je me demande où logent les chefs de services......

Écrit par : Patoucha | 08/04/2018

J'ai 69 ans. J'ai aussi reçu une résiliations de bail de la GIM , résiliation des plus trompeuses puisqu'un nouveau bail était joint m'indiquant que mon loyer était inchangé! Après avoir lu le nouveau règlement annexé à cet envoi, j'ai téléphoné à la GIM où une employée haineuse m'a assurée que rien ne changerait pour moi.. mdr. En fait, après plusieurs échanges de mails, un passage à l'ASLOCA, j'ai appris que mon loyer devrait plus que tripler.
Ces appartements sont pourris et ont des fenêtres pourries ( mentionné dans le mémorial des séances du Conseil municipal du 7 mars 2017 après-midi !) et la GIM les a laissé à l'abandon, n'effectuant que le minimum des travaux nécessaires et, de plus, les faisant mal. Un délai au 31 janvier 2016 a été fixé pour la pose des doubles vitrages... mais la GIM a obtenu une dérogation jusqu'en 2022 ! Il y a peu, Messieurs Barazzone et Maudet se réunissent pour parler du bruit et de la sécurité aux Pâquis, la GIM elle a ouvert en 2017, dans le parking payant sous nos fenêtres, un espace de non droit où jour et nuit, à la belle saison, des groupes de personnes ( enfants, parents, propriétaires de chien, ouvriers, noctambules, sans domicile fixe, dealers, etc ) se rassemblent, font du bruit et abandonnent leurs déchets.
Le nouveau règlement de la GIM a été effectif en 2009, on nous l'applique en 2018 par souci d'égalité paraît-il ....

Écrit par : Poitry-Pinol Josiane | 11/04/2018

Parce qu'on part du principe que les suisses ne font plus d'enfants c'est pas plus difficile que ça! Ou plutôt que les suisses ne doivent plus faire d'enfants!

Écrit par : Dominique Degoumois | 12/04/2018

Bon, OK, ils ont vécu là, et ils ne veulent pas changer à leur âge.

Chacun peut comprendre cela.

"Bientôt 70 ans", respect et bravo pour le chemin parcouru!

Mais l'on vit souvent maintenant jusqu'à 100 ans (en tout cas pour l'un des conjoints ), ce qui nous fait, si mes calculs sont exacts, encore 30 années et plus d'occupation du logement social. Est-ce bien raisonnable ?

Par exemple, une occupation d'un 5 pièces par une personne seule pendant 30 ans ?

Vous ne précisez pas la taille du logement, ni la situation financière des personnes. Mais, il y aussi des couples avec des enfants qui cherchent à se loger.

Vous dites par ailleurs que ce couple a bénéficié au départ d'une situation injuste.

"Les vieillards sont oublieux." (Shakespeare)

Il resterait encore à évaluer le montant cumulé de l'"aide sociale" représentée par leur possibilité d'habiter ce logement pendant ces années.

Je respecte les aînés. Mais, en même temps, il faudrait peut-être s'entendre ce que l'on entend par "aîné". Et aussi considérer que ces personnes ont vécu dans un contexte économique fort prospère.

Loin de moi l'idée de stigmatiser les personnes dont vous évoquez le cas.

Mais quand même, déménager à 68 ans, est-ce l'enfer ?

Écrit par : Stabilo | 18/04/2018

@ Stabilo : je comprends et partage qu'à moitié votre réflexion pour une raison très simple : les bailleurs/propriétaire n'acceptent que trop rarement les échanges d'appartements et là est tout le problème.

Pour un couple ou une personne seule, accepter le changement d'un 4 voire 5 pièces en un 2 voire 3 pièces représente trop souvent une charge trop lourde financièrement qui peut aller du simple au double en matière de loyer brut sans les charges.

L'ASLOCA par la voix de Carlo Sommaruga se bat depuis très longtemps pour que les propriétaires/bailleurs acceptent ces changements avec un minimum de "dégâts financiers" pour éviter que les personnes âgées se retrouvent avec un loyer et des charges trop lourdes et à devoir quémander l'aide sociale pour vivre décemment.

Écrit par : M.A. | 29/04/2018

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