02/08/2017

Toujours fidèles au poste

On est rarement surpris en rentrant chez soi, au bout du lac, après quelques jours passés au loin. Elles sont toujours bien là, fidèles au poste. Je parle de nos chères genevoiseries… Celles qui pimentent la vie de la République, qui font beaucoup de bruit, de remue-ménage et de dégâts pour rien. Ou si peu.

Ainsi l’ancien chef des opérations de la police, sanctionné par l’administration suite à une manif houleuse, pourra réintégrer la grande maison après avoir été blanchi par la justice genevoise. Une institution qui vient d’être par ailleurs désavouée cet été sur deux grosses affaires par le Tribunal fédéral. Lequel n’a pas encore été saisi pour régler le différent opposant les forains aux autorités dans l’organisation des Fêtes de Genève…

A quoi s’ajoute encore la énième étude lancée pour la traversée de la rade et la polémique, qui n’en est pas vraiment une, concernant la Fête du 1er août organisée au parc La Grange unissant Suisse et Bénin. On ne s’en lasse pas, de ces genevoiseries. Quoique…

A propos de 1er août, un lecteur m’a fait part de sa surprise, pour de pas dire de son mécontentement, au sujet d’un brunch organisé dans une ferme de la campagne genevoise.

En allant ainsi déjeuner au vert, le citadin avait la certitude de consommer des produits locaux. Ce qui était le cas avec les différents pains proposés, les confitures et les gâteaux faits maison, le miel fourni par des abeilles butinant dans le coin. Un vrai régal.

Mais il s’est étranglé devant les pommes à croquer sur place. Elles avaient encore leur étiquette d’origine collée à la peau. Et d’où venaient-elles, je vous le demande? De Nouvelle-Zélande. On se pince!

S’il n’y a pas de pommes des vergers d’Arare ou de Versoix à manger en cette saison, autant s’en passer, non? Pourquoi faire traverser la moitié de la terre à ces fruits, alors que l’on chante en ces lieux les louanges de Genève Terroir, Terre Avenir?

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08/07/2017

C'est le pied!

Anne-Claire et Vincent ont toujours bien aimé marcher. Ils cheminent d’ailleurs ensemble, main dans la main, depuis plus de 40 ans. La Genevoise et le Belge ont chacun adopté la nationalité et la culture de l'autre. Et ils ont eu cinq enfants. Tous adultes aujourd’hui.

Et puis un jour, alors qu’ils faisaient leur balade dominicale, une idée un peu folle a germé: relier leurs deux pays. A pieds! Suffit pour cela d’allonger le pas sur les 800 km séparant leur maison de vacances, à Knokke-le-Zoute, à celle de Veyrier. Pour éprouver la solidité d’un couple, c’est parfait!

L’idée a fait son chemin. Mari et femme ont alors tracé une ligne droite sur la carte, fixé les 39 étapes à venir et travaillé leur forme physique. Ils ont décidé aussi de lever des fonds, avec leurs pieds (!) pour la bonne cause. Celle de l’association Le don du Chœur, œuvrant pour éducation d’enfants cambodgiens. D’où le nom de ce périple pédestre et solidaire: le pas du chœur.

Anne-Claire et Vincent ont compté que leurs quatre pieds feront un peu plus de 1 000 000 pas cet été… Le principe n’est pas de trouver des gens pour financer chaque pas: trop compliqué. A chacun de donner ce qu’il veut. Ou peut.

Le départ se fera le 5 août en Belgique, l’arrivée étant prévue à Veyrier, le 16 septembre, avec trois jours de pause au milieu et quelques étapes partagées avec des proches. Deux des filles du couple vont assurer le suivi sur les réseaux sociaux et sur www.lepasduchoeur.ch. Un site où figurent également les renseignements pour faire un don. Que cette marche soit donc profitable à tous!

Sur ce, je lève aussi le pied et vous retrouve ici début août. Allez, bon été!

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06/07/2017

Forcer la main

C’est l’histoire d’un homme qui s’offre, un jour, un abonnement demi-tarif CFF. Vous savez, cette carte qui vous permet de payer assez cher un service normalement hors de prix.

Bref. Il achète le document pour profiter de voyager à meilleur compte dans notre beau pays. Puis la vie étant ce qu’elle est, le Genevois décide quelques mois plus tard de prendre le large et de s’établir provisoirement en Asie du Sud. Où son SwissPass n’est plus d’une grande utilité.

N’allez pas croire qu’il cherche alors à se faire rembourser une partie de l’abonnement dont il n’a pas joui. Oh que non. Payé, c'est payé.

Ce qu’il conteste en revanche, et avec une belle énergie, c’est la reconduction tacite de son abonnement demi-tarif dont il avait oublié jusqu’à l’existence. Or le voilà piégé, au bout du monde, par le système des CFF.

Car si l’abonnement général est désormais résiliable de mois en mois, le demi-tarif annuel, lui, est renouvelé d’office. Sauf si son propriétaire se manifeste avant une date butoir.

Pour que l’entreprise fasse preuve de «souplesse commerciale» envers ce Genevois exilé, il devrait prouver ne plus vivre au bout du lac en lui fournissant une attestation du contrôle des habitants! On se pince!

Il se contentera d’envoyer à sbb.ch copie de son billet d’avion et du visa figurant dans son passeport, afin qu’on lui lâche enfin les baskets.

Aux dernières nouvelles, les CFF renoncent à lui vendre un demi-tarif inutile au Sri Lanka, ainsi qu’aux frais de rappel. Fin des menaces de poursuites aussi.

Pour éviter ces tracasseries, mieux vaut donc ne pas oublier l’échéance de son abonnement…

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04/07/2017

Chacun fait ce qui lui plaît...

«Je fais ce papier, mais je sais qu’il ne sera pas publié, il n’y a que ce qui vous plaît qui passe». Ainsi se termine, sans autre forme de salutation, une lettre manuscrite adressée à Madame ou pas. Moi, donc. La Julie. Oh là là, la grosse colère de la dame…

Faut dire qu’elle devait déjà en avoir gros sur la patate avant de prendre sa plume. La faute à sa voiture et à tout ce qui tourne autour: des frais à rallonge et l’impression tenace de se faire un peu rouler. Mais qu’y puis-je?

Alors voilà l’histoire: notre lectrice âgée amène un jour sa petite auto au garage afin qu’elle soit prête à passer la visite au service cantonal des véhicules. Le garagiste l’appelle peu après pour lui signaler que le klaxon ne fonctionne pas et qu’il faudrait s’adresser à un spécialiste de la chose.

Or, vérifications faites, il l’avertisseur sonore fait bien son «tuuut tuuut» réglementaire. Encore faut-il savoir l’actionner! Fin du premier acte et règlement de la première facture. Ce n’est hélas pas la dernière. Car le fonctionnaire qui examine ensuite à la loupe la voiture révisée annonce à sa propriétaire que les freins ne fonctionnent qu’à moitié. Il faut donc les refaire. Et rapporter le véhicule au garage. «Bonjour les frais!» s’énerve notre aînée.

Alors moi je fais quoi de tout ça? Je ne publie pas ce récit qui concerne relativement peu les piétons, les cyclistes et autres usagers des transports publics, quitte à fâcher encore plus l’automobiliste courroucée? Bon, Madame ou pas, me suis-je dit, passe-le quand même! On verra bien si ce papier plaira ou non aux lecteurs. Ils me le diront assez vite. Mais j’aurais au moins soulagé une lectrice âgée…

Et cette perspective me plaît plutôt bien! Comme celle de voir, en ce premier jour de semaine sans écoliers ni profs, les jardiniers qui bichonnent de superbes plates-bandes de fleurs aux Bastions, dont les pelouses se remettent à peine de la Fête de la musique et des Promotions. La ville commence à se sentir en vacances. Ses habitants aussi. Et ça leur plaît!

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01/07/2017

Par ici les bons plans

Faire envie ou pas, disais-je l’autre jour, à propos de ces «SALE» qui salissent les vitrines de certains commerces, en ces temps de grande braderie.

La meilleure, dans toute cette sale histoire, c’est qu’en anglais «sale» (au singulier) ne signifie pas «soldes» mais simplement «vente» me signale An, fort à propos. Elle enfonce encore le clou: «donc tous ces magasins annoncent… qu’ils vendent. Ou qu’ils espèrent vendre, ce qui est encore une autre paire de manches soldées».

Pour signifier que de bonnes affaires se réalisent chez eux, les commerçants qui persistent à causer en anglais aux Genevois devraient écrire «sales» au pluriel, tant qu’à faire. «Mais allez leur dire de changer, personne ne vous croit!»

La preuve? Il y a même de «super sale!» qui ont fait leur apparition dans la succursale d’une grande enseigne vendant de l’électronique. Beurk. Perso, je préfère le normal propre. Ça me fait bien plus envie.

Cela dit, ce qui importe vraiment, en cette fin de semaine, c’est la fin de l’école! Ou le début des vacances. La République se vide alors de ses enfants, et tout est fait pour combler cette absence, avec des tas d’animations, de fêtes et de festivals.

J’ai donc eu envie de savoir de quoi sera fait mon été genevois et suis partie en chasse de ce fameux calendrier de poche des activités proposées ici en juillet-août. Un joli petit truc bien fait, pratique, illustré par de jeunes artistes. Je l’ai cherché partout, mais suis rentrée bredouille. Mince. Est-il déjà épuisé?

Même pas. C’est vite vu, il n’existe plus! Pour le remplacer, la Ville a rassemblé les informations utiles dans un tiré à part de l’édition de l’agenda du magazine «Vivre à Genève», le n° 71. Soit 24 pages de bons plans, de juillet à octobre, téléchargeables au besoin sur le site de la Municipalité. Alors tant pis pour le joli calendrier si pratique. Et bonnes vacances au bout du lac!

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29/06/2017

Faire envie, ou pas

Nous vivons actuellement la période des soldes d’été. Et que voit-on encore et toujours devant certains magasins? Des vitrines avec «SALE à l’intérieur». Voire SALE tout court. Ce qui est peu ragoûtant, vous en conviendrez, si l’on prend l’information au pied de la lettre française.

«C’est tout de même incroyable de se voir imposer l’anglais à toutes les sauces dans un pays où l’on parle quatre langues!» s’énerve Jean-Claude. «A quand une décision du Conseil d’Etat pour interdire cette pratique? Neuchâtel l’a bien fait! Personnellement, je «boycotte» ce type de magasin».

Voilà qui est dit. Ce citoyen du bout du lac n’est pas le seul à s’agacer de cet usage. En vain, semble-t-il. Quand le pli est pris, difficile de revenir en arrière. C’est qu’il faut être de son temps, avancent certains commerçants, la bouche en cœur. On simplifie, on unifie: c’est Sale pour tous, point barre. D’ailleurs, où est le problème? Tout le monde comprend l’english.

Et qu’importe si l’on froisse en passant quelques Genevois râleurs. L’important c’est de toucher les autres. Les touristes et les «expates». Comme s’ils ne pouvaient pas comprendre ce que signifient les soldes! Suffit de voir les prix barrés de rouge en vitrine ou sur les rayons pour capter le message.

A l’heure où les affaires ne sont pas forcément au beau fixe dans le canton, la faute à l’e-commerce ou au tourisme d’achat dans les régions voisines plus avantageuses, il est assez dommage que des magasins du coin persistent avec l’usage de cet anglicisme, au risque de perdre une partie de leur clientèle.

Ces commerçants semblent avoir oublié un truc important de leur métier: pour que les clients achètent, il faut qu’ils en aient l’envie! Qu’ils soient alléchés. Et pas seulement par les prix.

Or la perspective d’acheter du sale, à proprement parler, ça débecte…

Vive les soldes, donc!

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27/06/2017

Les promos à l'eau?

Demain, c’est déjà la fin de l’année.

Pour des milliers de petits Genevois, l’école est terminée, poutzée, oubliée. Du moins jusqu’à fin août…

Vive les vacances, plus de pénitences! Et si les maîtresses ne sont plus condamnées à brûler au milieu des cahiers, comme le voulait la chanson, elles devraient conduire les troupes enfantines ce mercredi à la fête des promotions sous le regard attendri des spectateurs massés le long du cortège.

Avec leurs enseignants très pimpants, 6 150 jeunes élèves devraient donc défiler de la place Saint-Antoine jusqu’au parc des Bastions, en passant par les Rues basses, déguisés en monstres diurnes ou nocturnes. Pourquoi pas?

Ne parle-t-on pas à leur propos de petits monstres adorés? D’ailleurs ce sont eux qui ont choisi le thème et qui ont bricolé les déguisements que l’on pourra admirer au passage du cortège. Si tout va bien.

Car une monstre tuile devrait leur tomber sur la tête, d’après Météo Suisse. Une pluie tenace. De celle qui vous gâche une fête. Et pas question que nos petits monstres prennent l’eau.

Les autorités envisagent ainsi l’annulation du cortège ou même de l’ensemble de la fête (cortège, manèges, animations) dans le parc des Bastions. La décision formelle sera prise par le Conseil administratif mercredi matin. La monstre tuile, disais-je.

En cas de temps incertain, le cortège est annulé et seule la fête aux Bastions est maintenue. Bien. Mais en cas de très mauvais temps, cortège et fête au parc tombent tous deux à l’eau. Les élèves et les enseignants retrouvent alors comme d’habitude en classe. Monstre dommage!

Reste à espérer que la météo ne s’emmêle pas trop les pinceaux pour les promos, afin que les monstres réjouissances puissent avoir lieu comme prévu. Toutes les informations seront disponibles le mercredi 28 dès midi au 1600, ou sur www.fetedesecoles.ch

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24/06/2017

La revanche de l'éventail

eventail2.jpgOn a beau dire, on a beau faire, les trucs de grand-mère font toujours l’affaire.

Enfin, quand je dis grand-mère, c’est assez réducteur: l’accessoire remonte à plusieurs centaines de générations en arrière. Les dames l’utilisaient déjà dans l’Antiquité pour s’éventer, lorsque la chaleur se faisait trop insistante. Ou pour écarter les mouches, mais c’est encore une autre histoire.

On le croyait fini, démodé, ringard? Erreur. L’éventail tient aujourd’hui sa revanche! La canicule le remet au goût du jour. Elle le pousse à sortir des tiroirs où il se ratatinait pour se déployer enfin au grand jour, avec panache.

Le voilà qui entre à nouveau dans la danse, agité par une main qui lui imprime ce mouvement de va-et-vient nerveux pour brasser l’air. Un vent frémissant se lève alors sur la peau, les gouttelettes de sueur semblent s’évaporer. Ah, que c’est bon!

Jeudi après-midi, dans un bus TPG bondé où la climatisation faisait défaut, j’ai assisté, médusée, à cette grande agitation: sitôt arrivées dans la fournaise ambiante, des passagères dégainent une à une de leur sac à main un éventail, et hop, par ici la fraîcheur!

De jolies taches de couleur rouge, jaune ou bleue virevoltent alors gaiement dans l’espace. Les messieurs alentours regardent la chose avec envie et se contentent d’un journal pour s’éventer. Les filles observent le manège en se disant que l’objet, en plus d’être utile, peut être aussi fort coquet!

Car l’éventail, c'est bien connu, s’accorde à toutes les tenues, il est uni ou décoré, en plume ou en papier, à tous les prix. Et c’est un moyen élégant et écolo pour faire face au réchauffement climatique. Alors…

Evidemment, ça occupe une main! Difficile de bosser en même temps, comme le permettent les ventilateurs. Mais pour aller en cette fin de semaine à la Fête de la musique, c’est l’accessoire branché! A utiliser sans modération, debout ou couché dans le frais gazon, les doigts de pied en éventail....

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22/06/2017

Chaud, chaud, chaud devant!

Tous les voyants sont donc au rouge: l’alerte orange est lancée à Genève et le plan canicule actionné. Chaud devant, chaud derrière, chaud dessus, dessous aussi… Fait lourd et moite un peu partout.

Sous l’effet de cette cuisson à l’étouffée, le corps humain se rappelle qu’il est fait en moyenne de 65% d’eau! Celle-ci s’échappe alors librement, sans demander son reste. Elle perle puis dégouline, laissant çà et là de longues traînées ou auréoles sur les habits.

Le corps se liquéfie ainsi sans faire de bruit. Or, tout en lui demande de remplacer cette eau qui ruisselle pour continuer à bien fonctionner. Il faut donc boire pour compenser ces fuites. Boire de l’eau, même sans soif, ne pas trop se dépenser, se mettre au frais et attendre que ça passe.

Certes. Seulement à moins d’être retraité, ou en vacances, on ne peut pas rester chez soi lors d’une période de canicule à siroter de l’eau citronnée, les pieds dans une bassine de flotte froide, avec un éventail ou un ventilateur pour brasser l’air chaud, en rêvassant à un torrent de montagne. On aimerait bien, mais on est au turbin…

Justement! Les médecins diront que les personnes en âge de travailler ont encore la perception physique de ce qu’il faut faire pour lutter contre la déshydratation. Les aînés, eux, sont moins bien armés: ils souffrent souvent de troubles de la sudation et d’un dérèglement du mécanisme de la soif.

Il faut donc avoir nos parents, notre voisine âgée ou nos vieux amis à l’œil et veiller à ce que tout aille bien pour eux lors de ces grandes chaleurs qui les fragilisent. Quant aux personnes de 75 ans et plus qui se sentent isolées, elles ne doivent pas hésiter à demander l’aide que les administrations publiques leur proposent. La Ville de Genève a un numéro d’appel gratuit pour que les seniors qui en ont envie bénéficient d’un suivi. C’est le 0800 22 55 11.

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20/06/2017

Le couteau et la pertuisane

Notre Service des objets trouvés est formidable! me dit Gilles. Je suis bien d’accord avec lui. Sauf que son ton ironique me met la puce à l’oreille…

Et pour cause. Ce bon citoyen s’est rendu la semaine dernière au bureau du Glacis-de-Rive pour y déposer un couteau suisse trouvé près de chez lui. Un multi-usages à tendance cycliste, les outils réunis étant de ceux qui aident à changer une roue ou à resserrer des boulons. Un vélo est d’ailleurs gravé sur le manche rouge.

Eh bien non, pas de ça ici, signale le préposé. Le service ne prend pas ce genre d’objet. C’est une arme blanche! Il faut donc l’apporter à la police.

Or Gilles n’a pas que ça à faire, déjà qu’il est descendu en ville pour confier cet objet trouvé à l’endroit prévu pour. Alors il insiste. Mais rien à faire. «Avec ce couteau, on peut faire du dégât» lâche l’employé, qui n’en veut pas.

Détail «piquant»: la lame la plus longue du couteau mesure 6 cm. On aurait donc le droit de le prendre en cabine dans un avion, mais pas de le déposer en lieu sûr. Gilles est donc reparti avec son arme rouge à croix blanche qui n’a pas non plus trouvé grâce auprès du poste de police appelé par ses soins.

Etrange histoire, non? ai-je alors demandé au responsable du service des objets trouvés. Oui, m’a-t-il répondu. C’est même une faute d’erreur!

Car excepté les couteaux papillon, le service prend en principe tout ce qui lui est apporté. «Pourquoi refuser un couteau suisse, alors que l’on accepte dans nos locaux une pertuisane?» me demande le chef tout à trac. Euh, qu’est-ce encore que ce truc?

Une lance du temps de l’Escalade! Un genre de hallebarde, mais en plus tranchant. Ça se perd? Disons que ça se trouve. Et que du haut de son 1 mètre 70, elle attend son propriétaire…

Au service des objets trouvés, nous sommes décidément sous bonne protection!

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17/06/2017

Le vendredi du Samedi

Mauvais carnet, miss Julie. T’as raté la nouveauté de ce début d’été!

Il ne s’agit pourtant pas de la crème solaire maligne qui fera fuir à tout jamais le vilain mélanome. Ou du bikini olé olé qui fera fureur sur les plages. Faut dire que de nos jours, un simple string suffit…

Bref. La vraie nouveauté, c’est que le Samedi du Partage débute déjà le vendredi. C’est-à-dire hier. Oups! Quand on me l’a signalé, c’était trop tard pour vous l’annoncer. Raté, encore raté.

Paraît que cette mise en bouche solidaire s’est limitée à treize supermarchés genevois et qu’elle a été menée à bien par une centaine de bénévoles, merci à eux. Cette action avait pour but de toucher, pour la première fois, celles et ceux qui ne font pas leurs courses le samedi, donc. Tous les moyens sont bons pour que grossisse la collecte de ce grand rendez-vous de la solidarité genevoise!

En juin dernier la récolte s’était montée à 133,1 tonnes. Enorme, mais peut faire mieux: 20 tonnes de plus, par exemple. Le but étant de réussir à atteindre en 2017, sur les collectes de juin et de novembre, au moins 300 tonnes de denrées alimentaires non périssable et de produits d’hygiène.

Ceci parce que les réserves amassées pendant le samedi du Partage sont vitales pour de nombreuses associations locales et les milliers de personnes qui vivent ici dans la précarité. Et qui sont toujours plus nombreuses.

Alors aujourd’hui, mettons les bouchées doubles pour remplir les palettes de tout ce qui leur est nécessaire. La récolte des produits alimentaires de base et d’articles de soins corporels a lieu un peu partout dans le canton: 850 bénévoles mettent la main à la pâte dans 75 supermarchés. Et à l’achat d’un pain paillasse dans chaque magasin Pouly, l’enseigne double la mise en glissant un second pain dans le panier du Samedi du partage.

Et hop, c’est parti!

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15/06/2017

La libération des lapins

Dans la vie, on pose parfois des lapins. Dans le cas présent, on les vole. Plus étonnant encore, on les libère…

A Veyrier, tout le monde connaît le lieu où la famille Chavaz fait la vente à la ferme, trois fois par semaine. Tous les enfants de la région sont venus, un jour ou l’autre, donner à manger des fanes de carotte aux petits mammifères.

Ces adorables boules de poils vivent dans de vraies cages à lapins disposées devant le bâtiment agricole, bien visibles depuis la route et l’arrêt du bus.

Paraît qu’il y a toujours eu des gamins du coin pour venir s’amuser à ouvrir les clapiers et regarder ce qui se passe. Le plus souvent, ces animaux craintifs ne bougent pas une oreille.

Il y a toujours eu aussi des chapardeurs. Des renards à deux pattes, selon la maîtresse des lieux. A la nuit tombée, ils taxent ces jolies bêtes pour les manger. Comme le font d’ailleurs les renards à quatre pattes qui laissent derrière eux des traces éloquentes. Classique, donc.

La grande nouveauté, ce sont ces visiteurs indésirables qui ouvrent la cage aux lapins pour les rendre à la nature, parce que c’est pas bien de les enfermer. Après le mouvement de libération des nains de jardins, serait-on face à celui de la libération des lapins?

Ici, la cause serait végane. C’est du moins l’argument avancé par une mère pour expliquer aux agriculteurs le geste de son enfant et de ses camarades, tout en les priant de récupérer les trois petits lapins qui squattent son balcon. Ils ne demandent que ça, les Chavaz. Récupérer ce qu’on leur a volé!

D’autres fois, des lapereaux ont été vus dans les jardins. Ou dans la nature, totalement largués, devenant des proies idéales pour le goupil. Bref. En plus de manquer de respect aux agriculteurs, cette pratique ne change rien au sort qui attend les lapins, une fois libérés.

Alors aujourd’hui, les cages sont protégées par une chaîne et un cadenas. Pour que vivent plus longtemps les lapins enfermés...

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13/06/2017

Les touches prennent l'air

Elles ont un faible pour les salons et les chambres d’enfants. Elles sont à l’aise également dans les salles de concert, les conservatoires, les aulas d’école, voire les caves à jazz. En gros, elles se plaisent dans les lieux intérieurs où la température modérée sied à leur teint.

Il en faut donc beaucoup pour que ces 88 touches noires et blanches sortent de leur réserve, en compagnie de l’instrument qui leur fait corps.

Eh bien ce «beaucoup» est arrivé: la 7e édition des pianos en libre-service «Jouez, je suis à vous» démarre demain et résonnera dans le canton jusqu’au mardi 27 juin. On s’en réjouit déjà!

Parce que cette initiative généreuse rassemble simplement des gens de tout âge et de partout autour de la musique. Et que ces pianistes qui jouent spontanément dans la rue ou un parc offrent des respirations bienvenues dans notre quotidien, des moments délicieux, surprenants, parfois. Ça fait du bien!

Autre motif de satisfaction, la manifestation trouve toujours autant de pianos à installer en plein air et assez de bénévoles pour prendre soin d’eux et les bâcher, en cas d’averse. Cette année, 58 pianos fixes et un piano à queue voyageur sont à disposition des amateurs dans 18 communes!

Attention. Le piano baladeur n’est pas une vue de l’esprit: il sera un soir sur le toit d’Uni Dufour, un midi au cimetière des Rois puis un autre sur le pont de la Machine avec, à chaque étape, un concert assuré par des artistes du cru.

Il faudra faire un tour au Jardin anglais pour voir ces six pianos peints chacun d’une couleur vive, installés le long de la barrière et formant comme un arc-en-ciel musical. Les musiciens joueront face au lac, à main gauche le pont du Mont-Blanc, à main droite le jet d’eau. Devinez de quel côté se trouve la source d’inspiration…

Les pianos sont ouverts mercredi dès 9 h. Les 88 touches noires et blanches vous attendent. De main ferme!

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10/06/2017

Répliques savoureuses

Arrêt sur image, dans une rue de Genève: «Arrête de broyer du noir, vieux tas» glisse une peau de banane à un triste amas de marc de café, en l’enlaçant gentiment. «Rejoins-nous!»

C’est qui, nous? Les pourritures… Oups. A ne pas prendre au pied de la lettre, bien sûr! Celles dont on cause ici sont de vieux restes. De repas, donc.

Depuis mardi, ces débris ont envahi les grands panneaux d’affichage à l’occasion d’une nouvelle campagne de valorisation de nos déchets de cuisine. Ceux qui devraient finir leur course dans la «P’tite poubelle verte». Et hop!

Cette campagne rondement menée n’a rien de glamour, mais ne manque pas d’humour…

Elle met toujours en scène deux pauvres choses, l’une encourageant l’autre à croire qu’elle pourrait sans doute avoir une deuxième vie. Si elle faisait un petit effort.

«On t’a collé une salle étiquette» signale un trognon de pomme à un sachet de thé usagé. «Viens quand même avec nous!» La vieille branche suit le mouvement, initié par la croûte de pizza. «T’as beau être cassé, bienvenue au club!» lâche à son tour un poisson qui a connu des jours meilleurs à un œuf vidé de sa substance. Ces répliques savoureuses font mouche! Mais vont-elles pour autant pousser les consommateurs à recycler leurs ordures ménagères? Parce que c’est bien le but de l’opération…

Notez qu’à côté de ces incitations à redonner vie à une pourriture, une autre campagne de pub nous vante la mort programmée de la radio numérique. Des milliers d’appareils condamnés, sans autre forme de procès. Place à la DAB +. On jette tout à la poubelle?

Alors que je maugréais ferme contre ce gaspillage annoncé, j’ai soudain vu ce tag extraordinaire sur la palissade d’un chantier. «Va lire!» Faut pas me le dire deux fois. J’y cours, toutes affaires cessantes…

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Répliques savoureuses

Arrêt sur image, dans une rue de Genève: «Arrête de broyer du noir, vieux tas» glisse une peau de banane à un triste amas de marc de café, en l’enlaçant gentiment. «Rejoins-nous!»

C’est qui, nous? Les pourritures… Oups. A ne pas prendre au pied de la lettre, bien sûr! Celles dont on cause ici sont de vieux restes. De repas, donc.

Depuis mardi, ces débris ont envahi les grands panneaux d’affichage à l’occasion d’une nouvelle campagne de valorisation de nos déchets de cuisine. Ceux qui devraient finir leur course dans la «P’tite poubelle verte». Et hop!

Cette campagne rondement menée n’a rien de glamour, mais ne manque pas d’humour…

Elle met toujours en scène deux pauvres choses, l’une encourageant l’autre à croire qu’elle pourrait sans doute avoir une deuxième vie. Si elle faisait un petit effort.

«On t’a collé une salle étiquette» signale un trognon de pomme à un sachet de thé usagé. «Viens quand même avec nous!» La vieille branche suit le mouvement, initié par la croûte de pizza. «T’as beau être cassé, bienvenue au club!» lâche à son tour un poisson qui a connu des jours meilleurs à un œuf vidé de sa substance. Ces répliques savoureuses font mouche! Mais vont-elles pour autant pousser les consommateurs à recycler leurs ordures ménagères? Parce que c’est bien le but de l’opération…

Notez qu’à côté de ces incitations à redonner vie à une pourriture, une autre campagne de pub nous vante la mort programmée de la radio numérique. Des milliers d’appareils condamnés, sans autre forme de procès. Place à la DAB +. On jette tout à la poubelle?

Alors que je maugréais ferme contre ce gaspillage annoncé, j’ai soudain vu ce tag extraordinaire sur la palissade d’un chantier. «Va lire!» Faut pas me le dire deux fois. J’y cours, toutes affaires cessantes…

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08/06/2017

Les aides directes

La vie est remplie de ces petits riens qui font du bien et dont on ne parle jamais assez. C’est peu vendeur, voyez-vous. Peu dans l’air du temps. Mais tant pis.

L’autre jour, Nadège buvait un jus dans le bar d’un centre commercial pendant que le cordonnier de l’arcade d’à-côté réparait ses chaussures. Un jeune homme à barbichette, flanqué d’un chien, s’arrête alors près d’elle. Il ramasse la jaquette qu’elle a laissé tomber, la remet sur le dossier de son siège, puis demande à la ronde: «Y a un café pour moi aujourd’hui?»

Et devant la mine interrogative de Nadège, la serveuse lui explique qu’un habitué de l’estaminet paye toujours deux petits noirs quand il n’en boit qu’un, afin de pouvoir l’offrir à ce jeune dans la dèche.

«C’est extra! Ils sont où, Julie, les bistrots, les bars et les cafés où l’on peut partager comme ça?» Eh bien ils sont quelques-uns, à Genève, à pratiquer le «café suspendu» ou une variante! Une petite annonce posée sur le comptoir signale généralement la pratique: le client paie son expresso et un deuxième pour un inconnu désargenté qui pourra le déguster quand il le voudra.

Car c’est ainsi: au lieu de donner de l’argent à ceux qui leur en demandent, des citoyens préfèrent leur offrir de quoi boire ou manger. Au moins, c’est pour eux!

Une amie m’a raconté qu’à l’entrée d’un magasin, elle s’est retrouvée il y a peu devant une dame très digne qui faisait la manche. N’ayant rien à offrir, elle lui a proposé de venir dans le supermarché et de prendre ce dont elle avait besoin. «Je payerai vos courses.»

Sitôt dit, sitôt fait. Les deux femmes font alors le tour des rayons et se retrouvent ensuite à la caisse. Le panier de l’invitée est très bien rempli, le porte-monnaie de la jeune femme pas très fourni. Mais son contenu est juste suffisant pour les deux. Alors elle a partagé. Et les deux se sont saluées.

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06/06/2017

Ces étranges annonces

«Bâtir pour embellir Genève».

Le slogan, énorme, se lit sur l’emballage d’un immeuble en cours de démolition. Celui qui surplombe, pour quelques jours encore, la place des Charmilles. Cette annonce, qui porte haut et loin la signature d’une grande régie du coin, me laisse assez songeuse.

D’abord parce que si la formule disait vrai, cela se saurait. Or à quelques rares exceptions près, ce qui sort de terre en béton, en verre ou en métal n’est pas forcément de nature à réjouir les yeux.

Mais bon, attendons de voir l’allure qu’aura la tour qui poussera bientôt à cet endroit pour juger si elle améliorera effectivement, ou pas, notre environnement urbain…

Ensuite il me semble que ce sont les propriétaires qui font construire les bâtiments, ainsi que les architectes, les ingénieurs. Et ce sont surtout les ouvriers des différents corps de métier qui bâtissent des immeubles et qui s’y collent par tous les temps. Les régies, un peu moins.

Enfin, l’heure est aux annonces qui flattent et qui rassurent ceux qui les font! A ce jeu, la Ville de Genève n’est pas en reste, elle qui diffuse volontiers ces propos sur de gros panneaux ou de légers papillons.

La Ville rénove pour vous. La Ville construit pour vous. La Ville nettoie pour vous. La Ville plante pour vous. Bref, la Ville pense toujours à vous.

Sympa, merci! Mais c’est un peu son boulot, ou je me trompe?

Pour quelles raisons notre chère administration se sent-elle ainsi obligée de rappeler, à tout bout de champ, à quoi elle utilise les deniers publics? Et d’affirmer qu’elle fait tout ça pour nous? Les contribuables n’en doutent pas. Alors quoi?

Un souci de transparence, peut-être. Ou une envie de rassurer ses administrés: elle aussi fait tout pour embellir Genève!

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03/06/2017

Le comble de la poésie

Elles répondent au joli nom de Gala, Reinette, Golden, Jazz ou Gravenstein. En achetant les unes plutôt que les autres, les consommateurs savent si ces pommes sont plus ou moins acides, sucrées, bonnes à cuire ou à manger à la main. A chacune sa particularité.

Pareil pour les poires, les Abate, Bosc, Williams et compagnie, dont les saveurs et les utilisations sont variées. Si les fruits portent de petits noms distinctifs, ce n’est donc pas pour des prunes!

L’autre jour au marché, un fin gourmand demande à un marchand s’il a reçu les abricots français, les fameux Orangered au parfum de rose dominant et bien sucrés. Ses papilles frétillent à la seule évocation de cette appellation…

Non, pas encore. On a juste ça, mais ils sont aussi bons» répond le vendeur, en désignant les fruits dans une cagette. «C’est quelle sorte d’abricot?» «Ah ça, je ne peux pas le dire. Regardez sur le côté, il doit y avoir une étiquette…»

«Ah voilà, ce sont des AB 112. Alors va pour les AB 112. Vous m’en mettrez un bon kilo.» D’ici à ce que son épouse lui reproche de n’avoir pas choisi les AB 108, plus gros et plus juteux…

Sur le chemin du retour, le gourmand imagine une recette de panaché à la basquaise avec des ingrédients définis par des codes identiques à  ceux qui permettent l'accès au monde numérique. Et il me l’a transmise. Je pense que ça vous mettre l’eau à la bouche…

A votre cocotte, donc! Faites revenir dans un peu d’huile PR 416 de petits dés de GG 148j; émincez deux beaux BR 411 et coupez en rondelles les FS 403. Ajoutez tout cela au PR 416, mélangez, Couvrez et laissez mitonner pendant 30 minutes. Pressez le jus d’un CI 575, ciselez quelques feuilles de HV 703, parsemez le tout et arrangez sur un lit de BK 945. Et servez sous les applaudissements des mutants.

Reste à savoir si les fraises RBJ 418, prévues au dessert, auront autant de saveur que les Mara des bois…

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01/06/2017

Le geste lent et auguste

Mercredi matin. A cette heure fraîche du jour, la cité est au top de l’agitation: les engins motorisés rugissent au feu vert, avant d’aller bouchonner au feu suivant; les deux-roues se faufilent à toute allure entre les obstacles; les piétons pressent le pas, le nez sur leur écran, les oreilles vissées aux écouteurs. Tout va très vite. Le turbin n’attend pas.

Pourtant, au beau milieu de cette fourmilière urbaine se découvre, un bref instant, une parenthèse bucolique. A la promenade de Saint-Jean, perché sur une légère butte, un homme est à l’œuvre. A l’ancienne.

D’un geste lent et auguste, il fauche les herbes qui poussent librement sur les petits monticules qui marquent la séparation entre les voies de circulation et l’espace vert.

Dans cette activité d’un autre âge, pas de bruit pétaradant de tondeuse, pas d’odeur désagréable, pas de course effrénée. Juste le mouvement ample que l’homme imprime à sa faux pour qu’elle coupe net les hautes tiges qui tombent et se couchent au sol, laissant bientôt place à une odeur de campagne, de foin, de souvenirs d’enfance.

Précis dans sa taille, le faucheur évite les touffes de fleurs qui feront, dans quelques jours, le bonheur des passants. Du moins ceux qui regardent encore leur environnement.

Après un moment de labeur, le travailleur se redresse enfin, tenant à bout de bras le long manche de sa faux dans une position qui en rappelle soudain une autre, bien plus ancienne et glaçante. La représentation classique de la Grande Faucheuse. Celle qui ne vient pas rendre visite à domicile pour donner seulement le bonjour…

Mais foin de ces funestes pensées. L’homme à la faux reprend son boulot champêtre au cœur de la ville, sans se soucier de l’agitation ambiante. Un contraste et un temps de respiration qui se dégustent, toutes affaires cessantes.

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30/05/2017

"Shooting" aux Bergues

Pas de soucis, chers lecteurs fidèles et attentifs: je n’ai pas posé les plaques, c’est juste un bête accident qui m’a mise quelques jours hors service.

Désormais, je dirai «Pouce!» à quiconque me fera encore un gag à propos de mon doigt en charpie. Car je ne savais pas la langue française si riche en expressions le concernant. Mais ces derniers jours, j’ai eu droit à la totale:

«Alors, tu ne peux plus te tourner les pouces, hein?» «Et puis manger sur le pouce, ça va pas le faire…» «Euh, t’as mis les pouces, au boulot?» «Mais c’est dingue, t’as vraiment les mains pleines de pouces, à t’étaler ainsi…» «Un coup de pouce, peut-être?» «Enfin, arrête de te sucer le pouce, Julie, c’est plus de ton âge.» «Tu fais du stop? Ah ah ah!» «Allez, on te tient fort les pouces!» Aïe, non merci, sans façon…

C’est tout juste si, à mon retour aux affaires, je n’ai pas entendu l’invitation à me sortir les pouces d’où je pense. Bref. Je reprends l’encre bleue où je l’avais laissée, avec cette info marrante mais qui date forcément un peu.

Un mien collègue a reçu de la part de "Four Seasons Hotel des Bergues Geneva" un courriel, en anglais bien sûr, pour faire la promotion de cet établissement cinq étoiles et de la qualité des services offerts à sa clientèle.

Or notre Genevois pur sucre, qui préfère lire en français des informations concernant un hôtel du bout du lac, est passé par la traduction automatique pour en savoir plus. Et il a littéralement frémi en lisant l’invite suivante: «N’hésitez pas à me contacter pour une visite, une discussion ou une fusillade.»

Courage, fuyons!

Pourtant, il doit exister une traduction moins terrifiante du mot «shooting». Et un moyen plus simple d’éviter ce genre de confusion: écrire aux intéressés en français, par exemple.

J’en connais qui doivent s’en mordre… les pouces.

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