10/03/2017

Les tailleurs de saison

Vous les avez sans doute aperçus un jour ou l’autre dans les arbres de la ville, voire à leur pied. Ces grimpeurs, sauterellistes et ramasseurs œuvrent en nuées saisissantes, agiles et colorées et leur prestation collective, entre ballet aérien et spectacle de rue, tient souvent en haleine les spectateurs.

Depuis mi-novembre, 35 jardiniers de différents parcs publics genevois sont spécialement affectés à la taille de 1500 arbres. Une activité saisonnière qui touche bientôt à sa fin.

En quatre mois, les deux équipes de professionnels auront ainsi assuré la tonte de 900 platanes, 250 tilleuls, autant d’érables et 100 marronniers.

Mais pourquoi les tailler sans cesse, Monsieur le chef? Ne pourriez-vous pas laisser par exemple les platanes un peu tranquilles pour qu’ils s’épanouissent et retrouvent leur majesté naturelle?

Eh bien non, répond le chef. D’abord tous les arbres ne sont pas forcément élagués chaque année. Ensuite, il faut contenir les gabarits de ces essences vigoureuses. Surtout les platanes…

Ceux-ci ont d’ailleurs droit à la taille «en tête de chat», si chère à Genève. La tête du minou étant le moignon situé au bout des branches et ses moustaches les trois tire-sève qui lui sont laissées.

Si les jardiniers agissent de la sorte, ce n’est pas pour la beauté du végétal. Pour quelle raison, alors? C’est simple. Les immeubles cossus du bord des quais ayant depuis toujours un droit de vue sur le lac, ces arbres d’ornement ne doivent pas masquer l’eau de leurs grosses feuilles. D’où cette taille historique, reprise ensuite loin à la ronde.

Heureusement, le platane est résistant. Comme un arbre dans la ville…

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09/03/2017

La Mecque des autos

En matière de bouchons, les Genevois en connaissent un rayon.

Paraît que les automobilistes du bout du lac sont les grands champions suisses de l’embouteillage. Sur route… Selon les données de 2016, ils ont été bloqués en moyenne 38 minutes par jour dans la circulation, soit 146 heures durant l’année écoulée.

C’est beaucoup, ou je me trompe?

Les Zurichois, pour une fois, arrivent derrière nous dans le classement des pires bouchons dans le monde, avec 33 minutes de retenue, représentant 127 heures accumulées en une année.

J’ai pas vraiment compris la méthode utilisée pour parvenir à ces résultats basés sur les données GPS des navigateurs. Mais ils sont bien pratiques pour estimer le temps perdu au volant. En temps normal.

Car aujourd’hui, on entre dans l’exceptionnel: Genève devient la Mecque des amateurs d’automobiles! C’est pas moi qui l’affirme, mais le TCS.

D’où cette légitime interrogation: sachant que les conducteurs de voiture sont déjà bloqués 38 minutes par jour dans les bouchons genevois, à combien vont se monter les temps d’attente en ces jours de grand pèlerinage à Palexpo?

Mais t’y comprends rien, Julie: 38 minutes, c’est une moyenne qui tient compte des bouchons du Salon de l’auto. Des clous…

Depuis le début de la semaine, la circulation est déjà devenue difficile, même en deux roues. Alors à quatre roues, bonjour les dégâts!

Donc «GE-PATIENTE», comme dit la campagne incitant au respect au volant. Et avec le sourire, bien sûr!

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08/03/2017

Côté femmes

C’est donc aujourd’hui la Journée internationale des droits de la femme.

Comme chaque année, nous aurons droit à plein de belles considérations sur celle qui est l’avenir de l’homme. Même si, dans un nombre incalculable de pays, cet avenir-là n’a pas voix au chapitre. Contentons-nous alors de parler d’ici, où ça ne va pas trop mal…

Notez qu’il y a encore bien à faire pour obtenir ce à quoi, nous autres femmes, aspirons depuis des plombes. Pour éviter également toute marche arrière et autres récupérations commerciales, comme le font ces magasins qui profitent de la Journée de la femme pour nous bassiner avec une crème antirides ou une cure de jouvence. Bonjour les clichés!

Dans ce XXIe siècle où tout devrait être enfin acquis, trop de filles et de femmes souffrent de harcèlement de rue, de violences verbales et physiques, d'injustices sociales.

A travail égal, la plupart d’entre elles n’ont toujours pas de salaire égal. Et ça commence à bien faire, depuis vingt ans que la plaisanterie dure…

Alors à 15 h 40, comme tant d’autres employées, j’arrêterai le boulot. Pour faire remarquer à mon patron qu’à partir de cette heure précise, je lui offre mon travail, tandis que mes collègues masculins continuent à être payés, eux. Si je ne peux pas le faire symboliquement aujourd’hui, à quoi bon une telle journée?

Et puis, tant qu’à faire, pourquoi ne pas me rendre à la zone piétonne du Mont-Blanc, à 17 h 30, pour discuter du fait du jour? Il est question de l’élévation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans…

On se pince!

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07/03/2017

Carnaval, où es-tu?

Tout est question de tradition, et les dates de ces réjouissances ne tombent jamais du ciel. Enfin presque.

Le Carnaval de Lucerne commence chaque jeudi gras. Cette année, c’est chose faite depuis près d’un mois et ses Guggenmusik, comme ses habitants, s’en remettent tranquillement.

Les Brandons de Payerne boutent le feu à la cité broyarde 40 jours avant Pâques, et cela depuis plus de cent ans. Les festivités se sont achevées hier soir par la tournée des Chineuses dans les bistrots de la ville. Ambiance assurée!

Le Carnaval de Bâle débute quant à lui chaque lundi suivant le mercredi des Cendres. Le célèbre Morgenstreich, c’était donc hier, à 4 heures du matin. Les cliques de fifres et tambours, avec leurs lanternes, ont ainsi lancé 72 heures de fête populaire. Ces trois jours sont, dit-on, les plus beaux de la vie bâloise.

Et Genève dans tout ça? Eh bien, elle est à la traîne. La fièvre carnavalesque peine à prendre au bout du lac. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Faut croire que les Genevois ont d’autres occasions de se lâcher.

Il est toutefois un petit Carnaval qui résiste, celui des Bains des Pâquis. Il a lieu selon un calendrier propre à ses organisateurs, et sa 6e édition est prévue le samedi 11 mars.

Après un départ en cortège de la place de la Navigation, l’arrivée sur la jetée se fera vers 16 h. Diverses manifestations suivront jusqu’à la nuit, défilé costumé sur le thème «récupération et recyclage», musique, bal et feu d’artifice. Plus un plouf dans un jacuzzi géant chauffé au feu de bois.

Car on se mouille, aux Pâquis, pour le Carnaval!

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04/03/2017

Le sac à chocolat

Il ne s’est pas volatilisé, ce sac Eastpak! Pourtant, il est introuvable, ce qui rend son jeune propriétaire inconsolable.

D’où cet appel lancé par Helena et que je relaie ici, une fois n’est pas coutume. Cette dame a reçu dimanche dernier un groupe d’élèves d’une école secondaire de sa ville d’origine de Peñafiel, au Portugal.

Ces jeunes sont venus passer quatre jours dans notre cité dans le cadre de leur voyage d’études. La Genevoise d’adoption leur a fait visiter tout ce qui est de nature à intéresser ces garçons et filles, le CERN, quelques musées, la vieille ville et autres lieux touristiques.

Les étudiants ont été ravis de ce qu’ils ont vu et vécu au bout du lac. Toute bonne chose ayant une fin, ces jeunes Portugais ont pris le chemin du retour mercredi en fin d’après-midi.

En arrivant à l’aéroport, un élève s’est rendu compte qu’il avait oublié son sac à dos dans le bus 10. Avec, à l’intérieur, une écharpe noire, un téléphone et des chocolats qu’il avait achetés pour ses grands-parents. Avec ses petits sous. Oui je sais, cela va vous faire fondre…

Pour le retrouver, Helena a contacté le service ad hoc des TPG, le bureau des objets trouvés et lancé des appels sur Facebook. Mais rien. Toujours rien.

Est-ce que la Julie fera mieux? A voir! A l’heure où les réseaux sociaux font la pluie et le beau temps, ça me ravirait de pouvoir remettre la main sur ce sac à dos et son contenant grâce à ce billet!

A défaut de retrouver l’original, on pourrait aussi remettre à Helena quelques chocolats à envoyer au garçon de Peñafiel, en souvenir de son voyage d’études en terres genevoises…

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Post tenebras lux

Post tenebras lux, telle est la devise de notre bonne vieille République.

Après les ténèbres la lumière, donc. Eh bien on aimerait la voir un peu plus souvent allumée…

Alors que la Ville de Genève s’offre régulièrement un festival de lumières au tournant de l’année, alors qu’elle soigne les éclairages sur les quais ou sur différents bâtiments publics d’importance, elle laisse dans un état second un lieu qui pourtant grouille de vie.

Je pense au passage de Montbrillant, situé entre l’Hôtel Cornavin et la gare.

Un espace glauque où se croisent et s’évitent, dans l’improvisation totale, les trams et les bus avec leurs mouvements de passagers, les vélos et les piétons qui zigzaguent au milieu, le tout baignant dans un éclairage désespérant.

Ce sombre passage sous voies voit défiler chaque jour des milliers de personnes qui méritent mieux que ça. Pas seulement pour leur confort visuel, mais aussi pour leur sécurité.

Alors? Paraît que ça va changer!

J’ai appris qu’une demande de crédit allait être déposée sous peu au Conseil municipal pour refaire l’éclairage des lieux. Le projet de John Armleder est d’ailleurs visible jusqu’au 12 mars dans l’exposition «art & tram», au pont de la Machine. S’il se réalise, le passage en question deviendra presque solaire avec sa peinture dorée et ses anneaux de néons. Gare aux yeux!

En parallèle, des études sont lancées pour améliorer la fluidité de la circulation. En agrandissant notamment les trottoirs, ce qui ne serait pas un luxe.

Mais attention, nous sommes tout de même à Genève: ne pas se réjouir trop vite! Compter au moins une année, et encore, avant que la lumière soit…

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03/03/2017

Une soupe de plastique

Le «7e continent de plastique» a été découvert dans le Pacifique Nord par un navigateur et océanographe américain, il y a déjà vingt ans.

Depuis, il s’en est découvert de nouveaux et de plus sournois un peu partout sur les mers. Ces vastes étendues polluées sont aussi appelées gyres de déchets, vortex d’ordures, voire soupes de plastique.

Cette perspective vous met-elle en appétit? Les ingrédients de cette soupe océane sont faits de milliards de confettis de plastique et de déchets épars et colorés, résidus de tout ce qui termine sa carrière au jus… Miam!

Depuis vingt ans, les scientifiques alertent gouvernements et consommateurs pour limiter l’usage monstrueux de cette matière synthétique. Avec des résultats plus que mitigés.

Alors quoi, faut-il baisser les bras, devant l’étendue des dégâts?

On peut déjà agir à son petit niveau, en favorisant l’achat de produits sans ce type d’emballage, en réutilisant ses cabas en papier, ou que sais-je.

Les grands distributeurs Migros et Coop viennent de réduire l’usage des sacs en plastique à usage unique. C’est un bon point. Birgitta en propose un autre, qui n’a pas forcément la bénédiction de tous les gérants de magasins, mais qui se pratique dans certains supermarchés.

Pour économiser les sachets transparents au rayon fruits et légumes, il faut peser les produits séparément, puis les placer dans un seul contenant et coller les étiquettes dessus.

Ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, me direz-vous. Mais c’est toujours mieux qu’un continent! 

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02/03/2017

La libération des lieux

Les établissements médicaux sociaux sont des entreprises comme les autres, soumises à la dure réalité des chiffres…

Dans un récent courrier adressé aux résidents de la maison de Vessy et à leurs proches, la direction donne les tarifs des prestations pour 2017. Tarifs correspondant, grosso modo, à ceux pratiqués dans d’autres institutions.

Une nouvelle disposition choque les non initiés. «Lors du décès», est-il écrit, «vous disposez de trois jours pour libérer la chambre.» Trois jours! C’est très court. Et drôlement brutal.

Notez à l’inverse, lorsqu’une place se libère dans n’importe quel EMS, les intéressés disposent du même laps de temps pour se décider et emménager, sans quoi la chambre proposée leur passe sous le nez.

A Vessy, on prévoit ainsi une bonne semaine pour assurer la libération d’une chambre, son nettoyage à fond, sa réfection, et l’arrivée d’une nouvelle personne.

Pourquoi tant de hâte? Parce que les places sont chères à tous points de vue!

La plupart des résidents étant au bénéfice de prestations complémentaires, celles-ci s’arrêtent, comme toutes les autres rentes d’ailleurs, le jour de leur décès. Sachant le prix que coûte un EMS, il est donc de l’intérêt de tous que la chambre se libère rapidement. D’autant que les listes d’attente pour en obtenir une sont longues.

Pour permettre aux proches de faire leur deuil sans stress inutile, la maison de Vessy peut assurer le déménagement de la chambre, moyennant un forfait de cent francs, et garder les affaires en dépôt gratuitement, trois mois durant.

La pilule passe mieux ainsi. Autrement, elle était un peu dure à avaler.

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01/03/2017

Pollutions sonores

Pitié, qu’on fasse taire tous ces parleurs compulsifs qui nous prennent la tête, alors qu’on ne leur a rien demandé!

Il n’est bientôt plus un lieu public où la vie privée de parfaits inconnus ne se déverse à flot continu dans nos pauvres esgourdes. Comment s’en protéger, sinon en les bouchant à longueur de journée. A l’usage, c’est peu pratique…

On a déjà tout entendu dans les transports publics, du côté des conversations téléphoniques à voix unique: la liste des commissions à faire, l’avancée de la chimiothérapie de la cousine, le rendez-vous raté, les déboires bancaires du mari, les conflits au boulot, la description du nouveau chéri et j’en oublie. Rien ne nous est épargné.

Et lorsqu’on se planque au bistrot pour avaler tranquille un petit café, une autre menace nous guette désormais: des clients y installent leur bureau pour faire leurs consultations à distance face à leur ordinateur, l’oreillette en coin.

Pratique pour eux: ça leur évite la location d’un pied à terre professionnel. Mais bonjour la confidentialité des échanges. L’autre jour, une thérapeute très volubile déversait ses bons conseils de vie à une patiente invisible. J’ai pas tout compris, mais je n’ai pas payé la séance. Au secours…

Comme si cela n’était pas assez, il y a encore ce magasin d’électroménager de la place adepte de la transparence totale. Un gérant remontait ainsi les bretelles à un jeune employé en rédigeant son rapport de stage quasi sous le nez d’une cliente. Vous n’êtes pas assez ci, trop ça. Et puis vous devez être plus souriant avec la clientèle.

Mais la clientèle veut surtout la paix des ménages! Ou la paix tout court…

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28/02/2017

L'éveil aux oiseaux

Ces derniers matins, le réveil a changé.

Il y a désormais quelque chose de gai et de vibrant dans l’air. D’un peu effronté aussi, tant ça fuse librement sous nos fenêtres.

Ah, le chant des oiseaux… Ces vocalises qui résonnent dès potron-minet nous donnent souvent de l’allant. Autant s’en régaler!

Les meilleurs chanteurs se classent parmi les passereaux. Ils se manifestent cette année avec une bonne semaine d’avance, assure Patrick Jacot, du centre ornithologique de Genthod.

Le premier à se faire entendre dans le concert des brumes matinales est le rouge-gorge, que les oreilles averties reconnaissent à sa suite de notes hautes sifflées et roulées. Ce petit rondouillard est rejoint par le merle noir, l’une des plus belles voix qui soit, avec ses roulades et ses vocalises très affirmées.

Dans cette chorale printanière se distinguent les sons de la mésange charbonnière et la mésange bleue, qui zinzinulent, tandis que le pouillot véloce scande son «tchif tchaf» qui lui vaut son surnom de «compteur d’écus». La ritournelle du pinson des arbres a déjà été entendue dans les airs genevois, ce qui est précoce pour la saison. Suivra sous peu le léger roucoulement des tourterelles turques.

Ce grand chœur aérien sera bientôt complété par les voix des oiseaux migrateurs. Ces derniers sont en route. Un milan noir a d’ailleurs été vu au-dessus du canton. Mais on n’a pas entendu son cri. Faut-il le regretter? On parle à son sujet de sifflement tremblé, voire de trémolos gémissants… Il est vrai que c’est un rapace!

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27/02/2017

Un coup de sonnette

Elle était obligatoire. Elle ne l’est plus.

Enfin, un règlement en moins, diront certains usagers de la route, soulagés par cette perspective.

D’autres se demanderont pourquoi la bonne vieille sonnette, accrochée au guidon de la bicyclette, est soudain jugée inutile et dépassée.

Parce que c’est pas pour dire, mais elle n’a pas été inventée pour rien…

Dring-dring-dring! Les piétons sont avertis: un vélo arrive, autant faire gaffe et s’écarter. Simple, utile, pratique. Quelques coups de sonnette suffisent pour que le message passe dans toutes les langues.

Grâce à elle, les cyclistes n’ont pas besoin de s’époumoner pour signaler leur présence lorsqu’ils jugent bon de le faire. Et les passants ne risquent pas le sursaut désagréable lorsqu’ils se font frôler par un deux-roues silencieux. Dring-dring-dring, le tour est joué!

Mais voilà: depuis le 15 janvier 2017, cet instrument de percussion mignon comme tout ne fait plus partie de l’équipement obligatoire des vélos. Comme la selle, d’ailleurs, mais c’est encore une autre histoire…

Cette mesure ne veut pas dire pour autant qu’il est interdit d’avoir une sonnette. Ouf! Simplement les cyclistes ne risqueront plus une amende de 20 francs si elle ne fonctionne plus ou si elle a été piquée. Ce qui est fréquent.

Car la législation ne semble pas savoir que ce petit carillon est devenu un objet de décoration fort prisé: les magasins spécialisés regorgent de modèles à pois, à cœurs, à fleurs, et à plein d’autres motifs délirants qui donnent de l’allure à sa petite reine.

Dring-dring-dring, je vais persister!

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25/02/2017

Un rempart de paille

C’est une histoire qui fleure encore bon le terroir genevois.

Elle a pour cadre la verte campagne, située entre Troinex et Veyrier et que domine le Salève dans toute sa majesté.

Sur la route de Marsillon reliant ces communes se trouve une maisonnette, légèrement en retrait. Elle abrite un poste de transformation électrique des Services industriels genevois.

Les usagers de la route repèrent de loin cette construction. Faut dire qu’elle est assez haute en couleur: ses quatre côtés ont été peints, au tournant du siècle, par les artistes du collectif «Art mur».

Ils y ont réalisé diverses fresques paysannes et bucoliques. Ainsi qu’une adaptation libre du célèbre tableau de Ferdinand Hodler montrant un bûcheron, levant haut sa hache pour abattre des arbres.

Eh bien on ne voit plus grand-chose de la scène!

Car un supermarché français, installé à Gaillard, a apposé sur la moitié gauche de la peinture une immense réclame. Avec l’autorisation des SIG, puisqu’un contrat existe bel et bien pour l’usage du mur à des fins publicitaires.

Bien qu’autorisée, l’intervention a déplu. Un homme de la terre est donc passé à l’action: il a déposé juste devant la réclame un gros tas de fumier, à ce que l’on m’a dit. Une façon comme une autre de dire que la chose l’emmerde au plus haut point.

Vérifications faites, ce n’est que de la paille. Des bottes de paille empilées les unes sur les autres. Mais quelque soit la matière déposée, elle fait désormais rempart contre la publicité!

Voilà une manifestation citoyenne et pacifique qui fleure bon la campagne!

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24/02/2017

Cueillette de souvenirs

A l’ère des réseaux sociaux, il est une dame qui mène encore l’enquête, à l’ancienne, pour pêcher des souvenirs. Une démarche peu banale.

Car cette personne âgée, qui vit à Fribourg, a écrit à la main une lettre à des centaines d’habitants de la Jonction! Ceci pour récolter des témoignages sur une amie religieuse qui a vécu longtemps dans ce quartier et qui est aujourd’hui décédée.

C’est un destinataire de cet étrange courrier qui me l’a fait parvenir. Son contenu est très touchant: la dame demande à ceux qui ont peut-être fréquenté la religieuse de lui confier ce qu’ils se remémorent d’elle, «étant donné que chaque personne qui l’a connue a sa petite pierre unique à apporter…»

Et dans quel but, tout ça? «…pour enrichir ma cueillette de souvenirs qui me sont très chers et très précieux.»

J’ai téléphoné à l’expéditrice pour en savoir plus. Cette dame, fort discrète, me dit qu’elle avait simplement envie d’entendre de belles anecdotes sur son amie. Alors elle s’est débrouillée pour les apprendre.

Elle a relevé systématiquement les noms francophones et germanophones des habitants de certaines rues de la Jonction, dont celles des Deux-Ponts, du Vélodrome et des Plantaporrêts.

Ça fait combien de destinataires? Oh, je ne sais pas, dit-elle dans un petit rire. Deux à trois cents personnes… (!)

Elle a mené sa quête, tranquillement. Mais en se donnant les moyens: chaque lettre expédiée contient aussi une enveloppe réponse pré-affranchie, où elle a écrit son adresse à Fribourg.

La pêche a été bonne? Oh oui. Elle a reçu plusieurs réponses positives. Et ces jolis souvenirs lui font chaud au cœur!

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23/02/2017

Traces de passage

Certains tapis sont plus beaux que d’autres, vous en conviendrez. Un frais gazon parsemé de fleurs ravit les sens tandis que les fientes de pigeons qui s’incrustent sur les trottoirs débectent.

C’est le problème, avec les pigeons. Leurs déjections font souvent des tirs groupés quelques mètres en dessous de leur nid ou de leur garde-manger.

Alors ça s’accumule sur les sols, ça forme de petits reliefs où viennent s’abîmer d’autres déchets poussés par le vent. Et ça peut devenir désolant.

Devant ce spectacle, des citadins perdent patience et s’adressent à leurs autorités. Mais que fait la voirie?

Elle fait ce qu’elle peut! Dans sa réponse à une habitante courroucée de Plainpalais, le service Voirie-Ville propre dit s’atteler au lavage des rues et trottoirs «aussi souvent que possible.» Mais en hiver, est-il précisé, les lavages sont plus rares. Pour éviter la création de verglas. Vivement le printemps!

Reste que ce n’est pas uniquement à la voirie de faire disparaître les traces de passage des pigeons: les concierges sont chargés de nettoyer les alentours proches de l’entrée de l’immeuble donnant sur le domaine public.

De plus, si l’immeuble est entièrement situé sur une parcelle privée, ce nettoyage incombe au propriétaire, et donc au concierge. La voirie se chargeant uniquement de la poutze du domaine public. Qui est considérable.

Mais allez savoir où se situent ces limites…

Pour éviter d’avoir à récurer tous ces tapis de fiente, il faudrait déjà veiller à ne pas laisser s’installer ces roucoulants volatiles dans les immeubles. Ce serait tout ça de gagné!

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22/02/2017

Le gorrh, encore...

Les Puces sont sens dessus dessous. Depuis quelques jours, les marchands de Plainpalais installent leur stand vers le centre de la plaine et non plus sur ses allées périphériques.

Place aux travaux. A la réalisation de la dernière étape du réaménagement des lieux. L’axe dit des Champs-Elysées, prisé des puciers, des vendeurs de produits frais et des chalands est ainsi caché par les palissades de chantier.

Le commerce se fait désormais à même le gorrh du beaujolais. Une matière rouge qui apporte une lumière chaude et sensuelle dans notre ville un poil austère. C’est pas moi qui le dis, mais celui qui a choisi ce revêtement…

Ça me rappelle les vacances à la mer. Non pas son côté farniente, bains et soleil. Plutôt retour de plage. Avec ce satané sable qui se glisse n’importe où dans nos affaires. On croit s’en être libéré en fin de séjour mais il réapparaît toujours, plus crissant que jamais.

Eh bien c’est pareil avec le gorrh de Plainpalais. Les puciers qui posent leurs cartons, étals ou couvertures dessus ne parviennent plus à s’en débarrasser. C’est plus fort que tout, le granit concassé!

Lorsque le temps est sec et qu’il y a du passage, la poussière rougeâtre se pose partout. Et ça peut faire tache. Quand c’est humide, le revêtement conduit le froid. Pire, il colle sous les souliers des marchands et des passants qui se risquent encore là.

Prévoir un bon paillasson devant chez soi pour limiter toute importation frauduleuse de matière rouge.

Le gorrh, il peut être beau, chaleureux et sensuel. Vu de loin. De près, il est plutôt casse-pieds.

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21/02/2017

Graines délicieuses

Il suffit d’un peu de soleil et de redoux pour que ça les démange grave…

Car c’est ainsi: le printemps n’a pas encore pointé son nez que déjà les amateurs de jardinage sont prêts à mettre les mains dans la terre, à planter, arroser et dorloter un végétal de compagnie.

On sent la sève qui monte…

Même les citadins s’y mettent, eux qui pratiquent l’horticulture selon leurs possibilités, au pied d’un immeuble, sur un balcon ou le rebord d’une fenêtre. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un vrai jardin à disposition…

Pour venir en aide à ces cultivateurs urbains, différentes associations de Saint-Jean, dont les Jardins des Délices. viennent de créer une grainothèque, intitulée 1203 Graines. Le chiffre étant le code postal du quartier.

Et c’est quoi, une grainothèque? C’est une simple boîte où tout le monde peut venir déposer, prendre ou échanger des graines qui feront bientôt de beaux fruits ou légumes. Voire des brassées de fleurs.

Le principe de ce dispositif est de mettre à disposition des intéressés des semences locales, bio et gratuites. Ceci pour faire découvrir des variétés qui ne sont pas commercialisées et qui sont adaptées au territoire genevois.

La première grainothèque de Genève sera accessible au public à la bibliothèque de Saint-Jean pendant ses heures d’ouverture, ceci dès le 1er mars, jour de son inauguration.

On y trouvera également des conseils et informations pour savoir comment s’y prendre pour que la graine donne. Car c’est bien le but du jeu. Vivement que ça pousse!

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20/02/2017

Pattes tendues

Depuis toujours, le chien est le meilleur ami de l’homme.

Alors quand un chien et un humain font équipe pour aller réconforter des êtres qui en ont besoin, ça fait du bien partout où ils passent.

Ces duos fort appréciés effectuent des visites gratuites en milieux hospitaliers. Ils se rendent auprès d’enfants et d’adultes autistes ou polyhandicapés, des personnes âgées ou en fin de vie. Tous font partie de la bien nommée association «Pattes tendues».

Ces chiens et leur maître ont reçu une formation spécifique pour être en mesure de remplir cette mission sensible. Oui mais voilà, au fil du temps, des équipes se séparent ou fatiguent. Il faut alors en trouver de nouvelles.

D’où cet appel: «Pattes tendues» a un besoin urgent de bénévoles avec leur compagnon à quatre pattes pour compléter les douze équipes qui tournent actuellement à Genève.

Et ce n’est pas simple de trouver un humain et son chien capables de se mettre ainsi au service des autres. Car il faut pour cela réussir un test d’aptitude dont les critères sont les suivants.

Le chien peut être de n’importe quelle race et taille. Mais il doit avoir au moins 2 ans, être obéissant, calme, ne pas avoir peur du bruit et accepter se faire brosser et caresser partout.

Le maître ne doit pas entretenir de relation fusionnelle avec son animal et être prêt à consacrer du temps pour assurer des visites régulières.

Enfin, les équipes retenues après ce test s’engagent à suivre un cours de formation de six jours. Et voilà!

Alors, intéressés? Pour tout contact: mcpattestendues@gmail.com. Renseigments sur www.pattestendues.org

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18/02/2017

Agression sauvage

La police confirme. Une agression, le vendredi 10 février à la sortie du bus 23. A l’arrêt Palettes, vers 15 h. Le jeune homme agressé par un individu a été emmené en ambulance à la permanence pour faire soigner ses blessures. Pour l’instant, pas d’interpellation.

Voilà ce que dit le rapport laconique de la police. Qui en a vu d’autres.

La réalité est plus cruelle: un garçon de 19 ans sera marqué à jamais par ce déferlement de violence gratuite et incompréhensible. Sa famille aussi.

Ce vendredi-là, le jeune homme se trouve dans le bus 23 entre Cointrin et Lancy. Il n’a pas les yeux sur son écran, comme presque tous les passagers, mais regarde le paysage par la fenêtre.

Il n’aurait peut-être pas dû. Car un individu basané, un peu plus âgé que lui, l’interpelle alors rudement. «Pourquoi tu me regardes?»

Sa future victime lui répond qu’il n’en est rien. «Je regarde juste dehors.» Pour ne pas risquer d’ennuis, le garçon se détourne pour voir ailleurs ce qui se passe. Puis il descend du bus, à l’arrêt Palettes. Suivi, hélas, par celui qui cherche la bagarre.

L’agresseur jette violemment à terre celui dont la tête ne lui revient pas et lui balance des coups de pied sur le crâne. Ailleurs également. Il s’acharne sur lui.

L’arrivée inespérée de deux dames le fera quitter les lieux en vitesse. Merci à elles, à leur présence bienveillante, aux mouchoirs qu’elles ont sortis, à la police qu’elles ont appelée en renfort.

La suite? L’ambulance, la permanence, puis l’hôpital: de nombreux points de souture au visage, derrière, sur, dans l’oreille. Et mal partout!

Plainte a été donc déposée. Pour l’heure, l’agresseur court toujours et la victime panse ses plaies. Pendant combien de temps encore?

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17/02/2017

Le plat de résistance

«La guerre du papet est déclarée.»

Fichtre! Quelle nouvelle…

On sait que les manchettes des journaux sont faites pour nous allécher. Mais là, cette annonce de la concurrence orange m’en a bouché un coin.

La guerre du papet! On se pince.

S’il y a bien une matière qui ne se prête guère à la guerre, c’est elle. Car cette mixture de poireaux et de patates bien cuites n’a franchement rien de belliqueux, avec sa consistance tendre, son aspect placide et sa douce couleur verte. Et puis elle se laisse avaler sans livrer combat.

Le papet pourrait être «…cette pâte un peu molle mais qui avait du goût…», décrite en son temps par le chansonnier Jean Villard-Gilles. Mais il parlait des Vaudois!

C’est dire si ce plat de résistance est authentiquement du Pays de Vaud. Il se déguste, bien sûr, avec une saucisse aux choux. Serait-ce avec la charcuterie qu’il faudrait alors batailler?

Pour en avoir le cœur net, j’ai fini par lire l’article sur la guerre des papets. Pour découvrir que cette joute ne concerne finalement que les recettes de ce plat proposées en ligne par les enseignes Migros et Coop.

Après lecture des deux modes de cuisson proposées, ma conviction est toute faite. Je ne vais pas consulter ma tablette pour savoir comment procéder. De toute façon, le meilleur papet, c’est celui de ma mère!

Et je ne dirai rien de sa formule magique pour réussir ce plat, si elle le fait avec ou sans filet de vinaigre, motte de beurre, cuillère de farine ou rasade de crème. A moins que ce ne soit du lait?

Secret de famille…

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16/02/2017

Le repos éternel

Notre panthéon genevois se trouve à deux pas de la Julie. Ceci explique sans doute pourquoi nous y sommes si souvent fourrés: le cimetière des Rois est l’endroit le plus reposant qui soit pour les stressés de notre genre. Il permet de tout relativiser…

Ce charmant parc abrite les tombes de personnalités qui ont vécu dans la République. Je vais volontiers leur dire bonjour, écouter les oiseaux qui leur tiennent compagnie dans les arbres et voir ce qui s’y passe. Car ce cimetière grouille de vie!

Les Rois ont accueilli ces derniers mois les sculptures et installations de seize artistes actuels. La manifestation a attiré bon nombre d’amateurs d’art et de curieux qui ont déambulé entre les tombes. Après avoir joué les prolongations hivernales, l’exposition Open end s’est achevée et toutes les œuvres ont été retirées du cimetière.

Toutes, sauf trois. Vont-elles s’éterniser là? C’est selon!

L’artiste Sophie Calle dispose d’une concession de vingt ans pour la pierre tombale incitant les visiteurs lui confier leur secret. Vive les confessions des promeneurs solitaires!

La pierre tombale signée Gianni Motti et dont l’épitaphe interpelle tant les visiteurs (je vous avais dit que je n’allais pas très bien) pourrait rester à demeure. Une demande est en cours au Conseil administratif de Genève.

Quant au banc vert en forme de point d’interrogation de Claudio Collucci, il attend d’être démonté par son auteur. Mais qu’il ne se presse pas trop: son banc est un repaire pour les amoureux.

Et les Rois ferment les yeux…

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