19/10/2017

Le joli pont des Bergues

Il y a un truc qui me chiffonne avec les vélos. Pas avec les engins en tant que tels, et encore moins avec ceux qui les activent. Ça tient plutôt aux circuits qui leur sont proposés pour se faufiler dans la circulation genevoise.

On teste ces jours un aménagement cyclable sur le pont du Mont-Blanc. Le but étant d’essayer de faire se côtoyer au quotidien, et en bonne intelligence, 5000 vélos et 70 000 véhicules à moteur. Un vrai défi!

Or j’avais cru comprendre, au début des années 80, que le pont des Bergues avait été fermé au trafic automobile pour être justement réservé aux seuls vélos et piétons. Que ces deux catégories d’usagers de la route, les plus fragiles, allaient y trouver un havre de sécurité. Un moyen tranquille de passer d’une rive à l’autre, sans risquer gros.

Pour quel résultat? Eh bien c’est plutôt raté, côté vélos! Si les piétons ont vite adopté ce joli pont, au point d’en occuper toute la chaussée, il n’est pas vraiment pris d’assaut par les petites reines. Sauf lorsqu’elles s’y donnent rendez-vous pour des défilés.

Alors quoi, les pédaleurs seraient-ils des enfants gâtés? Que veulent-ils de plus? Un accès moins dangereux et stressant à ce pont! Mais là, c’est mission impossible, tant il y a de nœuds de circulation autour…

Et puis les cyclistes pendulaires d’aujourd’hui préfèrent les itinéraires courts, rapides, sécurisés. Un deux-roues qui se rend de Cornavin aux Eaux-Vives doit faire un gros détour s’il emprunte le pont qui lui est réservé. Il lui préfère donc celui du Mont-Blanc où il va partager ces jours, à l’essai, le trottoir aval avec les piétons. Qui vont apprécier…

Mais ceux qui vont pedibus sur le pont menant à l’île Rousseau ne se soucient pas des vélos qui s’aventurent encore sur la chaussée. Les promeneurs y sont rois. Et ils ne sont pas solitaires, comme le philosophe. Un vrai casse-tête…

Quand je vous dis que ce truc avec les vélos me chiffonne, voyez le résultat!

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17/10/2017

Des nains un brin fâchés

La saga des Géantes n’en finit pas de remuer notre collectivité.

Serait-ce que leur ombre, poétique et démesurée, plane toujours sur Genève? Ou que la grand-mère et sa petite-fille laissent, dans leur sillage, des notes insoupçonnées? Allez savoir!

Toujours est-il que j’ai reçu une missive à leur propos qui m’a mise en joie. Un lecteur assidu de la presse locale s’étonne, avec malice, que les gens s’étonnent du coût du déploiement sécuritaire occasionné par la venue des deux grandes marionnettes.

Il est vrai qu’il y avait plus de forces de l’ordre que de Géantes et même de Lilliputiens dans le cortège et alentours, et qu’il faut bien les dédommager.

Mais ce qui le laisse baba, c’est que personne ne pose la question qui tue: «Qui a décidé de l’arsenal des mesures grâce auxquelles 800 000 personnes ont eu la vie sauve?»

Je lui cède la parole, qu’il a ironique: «Belle démonstration de force, diront certains. Edifiante illustration de notre trouille au contraire… Mais il faut positiver. La protection civile aura eu une opportunité inespérée de sortir des catacombes et d’aérer ses fripes. Les blocs de béton auront prévenu toute attaque à l’arme blanche. L’hélico aura démontré son aptitude à mieux voler qu’un fer à repasser.

Deux réserves cependant.

Comment justifier que l’on n’ait pas appelé la population à rentrer les géraniums?

Pas de sous-marin dans la rade, tous missiles pointés: voilà qui est irresponsable. Attend-on une nouvelle tragédie pour appliquer le principe de précaution?»

Enfin, et c’est bien là le sens plus profond du message: «En tant que président de l’Association des Nains Genevois (ANG), je fais part de mon indignation face à la stigmatisante exaltation du gigantisme!»

Des nains de jardin, je suppose?

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14/10/2017

Par ici la bonne soupe!

Il est souvent question de malbouffe dans les conversations ou dans la presse. Rarement de bouffe tout court. Ou de manque de bouffe.

Car la réalité est parfois dure à avaler. Et surtout à digérer: dans nos contrées si prospères, où la majorité mange trop de tout et tout le temps, des familles peinent encore à acheter de quoi se nourrir correctement.

Oh, elles se font aider, bien sûr. Personne ne meurt de faim dans notre belle République. Des êtres de bonne volonté et des associations veillent. Et agissent.

La fondation Partage récupère ainsi depuis des années les invendus des grands magasins et les distribue à une cinquantaine de services sociaux et associations caritatives.

En 2016, 900 tonnes de denrées alimentaires ont été sauvées, ce qui a permis de faire plus d’un million de repas. On estime que 9400 personnes en moyenne sont aidées chaque semaine à Genève. Chapeau, et merci!

Pour la Journée mondiale de l’alimentation, qui a lieu lundi 16 octobre, la banque alimentaire genevoise va servir la soupe à la population. Un geste symbolique, généreux, pour rappeler l’importance de se serrer les coudes en ces temps difficiles. La distribution de soupe gratuite se fera aux arrêts Bel-Air, Rive et place Neuve des TPG, rebaptisés pour l’occasion arrêts «Solidarité».

Il n’est pas précisé si les usagers devront demander l’arrêt. Mais il y a fort à parier que par l’odeur de la soupe alléchés, ils sauteront vite du véhicule. Surtout si l’une des personnalités genevoises assurant la distribution entre 11 h et 19 h leur fait de l’œil.

Préférez-vous alors être servi par Darius Rochebin, Joël Dicker, Brigitte Rosset ou bibi? Marc Bonnant ou Jean Ziegler? Ou au bol? D’autres volontaires connus seront de piquet ce jour-là pour rappeler, si besoin est, que partager, ça rend meilleur!

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12/10/2017

On joue les prolongations

«Le temps ne fait rien à l’affaire» chantait Georges Brassens. «Quand on est con, on est con». Ce constat, vieux de plus de cinquante ans, n’a pas pris une ride. Je dirais même qu’il est d’une troublante actualité…

Le temps ne fait donc rien à l’affaire. Mais le temps qu’il fait, ça change tout!

Je me faisais cette réflexion mercredi midi, au cœur de la rade, dans cet été genevois qui n’en finit pas et qui rend la vie un peu plus douce.

Dans ce splendide décor de carte postale, avec le Jet d’eau et le Mont-Blanc qui irradient de blancheur, tout semble calme, luxe et volupté. Les rumeurs de la ville ne viennent pas troubler ceux qui se dorent au soleil, dans leur bulle de béatitude.

Et ils sont si nombreux, ces gens qui lézardent un peu partout pendant la pause de midi, voire plus encore! Ils repèrent vite chaque parcelle gorgée de lumière et de chaleur et s’en emparent. Ils s’attardent à une terrasse, sur un banc public, contre un mur au soleil. Ils profitent tant qu’ils peuvent du temps présent pour faire leurs réserves.

Il y a chez eux, chez nous, cette envie irrépressible de jouer le plus longtemps possible ces prolongations bienveillantes, de fuir les zones d’ombre froide, de repousser l’idée même des grisailles à venir.

Là, il fait beau, il fait bon, et ça fait du bien par où ça passe!

Ce sursis estival pourrait nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes genevois. Même si les primes maladie augmentent à la folie; si le prix des loyers explose; si l’emploi se fait rare; si personne ne sait de quoi demain sera fait.

On fait semblant momentanément que tout baigne. Que ça roule. Pourquoi pas, finalement?

La présente douceur du temps nous met du baume au cœur, ravit les yeux. C’est tout bénéfice pour nous. Alors profitons-en.

Quand le béret de Calvin se posera à nouveau sur nos têtes, ce sera une autre histoire. Le temps, je vous dis, ça change tout!

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10/10/2017

Parlons une fois musique

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler musique. Pas celle, lancinante, que font les souffleuses de feuilles mortes, les sirènes des ambulances ou les moteurs des motards qui rugissent furieusement en s’élançant au feu vert.

Non, je veux parler de la musique qui s’écrit en solitaire et se joue à plusieurs, avec un chef d’orchestre au milieu. Le maestro qui nous intéresse ici se nomme Eric Bauer et ceux qu’il dirige sont des musiciens de l’Orchestre de la Suisse romande, réunis au sein de l’Ensemble instrumental romand.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est pour vous annoncer tout d’abord que cette belle équipe est à nouveau partante pour donner le Concert de l’An en faveur de la Thune du Cœur. C’est là un magnifique cadeau! Parce que oui, il y aura bel et bien une Thune 2017, et elle se prépare ces jours. Si vous avez d’ailleurs des idées pour la renforcer, c’est volontiers.

Mais l’actualité la plus brûlante, c’est le concert que cet ensemble offrira le dimanche 15 octobre à tous les patients de l’Hôpital cantonal ainsi qu’aux amateurs de musique dans la bien nommée salle Opéra. Entrée libre, donc.

Seront interprétés deux classiques, la Symphonie No 88 en sol majeur de Joseph Haydn et la pièce baroque Canon en ré majeur de Johann Pachelbel. La nouveauté sera à chercher du côté du Requiem-Gesänge d’Henri-Louis Matter. Un compositeur vaudois qui fera le déplacement au bout du lac pour assister à l’événement.

Faut dire que le chef d’orchestre s’est démené depuis des années pour que la partition de ce compositeur atypique soit éditée, ce qui est chose faite. Et c’est bien pratique pour les musiciens qui veulent l’interpréter! Le public découvrira cette œuvre pour cordes et voix, celle de la soprano Marion Grange, dimanche à 15 h. Répétitions publiques samedi et dimanche à 14 h.

Fin de ma plage musicale…

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07/10/2017

Une puanteur si naturelle

Comment la qualifier, quand on ne peut aller la humer sur place? C’est une odeur franchement écœurante, entre le vomi, le lait caillé, le beurre rance et la matière fécale. Beurk! Narines sensibles, passez votre chemin…

Ces boules puantes tombent en même temps que les feuilles des arbres. Et pour cause: ce sont les fruits du Ginkgo biloba, dit l’arbre aux 40 écus, l’un des plus beaux qui soit en automne. L’un des plus résistant aussi au temps qui passe et à la pollution.

Oui mais voilà. Si ces arbres mâles ont toutes les vertus et ne sentent rien, les femelles ont mauvaise réputation. Rapport à l’odeur, donc. Les humains vivant à proximité s’en plaignent d’ailleurs ces jours en se pinçant le nez.

Vous me direz qu’à l’heure actuelle, ça devrait pas être trop sorcier de connaître le sexe de l’arbre avant de le mettre en terre. Bien vu! La Ville de Genève, et sans doute les autres collectivités publiques, ne plante plus que des mâles génétiquement certifiés par les pépiniéristes. Ça évite bien des tracas.

Mais cela n’a pas toujours été le cas. Il fallait auparavant attendre la majorité sexuelle des Ginkgo pour savoir à quoi s’attendre, ce qui leur donnait le temps de devenir grands. Et beaux.

Alors à défaut de les arracher, parce que c’est dommage d’en arriver à pareille extrémité, il faut faire avec. Ce qui désole les riverains du 4-6 rue de la Gravière ou de la rue Lamartine, malgré le ramassage régulier des petites prunes malodorantes.

Il faut encore savoir que sur les 154 Ginkgo répertoriés vivant en ville, la plupart sont des mâles sans histoire qui poussent dans les rues. Les femelles trouvent le plus souvent refuge dans les parcs, où leurs fruits ravissent la faune indigène. Mais pas que.

Des Asiatiques les récoltent pour leurs vertus médicinales. On dit que ces fruits garantissent santé et longévité. Et l’immortalité n’a pas d’odeur…

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05/10/2017

Peur bleue dépassée

Colette a toujours eu une peur bleue de l’eau. C’est drôle, d’ailleurs, d’utiliser cette couleur froide pour exprimer ce sentiment, mais c’est ainsi. La dame a la frousse de se noyer, et sa phobie est bien installée: la Genevoise a 68 ans. Une gamine, diraient certaines aïeules de ma connaissance.

Bref. Un jour qu’elle se promène au bord du lac, à Versoix, elle aperçoit au loin une scène qui la ravit: un jeune avance sur l’eau, droit comme un i!

L’homme ne marche pas sur les flots, tel le Messie. Ses pieds reposent sur une longue surface qui flotte et ses mains tiennent fermement une pagaie qu’il active de part et d’autre de sa planche de salut. Il fait donc du paddle…

Pour Colette, cette apparition est une véritable révélation! Ainsi donc, il est possible de se trouver sur le lac, et non pas dedans, tout en maintenant une bonne séparation entre le corps et l’eau. Vous me direz que les bateaux et les pédalos n’ont pas été inventés pour rien. Mais ça ne lui a jamais fait le même effet, à notre Genevoise.

Elle se rend donc fissa à l’endroit où le jeune homme vient de rapporter son paddle. Elle se renseigne pour savoir si elle peut essayer à son tour. Mais elle affiche tout de suite la couleur, bleue, comme sa peur de l’eau.

On la rassure. Oui, on peut apprendre à pratiquer la «planche à rame» à tout âge, et malgré une trouille tenace. Alors Colette se lance. Il lui faudra des semaines d’encadrement et d’encouragements de la part de ses instructrices pour arriver à surmonter ses craintes.

Et ces jours derniers, elle parvient à éprouver enfin une grande joie d’être sur l’eau, sans peur d’y tomber ou de risquer sa peau. Cette petite victoire sur elle ne va certes pas changer le monde. Mais c’est peut-être un modèle à suivre pour les gens qui renonceraient, un peu vite, à se lancer des défis qui les feraient avancer. Sur la terre comme sur l’eau.

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03/10/2017

Des bancs de grisailles

En quittant Genève par le lac, les deux Géantes nous ont bien enfumés!

Depuis leur départ, dimanche en fin d’après-midi, les nuages artificiels qui masquaient en partie la procession lacustre sont devenus réels. Et ces voiles grisâtres semblent vouloir s’installer là pour de bon. Enfin, façon de dire…

Le fameux couvercle genevois s’est à nouveau posé sur la rade et la cuvette environnante. Et il faudrait des géants autrement plus vigousses et nombreux que nos deux charmantes visiteuses pour soulever cette chape de stratus qui va bientôt nous faire mariner dans une sauce fade et froide. Pendant des plombes.

Alors on fera avec. Avec tous ces bancs de grisailles. Qui pourrait d’ailleurs s’asseoir dessus, à part celles qui s’en sont allées?

L’automne s’installe à petits pas, c’est un fait. Tandis que les arbres prennent des couleurs, les habits des humains en perdent. La tendance de saison est aux tenues sombres et enveloppantes. Les bas recouvrent les jambes, les cols se relèvent, les visages se ferment. L’automne, quoi!

Et la poésie, dans tout ça? Elle ne s’est pas fait la malle avec les Géantes! Elle est toujours à notre portée, libre, sous la forme la plus légère et gracile qui soit. Mieux: elle n’a pas besoin d’une armada de policiers pour être partagée avec le plus grand nombre…

Suffit de lever la tête, de regarder, voire d’écouter. Et là, c’est magique: des nuées d’étourneaux offrent à qui le veut de bruyants et somptueux spectacles qui prennent aux tripes!

Ces vols de petits oiseaux effectuent des sortes de respirations désordonnées, des pulsations vives dans le ciel. Des murmures, dit-on, pour qualifier ces mouvements spontanés. Bon, c’est plus riant de les voir sur fond bleu. Mais nous avons ici à l'automne un penchant naturel pour les ciels grisouilles.

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30/09/2017

La journée sans et avec

Il y a des jours où ça bouchonne grave. Où tout se passe furieusement en même temps. A croire que c’est fait exprès!

Ainsi ce premier dimanche d’octobre. A Genève, on a en temps normal la Journée sans ma voiture. «La rade vous appartient!» clament généreusement nos autorités.

Chouette! Profitons de tous ces quais fermés à la circulation dès potron-minet et du pont du Mont-Blanc, prêté pour une fois aux piétons. Son tablier XXL sera ainsi recouvert de tables et de bancs pour permettre à la population d’aller casser la graine en famille ou entre amis, au milieu de l’eau.

Mais voilà. Pas question de s’éterniser sur cette terrasse populaire. Faudra plier bagage à l’heure du dessert ou du pousse-café. Et vite, pousse-toi de là! Car bientôt, les Géantes vont poser leurs grands pieds dans la rade. Et là, je vous dis pas!

Ça va bouchonner grave. De monde! A la foule d’ici se mêleront des milliers de gens par les Géants attirés. Des petits curieux venus de partout pour assister, dans l’après-midi, au lent défilé des grandes filles du parc La Grange jusqu’à la rotonde du Mont-Blanc.

A cette multitude s’ajoutent encore les très nombreux policiers, civilistes, bénévoles, samaritains, pompiers et j’en passe, qui viendront grossir les rangs de la manifestation. Un truc de ouf!

Au milieu de cette agitation dominicale, Partage, la centrale alimentaire genevoise, fera le baptême de deux triporteurs flambant neufs financés par de généreux donateurs. Vous, peut-être! Ces engins de courses, fabriqués à Genève, seront présentés au quai du Mont-Blanc, à l’heure de l’apéro.

Et si je vous disais encore que ce 1er octobre, c’est aussi la journée internationale des personnes âgées, qui danseront en trois lieux dans le canton, que le Jet d’eau sera illuminé le soir pour le début du mois du cancer du sein? Et que… oups, y’a plus de place! 

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28/09/2017

On retombe en enfance

Bienheureuse, elle dort, indifférente à la foule qui se presse à ses pieds. Grand-mère pique un petit roupillon dans son monumental lit de bois, un vague sourire aux lèvres. Quelqu’un l’a gentiment bordée pour qu’elle ne prenne pas froid et glissé un oreiller sous son chignon d’un autre âge.

La scène se déroule mercredi dans le Bâtiment des Forces Motrices. Parce que oui, j’ai craqué! Je suis allée la voir, en voisine, et plutôt deux fois qu’une. Car on a beau dire, elle nous fait vite retomber en enfance!

«T’as vu, elle dort avec ses pantoufles…» Dingue! «Pis des fois, elle pète, et ça sent la vanille» affirme très sérieusement un petit gars qui a l’air d’en savoir long sur le sujet. «Attendez, M’dame. Elle va bientôt respirer…»

Alors j’attends. Mais la respiration ne vient pas. «C’est le signe que son âme n’a pas encore passé le mur de Planck» me glisse, sur le ton de la confidence, un organisateur de l’événement. «Quand elle arrivera et que la Grand-mère se réveillera enfin, vous allez voir ce que vous allez voir!»

On le croit sur parole. Car même allongée, la marionnette géante de la Compagnie Royal de Luxe a un sacré impact sur les humains. Spécialement sur les minots. Ils sont venus par centaines avec les crèches, les écoles ou les parents, certains bizules accrochés à la main d’un adulte, tétanisés par la taille de la vieille dame.

Les plus grands s’enhardissent. Bombardent de questions les personnes au survêtement bleu ciel qui montent la garde autour du lit: elle vient d’où?; elle mange quoi?; elle rêve?; elle est née comment? Ils la dessinent sous toutes les coutures. Ils marchent à fond dans la saga des géants!

Les grands enfants aussi. Ils se donnent déjà tous rendez-vous en fin de semaine à Carouge et en ville. Pas question de rater ça. Qu’importe la foule ou le temps qu’il fera. On y sera pour vivre un moment magique. J'en fais un peu trop? Même pas. Car c'est géant!

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26/09/2017

La partie de cache-cache

Les limites du terrain de jeu sont grosso modo celles du canton.

Ceux qui s’y collent sont des gens qui vaquent à leurs affaires au bout du lac et qui sont d’un naturel un peu plus curieux que les autres. Ils ont souvent l’œil ouvert, et le bon!

La partie de cache-cache a débuté il y a une bonne semaine. Faut dire que tout Genève ne parle bientôt plus que d’elles, de leur démesure, de l’émotion qu’elles procurent où qu’elles passent. Alors on les cherche, car elles séjournent déjà ici, c’est sûr. Mais où?

Le premier qui a crié «trouvé!» m’a signalé, tout fier, qu’il les avaient vues. «Oui, là-bas! Je les ai aperçues en conduisant ma voiture. Si c’étaient vraiment elles? Ben oui! Y’a pas photo!»

Justement, il n’y avait pas d’image pour prouver ses dires. Alors j’ai filé «là-bas» pour vérifier. Eh bien elles n’y étaient plus: les Géantes avaient disparu sans laisser de trace. Vu leur taille, c’est tout de même assez fortiche!

Et il en est ainsi depuis des jours: on nous annonce avoir trouvé la planque de la grand-mère en charentaises et de la petite géante sauvageonne, et pfft, elles s’évaporent, se dissimulent, pour mieux se faire désirer. Un grand classique!

Dimanche pourtant, des lève-tôt ont découvert un étrange convoi sur le quai, côté rive gauche. Des vidéos ont circulé, prises depuis un bateau. Pas de doute, c’en est bien une! Qui roupille dans son lit, comme la Belle au bois dormant…

Mais chut, je n’en dirai pas plus. Je fais comme la copine qui fait partie des bénévoles inscrits pour encadrer la venue des géantes. Elle les a approchées, en sait long sur elles, mais refuse d’être cuisinée à leur sujet. Motus et bouche cousue. Faudra donc patienter jusqu’à demain, jour de la première apparition officielle de la grand-mère.

Avant de partir à la découverte de Genève, l’aïeule fera dodo mercredi et jeudi au BFM. Elle dormira de 10 h à 18 h. Un doux baiser pourrait sans doute la sortir de cette torpeur. Mais qui sera à sa hauteur?

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La partie de cache-cache

Les limites du terrain de jeu sont grosso modo celles du canton.

Ceux qui s’y collent sont des gens qui vaquent à leurs affaires au bout du lac et qui sont d’un naturel un peu plus curieux que les autres. Ils ont souvent l’œil ouvert, et le bon!

La partie de cache-cache a débuté il y a une bonne semaine. Faut dire que tout Genève ne parle bientôt plus que d’elles, de leur démesure, de l’émotion qu’elles procurent où qu’elles passent. Alors on les cherche, car elles séjournent déjà ici, c’est sûr. Mais où?

Le premier qui a crié «trouvé!» m’a signalé, tout fier, qu’il les avaient vues. «Oui, là-bas! Je les ai aperçues en conduisant ma voiture. Si c’étaient vraiment elles? Ben oui! Y’a pas photo!»

Justement, il n’y avait pas d’image pour prouver ses dires. Alors j’ai filé «là-bas» pour vérifier. Eh bien elles n’y étaient plus: les Géantes avaient disparu sans laisser de trace. Vu leur taille, c’est tout de même assez fortiche!

Et il en est ainsi depuis des jours: on nous annonce avoir trouvé la planque de la grand-mère en charentaises et de la petite géante sauvageonne, et pfft, elles s’évaporent, se dissimulent, pour mieux se faire désirer. Un grand classique!

Dimanche pourtant, des lève-tôt ont découvert un étrange convoi sur le quai, côté rive gauche. Des vidéos ont circulé, prises depuis un bateau. Pas de doute, c’en est bien une! Qui roupille dans son lit, comme la Belle au bois dormant…

Mais chut, je n’en dirai pas plus. Je fais comme la copine qui fait partie des bénévoles inscrits pour encadrer la venue des géantes. Elle les a approchées, en sait long sur elles, mais refuse d’être cuisinée à leur sujet. Motus et bouche cousue. Faudra donc patienter jusqu’à demain, jour de la première apparition officielle de la grand-mère.

Avant de partir à la découverte de Genève, l’aïeule fera dodo mercredi et jeudi au BFM. Elle dormira de 10 h à 18 h. Un doux baiser pourrait sans doute la sortir de cette torpeur. Mais qui sera à sa hauteur?

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23/09/2017

Perturbations planifiées

La rue Emile-Yung, vous connaissez?

Elle part de la place Claparède et descend en direction de l’Hôpital cantonal. C’est une voie de circulation assez fréquentée et bruyante en temps normal, bordée de beaux vieux immeubles. Où vivent des familles.

Depuis le début de la semaine, des travaux sont en cours dans le quartier. La faute à un gros collecteur d’eaux usées qu’il faut rénover. Durée du chantier: 7 mois au bas mot. Bien.

Cette situation engendre fatalement des «perturbations planifiées», selon le terme en usage aux TPG. Sur leur site, on signale que les arrêts «Claparède» et «Hôpital» des lignes 1 et 5 sont provisoirement déplacés. En bas de la rue Emile-Yung, et plus précisément au niveau de l’entrée de l’immeuble portant le numéro 10.

Un arrêt provisoire y est installé, bricolé avec le strict minimum pour les usagers des TPG: un distributeur de billets et un poteau indicateur. Pas de siège pour se poser, pas d’abri où se protéger des éléments, pas de poubelles. Alors ces usagers prennent leurs aises.

Ils se blottissent en grappe contre l’entrée de l’immeuble pour échapper à la bise ou se réfugient à l’intérieur quand il pleut, perturbant les allées et venues des habitants. Et des poussettes.

Des gens moins délicats patientent en prenant les environs de l’arrêt pour une poubelle, jettent leurs détritus sur une terrasse ou au sol, fument sous les fenêtres, écrasent leur mégot n’importe où. N’importe quoi!

Après trois jours à ce régime, les locataires grimpaient déjà aux murs. Et ils ont sept mois à endurer! M’est d’avis qu’il faudrait tenter d’arranger les bidons assez rapidement avant que la situation ne s’envenime. Il y a des spécialistes pour tout dans nos administrations. Personne n’avait pensé à ces problèmes avant? Ce sont pourtant des «perturbations planifiées»…

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21/09/2017

Pom pom pom pomme...

Pom pom pom pom…

La symphonie n° 5 de Beethoven me semblait de circonstance pour annoncer la 25e journée de la pomme qui se fête, demain, dans toute la Suisse. Or depuis que j’ai chantonné ces quelques notes pour lancer mon billet, elles ne me lâchent plus. C’est pire qu’un tube. Une scie, presque. Pom pom pom pom…

Bref. Vendredi 22 septembre, le pays tout entier n’aura d’yeux que pour elle, pour sa belle robe rouge ou verte, sa mine réjouie et son goût sucré.

Cette ronde et juteuse tentatrice est, de loin, le fruit favori des gens d’ici: ils en consomment plus de 16 kg par tête de pipe. Par an, donc. Contre un peu plus de 11 kg de chocolat… C’est fou jusqu’où va la gourmandise. Et comme la pomme, mais de terre, elle est vraiment bonne à tout faire.

Pom pom pom pomme…

Faut dire aussi qu’au pays de Guillaume Tell, tous les arguments sont bons pour nous la faire croquer. C’est le casse-croûte par excellence, pauvre en calories, riche en vitamines et en oligo-éléments. Le truc sain qui vous assure une santé de fer. Les Anglo-Saxons ne disent-ils pas «one apple a day keeps the doctor away»?

Les Zurichois doivent penser pareil que les Anglais. La preuve? Notre patron nous offre des pommes. Un plein panier de Gala tous les jours. Merci patron!

Pom pom pom pomme…

Vendredi, ce sont les arboriculteurs de chaque région et de petites mains amies qui viendront distribuer ces fruits fraîchement cueillis aux passants. Où ça? Dans les gares et les places publiques helvétiques.

A Genève, cette opération séduction a lieu à la gare Cornavin, de 7 h à 18 h. Avec un grand concours à la clé, pas trop difficile. J’aurais peut-être la chance de gagner un éplucheur!`

Pom pom pom pomme...

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19/09/2017

Heureuse surprise

A Genève, on râle sur tout. Surtout sur les taxis! On trouve leurs services trop chers, et qui plus est assurés par des chauffeurs souvent ronchons. Inutile de vous énerver, Monsieur Jenni, je rappelle juste un état d’esprit général avant d’en venir aux faits particuliers.

J’ai reçu dernièrement deux appels pour faire passer un message à un chauffeur de taxi. Un message positif, s’entend. Jolie coïncidence!

Lundi dernier, Sandrine s’engouffre dans un taxi avec plein d’affaires sous le bras, encore mal réveillée et complètement à la bourre. Ce qui devait arriver arrive: elle laisse tomber son natel dans l’auto, dans tous les sens du terme.

Le temps de réaliser la chose, la voiture a déjà disparu. Bref instant de panique: c'est fou ce que l'on se sent vite rien, sans cet engin! Lorsque l’étourdie a enfin accès à un téléphone fixe, elle appelle son propre numéro. Le chauffeur décroche.

A l’évidence, il a retrouvé le portable et a l’intention de le glisser dans la boîte aux lettres de Sandrine, si elle lui donne son adresse. Ce qu’elle fait. Mais elle est à ce point surprise par la gentillesse du Monsieur qu’elle en oublie de lui demander son nom. Aussi est-elle bien embêtée pour le remercier lorsqu’elle récupère son bien. D’autant que la centrale ne peut pas lui donner le contact de cet homme serviable.

D’où ce merci public lancé au taxi 755!

Elena, elle, tente de rendre à un chauffeur l’argent qu’il lui a rendu en trop après une course effectuée fin août entre l’aéroport et Le Lignon, tous deux étant distraits par leurs bavardages.

Non seulement le conducteur a travaillé pour des prunes, mais il a mis de l’argent de sa poche pour raccompagner Elena chez elle. Ce qui n’est pas le but de l’opération! Elle aimerait donc lui restituer son dû. Or, sans connaître la plaque d’immatriculation du véhicule, impossible de le faire.

Si le monsieur se reconnaît, je fais l’entremetteuse. Au sens commun du terme, donc!

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16/09/2017

La mobilité à la genevoise

Il y a comme ça des raccourcis qui me mettent en joie. Je pense au sigle de la dernière formation politique en date GEM. Comme Genève en marche.

Toute ressemblance avec le mouvement lancé de l’autre côté de la frontière par celui qui est finalement devenu président de tous les Français est fortuite, forcément! La ficelle est un peu grosse. Mais notre tribun local n’a peur de rien. L’idée de la marche, Stauffer l’avait sans doute déjà avant. Et Genève, il l’a dans la peau. Alors…

Et puis l’avantage, avec cette nouvelle abréviation, c’est qu’elle sonne extraordinairement positif: «J’aime!» J’aime la vie, je fais des bébés, chantait Sarcloret, avant de filer à Paris. Genève, j’aime, disait un temps un slogan, affublé d’un gros cœur rouge. Elle peut aussi s’entendre dans une version bien plus nombriliste «Je m’aime…»

Là où je rigole franchement, connaissant les idées du Monsieur, avec la préférence cantonale en matière d’emploi et tout le tralala, c’est que Gem, c’est aussi le sigle qu’affichent certains bus transfrontaliers!

Des bus habillés comme ceux des TPG, de bleu de bleu, et de blanc, mais qui portent des plaques françaises. Ils transportent au bout du lac des frontaliers qui viennent prendre le boulot des gens d’ici, si j’ai bien tout compris.Des bus qui aident aussi les gens d’ici à aller faire leurs courses dans les supermarchés voisins, c’est certain, et qui sont gérés par la société Gem, comme «Genevois Mobilité». Joli clin d’œil, ma foi!

Bon, vous me direz que le sigle en question est aussi celui du Groupement des Multinationales, sis à Saint-Jean, qui ne doit pas trouver cet amalgame très drôle, ou de GEM immo, basée à Gland. Comme la Porchet. Marie-Thérèse, bien sûr. GEM, donc. Comme je me marre!

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14/09/2017

Miroir, ô mon beau miroir

«Miroir, ô mon beau miroir…»

On connaît tous l’histoire, celle de la méchante marâtre interrogeant inlassablement son miroir magique: est-ce toujours elle, la plus belle, ou la jeune Blanche-Neige?

Avec le temps, la glace enchantée a bien changé d’allure et de statut. Elle est devenue numérique, à portée de millions de clients. Des êtres qui se mirent désormais dans leur écran portable pour immortaliser leur reflet en de curieux selfies qui inondent les réseaux sociaux.

Eh bien, sachez qu’on n’arrête pas le progrès. Depuis la semaine dernière, cet autoportrait électronique redevient palpable. Par la grâce postale…

La Poste vient en effet de sortir un timbre «Selfie» pour affranchir le courrier à 1 franc. Et ça nous en met plein la vue, pour autant que l’on achète la feuille entière de vingt éléments, bordée de noir et aux bords arrondis.

On jurerait une tablette numérique. Mieux. On est presque ébloui en regardant cette surface lisse et réfléchissante, sur laquelle on peut admirer son visage. Miroir, ô mon beau miroir… Sur un seul timbre, on se voit moins, forcément.

Mais voilà. Il y a un léger hic. Ces selfies de papier ont été réalisés au moyen d’un film brillant argenté. Ce qui les rend plus épais, plus rigides, et donc plus difficiles à coller.

«A force d’appuyer dessus pour que le timbre tienne sur l’enveloppe, l’effet miroir a totalement disparu», se désole une cliente. C’est raté, pour se mirer.

Mais ce n’est pas pour autant une malfaçon, affirme La Poste, qui a développé ce produit avec les étudiants de la Haute Ecole d’art de Zurich. Elle donne alors ce mode d’emploi: «Il faut simplement bien humidifier ce timbre, le laisser sécher quelques minutes, puis bien appuyer dessus, mais pas trop, pour ne pas l’endommager.» A tester.

M’est d’avis que le miroir magique d’antan était peut-être plus pratique…

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12/09/2017

Se hâter lentement

Un matin, dans la campagne genevoise. Où, précisément, je n’en sais rien et cela n’a aucune importance.

Un jeune homme s’en va à pieds prendre le bus qui le conduit au collège. C’est un grand gaillard de 19 ans, «deux mètres de gentillesse et de sensibilité», tient à me préciser sa grand-maman. On la croit sur parole!

Il marche d’un bon pas quand il voit, non loin de ses pieds, un bel escargot entreprendre la traversée périlleuse de la route, laissant derrière lui un mince filet de bave scintiller sur le bitume.

Le collégien le regarde se hâter lentement, tout en pressant le pas: il est en retard, comme toujours... Son bus arrive enfin, mais finalement, c’est plus fort que lui: il ne peut tout de même pas laisser ce pauvre gastéropode se faire écraser.

Au lieu de sauter dans le véhicule qui vient de s’arrêter, il retourne vite sur ses pas pour mettre l’escargot en lieu sûr, dans l’herbe toute proche.

C’est alors qu’arrive à toute allure une moto, indifférente à ce qui se trame en ces lieux. Sans même s’en rendre compte, elle roule sur la coquille et la bête téméraire. Crissement sous les pneus. Fin de l’escargot. Et grosse déception du garçon.

Non seulement il n’a pas réussi à sauver l’animal mais en plus, il a raté son bus. Difficile de justifier son arrivée tardive, sous peine de passer pour un doux rêveur. Ce qui n’est pas forcément très tendance…

Une morale peut-être, me glisse la grand-maman qui me conte cette histoire? «Ne remets jamais à plus tard les bienfaits que tu peux faire de suite». C’est noté!

D’ailleurs j’ai remis pas plus tard qu’hier la croix huguenote, reçue dans une petite enveloppe, à la dame qui s’était fait arracher la sienne dans la rue. Cette octogénaire au regard vif et malicieux en est ravie! Elle remercie de tout cœur la personne anonyme qui lui a fait ce beau présent. Promis, elle en prendra grand soin!

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11/09/2017

Le mystère s'épaissit...

Le mystère s’épaissit. Pourquoi faut-il donc que certaines cartes postales, expédiées de Londres ou d’Edimbourg, fassent un crochet par les Philippines avant d’arriver à Genève?

Après avoir relaté dans une encre bleue un cas que l’on aurait pu croire isolé, de nombreux lecteurs m’ont fait part d’une expérience similaire: un courrier qui met deux à trois mois pour parvenir à destination et qui porte le cachet de la poste des Philippines en lieu et place de celui du Royaume-Uni.

Bizarre autant qu’étrange!

M’est donc venue l’idée saugrenue d’en savoir plus sur le sujet en m’adressant à La Poste suisse. Pourrait-elle éclairer ma lanterne? Eh bien elle n’était pas même au courant du problème. Faut dire que ce n’est pas spécialement sa tasse de thé. Car son boulot, dans le cas qui nous préoccupe, c’est de se charger de ce qui arrive sur le territoire helvétique et de l’acheminer à bon port. Peu importe si les cartes proviennent de l’île de Skye ou de Manille.

Pour élucider ce mystère, La Poste suisse me conseille de m’adresser tout de go à son alter ego anglais. Mais si la réponse doit passer par le Sud-Est asiatique, ça va pas le faire! Notez qu’il y a d’autres moyens de communication plus rapides, que je ne vais pas tester pour autant.

Car j’avoue que le sujet dépasse mon champ d’action, avec ces nouvelles ramifications internationales: des personnes en France et en Belgique ont attendu trois mois également des cartes postales expédiées d’Angleterre par une Genevoise en vadrouille. Elles aussi ont fait un détour par les Philippines.

Y aurait-il un accord postal entre les administrations de ces pays que tout oppose? Ce serait étonnant.

Mais la mode étant à la délocalisation des services et des êtres, plus rien ne devrait nous surprendre. Quand des économies sont à faire, il n’y a plus de mystère…

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05/09/2017

La Farfouille d'Ali Baba

«Venez vous servir avant les 40 voleurs chez Ali Baba»!

L’invite a de quoi surprendre. Ecrite sur de petits papillons qui se distribuent ces jours dans le canton, elle annonce la réouverture de la Farfouille d’Ali Baba, l’ex-brocante de l’association Carrefour-Rue/La Coulou qui vient à la rescousse des laissés-pour-compte de chez nous.

Ce vaste bazar, empli de meubles et d’objets divers, va désormais ouvrir ses portes tous les mardis et vendredis après-midi.Dans ce lieu de deuxième main, il n’y a rien à voler. Tout est à prendre! Les intéressés font le tour du propriétaire, visent ce dont ils ont besoin et l’emportent, sans bourse délier.

Les clients de la brocante solidaire sont des personnes en situation de précarité qui ne peuvent pas, ou plus, s’offrir ce qui leur fait défaut. Tous les objets ici réunis proviennent de dons, personnels ou collectifs, adressés à cette association. J’ai appris à cette occasion qu’un autre service de ce type existe depuis peu pour les habits. C’est la "Friperie généreuse d’Aboudaby", au 154, route de Malagnou. Mêmes jours, mêmes heures, mêmes pratiques.

La fête d’inauguration de la Farfouille a donc lieu ce vendredi 8 septembre dès midi, avec Gégène à l’accordéon, une surprise tombée du ciel et un buffet. On s’y retrouve? C’est au 85 de la route de Saint-Julien, si jamais.

J’ai eu également droit à une sacrée surprise tombée de la poste, cachée dans une petite lettre. Elle contenait ces quelques mots: «Voici une croix huguenote à offrir à cette dame éplorée, bien cordialement.» Plus une signature, indéchiffrable, et l’objet en question, un beau bijou en or, tenu par un scotch transparent!

Un présent extraordinaire pour remplacer la croix huguenote accrochée à une chaîne qu’un voleur avait arrachée il y a peu, en pleine rue, à une dame âgée. Et un bien joli clin d’œil, en cette veille du Jeûne genevois!

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