12/11/2016

Le bal des souffleuses

A la moindre feuille tombée sur leur territoire, ils sortent la grosse artillerie!

La chasse n’étant plus permise sur le territoire genevois depuis des plombes, ils se rabattent sur ces fragiles créatures et leur tirent dessus sans états d’âme, avec de puissantes souffleuses qui les expédient définitivement au trou.

Notez que les feuilles détachées des arbres ne risquent plus rien, elles sont déjà mortes! Mais quel boucan pour un enterrement…

Faut-il rappeler que ces appareils émettent une puissance acoustique qui peut atteindre un niveau de 105 dB (A), soit l’équivalent du bruit produit par une tronçonneuse?

L’affaire devient donc le marronnier de l’automne: quand le bal des soufflantes hurlantes recommence, le voisinage hausse le ton pour se faire entendre. «Mon concierge utilise sa souffleuse comme un joujou!, clame une locataire de Florissant. Ça l’amuse de chasser la feuille. Quand c’est fini ça recommence. A n’importe quelle heure. Lui porte un casque pour se protéger du vacarme. Pas nous. Et c’est infernal!»

L’enfer, c’est toujours les autres…

Pour calmer les esprits, il serait bon de rappeler que l’emploi des souffleuses à feuilles équipées d’un moteur à explosion est réglementé depuis 2001. Leur usage est autorisé du 1er octobre au 31 janvier, mais pas question de les actionner en semaine de 20 h à 8 h, les dimanches et jours fériés, ainsi que sur les chemins forestiers. C’est déjà ça!

Pourquoi ne pas troquer ces engins bruyants contre de bons vieux râteaux, pelles et balais? Bien sûr, cette pratique d’un autre âge prendrait plus de temps. Et alors? On en a, du temps! Il s’agit juste de l’utiliser autrement.

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11/11/2016

La paix chez soi

Avoir la paix. Chez soi. Après le boulot ou à longueur de journée. Vivre un bon moment dans sa bulle. Agir à son rythme, selon ses envies, son énergie, voire ne rien faire du tout. Pépère à la maison. (Mémère, c’est pas pareil!)

Cette aspiration semble légitime. Où trouver refuge plus adapté que là?

Eh bien il faudra bientôt chercher mieux ailleurs, ou alors faire la sourde oreille et fermer les yeux très fort pour espérer se ressourcer dans son foyer. Car nous entrons dans cette fameuse ligne droite d’avant Noël.

Celle qui donne des ailes aux harceleurs en tous genres. Plus rien ne les arrête. Ni les barrages légaux pour que cessent les appels téléphoniques indésirables. Ni la mauvaise foi.

Quand les démarcheurs ne viennent pas à la queue leu leu nous prendre la tête au bout du fil en usant de subterfuges toujours plus sophistiqués pour nous harponner, ils sont à la porte des logis qui n’ont pas de digicode.

Tout ça devient pompant. Il faut sans cesse veiller à ne pas se faire refiler n’importe quoi au téléphone, mais aussi dans le courriel et le courrier

La boîte aux lettres déborde ainsi de pubs et de retapes en tous genres: tri vertical assuré. Mais parfois, on baisse trop vite la garde. Surtout lorsque sa propre adresse est écrite à la main, avec application, sur une enveloppe affranchie en courrier A.

Tiens, je ne reconnais pas l’écriture. Qui est-ce? Une personne qui me veut du bien. Et qui me rappelle, vite fait pas tard, pourquoi il faut étudier la Bible… Au secours, les Témoins de Jéhovah débarquent en catimini…

Plus moyen d’avoir la paix chez soi!

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10/11/2016

Il reste de quoi faire

Il y a comme ça des jours où, en se levant, on se dit qu’il y a décidément encore beaucoup à faire pour améliorer ce monde, à défaut de le changer…

Ainsi ce mercredi matin, alors que tombe sur nos têtes un petit crachin réfrigérant. Historiquement, la date du 9 novembre n’a déjà rien d’anodin à Genève: en 1932, l’armée suisse fusillait des manifestants à Plainpalais.

Désormais, cette date sera aussi associée aux élections américaines. Je me garderai de commenter la chose, ce n’est pas mon job. Et puis les spécialistes vont en parler dans tout le journal. Mais tout de même…

Ces réflexions faites, j’ouvre mon ordinateur au boulot et tombe sur une publicité qui me fait aussitôt grimper au mur. «La paperasse vous rend dingue? Nous avons la solution» clame la Poste.

Pour illustrer cet accès de folie, la pub filme une femme qui craque, totalement dépassée par l’ampleur de la tâche. La pauvre a les nerfs fragiles. En plus, c’est une blonde. Bonjour les clichés.

Car on ne voit plus que la blondeur de cette tête qui frappe le classeur et cette désespérance féminine de ne pas être à la hauteur.

Si je comprends le message caché, cela voudrait-il dire que les hommes maîtrisent mieux ce genre de situation? Notez qu’ils auraient de quoi assurer: ils gagnent toujours plus que leurs collègues femmes.

D’ailleurs, pour appliquer à la lettre le bon vieux slogan «à travail égal, salaire égal» les employées ne devraient plus bosser depuis le 21 octobre…

Ça y est, Julie fait sa crise. La paperasse la rendrait-elle aussi dingue? Même pas. C’est tout le reste!

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09/11/2016

La café à l'étage

Elle est accro au café. Oui mais voilà, ses problèmes de santé ne lui permettent plus d’aller gambader en ville pour se procurer ses doses de caféine.

Alors elle les commande par Internet et se les fait livrer. Le trafic étant bien rodé, l’entreprise qui lui expédie ses capsules d’expresso reprend aussi les vides pour les recycler. La transaction se fait discrètement dans la boîte à lait d’une tour carougeoise, et ça dure ainsi depuis des années.

Le jour de livraison arrive et notre buveuse de petits noirs dépose les emballages usagés dans sa planque, puis repasse dans la journée récupérer le colis contenant l’objet de ses désirs. Mais la cache ne contient ni capsules vides, ni capsules pleines.

Elle vérifie la traçabilité du paquet sur Internet et constate qu’il a été livré. On a donc bien tiré son café!

La cliente l’a en travers de la gorge, et pour cause: la facture de sa commande est directement débitée de son compte, ce qui fait plus de cent balles à l’eau. Pire. Elle est bientôt en manque.

Un peu à cran, la consommatrice téléphone à l’expéditeur, prête à devoir batailler ferme pour trouver un arrangement pour cette livraison volée.

A son grand étonnement, la société entre en matière, décide d’annuler la facture et de lui renvoyer la commande. Elle lui propose même de livrer ses doses en colis contre signature, à sa porte. Désormais, plus besoin de prendre l’ascenseur pour chercher son café. Peut-on rêver mieux? Oui!

George Clooney himself qui sonnerait à sa porte pour lui remettre ses chères capsules. Avec un grand sourire.

What else?

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08/11/2016

Par ici la sortie

Mettre sa voiture au parking, c’est une chose, en ressortir à pied, c’en est une autre. Une lectrice me signale son expérience malaisée pour s’extraire du parking de Villereuse et gagner le parc du Musée d’histoire naturelle.

C’est qu’il y en a eu, des changements, depuis son dernier passage!

Je vous la fais courte et pratique, sachant que l’affaire est complexe: le parking a deux entrées véhicules, trois sorties piétons et trois ascenseurs.

Jusqu’à fin 2015, ces trois ascenseurs allaient du niveau -6 au niveau 0, ce dernier étant un accès direct au parc du Muséum. Cela aurait pu continuer ainsi, à la satisfaction générale, s’il n’y avait eu ces trop nombreuses dégradations de voitures et ces trafics divers et répréhensibles en sous-sol.

Il a donc été décidé de fermer les entrées véhicules du parking avec des rideaux, de placer des portes coulissantes aux entrées piétons et d’installer un système de vidéosurveillance plus performant. Les portes de 2 ascenseurs ont aussi été condamnées au niveau 0.

Les usagers réguliers des lieux connaissent ces nouvelles dispositions. Pas les visiteurs occasionnels du Musée. Comment donc y accéder? Deux options, la deuxième étant la meilleure!

Soit ils s’arrêtent au niveau -1, traversent le parking sur les passages ad hoc, puis suivent la signalétique au sol pour sortir par une porte située entre la double sortie autos sur la gauche et l’entrée autos sur la droite. Pas idéal, avec des petits enfants…

Soit ils visent le niveau -2, passent une porte et changent d’ascenseur pour prendre celui qui montera droit au parc. Par ici, la sortie!

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07/11/2016

Limite pluie-neige

«Temps instable et froid alternant éclaircies passagères et quelques giboulées ponctuelles, plus marquées en montagne. Limite pluie-neige vers 600 mètres. Maximum 6°.»

Telles sont les prévisions encourageantes de MétéoSuisse pour ce jour, prises samedi après-midi alors que la pluie tambourine grave sur le velux de mon bureau et semble ne plus jamais vouloir s’arrêter.

Avec ses masses de nuages sombres barrant l’horizon, sûr que le ciel va se vider copieusement sur nos têtes pendant des jours et des nuits. Le temps du grand déluge a commencé, ou quelque chose du genre.

Il n’est pas encore 17 h mais il fait presque nuit. Mes pieds sont trempés, le nez coule, la crève menace.

C’est à ce moment-là que j’ai regardé les prévisions, pour voir si l’on allait vers des jours meilleurs, météorologiquement parlant. Mais rien. Que de l’instable, du froid et du mouillé en vue. Faudra se blinder. Ou feinter.

J’ai songé à nos amies les bêtes qui, à cette époque de l’année, mettent la pédale douce et entrent en léthargie.

Les marmottes et les loirs, les tortues, les grenouilles, les lézards ou les hérissons ne sont pas du tout intéressés par les temps froids à venir. Ils préfèrent s’enfoncer dans un sommeil réparateur et douillet de quelques mois pour se réveiller au printemps. Pleins d’énergie.

L’hibernation, ça doit avoir du bon!

Mais les temps actuels sont hélas peu propices à la rêverie. Dans la réalité, il faudra bien se protéger: les températures des prochains jours seront, d’après MétéoSuisse, au-dessous des normes de saison…

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05/11/2016

Du vélo au gyroroue

Qui sont au juste les deux-roues qui ont eu droit, cette semaine, à l’attention soutenue et tatillonne de la police genevoise?

Les agents parlaient de cibler leur campagne de sécurité, et de répression, sur les vélos et engins assimilés. Mais jusqu’où vont aujourd’hui les limites de l’assimilation?

Je me suis fait cette réflexion l’autre jour en regardant tout ce qui se déplace silencieusement dans la circulation genevoise, au milieu des voitures et des motos pétaradantes. Eh bien c’est drôlement varié!

Comment s’y retrouver dans ce parc roulant qui innove sans cesse? Bon, du côté des vélos, je crois qu’on aura bientôt tout vu, entre les bécanes classiques et urbaines, les tout-terrain, les plus ou moins pliables, le tout avec ou sans assistance électrique. Notez qu’on parle de sortir bientôt un vélo électrique pour adultes sans pédales…

Les planches à roulettes, version longue, courte ou articulée, roulent moins les mécaniques mais se faufilent aussi dans le trafic au même titre que les trottinettes, où il n’y a parfois même plus besoin de pousser du pied pour les faire avancer. Tu parles d’un progrès…

Et puis les gyropodes sont apparus, ces drôles d’engins où le passager se tient debout sur une plate-forme, entre deux roues, raide et vissé à son guidon.

Mais les gyroroues viennent de les supplanter et là, on entre dans une autre dimension. Comment fait donc ce type pour tenir en équilibre et rouler à toute allure, les mains dans les poches, sur son monocycle électrique? Doit-il emprunter les trottoirs ou les pistes cyclables, son moyen de transport est-il assimilé ou non à un vélo? Il y a de quoi en perdre les pédales...

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04/11/2016

Sapins précoces

Les feuilles n’ont pas fini de jaunir, de rougir et de tomber des arbres que déjà les sapins de Noël font leur apparition dans certaines grandes surfaces de la place. Oui, j’en ai aperçu, et pas qu’un! N’est-ce pas un peu tôt pour la saison?

Avec la chaleur ambiante des grands magasins et les heures sup auxquelles ces conifères vont être exposés, il est à parier que leurs aiguilles seront sèches à Noël. Dommage, c’est précisément à ce moment-là que le roi des forêts doit être au top de sa magnificence. Mais bon, caché sous les boules et les guirlandes, il fera comme si.

Comme s’il était encore tout vert, tout fier, planté en pleine terre et à l’air libre au milieu des bois. Ou à la sortie d’une autoroute. Du côté de Perly…

Vous me voyez venir. Oui, Sapinou a été replanté il y a de ça quelques jours! Le quatrième rejeton de cette fameuse lignée d’arbres mystérieusement décorés pendant le temps de l’Avent vient donc remplacer celui qui n’a pas tenu le coup très longtemps.

La bonne nouvelle m’a été donnée par Claude, un automobiliste qui passe régulièrement par là et qui apprécie cette attraction à la mode de Perly. Il me demande d’ailleurs de remercier le «sapinotier» qui s’en est occupé: les gens sont contents de cette initiative.

Quant au lutin qui décore Sapinou chaque année dans le plus grand secret, et avec beaucoup d’amour, il se réjouit de la taille plus petite de ce spécimen. «Chic, la pointe sera accessible!»

Et moi? Eh bien j’applaudis des deux mains! Claude vient de m’annoncer que la collecte lancée spontanément pour remplacer le défunt sapin sera donnée à la Thune du Cœur. Qui dit mieux?

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03/11/2016

Une cliente d'exception

Il fut un temps où les poètes avaient toujours raison. Aujourd’hui, c’est plutôt l’informatique qui détient ce privilège. La preuve? Elle sait mieux que vous le jour et l’année de votre naissance…

L’histoire ne date pas d’hier, mais rien que d’y penser, Fanny en rit encore. Allez, je vous la raconte. Pour renouveler son abonnement demi-tarif CFF, chose qu’elle ne fait pas chaque année, la cliente doit remplir de la paperasse pour s’identifier. Ce qu’elle fait.

Elle reçoit quelques jours plus tard un courrier étonnant. On ne peut pas lui refaire son abonnement car il y a erreur dans les données transmises. Bizarre, dit Fanny. Où est le problème?

Eh bien, lui écrit-on en retour, votre date de naissance est fausse.

Tiens donc! s’exclame la dame. Je ne suis pas folle au point d’ignorer quand j’ai vu le jour. Elle vérifie la date qu’elle a donnée. C’est la bonne.

Non, lui réplique-t-on aux CFF. Chez nous, vous êtes née le 1er janvier 1860…

Au secours!!! répond Fanny dans le courriel suivant. Ça ne vous a pas traversé l’esprit qu’à 144 ans, l’âge que j’ai selon vous, je ne serais plus vraiment en état de prendre le train? Ou alors, ce serait le scoop du siècle!

Ben non, ça ne leur a pas fait tilt, aux CFF. Pire. Ils n’ont pas voulu corriger la faute enregistrée dans la machine sans preuve à l’appui. Le doute, toujours.

Fanny a donc dû photocopier sa carte d’identité pour prouver ses dires. «Tout de même, vu l’âge exceptionnel que vous me prêtez, vous pourriez m’offrir l’abonnement.»

Dans ses rêves! Fanny a enfin reçu son demi-tarif. Mais avec la facture… Les CFF ont toujours raison!

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02/11/2016

Le voile qui divise

C’est une histoire d’intolérance comme il en existe encore dans notre cité si ouverte et multiculturelle. Celle qui abrite le siège des droits de l’homme.

Un réfugié syrien a justement trouvé là terre d’accueil, après les épreuves que l’on peut deviner. Sa femme et ses enfants sont autorisés à le rejoindre. La famille déracinée prend peu à peu pied dans cette ville où tout lui est étranger.

Comme femme musulmane, la jeune épouse porte le voile. Il est certes discret, mais visible. Quelques autochtones ne voient d’ailleurs que lui, et c’est assez pour les perturber.

La première agression a lieu un jour en pleine rue. Un passant bouscule la Syrienne qui est enceinte et l’invective violemment. Si elle ne comprend pas les paroles, elle en saisit du moins le sens. Il n’a rien de sympathique.

La deuxième fois, c’est une vieille dame qui l’insulte copieusement dans le tram. Choquée, la femme voilée en parle à des amies musulmanes de la région. T’inquiète, lui disent-elles. Ça arrive souvent ici. On s’y fait…

Or, cette mère de famille ne veut pas s’habituer à pareil traitement. Pas ici! Alors elle prend une grande décision: elle va ôter son voile. Puis apprendre à fond la langue française et toutes ses subtilités, ce qui est toujours bon pour son intégration. Et quand elle maîtrisera parfaitement le français, elle remettra le voile…

Car le jour où elle sera à nouveau agressée verbalement, elle pourra enfin réagir. Non pas en hurlant plus fort que l’autre. Mais en expliquant les raisons qui la poussent à se couvrir ainsi.

Le dialogue interculturel, il n’y a rien de tel. Le respect aussi: ça change la vie!

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01/11/2016

Cadavres peu exquis

velo.JPGAujourd’hui, c’est la Toussaint. Bien!

On a déjà beaucoup parlé de mort ces derniers jours, avec les 150 ans des pompes funèbres de la Ville de Genève et les portes ouvertes du centre funéraire de Saint-Georges, dimanche, avec visite du crématoire et contes pour enfants à l’Ange de la Consolation…

Je ne vais donc pas en remettre une couche, présentement, sur notre condition de simples mortels. On la connaît! Mais plutôt me pencher sur ces cadavres abandonnés en ville qui mériteraient mieux que leur triste sort.

Ils sont souvent ignorés, méprisés, largués. Voire poussés du pied s’ils entravent le passage sur un trottoir. Ainsi, après avoir transporté à mille lieues à la ronde des pédaleurs ivres de liberté, ils finissent leur vie étroitement cadenassés à un poteau ou à une barrière métallique, et dépouillés.

Ces vélos ne sont désormais plus que l’ombre d’eux-mêmes. Les voilà privés de roues, de selle ou de guidon. Parfois, seule une roue subsiste au bout d’un imposant système antivol. Car lorsqu’un rapace vient se servir sur la bête, les autres raboulent. La carcasse est nettoyée en quelques jours et n’intéresse plus personne. Alors elle reste au pilori. Condamnée à perpète.

Peut-être qu’en additionnant tous ces restes épars, un bricoleur de génie pourrait-il en faire un cadavre exquis utilisable? Et recyclable?

En attendant, ceux qui roulent sur des petites reines en bon état doivent filer doux. Hier, la police verbalisait les cyclistes qui n’en faisaient qu’à leur tête et remettra ça mercredi et vendredi. Les amendes vont pleuvoir. Le temps est aux feuilles mortes qui se ramassent à la pelle…

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31/10/2016

Sexisme latent

Le sexisme au quotidien, ce n’est pas que les attitudes déplacées, les violences verbales ou les discriminations salariales. C’est parfois plus latent. Plus subtil. Et tout aussi rageant pour qui subit cette attitude discriminatoire.

Pour fêter l’anniversaire d’une amie, Anne est chargée de réserver une table pour quatre personnes dans un restaurant renommé de la place. A bout du fil, l’employé lui demande à quel nom la réservation doit être faite. Au nom de Madame Unetelle, lui dit-elle.

Le jour venu, le repas est excellent, l’ambiance au beau fixe, mais tout de même. La table des quatre amies se trouve tout contre le mur du fond, près de la porte de service où les garçons vont et viennent sans cesse. Le spectacle est certes assuré. Mais elles auraient préféré, et de loin, se trouver autour d’une des nombreuses tables inoccupées situées près des fenêtres et profiter de la vue splendide.

Les mois passent. Une nouvelle occasion de se retrouver entre filles se présente. L’amie fêtée demande à Anne de réserver dans le même restaurant. Et lui fait cette suggestion: «Avec ta voix grave, fais-toi passer pour un mec, on verra bien si l’on obtient une meilleure table». Elle donne alors juste son nom de famille au téléphone, sans préciser si elle est Madame ou Monsieur.

Bien vu. Car le quatuor féminin a droit à la table près de la fenêtre, et à la mine surprise du maître d’hôtel.

«Maintenant, quand on me dit Monsieur au téléphone, je ne rectifie plus, conclut Anne. On se montre plus aimable, on me prend plus au sérieux. Alors que si je suis une femme…»

Et dire que des lecteurs pensent encore que Julie est un homme!

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29/10/2016

Chapeau, la Coulou!

Les temps ne sont pas forcément à la fête, mais qu’importe. Ce samedi soir au Palladium, on oublie tous ses tracas et on s’amuse: la Coulou fête ses trente ans avec pléthore de flonflons!

Une trentenaire qui ne craint ni la crise, ni le chômage, ni la solitude résume Noël Constant. L’homme au catogan a le sens des formules. Tout comme il a eu le sens de ce qui devait être fait, en cet hiver 1986, pour que les sans-abri ne meurent pas de froid dans les rues de Genève.

Il obtient alors les clés d’un ancien atelier d’horlogerie sis à la rue de la Coulouvrenière et collé au Palladium. Un lieu à l’abandon, sans chauffage, sans lumière. Avec la complicité de nombreux autres acteurs de la place, et avec une certaine obstination, il en fera un lieu d’accueil chaleureux pour toutes les personnes à la rue.

Pour y entrer, pas besoin de montrer patte blanche. Le slogan de la Coulou reste le même depuis sa création. «Je ne te demande ni ton nom, ni d’où tu viens, ni ce que tu fais, mais dis-moi ton mal…»

Ce lieu d’accueil existe ainsi depuis 30 ans, contre vents et marées. Et il en a vu défiler, des gens en perdition! Certains résidents se sont arrêtés là quelques jours, d’autres quelques années. Le temps de se retrouver, de récupérer, de s’épauler.

La Coulou est donc en fête et la population genevoise est invitée à se joindre à elle dès 19 h pour célébrer tant d’engagement. Il y aura de quoi partager autour des tables et de quoi guincher. Et à 3 heures du matin, il ne faudra pas oublier de reculer les montres d’une heure pour prolonger encore ces réjouissances!

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28/10/2016

Le bon usage du papier

Pourquoi jeter son canard avec l’eau du bain? Dans la série «que peut-on bien faire d’un journal après sa lecture» j’ai oublié un usage très utile.

Une lectrice nonagénaire vient de me glisser à l’oreille qu’on ne fait pas mieux que la Julie pour y voir plus clair! Ah ça, je le savais déjà, vu la pertinence des articles contenus dans ses pages…

On se calme. L’annonce de Nelly n’a rien à voir avec l’aspect rédactionnel. Elle parle ici de vitres! Paraît que pour les laver et les astiquer, il n’y a rien de tel qu’un bon vieux journal.

Toute gosse déjà, elle nettoyait ses carreaux avec la Julie et elle continue à le faire aujourd’hui encore. «J’aime autant vous dire qu’après les avoir ainsi briquées, vos fenêtres brillent!» Je la crois sur parole.

Alors elle m’a expliqué la combine. Plus besoin d’un produit à l’ammoniaque anti-tout ou de chiffons spéciaux. De la simple eau de Genève suffit, pour autant que vous en humectiez un bout de Tribune, pas trop pour qu’elle ne se transforme en éponge, mais juste assez pour que ça lave bien la surface lisse.

Quand la vitre est encore légèrement humide, frotter le tout avec une Julie sèche. Ne pas hésiter à changer de page au fur et à mesure de l’opération qui laisse un peu de traces d’encre sur vos doigts. Mais pour quel résultat! J’ai testé pour vous, c’est impeccable.

Les remèdes de grand-mère, ça marche toujours. Il faudrait donc tirer parti du truc de Nelly pour imaginer un slogan publicitaire. Genre «Pour voir deux fois plus clair, prenez la Julie!» Peut faire mieux, mais bon, n’est pas Séguéla qui veut. La force tranquille… Tout de même, fallait trouver!

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27/10/2016

Une rade en berne

La rade est en berne. Un poil vide et tristounette en ces vacances de patates. Les jours de pluie, passe encore, on n’y prête pas trop attention au milieu de tant de flotte. Mais au premier rayon de soleil, son absence saute aux yeux. Le Jet d’eau a disparu!

Trois touristes croisés hier au bord du lac m’ont encore demandé où diable se cachait ce fier panache. Avaient-ils une chance de le voir avant leur départ? Raté, Messieurs!

Car la grande fontaine est entrée dans sa phase annuelle d’entretien et de maintenance qui va durer jusqu’au 23 novembre. Un  mois! Paraît qu’on ne peut pas y couper, hélas.

Mieux vaut fermer le robinet à l’automne, quand il fait mauvais temps et qu’il vente, plutôt qu’en plein été me dit-on. Certes. Mais quand même…

Les arpenteurs de la rade vont ainsi devoir se passer de cette présence lumineuse. Comme ils vont s’habituer à traverser à nouveau le pont des Bergues dans son plus simple appareil: la nature en ville s’est évanouie, le tunnel de verdure n’est plus, le pont est nu.

Juste à côté, les piliers rouges de la piscine suisse se sont aussi fait la malle. Seuls les grillages qui condamnent depuis des plombes une partie du quai des Bergues voisin sont toujours là. Las.

Je n’ai d’ailleurs jamais bien saisi pourquoi cette zone était considérée comme dangereuse, et en attente de travaux urgents, alors qu’à quelques mètres de là, le même espace sert de parking privé à de grosses berlines noires et luxueuses et autres coupés sport.

Le quai doit être vraiment très solide devant l’Hôtel des Bergues, ou alors j’ai pas tout compris.

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26/10/2016

Dans le collimateur

La campagne de sécurité routière visant les deux-roues motorisés a pris l’eau hier. La police genevoise avait pourtant promis que toutes les infractions commises mardi à moto ou en scooter seraient sanctionnées.

Mais voilà. Pendant les vacances de patates, il n’y a déjà pas un chat dans les rues. Si en plus il pleut des cordes, voire des hallebardes, pas étonnant que les motards soient peu enclins à godiller entre les files de voitures. Ils ont préféré laisser leur bécane au sec. L’action a fait flop. Comme la pluie.

Bon, les motards ne sont pas tirés d’affaire pour autant: la police genevoise remettra une couche préventive jeudi. Et il ne devrait pas pleuvoir…

Une automobiliste genevoise a quant à elle testé la logique de la police vaudoise. Pas mal non plus.

Marion se fait un jour rappeler à l’ordre par un radar placé sur une avenue lausannoise et reçoit une prune de 250 francs pour excès de vitesse.

Notre Genevoise écrit à qui de droit, non pas pour contester l’amende, mais pour savoir si elle peut la fractionner en deux payements. La pilule est ainsi plus facile à avaler.

Eh bien non. Pas possible. La police n’est pas en mesure de lui faire une telle fleur. Mais elle lui signale qu’au terme du délai de paiement de 30 jours, sa requête pourrait être transmise plus haut.

En somme, Marion doit attendre que son amende soit surtaxée, la faute à un paiement trop tardif, pour que soit étudiée la possibilité d’accorder ou non l’échelonnement souhaité. Au secours!

Pour éviter des frais de procédure en plus, elle a donc tout payé d’un coup…

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25/10/2016

La journée sans papier

Nos sociétés aiment prendre le temps de se pencher au quotidien sur un sujet d’intérêt général. Aujourd’hui, place à la Journée Mondiale sans papier. La Journée des pâtes, ce sera demain, et c'est encore une autre histoire. 

Bref. Chaque 25 octobre, la sonnette d’alarme est tirée: nous croulons sous la paperasse! Il faut limiter au plus vite sa production pour éviter de s’y noyer et protéger en passant l’environnement. Certes. Mais comment s’en sortir?

Des études estiment que chaque employé de bureau consomme 70 kg de papier par an! J’avoue que je n’ai pas vérifié. N’empêche: à l’ère de l’informatique, entreprises et administrations devaient tâcher d’en utiliser moins, en renonçant à tout imprimer ou archiver.

Idem pour nous autres qui aimons tant avoir un papier sous la main, afin d’avoir quelque chose de concret. Du passé tout ça, nous dit-on.

Confions plutôt nos informations à un nuage, c’est pratique, et si poétique! Peut-être. Mais la dématérialisation des documents n’est pas forcément la panacée: le recours au tout numérique est énergivore et n’a rien d’écologique.

On ne va donc pas s’en sortir. Et moi la première. Parce que c’est bien joli d’évoquer la Journée sans papier, moi qui parais, jusqu'à nouvel ordre, dans un journal qui sent bon l’encre fraîche. Ça représente combien de tonnes par an tous ces écrits, Julie?

Il serait peut-être temps de passer entièrement sur un support numérique, afin de limiter cette déferlante de papier? Oh que non! Car une fois lue, la Julie, même froissée, peut encore servir.

Elle enveloppe alors une salade, sert de tape mouches, pompe l’humidité dans les souliers mouillés, protège les parquets. Ou autre. C’est le recyclage à tous les étages. Qui dit mieux?

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24/10/2016

Moyens naturels

Punaises de lit, suite. Pourquoi se battre contre elles avec des produits toxiques et coûteux alors qu’il existe des moyens naturels, moins chers et efficaces? C’est ce qui ressort des témoignages qui me sont arrivés après l’histoire de Marilou. Bon, cette lutte à l’ancienne exige une certaine persévérance…

Je résume: les punaises grimpent sur les lits pour boire notre sang. Si elles n’en trouvent pas, elles finissent par mourir. Le but est donc de les empêcher à tout prix de grimper sur le plumard.

Il faut tout d’abord l’écarter du mur d'une vingtaine de centimètres. Puis enduire ses pieds de vaseline ou les faire reposer dans des bols contenant de l’huile. Les punaises sont ainsi bloquées dans leur montée, elles ne vont pas aimer. Mettre du scotch double face ou à glu autour du cadre de lit, que l’on peut aussi badigeonner avec de l’huile de lavande ou de menthe. Eviter surtout que des draps ou une couverture traînent au sol.

On peut laisser une lumière allumée dans la chambre à coucher, les bestioles préférant la pénombre. Et répandre de la terre de diatomée le long des plinthes et sur les seuils, une opération à renouveler pendant plusieurs semaines.

Si le matelas a connu des punaises, il doit être nettoyé à la vapeur, puis glissé dans une housse antiacarienne, et le linge lavé à 60°. C’est du boulot!

Le thym et l’extrait de noix font semble-t-il sortir les punaises de leur cachette mais ne les tuent pas. Il faut alors guetter leur sortie muni d’un aspirateur, les aspirer, puis jeter le sac les contenant dans un plastique bien fermé. Gnap!

Ne pas crier victoire trop vite: les nuisibles et leur descendance peuvent résister plusieurs mois, cachés sous les plinthes. Patience, donc! Infos en plus: www.exterminationpunaises.blogspot.ch

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21/10/2016

Le timbre en plus

Il n’y a pas de petites économies. Même la Poste suisse le sait.

Jusqu’à présent, si vous désirez payer vos factures sans vous rendre au guichet à la fin du mois avec les bulletins roses et des liasses de billets, c’est plutôt simple. Suffit d’envoyer vos ordres de paiement dans une enveloppe ad hoc préaffranchie, de la glisser dans la première boîte jaune venue, et PostFinance se charge du reste.

Pour ce service pratique, 5 francs par mois sont perçus par le géant jaune. Notez que c’est gratuit à partir d’un patrimoine client moyen de 7500 francs. Ce qui est toujours bon à savoir.

Bref, tout ça, c’est du passé.

Car il faut maintenant acheter un timbre à la Poste pour lui adresser le pli contenant les ordres de paiement. C’est tout neuf, ça vient de sortir: la mesure date du mois de septembre.

Mais n’allez pas jeter pour autant les anciennes enveloppes prépayées, si vous en avez encore au fond des tiroirs. Elles peuvent être utilisées jusqu’à l’écoulement du stock. Indéfiniment…

Faut-il encore préciser que les frais liés à la gestion du compte privé par PostFinance restent? Le timbre vient juste en plus. C’est une nouvelle taxe, en somme, assez discrète, qui passera comme une lettre à la poste.

Est-ce une manière pour la société de pousser ses clients à effectuer enfin leurs opérations en ligne, de manière simple, pratique et gratuite? Même pas, me dit-on du côté de Berne.

Les clients sont rois, n’est-ce pas? Ce sont eux qui décident comment ils souhaitent faire leurs paiements.

Encore heureux!

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20/10/2016

L'arbre qui bruissait

Un seul hêtre vous manque, et tout est dépeuplé…

Faut dire qu’il prenait de la place, cet arbre, lui qui montait la garde à l’entrée du cimetière des Rois depuis une bonne centaine d’années. Pour nous autres humains, il avait toujours été là. Fidèle au poste.

Il était une masse de verdure et d’ombrage à la belle saison, un écran naturel entre le parc et la rue, une force tranquille.

Et puis en juin dernier, il a craqué. Un bruit sinistre. Les tronçonneuses l’ont alors rayé du paysage urbain. Ne reste de sa splendeur passée d’hêtre qu’un tronc amputé net, appuyé sur la tombe de l’ancien magistrat Alfred Vincent. Celui qui a une rue aux Pâquis.

Quand l’arbre majestueux était encore de ce monde, il rythmait notre quotidien sans faiblir, son feuillage marquant les saisons et abritant les oiseaux de passage.

C’est d’ailleurs maintenant que son absence se fait le plus sentir. Sans lui, plus de vol d’étourneaux sous les fenêtres de la Julie, plus de respiration sonore, lorsqu’un vol prenait ses branchages d’assaut. Il bruissait alors de pépiements joyeux.

Soudain, le silence revenait, signal qu’un départ était imminent. Et hop, des centaines de passereaux s’élançaient à nouveau dans le ciel pour y dessiner d’étranges formes mouvantes et graciles. Un régal pour les yeux.

A moins qu’ils ne viennent crécher dans un arbre voisin, comment savoir désormais que le temps des étourneaux est revenu?

Un seul hêtre vous manque, et tout est dépeuplé. C’est bien connu!

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