04/05/2017

Les voisins du quotidien

C’est comme à la loterie: suivant sur quels voisins vous tombez en emménageant dans votre nouveau logis, ça peut vous rapporter gros. En bien ou en mal!

Car les voisins, on doit faire avec. Avec les bruits, les odeurs de cuisine, les relents de poubelles, les échanges sur la météo, l’arrosage des plantes ou la garde du chat pendant les vacances.

Avec eux, on partage au quotidien plus de choses qu’avec nos amis ou la famille. Mais à bonne distance, bien sûr. Chacun chez soi, on vit les mêmes pannes d’électricité, les mêmes dégâts d’eau, jusqu’aux transports amoureux du couple du 5e. Tout ça crée des liens, forcément.

Bref. On fait avec eux, mais ils peuvent aussi nous venir contre: les querelles de voisinage sont de nature à pourrir la vie. Et ça dure parfois sur des générations. Bon, c’est plutôt dans les campagnes…

Mieux vaut donc faire connaissance avec ses voisins pour favoriser les échanges et les services, plutôt que les embrouilles. La Fête des voisins, qui aide à ces rencontres, aura lieu tout soudain, le 19 mai. La Ville de Genève vient de mettre en ligne le matériel promotionnel pour organiser au mieux l’événement. Les intéressés peuvent ainsi remplir les cartes d’invitation avec les infos pratiques et les envoyer aux locataires d’à-côté...

Les voisins qui ne sont pas branchés électronique ne sont pas condamnés à rester chez eux: les supports traditionnels pour préparer ces réjouissances sont à leur disposition dans les points info service de la ville, dans les maisons de quartier ainsi qu’aux services clients Migros du canton.

On se donne tous rendez-vous le vendredi 19 mai, côté cour ou jardin, ou pourquoi pas dans le hall d’entrée. Là où l’on ne peut pas se rater. Alors bonne fête, les voisins!

www.lafetedesvoisins.ch

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02/05/2017

Le marronnier du 1er mai

Genève a tout d’un canton à l’abandon, en ce 1er mai frisquet. Rues désertes, écoles fermées, enseignes hésitantes, froid de canard et neige sur le bas des Voirons. Un temps à ne pas mettre le nez dehors. Ça tombe bien, c’est jour férié. Enfin, pas pour tous…

Car hier, la moitié des habitants a eu congé, et l’autre pas. Enfin, quand je dis la moitié, c’est une estimation à la louche, devant la torpeur citadine de ce lundi. A croire que les heureux élus ayant droit à ce jour en rab ont tous profité de l’aubaine pour faire le pont. Ils ne vont tout de même pas rester trois jours de suite au bout du lac.

Les autres laissés en rade peuvent toujours trimer, si ça leur chante. Notez qu’ils n’ont pas vraiment le choix. C’est ça ou le carton rouge. Bonjour l’égalité de traitement.

Le 1er Mai est ainsi devenu notre marronnier du printemps. Le rappel que les masses laborieuses genevoises ne sont pas toutes égales devant le turbin. Officiellement, le jour de la Fête du travail n’est donc pas férié. Mais l’Etat fait comme si, en accordant du bon temps à ses troupes.

Toutes les écoles publiques sont ainsi fermées, comme l’administration judiciaire, l’office de la population, le Service des autos ou des impôts, les bibliothèques et les musées.

Par contre, les employés de La Poste sont sur le pont, en compagnie de tous leurs collègues des entreprises privées. Seuls ceux qui ont bossé quelques minutes de plus chaque jour pour avoir droit à cette petite gâterie ont congé, de même que certains travailleurs des métiers du bâtiment et de l’industrie.

Ce qui fait qu’au lieu de rassembler les gens qui bossent, le 1er Mai monte finalement ceux du secteur privé contre ceux du secteur public. Mieux vaut le congé pour tous ou le boulot pour tous! Quoique. Diviser pour mieux régner, c’est vieux comme le monde…

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29/04/2017

Les nœuds qui se défont

Malgré son titre, ce billet n’est pas une chronique sur le fameux lâcher prise, ce cliché du développement personnel, très en vogue, qui veut que l’on soit dans l’ouverture aux autres et à la vie, non dans le contrôle absolu de tout ce qui nous entoure. Ce qui est également très à la mode…

Bref, s’il est ici question de nœuds qui se défont, ce sont uniquement ceux de nos lacets de chaussure!

Des scientifiques tout ce qu’il y a de plus sérieux viennent ainsi de se pencher sur cette étrange défaillance que nous connaissons tous. Sur ce relâchement sournois de la godasse suite à la libération de ses attaches, sous l’effet des mouvements de la marche. Pourquoi pareil phénomène?

Ces physiciens de l’Université de Berkeley ont étudié la chose, partant du principe que c’est tout d’abord l’impact du pied sur le sol qui desserre l’assemblage, et que la foulée du marcheur met ensuite en mouvement le bout des lacets, ce qui finit par les délier. Les deux actions conjuguées étant nécessaires pour parvenir à ce résultat désolant.

Avant de procéder à ces essais, les chercheurs ont constaté qu’il existe une bonne façon de nouer ses lacets, et une mauvaise.

La bonne méthode se distingue par le fait que les deux boucles obtenues à la fin du tour de passe-passe sont bien horizontales, car elles ont été nouées successivement dans des sens opposés.

La mauvaise s’affiche par contre toute de bisingue par rapport au laçage, les deux boucles ayant été nouées dans le même sens. Ce qui donne un nœud dit en queue-de-cochon, ou de vache…

D’après la revue qui relate ces recherches fondamentales, il semblerait que le bon nœud simple tient plus longtemps que le mauvais. Mais qu’au bout du compte ils cèdent tous les deux. Que faire, devant pareille fatalité?

Tester par exemple ce que font les montagnards depuis belle lurette. Le double nœud! Y a pas mieux quand lacets doivent absolument garder prise…

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27/04/2017

Bonjour l'accueil...

Genève, la ville des droits de l’homme, devrait soigner un peu plus son image de marque. En veillant, par exemple, à l’accueil réservé aux personnes qui débarquent un beau jour à l’aéroport international. Car la réalité n’est pas toujours à la hauteur des espérances.

De retour de vacances, Christopher commande dimanche soir un taxi Uber. Le Genevois n’est pas un inconditionnel de ce type de transport, il prend aussi régulièrement les taxis genevois. Ceci pour dire qu’il n’a pas de parti pris pour l’un ou l’autre service dans la guerre économique qui les oppose.

La voiture demandée arrive tant bien que mal à l’endroit où les Uber peuvent venir prendre leurs clients. Soit juste à côté du lieu où stationnent les taxis officiels.

Le conducteur, d’origine africaine, essuie alors les quolibets de six ou sept chauffeurs de taxi qui s’attroupent pour lui lancer des «Eh, Bamboula!» et autre, avec l’accent africain.

Imperturbable, le conducteur démarre tandis que les remarques désobligeantes lui parviennent encore par la fenêtre entrouverte. Un homme lui barre la route, puis prétend qu’il a été touché à la jambe. N’importe quoi.

C’est une démonstration de racisme primaire, intolérable.

Christopher est choqué. Il a honte. Pour l’homme en boubou qui tient le volant, car on ne traite pas les gens de cette façon. Pour les autres clients qui pourraient assister à pareille scène, un autre jour. Quelle image garderaient-ils de ce premier contact avec la cité?

Depuis le siège arrière de la voiture Uber, le passager contacte la police pour dénoncer ce qu’il a vu. On lui répond alors que, sans plainte formelle du chauffeur, la police n’intervient pas. Même si, avec le conflit actuel, ces tristes dérapages arrivent tout le temps. Dommage, n’est-ce pas?

Bienvenue à Genève, terre d’accueil!

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25/04/2017

Précipitations significatives

C’est ainsi, les vacances de Pâques appartiennent déjà au passé…

La surdose chocolatée n’est plus qu’un lointain souvenir, de même que les promenades insouciantes durant ces après-midi qui s’étirent en longueur, ou la chasse aux œufs menée par des enfants surexcités. Sans oublier les petites fleurs des champs au printemps. Et maintenant? Les affaires reprennent, comme s’il ne s’était rien passé.

Pourtant, rien n’est plus tout à fait comme avant.

Chez nous, des milliers élèves, et sans doute autant de profs, ont repris le chemin de l’école en se demandant combien de semaines il leur restait au juste à tirer avant l’arrivée des grandes vacances. Alors c’est vite vu.

Sachant que les relâches scolaires débutent le 3 juillet, et qu’ils ont droit d’ici là à trois jours de congé officiels (dont le prochain lundi 1er mai), ça leur fait long, très très long, avant de voir le bout du tunnel.

Heureusement, chez nos voisins, la perspective est bien plus courte. Depuis dimanche soir, ils mettent les bouchées doubles pour en finir avec l’élection présidentielle. Dans deux petites semaines, les Français seront fixés sur leur sort, mettant ainsi un terme à ce suspens à rallonge. On pourra enfin passer à autre chose.

Mais que ce soit de part et d’autre de la frontière, la douche froide, c’est pour aujourd’hui. Et c’est tant mieux!

Après quatre semaines de temps trop sec pour la saison, Météo Suisse nous promet avec gourmandise, pour mardi et mercredi, des «précipitations significatives». Ces trombes d’eau vont mettre en joie nos végétaux et remettre un peu de jus dans les nappes phréatiques, qui ont soif.

Bon, je sais, c’est moins drôle de se balader sous la pluie et le froid que par beau temps. Mais de toute façon, les vacances de Pâques sont terminées.

Alors…

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15/04/2017

Pleine comme un oeuf, la Plaine

Depuis quelques jours, la plaine de Plainpalais est pleine comme un œuf. Un œuf de Pâques, forcément!

Manque juste le ruban autour pour faire joli et des douceurs à l’intérieur. Car c’est plutôt la soupe à la grimace qui mijote là-dedans.

Ce samedi encore, les puciers repliés au cœur de la Plaine pour cause de travaux vont partager leur espace vital avec les forains plus le Cirque Starlight. Ça fait du monde. beaucoup de monde! A quoi il faut encore ajouter les clients de passage, les piétons, les cyclistes, les trottinettes, les toutous. Et tout le reste, par-dessus le marché.

C’est donc la grosse foire!

Ne manque plus que la fan zone des footeux ou une bonne fête de lutte pour que chaque centimètre carré de ghorr du beaujolais piétiné par les foules ne soit exploité au maximum de ses possibilités.

Notez que ce ghorr-là est de nature partageuse. Il s’invite partout. Dans les caravanes et les autos tamponneuses, sous chapiteau, parmi les cartons de livres ou de vaisselle de Langenthal, entre les doigts de pieds nus.

Par temps sec, il fait l’unanimité contre lui. Certains forains l’arrosent ainsi pour éviter la poussière tandis que d’autres installent des tapis devant leur attraction pour éviter que les souliers plein de ghorr ne fusillent les surfaces caoutchouteuses. Un vrai plaisir.

Elle sera donc pleine comme un œuf, la Plaine, en ce samedi de Pâques. Mais je devrais l’écrire au conditionnel, car s’il pleut, abracadabra, il n’y aura plus un chat!

D’ailleurs d’ici deux ou trois jours, la caravane Starlight lèvera le camp et les forains rangeront leur Luna Park le dernier jour des vacances scolaires.

Et là, certains Genevois diront que la Plaine, c’est d’un mortel ennui…

Sur ce, je m’en vais aller rouler les œufs dans de vertes prairies, et vous retrouve à la rentrée. Joyeuses Pâques!

 

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13/04/2017

Donner du sens à Pâques

Tant de sucreries finissent par écœurer!

Depuis des semaines, la publicité nous gave de clichés montrant des lapins mignons tout plein batifolant dans les prés ou des poules bavardes et dodues pondant de beaux œufs frais.

Ces adorables personnages se retrouvent ensuite sur les étals et se déclinent en chocolat, nougat, pâte d’amandes, bonbons et compagnie.

Des montagnes de sucre dans lequel nos esprits finissent par s’enliser. Et le reste du corps aussi.

A croire que le temps de Pâques se résume à de grosses orgies de douceurs et de bouchons sur la route des vacances. C’est un peu court, non?

Notez que des annonceurs s’emmêlent déjà les pinceaux entre traditions pascales et destinations touristiques. Le catalogue de la chaîne Lidl vante ainsi les fontaines décorées de la petite ville de Nyon, canton de Vaud, où les bénévoles décorent joliment les fontaines.

Or la photo censée représenter la cité lémanique a un air très provençal, avec ses cyprès, son clocher ajouré, ses volets bleu lavande et ses toits en tuiles romaines si caractéristiques du Sud. Le réchauffement climatique, sans doute…

Ne serait-il pas temps de redonner du sens à Pâques? Alors que les églises chrétiennes célèbrent cette fête à leur manière, une manifestation protestante propose «La fin du monde - et après», soit deux événements décalés de nature à nous faire réfléchir.

«La fin d’un monde» se vivra ainsi à l’Espace Fusterie Vendredi-Saint à 17 h. Un moment de poésie et de musique dans le cadre de l’exposition «Embaumer les corps, prendre soin de la vie» qui se tient là jusqu’à la fin du mois.

«Aube de Pâques, ressusciter, c’est pour bientôt (?)» sera le thème d’une réflexion à plusieurs voix qui aura lieu dimanche de Pâques, à 7 h du matin, aux Bains des Pâquis. Pas dans l’eau tout de même! Mais au chaud et à l’abri, pour profiter ensuite d’un petit-déjeuner pascal.

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11/04/2017

L'opéra côté rue, côté salle

Ils ont commencé par chanter un extrait de La Traviata au milieu de la foule qui passait, indifférente à tout. Et puis le charme a opéré.

Faut dire que c’est plutôt rare d’entendre ce type de répertoire dans les Rues Basses, un mardi, sans raison particulière. Un attroupement s’est alors rapidement formé autour des deux artistes lyriques pour profiter de ces airs d’opéra venus d’ailleurs.

Applaudissements nourris à la fin du Verdi. Le public, enchanté, en redemande. Un peu comme dans les arènes de Vérone...

Dame, ce n’est pas tous les jours qu’on entend ici pareilles voix! Or, au moment où les chanteurs entament le fameux tube «O sole mio», deux agents municipaux sortis de nulle part les font taire et demandent leurs papiers, pour voir si tout est en ordre.

L’irruption de la maréchaussée fait brusquement tomber les mélomanes du petit nuage où ils flottaient jusque-là. Place aux tracasseries administratives. Aux consignes. Les papiers présentés disent que les artistes ont le droit de chanter, certes, mais pas sur une musique d’accompagnement.

Ce sera donc a cappella ou rien. Alors dans ces conditions, tant pis pour l’opéra dans les Rues Basses. Faudra attendre la Fête de la Musique pour en écouter à nouveau en plein air. Ou se rendre dans un lieu fait pour. Quel dommage…

Reste la bien nommée salle Opéra des HUG! C’est là que se déroulera le concert du Vendredi-Saint, donné par l’Ensemble instrumental romand, avec le soutien de la Fondation Coromandel. Placés sous la direction d’Eric Bauer, les musiciens interpréteront des œuvres de Bela Bartók, Gustav Holst et Benjamin Britten.

Le concert, ouvert aux malades, à leur famille et au grand public, aura lieu le 14 avril à 15 h. Un bon moment de musique et de convivialité en vue. Entrée libre, en plus!

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08/04/2017

Ces drôles de contrôles

Renée est une fidèle usagère des TPG. Elle possède l’abonnement annuel, ce qui la met normalement à l’abri des tracas. C’est donc l’âme sereine qu’elle voit monter l’autre jour deux contrôleurs dans le bus 5 où elle se trouve. Et qu’elle sort le portefeuille de son sac pour y prendre le document demandé. Or, oh stupeur, il n’y est pas.

C’est bien la première fois que ça lui arrive! René est affreusement vexée d’être ainsi prise en faute devant tout le monde.

Le contrôleur lui tend un formulaire à remplir. Il est obligé de le faire, dit-il à la fautive, en s’excusant presque. Mais si elle apporte la preuve de sa bonne foi le lendemain à l’agence de Rive, précise-t-il, elle ne paiera que 6 francs, ce qui n’est pas catastrophique.

Soit. Renée remplit le formulaire, donne sa date de naissance et signe. L’employé lit le tout et reste scotché sur l’année indiquée: 1922… La dame qu’il a devant lui a donc 95 ans. Respect!

L’homme en uniforme n’écoute alors que son cœur, ou son bon sens, et annule toute la procédure. La passagère n’aura pas à se rendre à Rive pour présenter son abonnement TPG. Tout va bien. Et puis il repart avec un grand sourire. Avec les remerciements de la nonagénaire, qui a pris ce geste de confiance comme un rayon de soleil.

Un qui se méfie de tout, par contre, c’est celui qui a collé une prune sur la Peugeot de José garée, un dimanche soir, sur une place de stationnement privée. Car le hic, voyez-vous, c’est que c’est justement la place de José!

Celle qu’il loue depuis plus de douze ans dans la cour qui jouxte le poste de police de Fontenette. Ça fait bizarre, tout de même, d’être verbalisé quand t’es dans ton bon droit. T’y crois pas! Nous non plus, et pourtant…

La contravention en main, notre homme est donc allé alerter la police d’à côté, qui l’a rassuré. Sa régie a fait pareil. Pas besoin de raquer, ni de s’énerver: la prune va sauter. Devrait-il dire merci, en plus?

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06/04/2017

L'odeur qui sort de l'eau

Elle sortait du Rhône et m’a sauté au nez quand je me baladais, l’autre jour, sur la passerelle qui enjambe le fleuve. J’ai humé à pleins poumons cette odeur indéfinissable, et pourtant si connue.

Je la sentais déjà, enfant, en passant le pont du Goléron qui rattache la jetée des Bains des Pâquis à la terre ferme, aux premiers beaux jours de l’année.

Une forte odeur d’eau.

Mais Julie, l’eau, c’est comme l’argent. Ça n’a pas d’odeur! Sauf quand c’est sale et vaseux…

Pour en avoir le cœur net, je me suis renseignée. Eh bien oui, m’a-t-on dit. Le lac et le Rhône dégagent au moins deux fois par an senteurs ou remugles, c’est selon. Le phénomène se manifeste notamment au printemps. Il dure une semaine, dix jours tout au plus. Et là, on est pile dedans!

Sous l’effet de la chaleur, les planctons commencent à pousser et à prospérer joyeusement, provoquant ainsi ces drôles de relents.

Ceux qui redoutent ce signal olfactif sont les pêcheurs professionnels. Car ces planctons ne font pas leur beurre. Ils s’accrochent et prolifèrent à toute allure sur leurs filets qu’ils transforment en murs verts. C’est le «verdia», disent alors les hommes du lac. La merde, quoi! Car les poissons, qui ne sont pas idiots, refusent d’entrer dans ces pièges trop voyants et les pêcheurs rentrent bredouilles au port.

Il faut ensuite attendre quelques jours, le temps que les zooplanctons débarquent et broutent tout ça, pour que les odeurs disparaissent.

En cas de forte bise, le lac peut aussi sentir bizarre. Les moules zébrées, qui vivaient pépères dans les profondeurs, remontent à la surface à la faveur de ce grand brassage. Elles s’échouent sur la rive, finissent par mourir et pourrir tristement au bord l’eau. Et là, ça pue grave, effectivement…

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04/04/2017

La nuit toute la journée

palissades.JPGLe mois de mars a été exceptionnellement beau et chaud, la température grimpant jusqu’à des pics rarement égalés depuis que Météo Suisse prend ses mesures. Et ça continue…

Cet ensoleillement précoce n’est pas de nature à réjouir certains habitants de la région. Faut dire qu’ils sont dans la nuit à longueur de journée, depuis que des palissades en bois obstruent complètement leurs fenêtres.

Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces fermetures radicales sur quelques chantiers de rénovation d’immeubles. Il en est actuellement un remarquable dans le vieux Carouge, le long du tram. Cette vue rappelle le G8 et les arcades genevoises retranchées derrière des planches en bois jaune. Sauf que là, c’est à l’étage!

Et à l’étage, généralement, il y a des habitants. Ou des employés. Ce n’est pas très folichon pour eux de vivre dans cette obscurité permanente. Pourquoi pareil traitement, me direz-vous?

Eh bien c’est simple: lorsqu’un échafaudage est monté à proximité de lignes électriques alimentant le réseau des TPG, la loi veut que des mesures de sécurité soient prises pour éviter tout risque d’électrocution des personnes actives sur le chantier.

Dès qu’un échafaudage se trouve à 7,60 m des fils de contact et des supports sous tension, les TPG exigent des entreprises privées qu’elles posent un blindage résistant et isolant allant de 2 à 8 mètres de hauteur!

Euh, n’est-ce pas pousser le principe de précaution un peu trop loin?

Car une fois ces exigences posées, les TPG s’en lavent les mains. Qu’importe pour eux si les palissades sont en plexiglas, en plastique ou en bois. Les entreprises font donc souvent au plus simple, au moins cher et au plus hermétique qui soit. Le bois.

Et tant pis pour les habitants coincés derrière l’écran qui les prive de lumière naturelle pendant des plombes. S’ils pouvaient au moins scier là-dedans un coin de ciel bleu, ils s’en porteraient déjà mieux…

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01/04/2017

Le praf se propage

Praf un jour, praf toujours!

Evidemment, ça ne va pas nous mener loin,de tels propos. D’ailleurs, de quoi parle-t-on au juste? Ce praf, est-ce une maladie honteuse? Un slogan? Un tas de poudre blanche? Même pas.

C’est une attitude. Une mode, peut-être. Personne ne l’avait vraiment vue venir jusqu’à ce qu’un politologue français ne l’affuble de ce drôle de nom pour la mettre en lumière. Et en fasse un livre.

Car la chose commence à prendre sérieusement de l’ampleur à l’approche de l’élection présidentielle française. Tout porte à croire qu’elle s’étendra à d’autres domaines, et sous d’autres latitudes.

Praf. Comme plus rien à faire, pour rester poli. Ou plus rien à foutre, pour épouser de plus près ce ras-le-bol désabusé des citoyens français face à la politique et à ses petits arrangements entre amis.

Nos voisins parlent déjà de prafistes ou de prafisme. C’est du sérieux. A croire que cette façon de penser sera bientôt conjuguée, de façon à exprimer les changements de personnes, ou de temps. Genre: «Prafons ensemble, cher ami!»; «prafiez-vous en juin?»; «ils praferont sans doute au prochain scrutin…»

Mais pourquoi réserver ce terme à la seule sphère politique? Le praf peut facilement s’adapter à toutes les sauces, tant il est dans l’air du temps. C’est tellement plus simple ainsi.

Le monde va mal? Praf alors. Ma voisine de palier se sent trop seule? Praf encore. Les gens démunis ont besoin de soutien? Praf toujours.

Ce détachement complet pour tout et rien inquiète lorsqu’il vient des plus jeunes. Des plus vieux, on pourrait presque comprendre...

Praf, donc!Tel est donc le slogan de ce printemps balbutiant. Une saison pleine de promesses, pourtant…

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30/03/2017

Ordre plus contrordre

Ordre plus contrordre égale désordre, disait une aînée de mes connaissances. C’est aussi basique que ça. A force de changer souvent d’avis, les choses les plus simples finissent par devenir très compliquées, pas vrai?

Alors que l’on soit au moins clair à ce sujet: la fête au Vélodrome aura bien lieu aujourd’hui jeudi et non pas samedi prochain, date prévue normalement pour le report de la manifestation programmée le samedi d’avant, mais annulée pour cause de mauvais temps annoncé. Vous me suivez ou je recommence?

Un papillon orange vient d’être collé un peu partout à la Jonction sur les annonces de la manifestation, afin d’indiquer ce nouveau changement de date «pour cause de beau temps», cette fois-ci. On s’en réjouit d’avance.

Mais pourquoi tenir ainsi compte des caprices de la météo? Le vélodrome, c’est bien ce circuit fermé où pédalent les cyclistes, à la Queue-d’Arve?

Erreur! Le Vélodrome en question est un square joliment arborisé et aménagé où les gens des immeubles voisins se rendent pour se ressourcer. Ou se retrouver. En cette fin de journée printanière, il y aura donc à boire et à manger et la projection du film «Les temps modernes» de Chaplin. Chaises longues à disposition, couvertures conseillées, est-il précisé. Sage précaution. Car malgré tout, nous sommes au mois de mars, ou je me trompe?

Ordre plus contrordre égale parfois aussi retour à la case départ…

Je vous avais parlé des difficultés rencontrées par Brigitte qui ne pouvait plus se faire livrer par la Poste des paquets volumineux destinés aux soins pour son fils handicapé. La faute à un nouveau règlement appliqué à la lettre.

Eh bien le problème est réglé! Suite à ses protestations, le géant jaune a revu sa copie et accepté que le facteur fasse une exception pour elle. Et dépose les paquets devant sa porte. En bon ordre!

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28/03/2017

Le printemps de la poésie

Il y a comme ça des êtres qui éprouvent le besoin viscéral d’exprimer ce qu’ils ont en tête et de le faire savoir loin à la ronde. Mais vu que personne ne leur tend le micro pour demander leur avis, ils se débrouillent tout seuls. Ils utilisent alors les murs des villes pour y déverser le fond de leurs pensées.

Des pensées assez sombres, ma foi, tracées au spray, à la va vite, la rage au ventre. Elles peuvent se limiter à de simples obscénités, crachées à la face des passants qui n’y peuvent rien. Ou se transformer en slogans vengeurs, voire en déclarations définitives: «Genève, ville morte»; «Mort aux banques»; «Pays de merde.» Amis de la poésie, bonjour!

Ces pensées anonymes se font aussi préventives, à l’image du regretté «Tourne, eh, connard!» du plateau de Frontenex, invitant les automobilistes à braquer ferme vers les Eaux-Vives, sous peine de rentrer droit dans le mur.

Elles sont un tantinet nunuches lorsqu’elles parlent d’amour toujours; énigmatiques avec ce «Pierre Maudet n’a pas dit bonjour» figurant devant le chantier du Grand Théâtre; reconnaissantes sur les palissades du CEVA, à Champel, où un «MERCI!» a fleuri.

Devant toutes ces pensées déversées pêle-mêle sur la voie publique, je ne savais pas trop à laquelle m’attendre en allant regarder de plus près ce texte placardé sur une borne électrique et qui me faisait de l’œil.

Un nouveau manifeste? Un avis de recherche? Non. Un poème!

Quelqu’un avait pris la peine de recopier, en entier, «Il était une feuille» de Robert Desnos, de tirer ce texte et de le coller en ville sur un lieu de passage.

Alors j’ai pris le temps de lire «Il était une feuille avec ses lignes/Ligne de vie/Ligne de chance/Ligne de cœur…»

Et je ne vous dis pas quel bien ça fait de se laisser ainsi happer par la poésie, un matin du mois de mars, au carrefour de Rive, au milieu des klaxons…

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25/03/2017

Les pendules à l'heure

Genève cultive depuis des siècles tout ce qui permet de mesurer le temps avec précision, complications et raffinement. Aujourd’hui encore, le canton est top chrono: à Plan-les-Watch, de grandes manufactures de montres de luxe poussent en rang d’oignons sur les terres maraîchères…

Nous sommes ici à la pointe de l’industrie horlogère suisse, au cœur d’un savoir-faire extraordinaire qui fait vivre toute une région.

On pourrait donc penser que ses habitants, familiarisés aux «tic-tac» dès leur prime enfance, soient à l’aise avec leur tocante. Que rien ne leur échappe dans le comptage du temps qui passe.

Or en cette fin de semaine, le passage annoncé à l’heure d’été va en déboussoler plus d’un. Dimanche, en sortant des plumes à pas d’heure, la question sera sur presque toutes les lèvres barbouillées de sommeil.

Euh, au fait, on avance ou on recule les aiguilles de la montre? Je perds ou je gagne une heure?

C’est toujours le même dilemme. Et dure depuis 36 ans déjà! C’est extraordinaire, cette résistance au changement de soixante petites minutes dans sa vie. A croire que les gens ne l’ont pas encore digéré. Et encore moins assimilé. Tout ça parce que notre horloge biologique serait ainsi bidouillée.

Des études disent qu’il faut compter une vingtaine de jours pour que notre corps retrouve ses marques après un tel changement. Peut-être.

Mais que sont finalement ces petits troubles passagers par rapport au plaisir que nous apporte l’heure d’été? Ces fins de journée qui s’étirent et la nuit qui se couche toujours plus tard…

Au fait, j’allais oublier le principal: dimanche, on avance sa montre, donc, et on perd une heure de sommeil. Tant pis, on se rattrapera en octobre. Il sera alors  à nouveau temps de remettre les pendules à l’heure!

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23/03/2017

Toujours fraîche et dispose

Suffit d’ouvrir le robinet. Et elle arrive. Toujours fraîche et dispose!

Elle se glisse aussi bien dans nos gosiers que dans les tuyaux de douche ou d’arrosage. Elle se consomme les yeux fermés, tant elle est réglo. Elle? L’Eau de Genève, bien sûr!

Oui je sais, c’était hier, la journée internationale de l’eau. Mais bon, j’étais pas là, alors on ne va pas chipoter. Car même si on lui fait la fête une seule fois par an, elle nous est vitale au quotidien, et on n’est pas à un jour près pour lui rendre hommage.

Quand on vit, comme nous, sur des immenses stocks d’or bleu, on ne se rend plus bien compte de la chance qu’on a de posséder pareille richesse. L’eau potable qui coule du robinet provient à 80% du grand réservoir qu’est le lac Léman, et pour le reste de nappes phréatiques.

Et puis ce trésor naturel est géré par une entreprise de service public. Pas de risque de voir ainsi ce précieux liquide faire l’objet de trafic ou de spéculation, comme c’est le cas dans de trop nombreux pays.

Notre eau est donc entre de bonnes mains et on peut la boire jusqu’à plus soif sans craindre pour sa santé ou sans avoir à se ruiner. Nous sommes d’ailleurs toujours plus nombreux à consommer régulièrement cette denrée alimentaire de première nécessité.

Rassurez-vous, je ne touche pas de pots-de-vin des SIG pour vanter l’Eau de Genève!  

Simplement, à l’heure où beaucoup de ménages peinent à joindre les deux bouts, il faudrait se rappeler que notre bonne eau potable est 100 à 500 fois moins chère qu’une eau en bouteille. Une info que je tiens de bonne source!

Une famille de quatre personnes économiserait ainsi de 400 à 2000 francs par an en renonçant à acheter de la flotte sous plastique et en utilisant l’eau du robinet. Celle qui est toujours fraîche et dispose...

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21/03/2017

Un jour sur deux

Vous savez la dernière?

A partir d’aujourd’hui, je vais sortir un jour sur deux. Dans le journal, bien sûr! Ou sur ce blog. Autrement, n’ayez crainte, je prends toujours l’air au quotidien, c’est recommandé par la Faculté.

A partir d’aujourd’hui, disais-je, ce sera un jour avec, un jour sans notre rendez-vous habituel autour d’un petit café bien serré. Et ce rituel va un peu me manquer. C’est ainsi, je suis une grande sentimentale.

Mais bon, quand les temps changent, il faut bien se serrer les coudes, dans la vie comme dans les pages de la Julie. C’est pourquoi je troque ma longue colonne contre ce joli carré frais où vous me découvrez présentement. Plus près encore de toi, Herrmann, quelle chance! Je partagerai cet espace avec une nouvelle chronique intitulée «Il y a 50 ans dans la Tribune.»

Nous allons donc faire une maille à l’endroit, une maille à l’envers, et ainsi de suite, pour vous tricoter un ensemble varié. On verra si Genève, c’était mieux avant, comme dit le slogan. Ou pas.

Peut-être arriverons-nous à savoir si les habitants du bout du lac rouspètent, s’émeuvent, se querellent ou rigolent pareil hier et aujourd’hui.

Aujourd’hui?

Oui, Julie, il est temps de revenir sur terre. De regarder ce qui se trame là, sous tes yeux. Tandis que tu ralentis drôlement le rythme, il en est une qui turbine à une cadence d’enfer, sans rien dire: dame Nature met ces jours les bouchées doubles, voire triples pour être fin prête.

Les bourgeons des arbres explosent, les fleurs des pruniers embaument, les insectes sortent de leur réserve, la sève monte.

Aujourd’hui, le printemps est arrivé! C’est pas une bonne nouvelle?

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20/03/2017

Tout se complique

«Ma Poste est où j’en ai besoin.»Brigitte aimerait y croire! Ça l’arrangerait bien que cette pub jaune dise vrai. Car en réalité, sa poste n’est plus où elle l’attend. A savoir à sa porte, avec le facteur lui livrant, comme d’habitude, les nombreux paquets de langes et d’alèses nécessaires à son fils adulte, infirme moteur cérébral.

Car le temps de ce service est révolu. Rentabilité oblige, les petites mains du géant jaune ont désormais interdiction d’entrer dans les allées lorsque les boîtes aux lettres sont situées à l’extérieur des immeubles.

Ces messagers ont ainsi reçu l’ordre d’appeler les destinataires de colis par interphone pour qu’ils viennent les chercher. Si personne ne répond, ils laissent des invitations à retirer ces envois au bureau postal. Point barre.

Mais voilà. L’allée de Brigitte ne possède pas d’interphone, pas de code. Il suffirait au facteur de pousser la porte d’entrée, de faire trois pas pour sonner à l’appartement du rez-de-chaussée. Mais non, trop simple. D'ailleurs il n’en a plus le droit.

La dame s’est rendu compte de cette nouveauté après avoir attendu plusieurs fois, et en vain, ses commandes. Elle était pourtant restée chez elle pour réceptionner les colis, mais n’avait reçu que des invitations à se rendre à la poste. Ce qu’elle a dû faire, en compagnie de son fils en chaise roulante.

Pour s’épargner ces complications et tensions inutiles, faut-il donc qu’elle fasse le guet pendant des heures devant son domicile pour réussir à harponner ses huit paquets au passage du camion jaune?

Il y a plus simple: la Fondation Cerebral trouvera un autre mode d’envoi pour que ces langes et alèses arrivent là où Brigitte en a besoin…

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18/03/2017

Musarder en paix

Le beau temps s’est installé ces derniers jours sur la région. Et avec lui revient un peu de cette douceur de vivre qui nous faisait tant défaut lors des grisailles passées.

Au contact de la nature qui s’éveille, on se sent soudain tout chose. Tout mou. Pour peu, on s’allongerait dans l’herbe fraîche pour assister en direct à l’éclosion d’un bourgeon ou à la pousse d’une fleur, en s’émerveillant devant cette perfection.

On a la vie devant soi, c’est bientôt le printemps! Et l’on en bâille de satisfaction. Ah, que c’est bon…

Les stands de glace sont ouverts sur les quais et les passants s’en mettent tranquillement plein les babines, en tombant la veste. Dans les rues voisines, des places de stationnement commencent à disparaître, en plein Salon de l’auto, au profit de terrasses.

Ce sont des signes qui ne trompent pas. Le temps de musarder est arrivé!

Pourtant, certains humains n’ont pas compris le message printanier. Faut-il qu’ils soient sourds!

Lorsqu’ils s’expriment à voix haute, ils mettent constamment le turbo, au lieu mettre de la pédale douce. Ils caquettent à tout berzingue aussi bien à la table du bistrot d’à côté que dans le poste ou à l’écran.

Ça devient une manie. Ces parleurs se plaisent à causer vite. De plus en plus vite. A croire qu’ils font la course. Mais pour aller où, et gagner quoi? D’ailleurs, c’est à se demander s’ils parviennent à reprendre leur souffle, au milieu de ces tirades express.

Qu’ont-ils de si pressant à communiquer qui ne puisse attendre un chouïa? Alors on se calme, on ralentit le débit, et on respire le printemps!

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17/03/2017

Passages sous voies

Le passage de Montbrillant, collé contre la gare de Cornavin, devrait un beau jour voir la vie en jaune. En doré même, si le projet de réhabilitation de ce lieu glauque se concrétise enfin.

Les milliers de personnes qui chaque jour transitent par là s’en réjouissent déjà. Tout en se demandant ce qui pourrait retarder encore sa réalisation. On est à Genève, n’est-ce pas…

Mais il y a plus grave que le passage de Montbrillant, me signale Bernard. Et ce condensé de coin chagrin se trouve à deux pas de là, précisément sous le pont de la Rue- de-la-Servette.

Comme tout passage sous voies, il est d’un naturel peu amène, sali par les gaz d’échappement, négligé, mal éclairé.

On s’y bouscule pourtant: un arrêt TPG attire en ce triste lieu les usagers de cinq lignes de bus. Des bancs alignés contre les murs en catelles grisâtres sont mis à leur disposition. Mais ce sont les habitués du «Quai 9» voisin qui en profitent le plus souvent. Ambiance sous les voies!

Entre les deux sites évoqués plus haut se faufile encore le passage des Grottes. Du temps du Pathé Rialto, il n’était guère folichon. Mais depuis la fermeture des sept salles de cinéma, qui remonte à un an déjà, il est devenu carrément sinistre. Ça pue l’urine à plein nez et l’abandon crasse. Dommage. Ce grand couloir urbain mériterait meilleur sort.

Or dans le périmètre de ces passages sans âme trône la Haute Ecole d’art et de design Genève. Ne pourrait-elle pas faire de ces lieux proches des sujets d’étude? Et demander à ses étudiants d’habiller ces tristes murs? Ça permettrait de joindre ainsi l’utile à l’agréable.

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