28/04/2018

Des réactions au clin d'oeil

Vous êtes décidément plus sensibles et réactifs que les décideurs de l’AI! Vous me direz que ce n’est pas très difficile…

Suite à mon billet de jeudi «Le clin d’œil qui fait tout», j’ai reçu une avalanche de courriers et de propositions pour venir en aide à Isabelle, dont le sort vous a touchés.

Pour rappel, cette Genevoise est atteinte de sclérose latérale amyotrophique. Privée totalement de parole et de mouvement, elle communique avec ses proches et soignants au moyen d’un ordinateur spécial qu’elle actionne en clignant des yeux.

Cet outil vital pour Isabelle arrivant en fin de course, elle a fait plusieurs courriels à l’assurance invalidité pour obtenir une nouvelle machine qui ne plante pas quand elle en a besoin. Une demande urgente, laissée sans réponse depuis six mois déjà. Or le temps presse.

Si l’AI tarde encore à se manifester ou, pire encore, si elle refuse de débourser 12 000 et quelques francs pour cet ordinateur adapté à la patiente (ce qui serait tout de même un comble), je proposais de lancer une collecte, le moment venu.

Eh bien un lecteur n’a pas attendu mon feu vert! Il est venu discrètement déposer à la rédaction de la Julie une enveloppe contenant mille francs, avec ce petit mot dessus: «Pour Isabelle, en attendant plus!» Signé Nicodème.
C’est extra!

Je collerais volontiers deux gros becs sur les joues de ce Monsieur au grand cœur. Comme aux autres personnes qui se sont déjà annoncées pour financer cet ordinateur, s’il y a besoin de le faire.

Mais avant de solliciter la République, il serait bon peut-être de suggérer à Mauro Poggia, qui sait si bien parler aux assurances, de peser de tout son poids de conseiller d’État pour régler cette situation incompréhensible.
Isabelle mérite bien une telle mobilisation.

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26/04/2018

Le clin d'oeil qui fait tout

Isabelle ne parle plus. Isabelle ne bouge plus, clouée dans une chaise roulante. Cette femme de 45 ans est atteinte depuis treize ans de sclérose latérale amyotrophique. La même méchante maladie qui a terrassé Stephen Hawking, le célèbre astrophysicien dont tout le monde a vu un jour ou l’autre la photographie dans un média.

Ceci pour se représenter combien ce handicap a changé radicalement la vie d’Isabelle.

Cette belle personne vit aujourd’hui dans un appartement, à Genève, avec sa maman de 84 ans qui veille sur elle nuit et jour. Elle est naturellement entourée de professionnels de la santé qui se relaient pour lui apporter les soins indispensables. Des proches et des amis lui rendent aussi visite.

Comment peut-elle communiquer avec eux puisqu’elle est totalement privée de parole et de mouvement? Isabelle dispose d’un ordinateur qu’elle actionne avec les yeux! Ça demande du temps et pas mal de volonté pour exprimer ainsi ses besoins vitaux, ses émotions ou ses envies, mais enfin, elle y parvient.

Cet outil de communication est donc vital pour elle. Mais il commence à fatiguer et devient moins performant. Pire, il bloque parfois. Et là, ça devient dangereux pour celle qui en dépend.

C’est pourquoi cette femme a entrepris, il y a plus de six mois déjà, des démarches auprès de l’assurance invalidité pour le financement d’un nouvel ordinateur. En écrivant, avec ses yeux, que c’était urgent.

Six mois ont passé. Pas de réponse. Ni oui ni non. Juste de l’indifférence.

Qu’attend donc l’AI pour réagir? Que la patiente ne puisse plus communiquer? Si l’assurance sociale fait encore l’autruche, on va finir par lancer une collecte pour réunir des fonds. Parce qu’un ordinateur adapté à Isabelle, ce n’est pas un caprice, mais une nécessité.

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24/04/2018

Le bonjour du rhododendron

Pour une fois, le retour des hirondelles au-dessus du quartier des Grottes coïncide avec mon retour de vacances. Serait-ce un signe?

D’ici à ce que je me prenne pour cet oiseau migrateur gracile, annonciateur des beaux jours, il n’y a qu’un battement d’ailes à tenter et quelques joyeux trissements à lancer loin à la ronde. Sauf que je ne vole point, ni dans les airs, ni ailleurs du reste, et que je ne gazouille guère.

Alors à défaut de voir le monde d’en haut avec légèreté et détachement, je l’observe à ras les pâquerettes. Et ce que l’on peut découvrir ces derniers jours à hauteur d’humain est ma foi assez extraordinaire.

Je ne parle donc pas des résultats des dernières élections genevoises, ou de ce qui se trame encore dans les coulisses du pouvoir local. Je pense plutôt à dame Nature, elle qui nous sort le grand jeu des feuilles déployant leur tendre vert et l’éclosion de fleurs multicolores.

Pour prendre la pleine mesure de cette explosion de vitalité, il faut se rendre au Jardin botanique, où l’allée des rhododendrons est au comble de sa splendeur. Elle offre une symphonie de tons violet, rose, blanc et rouge, et ce spectacle ravit les sens des passants.

Tout en admirant ces arbres à roses, puisque tel est leur nom, les promeneurs se parlent volontiers. Se sourient. Expriment tout le bien que ça leur fait d’être en présence de telles merveilles. C’est fou ce que la vue de belles plantes peut changer les gens!

Faut-il rappeler que cet espace de rêve est à portée de tous? Car contrairement à ce qui se fait dans d’autres villes européennes, il ne faut pas payer pour entrer au Jardin botanique. Un luxe que l’on oublie parfois, à toujours râler sur la vie genevoise…

Ici, que l’on soit riche ou pauvre, on peut profiter autant de fois que voulu de ce jardin des délices, tout en suivant des yeux le ballet des hirondelles.

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07/04/2018

Allez les vieux, dehors!

Parler de cette histoire, c’est donner peut-être du grain à moudre au parti qui caresse lourdement l’électorat genevois dans le sens du poil, affirmant que lui ne fera jamais, oh grand jamais, de résiliation de bail dès 65 ans. On parle ici de l’âge des habitants, donc. Pas de la durée de leur bail. Ah, la belle promesse électorale que voilà.

Mais bon. Il est temps aussi de dire la grogne qui monte chez les locataires de la Gérance Immobilière Municipale (GIM) dont le manque de souplesse est légendaire. Elle monte d’ailleurs à tel point, cette grogne, qu’une association de personnes fâchées par la politique de la GIM vient de voir le jour. C’est dire si le sujet est sensible.

Bref. C’est un couple de retraités de bientôt 70 ans chacun. Après avoir passé 35 ans dans un logement social des Grottes, ils reçoivent leur congé, sans possibilité de recours ou d’arrangement.

Motif: leur appartement est sous-occupé, depuis que leurs trois enfants ont quitté le nid. Or pendant des années, leur logis a été nettement sur occupé, sans que ça fasse d’histoire.

Et puis quand Monsieur et Madame sont entrés dans cet immeuble de la rue de la Servette, les étrangers n’avaient pas le droit d’y loger, ce qui était injuste. Mais quand ils ont mis la clé sous le paillasson, ils étaient les derniers locataires suisses de la maison. Ce qui ne joue pas non plus.

Comme tant d’autres de leur âge, ce couple a été obligé de déménager alors qu’il avait organisé sa vie aux Grottes pour s’occuper de la famille élargie. «Pourquoi ne tient-on pas compte des grands-parents qui gardent leurs petits-enfants? Bonjour la politique sociale affichée par la Ville de Genève!»

Ces locataires sont d’autant plus remontés qu’ils ont toujours payé leurs loyers, sans renâcler, et qu’ils n’ont jamais fait de vagues. Résultat: allez les vieux, dehors! «Nous sommes dégoûtés». On le serait à moins…

Cela dit, je m’esquive quelques jours et vous retrouve le mardi 24 avril.

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05/04/2018

Le temps des bras croisés

Après le Mardi gras, il y a le mardi noir. Et puis le mercredi pourri.

On a ainsi eu droit à des turbulences sur tous les fronts.

Éclairs, coups de tonnerre et averses se sont abattus hier sur la rade et ses environs. Ambiance électrique. Chargée et humide.

Coup de sang aussi à Cornavin, quand des passagers, comme tombés de la lune, ont soudain compris qu’aucun train n’allait partir de là en direction de la France, où les cheminots bloquent tout le réseau ferroviaire.

Rien à signaler du côté de l’aéroport, où l’on redoutait pourtant une grève à Air France. Le coup de théâtre est venu du CERN voisin, où le personnel d’entretien a débrayé. Bras croisés.

Enfin, méchant coup de froid à Crans-Montana, où les remontées mécaniques ont été mises à l’arrêt forcé. La faute à de grosses divergences entre la commune et la société propriétaire. Ceci au beau milieu des vacances de Pâques, quand les touristes paient bonbon leur location et leur abonnement. Bonjour l’accueil! Des Genevois sont déjà redescendus de la montagne pour prendre l’eau au bout du lac…

Coup de mou par contre chez les colleurs d’affiches du cru. Sinon comment expliquer autrement leur étrange façon de recouvrir les panneaux publicitaires de l’espace public?

Prennent-ils les passants pour des êtres à ce point primitifs qu’il faille répéter deux à trois fois la même image, sur le même panneau XXL, avec le même slogan, pour que le message passe? Une publicité suffit, merci, on a compris. À moins que cette pratique réponde à la loi du moindre effort.

Mais le principe de la pub, me direz-vous, c’est justement d’enfoncer le clou. De répéter jusqu’à plus soif le slogan qui fera date, pour qu’il en reste au moins une bribe, le moment venu. Suffit de voir les affiches de la campagne électorale. Autres turbulences en vue…

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03/04/2018

Les dégâts collatéraux

Les carottes sont cuites! Les fêtes de Pâques et leur cortège de joyeux lapins sont déjà derrière nous, même si on ne les a pas bien digérées. Je parle des montagnes de chocolat, donc. Le reste, c’est une autre histoire. Car le temps pascal, à savoir les 50 jours qui séparent le dimanche de Pâques de celui de Pentecôte, vient de commencer. C’est le temps de la résurrection. Du renouveau.

Alors que cette période donne plutôt des ailes à de nombreux croyants, elle peut aussi totalement démoraliser des personnes qui vivent depuis longtemps des situations critiques.

Je pense à cette mère de famille qui m’a adressé l’autre jour une lettre à propos d’un sujet «tabou», dit-elle. La drogue et ses dégâts collatéraux.

Quel est le message de cette dame? Tous les jours, écrit-elle, on peut lire dans les journaux l’arrestation de dealers, le démantèlement d’un trafic ou une saisie spectaculaire de drogue. Mais on ne parle jamais des problèmes découlant de la toxicomanie des jeunes. Notamment la détresse des familles, confrontées à la descente aux enfers d’un des leurs, et qui se battent pour les sauver, et pour ne pas sombrer à leur tour dans les tourments.

«Nous souffrons en silence, la culpabilité nous ronge… Nous n’osons même plus nous confier à nos amis de peur d’avoir à affronter leur regard, leur jugement, souvent très cruel…»

Personne n’étant en mesure de soutenir ces familles en plein désarroi, la dame lance cet appel, comme une bouteille à la mer. «Ne devrions-nous pas crier haut et fort notre détresse? Dénoncer le problème, à la manière de ce qui se fait à propos du harcèlement sexuel? Et devenir visibles, afin que nos édiles se rendent enfin compte de l’ampleur du phénomène et du nombre de citoyens impactés par cette lèpre qui ronge nos enfants…»

Voilà de quoi méditer, en ce temps pascal!

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