26/09/2017

La partie de cache-cache

Les limites du terrain de jeu sont grosso modo celles du canton.

Ceux qui s’y collent sont des gens qui vaquent à leurs affaires au bout du lac et qui sont d’un naturel un peu plus curieux que les autres. Ils ont souvent l’œil ouvert, et le bon!

La partie de cache-cache a débuté il y a une bonne semaine. Faut dire que tout Genève ne parle bientôt plus que d’elles, de leur démesure, de l’émotion qu’elles procurent où qu’elles passent. Alors on les cherche, car elles séjournent déjà ici, c’est sûr. Mais où?

Le premier qui a crié «trouvé!» m’a signalé, tout fier, qu’il les avaient vues. «Oui, là-bas! Je les ai aperçues en conduisant ma voiture. Si c’étaient vraiment elles? Ben oui! Y’a pas photo!»

Justement, il n’y avait pas d’image pour prouver ses dires. Alors j’ai filé «là-bas» pour vérifier. Eh bien elles n’y étaient plus: les Géantes avaient disparu sans laisser de trace. Vu leur taille, c’est tout de même assez fortiche!

Et il en est ainsi depuis des jours: on nous annonce avoir trouvé la planque de la grand-mère en charentaises et de la petite géante sauvageonne, et pfft, elles s’évaporent, se dissimulent, pour mieux se faire désirer. Un grand classique!

Dimanche pourtant, des lève-tôt ont découvert un étrange convoi sur le quai, côté rive gauche. Des vidéos ont circulé, prises depuis un bateau. Pas de doute, c’en est bien une! Qui roupille dans son lit, comme la Belle au bois dormant…

Mais chut, je n’en dirai pas plus. Je fais comme la copine qui fait partie des bénévoles inscrits pour encadrer la venue des géantes. Elle les a approchées, en sait long sur elles, mais refuse d’être cuisinée à leur sujet. Motus et bouche cousue. Faudra donc patienter jusqu’à demain, jour de la première apparition officielle de la grand-mère.

Avant de partir à la découverte de Genève, l’aïeule fera dodo mercredi et jeudi au BFM. Elle dormira de 10 h à 18 h. Un doux baiser pourrait sans doute la sortir de cette torpeur. Mais qui sera à sa hauteur?

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23/09/2017

Perturbations planifiées

La rue Emile-Yung, vous connaissez?

Elle part de la place Claparède et descend en direction de l’Hôpital cantonal. C’est une voie de circulation assez fréquentée et bruyante en temps normal, bordée de beaux vieux immeubles. Où vivent des familles.

Depuis le début de la semaine, des travaux sont en cours dans le quartier. La faute à un gros collecteur d’eaux usées qu’il faut rénover. Durée du chantier: 7 mois au bas mot. Bien.

Cette situation engendre fatalement des «perturbations planifiées», selon le terme en usage aux TPG. Sur leur site, on signale que les arrêts «Claparède» et «Hôpital» des lignes 1 et 5 sont provisoirement déplacés. En bas de la rue Emile-Yung, et plus précisément au niveau de l’entrée de l’immeuble portant le numéro 10.

Un arrêt provisoire y est installé, bricolé avec le strict minimum pour les usagers des TPG: un distributeur de billets et un poteau indicateur. Pas de siège pour se poser, pas d’abri où se protéger des éléments, pas de poubelles. Alors ces usagers prennent leurs aises.

Ils se blottissent en grappe contre l’entrée de l’immeuble pour échapper à la bise ou se réfugient à l’intérieur quand il pleut, perturbant les allées et venues des habitants. Et des poussettes.

Des gens moins délicats patientent en prenant les environs de l’arrêt pour une poubelle, jettent leurs détritus sur une terrasse ou au sol, fument sous les fenêtres, écrasent leur mégot n’importe où. N’importe quoi!

Après trois jours à ce régime, les locataires grimpaient déjà aux murs. Et ils ont sept mois à endurer! M’est d’avis qu’il faudrait tenter d’arranger les bidons assez rapidement avant que la situation ne s’envenime. Il y a des spécialistes pour tout dans nos administrations. Personne n’avait pensé à ces problèmes avant? Ce sont pourtant des «perturbations planifiées»…

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21/09/2017

Pom pom pom pomme...

Pom pom pom pom…

La symphonie n° 5 de Beethoven me semblait de circonstance pour annoncer la 25e journée de la pomme qui se fête, demain, dans toute la Suisse. Or depuis que j’ai chantonné ces quelques notes pour lancer mon billet, elles ne me lâchent plus. C’est pire qu’un tube. Une scie, presque. Pom pom pom pom…

Bref. Vendredi 22 septembre, le pays tout entier n’aura d’yeux que pour elle, pour sa belle robe rouge ou verte, sa mine réjouie et son goût sucré.

Cette ronde et juteuse tentatrice est, de loin, le fruit favori des gens d’ici: ils en consomment plus de 16 kg par tête de pipe. Par an, donc. Contre un peu plus de 11 kg de chocolat… C’est fou jusqu’où va la gourmandise. Et comme la pomme, mais de terre, elle est vraiment bonne à tout faire.

Pom pom pom pomme…

Faut dire aussi qu’au pays de Guillaume Tell, tous les arguments sont bons pour nous la faire croquer. C’est le casse-croûte par excellence, pauvre en calories, riche en vitamines et en oligo-éléments. Le truc sain qui vous assure une santé de fer. Les Anglo-Saxons ne disent-ils pas «one apple a day keeps the doctor away»?

Les Zurichois doivent penser pareil que les Anglais. La preuve? Notre patron nous offre des pommes. Un plein panier de Gala tous les jours. Merci patron!

Pom pom pom pomme…

Vendredi, ce sont les arboriculteurs de chaque région et de petites mains amies qui viendront distribuer ces fruits fraîchement cueillis aux passants. Où ça? Dans les gares et les places publiques helvétiques.

A Genève, cette opération séduction a lieu à la gare Cornavin, de 7 h à 18 h. Avec un grand concours à la clé, pas trop difficile. J’aurais peut-être la chance de gagner un éplucheur!`

Pom pom pom pomme...

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19/09/2017

Heureuse surprise

A Genève, on râle sur tout. Surtout sur les taxis! On trouve leurs services trop chers, et qui plus est assurés par des chauffeurs souvent ronchons. Inutile de vous énerver, Monsieur Jenni, je rappelle juste un état d’esprit général avant d’en venir aux faits particuliers.

J’ai reçu dernièrement deux appels pour faire passer un message à un chauffeur de taxi. Un message positif, s’entend. Jolie coïncidence!

Lundi dernier, Sandrine s’engouffre dans un taxi avec plein d’affaires sous le bras, encore mal réveillée et complètement à la bourre. Ce qui devait arriver arrive: elle laisse tomber son natel dans l’auto, dans tous les sens du terme.

Le temps de réaliser la chose, la voiture a déjà disparu. Bref instant de panique: c'est fou ce que l'on se sent vite rien, sans cet engin! Lorsque l’étourdie a enfin accès à un téléphone fixe, elle appelle son propre numéro. Le chauffeur décroche.

A l’évidence, il a retrouvé le portable et a l’intention de le glisser dans la boîte aux lettres de Sandrine, si elle lui donne son adresse. Ce qu’elle fait. Mais elle est à ce point surprise par la gentillesse du Monsieur qu’elle en oublie de lui demander son nom. Aussi est-elle bien embêtée pour le remercier lorsqu’elle récupère son bien. D’autant que la centrale ne peut pas lui donner le contact de cet homme serviable.

D’où ce merci public lancé au taxi 755!

Elena, elle, tente de rendre à un chauffeur l’argent qu’il lui a rendu en trop après une course effectuée fin août entre l’aéroport et Le Lignon, tous deux étant distraits par leurs bavardages.

Non seulement le conducteur a travaillé pour des prunes, mais il a mis de l’argent de sa poche pour raccompagner Elena chez elle. Ce qui n’est pas le but de l’opération! Elle aimerait donc lui restituer son dû. Or, sans connaître la plaque d’immatriculation du véhicule, impossible de le faire.

Si le monsieur se reconnaît, je fais l’entremetteuse. Au sens commun du terme, donc!

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16/09/2017

La mobilité à la genevoise

Il y a comme ça des raccourcis qui me mettent en joie. Je pense au sigle de la dernière formation politique en date GEM. Comme Genève en marche.

Toute ressemblance avec le mouvement lancé de l’autre côté de la frontière par celui qui est finalement devenu président de tous les Français est fortuite, forcément! La ficelle est un peu grosse. Mais notre tribun local n’a peur de rien. L’idée de la marche, Stauffer l’avait sans doute déjà avant. Et Genève, il l’a dans la peau. Alors…

Et puis l’avantage, avec cette nouvelle abréviation, c’est qu’elle sonne extraordinairement positif: «J’aime!» J’aime la vie, je fais des bébés, chantait Sarcloret, avant de filer à Paris. Genève, j’aime, disait un temps un slogan, affublé d’un gros cœur rouge. Elle peut aussi s’entendre dans une version bien plus nombriliste «Je m’aime…»

Là où je rigole franchement, connaissant les idées du Monsieur, avec la préférence cantonale en matière d’emploi et tout le tralala, c’est que Gem, c’est aussi le sigle qu’affichent certains bus transfrontaliers!

Des bus habillés comme ceux des TPG, de bleu de bleu, et de blanc, mais qui portent des plaques françaises. Ils transportent au bout du lac des frontaliers qui viennent prendre le boulot des gens d’ici, si j’ai bien tout compris.Des bus qui aident aussi les gens d’ici à aller faire leurs courses dans les supermarchés voisins, c’est certain, et qui sont gérés par la société Gem, comme «Genevois Mobilité». Joli clin d’œil, ma foi!

Bon, vous me direz que le sigle en question est aussi celui du Groupement des Multinationales, sis à Saint-Jean, qui ne doit pas trouver cet amalgame très drôle, ou de GEM immo, basée à Gland. Comme la Porchet. Marie-Thérèse, bien sûr. GEM, donc. Comme je me marre!

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14/09/2017

Miroir, ô mon beau miroir

«Miroir, ô mon beau miroir…»

On connaît tous l’histoire, celle de la méchante marâtre interrogeant inlassablement son miroir magique: est-ce toujours elle, la plus belle, ou la jeune Blanche-Neige?

Avec le temps, la glace enchantée a bien changé d’allure et de statut. Elle est devenue numérique, à portée de millions de clients. Des êtres qui se mirent désormais dans leur écran portable pour immortaliser leur reflet en de curieux selfies qui inondent les réseaux sociaux.

Eh bien, sachez qu’on n’arrête pas le progrès. Depuis la semaine dernière, cet autoportrait électronique redevient palpable. Par la grâce postale…

La Poste vient en effet de sortir un timbre «Selfie» pour affranchir le courrier à 1 franc. Et ça nous en met plein la vue, pour autant que l’on achète la feuille entière de vingt éléments, bordée de noir et aux bords arrondis.

On jurerait une tablette numérique. Mieux. On est presque ébloui en regardant cette surface lisse et réfléchissante, sur laquelle on peut admirer son visage. Miroir, ô mon beau miroir… Sur un seul timbre, on se voit moins, forcément.

Mais voilà. Il y a un léger hic. Ces selfies de papier ont été réalisés au moyen d’un film brillant argenté. Ce qui les rend plus épais, plus rigides, et donc plus difficiles à coller.

«A force d’appuyer dessus pour que le timbre tienne sur l’enveloppe, l’effet miroir a totalement disparu», se désole une cliente. C’est raté, pour se mirer.

Mais ce n’est pas pour autant une malfaçon, affirme La Poste, qui a développé ce produit avec les étudiants de la Haute Ecole d’art de Zurich. Elle donne alors ce mode d’emploi: «Il faut simplement bien humidifier ce timbre, le laisser sécher quelques minutes, puis bien appuyer dessus, mais pas trop, pour ne pas l’endommager.» A tester.

M’est d’avis que le miroir magique d’antan était peut-être plus pratique…

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12/09/2017

Se hâter lentement

Un matin, dans la campagne genevoise. Où, précisément, je n’en sais rien et cela n’a aucune importance.

Un jeune homme s’en va à pieds prendre le bus qui le conduit au collège. C’est un grand gaillard de 19 ans, «deux mètres de gentillesse et de sensibilité», tient à me préciser sa grand-maman. On la croit sur parole!

Il marche d’un bon pas quand il voit, non loin de ses pieds, un bel escargot entreprendre la traversée périlleuse de la route, laissant derrière lui un mince filet de bave scintiller sur le bitume.

Le collégien le regarde se hâter lentement, tout en pressant le pas: il est en retard, comme toujours... Son bus arrive enfin, mais finalement, c’est plus fort que lui: il ne peut tout de même pas laisser ce pauvre gastéropode se faire écraser.

Au lieu de sauter dans le véhicule qui vient de s’arrêter, il retourne vite sur ses pas pour mettre l’escargot en lieu sûr, dans l’herbe toute proche.

C’est alors qu’arrive à toute allure une moto, indifférente à ce qui se trame en ces lieux. Sans même s’en rendre compte, elle roule sur la coquille et la bête téméraire. Crissement sous les pneus. Fin de l’escargot. Et grosse déception du garçon.

Non seulement il n’a pas réussi à sauver l’animal mais en plus, il a raté son bus. Difficile de justifier son arrivée tardive, sous peine de passer pour un doux rêveur. Ce qui n’est pas forcément très tendance…

Une morale peut-être, me glisse la grand-maman qui me conte cette histoire? «Ne remets jamais à plus tard les bienfaits que tu peux faire de suite». C’est noté!

D’ailleurs j’ai remis pas plus tard qu’hier la croix huguenote, reçue dans une petite enveloppe, à la dame qui s’était fait arracher la sienne dans la rue. Cette octogénaire au regard vif et malicieux en est ravie! Elle remercie de tout cœur la personne anonyme qui lui a fait ce beau présent. Promis, elle en prendra grand soin!

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11/09/2017

Le mystère s'épaissit...

Le mystère s’épaissit. Pourquoi faut-il donc que certaines cartes postales, expédiées de Londres ou d’Edimbourg, fassent un crochet par les Philippines avant d’arriver à Genève?

Après avoir relaté dans une encre bleue un cas que l’on aurait pu croire isolé, de nombreux lecteurs m’ont fait part d’une expérience similaire: un courrier qui met deux à trois mois pour parvenir à destination et qui porte le cachet de la poste des Philippines en lieu et place de celui du Royaume-Uni.

Bizarre autant qu’étrange!

M’est donc venue l’idée saugrenue d’en savoir plus sur le sujet en m’adressant à La Poste suisse. Pourrait-elle éclairer ma lanterne? Eh bien elle n’était pas même au courant du problème. Faut dire que ce n’est pas spécialement sa tasse de thé. Car son boulot, dans le cas qui nous préoccupe, c’est de se charger de ce qui arrive sur le territoire helvétique et de l’acheminer à bon port. Peu importe si les cartes proviennent de l’île de Skye ou de Manille.

Pour élucider ce mystère, La Poste suisse me conseille de m’adresser tout de go à son alter ego anglais. Mais si la réponse doit passer par le Sud-Est asiatique, ça va pas le faire! Notez qu’il y a d’autres moyens de communication plus rapides, que je ne vais pas tester pour autant.

Car j’avoue que le sujet dépasse mon champ d’action, avec ces nouvelles ramifications internationales: des personnes en France et en Belgique ont attendu trois mois également des cartes postales expédiées d’Angleterre par une Genevoise en vadrouille. Elles aussi ont fait un détour par les Philippines.

Y aurait-il un accord postal entre les administrations de ces pays que tout oppose? Ce serait étonnant.

Mais la mode étant à la délocalisation des services et des êtres, plus rien ne devrait nous surprendre. Quand des économies sont à faire, il n’y a plus de mystère…

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05/09/2017

La Farfouille d'Ali Baba

«Venez vous servir avant les 40 voleurs chez Ali Baba»!

L’invite a de quoi surprendre. Ecrite sur de petits papillons qui se distribuent ces jours dans le canton, elle annonce la réouverture de la Farfouille d’Ali Baba, l’ex-brocante de l’association Carrefour-Rue/La Coulou qui vient à la rescousse des laissés-pour-compte de chez nous.

Ce vaste bazar, empli de meubles et d’objets divers, va désormais ouvrir ses portes tous les mardis et vendredis après-midi.Dans ce lieu de deuxième main, il n’y a rien à voler. Tout est à prendre! Les intéressés font le tour du propriétaire, visent ce dont ils ont besoin et l’emportent, sans bourse délier.

Les clients de la brocante solidaire sont des personnes en situation de précarité qui ne peuvent pas, ou plus, s’offrir ce qui leur fait défaut. Tous les objets ici réunis proviennent de dons, personnels ou collectifs, adressés à cette association. J’ai appris à cette occasion qu’un autre service de ce type existe depuis peu pour les habits. C’est la "Friperie généreuse d’Aboudaby", au 154, route de Malagnou. Mêmes jours, mêmes heures, mêmes pratiques.

La fête d’inauguration de la Farfouille a donc lieu ce vendredi 8 septembre dès midi, avec Gégène à l’accordéon, une surprise tombée du ciel et un buffet. On s’y retrouve? C’est au 85 de la route de Saint-Julien, si jamais.

J’ai eu également droit à une sacrée surprise tombée de la poste, cachée dans une petite lettre. Elle contenait ces quelques mots: «Voici une croix huguenote à offrir à cette dame éplorée, bien cordialement.» Plus une signature, indéchiffrable, et l’objet en question, un beau bijou en or, tenu par un scotch transparent!

Un présent extraordinaire pour remplacer la croix huguenote accrochée à une chaîne qu’un voleur avait arrachée il y a peu, en pleine rue, à une dame âgée. Et un bien joli clin d’œil, en cette veille du Jeûne genevois!

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02/09/2017

Des arbres et un homme

Impossible d’avoir les mirettes partout pour voir ce qui se trame dans cette République de près de 500 000 âmes. Heureusement, je peux compter sur quelques yeux supplémentaires pour repérer ce qu’il y a de marquant.

Ainsi Hermann. Tel est son prénom. Un homme qui prend le temps de regarder autour de lui et de réfléchir sur le sens des choses. Il est à un âge où l’on se plaît à considérer la vie avec un certain recul: il compte déjà 92 printemps, c’est dire!

Hermann me signale ainsi que les deux jeunes platanes qui se trouvent depuis une dizaine d’années entre l’hôtel Cornavin et le Buffet de la Gare ont été coupés net. Ils sont sciés, finis. Sauf qu’ils font de la résistance!

Enfin, surtout un. Des pousses ont jailli du tronc à ras le bitume et forment aujourd’hui un superbe buisson qui semble défier le béton et l’agitation alentours. Jusqu’à quand?

Si le vieux monsieur apprécie les arbres, il aime encore plus les humains. Le voilà qui revient sur ce fait divers datant de mi-août, lorsqu’un bus articulé des TPG a mordu sur un trottoir au rond-point de Plainpalais, écrasant au passage la patte d’une chienne qui se tenait là avec son maître, présenté comme un SDF. Le sort du Malinois amputé a ému la population, mais pas celui de son jeune propriétaire.

Or lors de l’accident, il pleurait à chaudes larmes, me signale Hermann. Les TPG ont certes formé leurs vœux pour le jeune chien et l’homme qui l’accompagnait, ce qui est bien. Mais ils feraient mieux de lui proposer un petit job au sein de leur grande entreprise, pour qu’il s’en sorte dans la vie, n’est-ce pas?

«Moi, je parle avec mon cœur», me dit gentiment cet aîné. «Alors si l’on pouvait faire quelque chose pour ces arbres et ce jeune homme, ce serait vraiment bien!» Je transmets…

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31/08/2017

Cherchez la différence

Faut bien sourire non? me dit Jean-Pierre. Certes, sourions. Parce que le temps n’est pas franchement à la rigolade, en cette rentrée.

Sourions, mais à quoi? A la différence qu’il y a entre le PSG et le GLP… Ces sigles évoquent-ils quelque chose pour vous? Pas pour moi. Faut dire aussi que le ballon rond, c’est pas spécialement mon rayon. Et qu’il s’agit bien là d’une histoire de foot. Voilà voilà.

Quelle différence donc? Comme chacun le sait, le PSG vient de réaliser le transfert le plus important de l’histoire, en achetant le brésilien Neymar Jr au «Barça» FC Barcelone pour 222 millions d’euros. Un truc de malade, à mon avis.

Mais ce que l’on sait moins, me glisse Jean-Pierre, c’est qu’au même moment le GLP, autrement dit le football club Grand-Lancy Poste, a «acheté» les frères Fraguas, Florian et Johann, pour… deux timbres-poste.

Pas même à un franc l’affranchissement, faut-il le préciser. A 85 centimes seulement. C’est dire si nous ne jouons pas dans la même catégorie!

Les frères sont pourtant de bons joueurs amateurs: l’aîné est employé de banque, l’autre postier. Le ballon, c’est leur passion. C’est pourquoi ils ont retourné sans hésiter leur formulaire d’adhésion au club dans une enveloppe réponse affranchie préalablement par le GLP. Voilà pour le montant du transfert genevois…

Ainsi il n’y a vraiment rien de commun entre le PSG et le GLP. Sauf peut-être leur année de naissance. D’après ma source, le club français a été fondé en 1970, suite au changement de nom du Stade Saint-Germain en Paris Saint-Germain club. La même année où le GLP a vu le jour, à l’office postal des Palettes.

Et si le PSG n’est pas encore champion d’Europe de foot, le GLP l’est depuis 2012. Bon, à l’échelle de la coupe européenne de foot corporatif. Mais champion, tout de même! N’est-ce pas le plus important, pour des sportifs?

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29/08/2017

La croisière tombe à l'eau

La croisière de midi de la Compagnie générale de navigation est un régal: vous embarquez au Jardin anglais, ou aux Pâquis, vous mettez les pieds sous la table, mangez très bien dessus, tout en admirant le paysage. Puis vous retournez sur terre ferme dépaysé, rassasié et heureux, juste à temps pour reprendre le turbin. Enfin presque…

Caroline et Corinne ont toujours adoré ces virées à bord de ces vieux bateaux à roues. Jusqu’à cet été.

Ces fidèles usagères ont en effet organisé, pour la mi-août, une sortie en famille à bord du Savoie. Comme elles n’habitent pas au bout du lac, et pour simplifier l’embarquement avec leurs jeunes enfants, elles ont acheté leurs billets par Internet sur le site de la CGN. Une réservation simple, pratique, pour qui en a l’habitude.

Arrive le jour de la croisière. Suite à de nombreux imprévus sur la route, les membres de cette famille prennent du retard et ratent de très peu le départ du bateau. Se retrouver en rade alors que la croisière s’amuse, c’est pas drôle.

Mais la suite les déçoit plus encore. Les dames se rendent au guichet du Jardin anglais pour échanger les billets pour le lendemain. Impossible, leur dit-on. Ces tickets ont été achetés sur Internet, ils ne sont donc ni remboursables, ni échangeables. Fallait lire les conditions générales du contrat. Celles qui figurent en tout petit petit au milieu des lignes.

On leur fait la même réponse au téléphone, puis par retour de courrier. Or Caroline et Corinne auraient souhaité de la CGN un geste amical, voire commercial, ayant tout de même déboursé près de 400 francs pour cette croisière de midi!

Mais rien, aucun geste. Les clientes sont dans leur tort, point barre, et la compagnie les remercie d’avance de leur compréhension. Pas dit qu’elles en aient. Leur lettre est signée deux ex-fans des bateaux à roues du Léman…

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26/08/2017

La marée montante

Nous sommes à marée montante…

Le mouvement n’a rien à voir avec celui qui envahit naturellement les plages de l’Atlantique et d’autres mers lointaines, où certains veinards ont eu le bonheur cet été de tremper leurs orteils, voire plus encore.

La marée montante à laquelle nous assistons à Genève, c’est le flux de ces milliers de personnes qui rentrent à la toute dernière minute de vacances et qui reprennent possession des lieux, juste avant le grand jour.

La pleine mer est prévue lundi! Le fameux lundi de la rentrée des classes. Ou de la rentrée tout court.

Là, faudra naviguer à vue dans les flots de circulation, où les avis de tempête ne vont pas tarder. Normal, plus on est, plus ça fait de vagues…

Déjà les premiers signes se font sentir. Il y a plus de gens dans les rues, plus de trafic sur les routes, moins de places de stationnement, plus de monde dans les magasins, et de bousculade dans les trams. Pleine mer lundi, donc!

Avant d’y surnager, je prendrais bien encore une petite bouffée de vacances, pas vous? Avec un peu d’air iodé à la clé. Ou de farniente. De telles bouffées d’ailleurs nous parviennent parfois, par voie postale.

Anne a ainsi reçu, début août, une carte postale envoyée par une amie le 16 mai, depuis l’île de Skye. C’est loin l’Ecosse. C’est magique. Mais tout de même. Onze semaines pour voguer de l’océan jusqu’au bout du lac, c’est trop.

Quoique… En examinant attentivement l’envers de la missive, Anne découvre un tampon qui n’a rien à y faire. Celui de la poste des Philippines. C’est la meilleure! Ainsi ce joli bout de carton a fait un crochet par l’Asie du Sud-Est, histoire de prendre le soleil, au lieu de filer droit sur Genève.

Les voies de la Poste sont parfois impénétrables.

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24/08/2017

La colombe déboussolée

C’est une agression comme il doit s’en produire trop souvent dans les rues de notre belle ville. Elle ne fait pas les gros titres, elle ne cause pas de remous parce qu’il n’y a pas mort d’homme. Rien qu’un gros gâchis humain.

La dame dont il va être question ici est de nature joviale et bienveillante, à ce que l’on m’a dit. Elle enseigne l’anglais par amitié, rend service comme elle peut, car elle n’est plus toute jeune.

Cette aînée aux beaux cheveux blancs se déplace à l’aide de deux béquilles quand elle sort de la maison. Une proie idéale, pour des gens sans scrupule. Son sac se trouve sans doute en bandoulière, pour éviter de mauvaises surprises. Mais est-ce encore suffisant pour passer entre les gouttes?

Un jour en début d’après-midi, au centre-ville, sa route croise celle d’un homme costaud et bien mis. Il fait d’abord mine de l’aborder. Et puis soudain, il lui saute au cou.

Pas pour lui coller une bise, parce qu’elle lui fait penser à sa grand-mère chérie, non. Il lui saute au cou pour lui arracher sa chaîne en or, pourtant cachée sous son tricot, afin de ne pas attirer l’attention sur elle. Faut croire que le malfrat avait un œil de lynx.

En moins de deux, il lui arrache la chaîne où se trouve la croix huguenote qu’elle a hérité de son père. La croix des protestants, donc, sous laquelle pend une petite colombe. Le symbole du Saint-Esprit. De la paix aussi.

Tu parles d’une paix! En lui arrachant ce bijou de famille, à forte valeur sentimentale, le bandit ne lui a pas seulement volé un peu de son histoire. Il lui a aussi fait perdre son air débonnaire, sa confiance en elle et tous ses repères. Car depuis cette agression, la dame aux beaux cheveux blancs n’ose plus sortir de chez elle. Un vrai gâchis.

La police a gentiment pris note de son dépôt de plainte. Mais voilà. Le mal est fait. La colombe de la paix en est toute déboussolée.

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22/08/2017

Ces rails qui font tomber

Ainsi donc, neuf accidents de la route ont lieu chaque jour à Genève. C’est énorme quand on réalise que derrière ces statistiques, il y a des gens qui souffrent. Un peu, beaucoup, intensément, ou plus du tout.

Nous figurons ainsi dans le peloton de tête des cantons où ces malheurs surviennent le plus souvent par rapport au nombre d’habitants. Nous arrivons juste après Appenzell Rhodes-Extérieures et devant Nidwald. Joli trio.

Si je peine à comprendre pourquoi il y a tant de casse en Suisse profonde, le cas de Genève ne surprend guère: suffit de se glisser dans la circulation pour se rendre compte du comportement voyou ou irresponsable de nombreux usagers de la route.

Vous l’avez aussi testé? Chacun se croit seul au monde dans ou sur son véhicule, alors que le trafic est à son comble. Et que je te dépasse ou je te coupe la priorité sans regarder, et que je remonte la file à moto, et que je grille un feu, et que je zieute mon portable au volant, et que je m’énerve à en perdre les pédales, etc.

En plus de ces attitudes qui conduisent droit à l’accident, il y a la faute à pas de chance. Et puis aussi l’accident prévisible. Je pense aux rails de tram.

Ces maudits rails dans lesquels les roues de vélos n’en finissent pas de se coincer et qui font tomber les cyclistes. Ces bandes d’acier qui se transforment en savonnette à la première pluie et sur lesquelles les conducteurs de motos et de vélos risquent leur peau. Des rails plus traîtres encore que des lignes blanches…

Alors à quand des mesures pour mettre enfin les trams en site propre, histoire d’éviter ces fatales rencontres? Et si c’est trop compliqué, ces flux séparés, à quand la pose de ces dispositifs antichute sur les rails, testés en 2009 déjà, avec succès. Ça limiterait un peu la casse! Parce que neuf accidents chaque jour à Genève, ça fait vraiment trop mal.

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19/08/2017

Entrée bancale au parc

Que s’est-il passé au juste, ce jour de juillet, à l’entrée du parc des Eaux-Vives?</p><p id="U131061337839oiD" style="text-align:left;">Je parle de la grande entrée, donc. Celle qui donne accès à l’un des plus beaux sites de Genève et qui se trouve sur le quai Gustave Ador. Face au lac.

Elle est d’ailleurs si majestueuse, cette entrée, qu’elle comprend deux imposants portails surmontés d’ouvrages en ferronnerie du plus bel effet, entourés de deux lampes à l’ancienne qui reposent sur des colonnes en pierre. En temps normal, ça en jette.

Sauf que depuis ce funeste jour de juillet, justement, l’ensemble a bien triste allure. Il est tout bancal. Asymétrique. Avec des rubans rouge et blanc de chantier tendus pour barrer une ouverture latérale endommagée. Problème il y a bien eu.

Que s’est-il donc passé? Paraît que le chauffeur d’un camion-grue passant dans le coin a fait une manœuvre qualifiée de malencontreuse. Ce faisant, il a décapité le dessus du portail de gauche. Entraînant tout sur son passage. Moche…

Paraît aussi qu’il y a eu un sacré ballet de gardes municipaux et de badauds pour constater l’accident, et celui des entreprises pour évacuer les pièces endommagées. Depuis, rien ne semble vouloir bouger.

En coulisses toutefois, les spécialistes s’activent. Mais ça se hâte lentement. Ce genre d’ouvrage en ferronnerie n’étant pas en stock dans les réserves municipales, il faut le refaire. Comment, et par qui? Le dossier est actuellement entre les mains du service du patrimoine bâti de la ville.

Reste encore le problème du financement des travaux de rénovation. Car la plaisanterie va coûter plusieurs dizaines de milliers de francs au chauffeur du camion, ou plutôt à son assurance. Qui ne va pas aimer.

Le portail gauche du parc des Eaux-Vives est bien parti pour retrouver sa fière allure. Un jour que l’on espère prochain. En attendant, des oiseaux profitent de ce perchoir prestigieux. Mais ce ne sont pas des aigles…photo (2).JPGphoto (1).JPG

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17/08/2017

Le bruit et le bien

J’ai entendu cette citation l’autre jour à midi dans la bouche d’un ami. Depuis, elle reste obstinément crochée dans un coin de ma tête. La citation, donc. Faut dire que ses mots ont beau avoir été écrits il y a des plombes par François de Sales, ils sont d’une troublante actualité.

«Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit».

Bien vu, François! Bon, loin de moi l’envie de placer la réflexion suivante d’un point de vue théologique, l’auteur ayant été nommé, en son temps, évêque de Genève. Notez qu’il ne put pas même prendre possession de son siège au bout du lac, à cause de la Réforme. C’est dire si ça date…

Pas question non plus de me prosterner devant les mots de François de Sales, considéré comme le patron des journalistes et des écrivains. Je prends les choses telles qu’elles sont, vous me connaissez.

Le bruit ne fait pas de bien: ce n’est donc pas nouveau! Pour lutter contre ce fléau, Genève a mis de grandes oreilles sur la voie publique et mené des actions concrètes: bitume phonoabsorbant, murs antibruits, vitrages isolants, chuchoteurs aux bars, et j'en passe.

Restent les moteurs pétarandants, les marteaux-piqueurs, les sirènes hurlantes, la musique à fond, les avions sur Cointrin, etc...

Le bien, lui, ne fait pas de bruit, et cela depuis toujours. Qui parle de ceux qui aident au quotidien, ont des attentions, sourient aux inconnus dans la rue. Sans oublier le don du sang. Ou le don de soi. Voilà…

«Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit». Et c’est bien parti pour durer! 

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Le bruit et le bien

J’ai entendu cette citation l’autre jour à midi dans la bouche d’un ami. Depuis, elle reste obstinément crochée dans un coin de ma tête. La citation, donc. Faut dire que ses mots ont beau avoir été écrits il y a des plombes par François de Sales, ils sont d’une troublante actualité.

«Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit».

Bien vu, François! Bon, loin de moi l’envie de placer la réflexion suivante d’un point de vue théologique, l’auteur ayant été nommé, en son temps, évêque de Genève. Notez qu’il ne put pas même prendre possession de son siège au bout du lac, à cause de la Réforme. C’est dire si ça date…

Pas question non plus de me prosterner devant les mots de François de Sales, considéré comme le patron des journalistes et des écrivains. Je prends les choses telles qu’elles sont, vous me connaissez.

Le bruit ne fait pas de bien: ce n’est donc pas nouveau! Pour lutter contre ce fléau, Genève a mis de grandes oreilles sur la voie publique et mené des actions concrètes: bitume phonoabsorbant, murs antibruits, vitrages isolants, chuchoteurs aux bars, et j'en passe.

Restent les moteurs pétarandants, les marteaux-piqueurs, les sirènes hurlantes, la musique à fond, les avions sur Cointrin, etc...

Le bien, lui, ne fait pas de bruit, et cela depuis toujours. Qui parle de ceux qui aident au quotidien, ont des attentions, sourient aux inconnus dans la rue. Sans oublier le don du sang. Ou le don de soi. Voilà…

«Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit». Et c’est bien parti pour durer! 

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15/08/2017

Feuilles mortes à la pelle

C’est ainsi à Genève depuis la nuit des temps: chaque année, le premier bourgeon du marronnier officiel de la République annonce l’avènement du printemps. Un jeunot a beau lui faire concurrence sur la Treille, qu’importe, ça reste toujours un marronnier. L’honneur est sauf!

Or voilà que ces messagers du printemps se mettent aussi à signaler la venue de l’automne…

En plein été, ils sont les premiers à donner des signes de grosse fatigue. Ils semblent avoir trop chaud. Ou trop soif. Leurs feuilles se tachent, brunissent, sèchent et tombent avant l’heure. Et les sols sont tapissés de ces vieilles splendeurs.

Alors quoi? Est-ce la faute aux trois épisodes de canicule de l’été qui auraient mis nos marronniers à trop rude épreuve?

Même pas. Bon, ça n’a pas arrangé les choses, précise l’ingénieur forestier, à qui j’ai posé la question. Pour faire court, ces majestueux feuillus sont surtout victimes de deux ravageurs: un champignon et un papillon. Drôles d’attaquants! Les petites bêtes ne mangent pas les grosses, dit la sagesse populaire. Et pourtant…

Le champignon provoque la maladie des taches foliaires du marronnier (Guignardia aesculi) La guigne, quoi! A cause de lui, les feuilles prennent un coup de vieux et dévissent, en juillet déjà. Seule chose à faire, les ramasser et les éliminer.

Le papillon quant à lui a fait sa première sortie dans la région en 2003, lors de la grande canicule. Son nom? La mineuse du marronnier, ou cameraria ohridella. Une vraie teigne! Sa larve vide les feuilles de leur substance, les rend grisâtres, puis transparentes. Alors elles tombent et se ramassent à la pelle.

Des spécialistes à Genève tentent un traitement en injectant, dans les troncs affaiblis, un produit pour éliminer les larves. Affaire à suivre. Il semblerait aussi, mais ce n’est pas encore prouvé, que les mésanges bleues se nourrissent de ces larves et papillons. Sauvons donc les marronniers en installant, près d’eux, des nichoirs à mésanges bleues. On pourrait ainsi joindre l’utile à l’agréable!

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12/08/2017

Le clown de sortie

Le monde change à toute allure. Ce qui était valable hier ne l’est plus aujourd’hui. Question d’obsolescence programmée, de mœurs, de politique. Du passé faisons table rase! On connaît la musique, sauf qu’elle a changé, elle aussi. Faut alors faire preuve de grande souplesse pour survivre. Même si les articulations coincent…

Or, au milieu de tous ces bouleversements, il y a un truc qui ne bouge jamais d’un pouce. Un message d’une stabilité et d’une longévité remarquables. Une affiche donc. Celle du Cirque Knie!

Vous l’avez en mémoire? Elle montre un clown blanc sur fond rouge, vêtu comme un arlequin. Le drôle plie un genou. Un «knie», en langue allemande, d’où le clin d’œil amusé du clown.

Dessinée par Herbert Leupin, l’image s’expose dans chaque ville de Suisse pour signaler la venue de la famille régnante. Ceci depuis 1956. Autant dire une éternité! Mais on ne change pas une équipe qui gagne, pas vrai? Les Knie l’ont compris, et c’est tout bénéfice pour eux.

Eh bien l’affiche à l’efficacité redoutable vient de faire son apparition jeudi à Genève. C’est un signe qui ne trompe pas: en plus du cirque, il annonce aussi la rentrée scolaire. Une perspective qui ne surprend guère, vu la température ambiante…

Mais je ne vais pas plomber d’avantage cette fin de semaine avec ce genre de considérations. D’autant que le ciel genevois devrait nous réserver autre chose que de la pluie. Un ballet d’avions, par exemple. Et puis les grands feux d’artifice.

Le clown de sortie peut attendre encore quelques jours…

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