21/10/2016

Le timbre en plus

Il n’y a pas de petites économies. Même la Poste suisse le sait.

Jusqu’à présent, si vous désirez payer vos factures sans vous rendre au guichet à la fin du mois avec les bulletins roses et des liasses de billets, c’est plutôt simple. Suffit d’envoyer vos ordres de paiement dans une enveloppe ad hoc préaffranchie, de la glisser dans la première boîte jaune venue, et PostFinance se charge du reste.

Pour ce service pratique, 5 francs par mois sont perçus par le géant jaune. Notez que c’est gratuit à partir d’un patrimoine client moyen de 7500 francs. Ce qui est toujours bon à savoir.

Bref, tout ça, c’est du passé.

Car il faut maintenant acheter un timbre à la Poste pour lui adresser le pli contenant les ordres de paiement. C’est tout neuf, ça vient de sortir: la mesure date du mois de septembre.

Mais n’allez pas jeter pour autant les anciennes enveloppes prépayées, si vous en avez encore au fond des tiroirs. Elles peuvent être utilisées jusqu’à l’écoulement du stock. Indéfiniment…

Faut-il encore préciser que les frais liés à la gestion du compte privé par PostFinance restent? Le timbre vient juste en plus. C’est une nouvelle taxe, en somme, assez discrète, qui passera comme une lettre à la poste.

Est-ce une manière pour la société de pousser ses clients à effectuer enfin leurs opérations en ligne, de manière simple, pratique et gratuite? Même pas, me dit-on du côté de Berne.

Les clients sont rois, n’est-ce pas? Ce sont eux qui décident comment ils souhaitent faire leurs paiements.

Encore heureux!

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20/10/2016

L'arbre qui bruissait

Un seul hêtre vous manque, et tout est dépeuplé…

Faut dire qu’il prenait de la place, cet arbre, lui qui montait la garde à l’entrée du cimetière des Rois depuis une bonne centaine d’années. Pour nous autres humains, il avait toujours été là. Fidèle au poste.

Il était une masse de verdure et d’ombrage à la belle saison, un écran naturel entre le parc et la rue, une force tranquille.

Et puis en juin dernier, il a craqué. Un bruit sinistre. Les tronçonneuses l’ont alors rayé du paysage urbain. Ne reste de sa splendeur passée d’hêtre qu’un tronc amputé net, appuyé sur la tombe de l’ancien magistrat Alfred Vincent. Celui qui a une rue aux Pâquis.

Quand l’arbre majestueux était encore de ce monde, il rythmait notre quotidien sans faiblir, son feuillage marquant les saisons et abritant les oiseaux de passage.

C’est d’ailleurs maintenant que son absence se fait le plus sentir. Sans lui, plus de vol d’étourneaux sous les fenêtres de la Julie, plus de respiration sonore, lorsqu’un vol prenait ses branchages d’assaut. Il bruissait alors de pépiements joyeux.

Soudain, le silence revenait, signal qu’un départ était imminent. Et hop, des centaines de passereaux s’élançaient à nouveau dans le ciel pour y dessiner d’étranges formes mouvantes et graciles. Un régal pour les yeux.

A moins qu’ils ne viennent crécher dans un arbre voisin, comment savoir désormais que le temps des étourneaux est revenu?

Un seul hêtre vous manque, et tout est dépeuplé. C’est bien connu!

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19/10/2016

Un rat d'immeuble

Certains humains sont ainsi faits. Ils adôôôôôrent leurs amies les bêtes, en veulent souvent une là, tout de suite. Alors ils l’ont. Et puis ils s’en débarrassent à la première contrariété.

Parce que ces petites boules de poils ne sont pas uniquement conçues pour leur donner de l’affection. Elles réclament des soins, elles peuvent salir et coûter cher. Quel dommage…

Et c’est ainsi que ces charmantes bêtes se retrouvent un jour lâchées dans la nature. Ou ailleurs.

En sortant de son logis carougeois, dimanche, une locataire n’a vu qu’elle: une longue queue nue sur son paillasson. Et puis un animal au bout. Le tout formant un rat! Mal en point, le rat…

Que fait-il là? Pendant que la dame immortalise la scène, sa voisine appelle les pompiers. Qui d’autre, dans ce cas? Allô, y’a un rat sur le palier, je fais quoi?

Le temps qu’ils rappliquent au galop, le rongeur est déposé au fond d’un seau. Les sauveteurs livrent alors leur diagnostic: la bête a été abandonnée là par quelqu’un, car elle n’aurait jamais pu grimper sept étages de toute seule dans cet état. Mais abandonnée par qui?

Les hommes du feu prennent le petit mammifère et le déposent à la clinique vétérinaire de Chêne-Bougeries. Aux dernières nouvelles, c’était un rat d’égout de trois semaines, déshydraté et affamé. Et qui, malgré les bons soins de la vétérinaire, a rejoint le paradis des rats. Il devrait bientôt ne plus être seul.

Car dans le même immeuble carougeois, ce jour-là, un autre rat a été vu au sous-sol. Assez leste, celui-là. Une deuxième bête abandonnée par son propriétaire, ou une vraie invasion?

On parle aujourd’hui de dératisation...

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18/10/2016

La grosse coupure

A l’ère des cartes en plastique, avoir du liquide dans son porte-monnaie devient presque une faute de goût. Voire la marque d’un autre temps. Qu’importe. Certains irréductibles préfèrent, encore et toujours, régler leur dû avec de simples billets de banque. Ça ne devrait pas poser de problèmes. Sauf que…

L’autre jour, de retour d’un bref séjour en clinique, Denise passe au bancomat car elle n’a plus un sou en poche. Elle retire alors mille francs pour faire ses payements et quelques courses. La dame a beau demander à la machine de petites coupures, elle n’en reçoit qu’une seule, et une grosse.

Or dans l’immédiat, elle a juste besoin d’aller s’acheter des bananes à la Coop d’en face… Les payer avec un billet de mille, ça risque de pas le faire, se dit-elle in petto. En même temps, ça fait trente-huit ans que je suis cliente dans ce magasin, les caissières me connaissent, elles ne vont pas me refuser ce billet. C’est de l’argent, tout de même!

Pourtant une employée le rejette. Trop gros, ce billet. N’a-t-elle pas de quoi rendre la monnaie, ou tout simplement pas le dispositif nécessaire pour vérifier si c’est un vrai ou un faux? Chez un petit commerçant ou au kiosque du coin, passe encore. Mais dans un supermarché, une telle lacune serait regrettable.

Et si elle avait glissé son billet dans la machine qui remplace les caissières, ça aurait passé comme une lettre à la poste?

C’est finalement une autre cliente qui a sorti son porte-monnaie pour payer les fruits de Denise. Un geste peu banal qui lui a filé la banane!

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17/10/2016

Avoir de l'avance...

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer la vraie signification de l’expression «Avoir de l’avance sur le gâteau?»

Est-ce uniquement lié à un râtelier proéminent qui permettrait à son propriétaire de faire des bouchées plus grosses que celles des autres mangeurs? La chose donnant effectivement bel avantage sur le partage du gâteau…

Est-ce aussi, ou plutôt, une manière de dire que l’on est prévoyant, que l’on a déjà quelque argent devant soi pour disposer des fonds nécessaires, le moment venu?

J’ai un peu sondé autour de moi, mais vu la variété des réponses apportées, le doute persiste. L’expression est donc à éviter. Tout ceci pour annoncer, finalement, que mon Jules a pris cette année de l’avance… sur le programme.

Lui qui ne sort de sa réserve qu’à fin novembre, il s’est distingué samedi soir sur des roulettes à la patinoire des Vernets, en compagnie d’une armada de petits Jules portés par des bénévoles. Cela afin de récolter les premiers sous pour la Thune du Cœur, la cause mise à l’honneur de ce match par le GSHC.

La présence de tous ces animaux porte-bonheur aurait dû donner des ailes à nos Aigles. Las, ils ont perdu. Mais la collecte a gagné 1800 francs et quelques euros, ce qui un bon départ. Merci aux amis sportifs!

Les amateurs de culture genevoise feront aussi bien qu’eux en remplissant d’ores et déjà les tirelires cochons qui squattent au Casino Théâtre à l’entrée, ou à la sortie, de la Revue «C’est bon pour la santé.» Comme le rire, donc.

Et si vous voulez aussi prendre de l’avance pour la Thune, j’ai une petite réserve de Jules. Qu’on se le dise!

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Avoir de l'avance...

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer la vraie signification de l’expression «Avoir de l’avance sur le gâteau?»

Est-ce uniquement lié à un râtelier proéminent qui permettrait à son propriétaire de faire des bouchées plus grosses que celles des autres mangeurs? La chose donnant effectivement bel avantage sur le partage du gâteau…

Est-ce aussi, ou plutôt, une manière de dire que l’on est prévoyant, que l’on a déjà quelque argent devant soi pour disposer des fonds nécessaires, le moment venu?

J’ai un peu sondé autour de moi, mais vu la variété des réponses apportées, le doute persiste. L’expression est donc à éviter. Tout ceci pour annoncer, finalement, que mon Jules a pris cette année de l’avance… sur le programme.

Lui qui ne sort de sa réserve qu’à fin novembre, il s’est distingué samedi soir sur des roulettes à la patinoire des Vernets, en compagnie d’une armada de petits Jules portés par des bénévoles. Cela afin de récolter les premiers sous pour la Thune du Cœur, la cause mise à l’honneur de ce match par le GSHC.

La présence de tous ces animaux porte-bonheur aurait dû donner des ailes à nos Aigles. Las, ils ont perdu. Mais la collecte a gagné 1800 francs et quelques euros, ce qui un bon départ. Merci aux amis sportifs!

Les amateurs de culture genevoise feront aussi bien qu’eux en remplissant d’ores et déjà les tirelires cochons qui squattent au Casino Théâtre à l’entrée, ou à la sortie, de la Revue «C’est bon pour la santé.» Comme le rire, donc.

Et si vous voulez aussi prendre de l’avance pour la Thune, j’ai une petite réserve de Jules. Qu’on se le dise!

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15/10/2016

Finie la rigolade

Quoi de neuf, du côté des nuisances nocturnes de la rue de Montchoisy et du préau de l’école des Vollandes?

Aux dernières nouvelles, ça nuisait toujours. Isabelle, qui crèche aux premières loges, a craqué l’autre soir. De guerre lasse, elle a balancé un truc sur la tête des jeunes foireurs. Oh, rien à voir avec la marmite de soupe de la Mère Royaume. Juste une petite cuvette d’eau froide pour calmer leurs ardeurs.

Sauf qu’elle a eu droit à l’Escalade! Un excité est monté tambouriner à sa porte pour discuter. Mais la lanceuse d’alerte n’a pas ouvert. Pas folle la guêpe. Les menaces ont alors fusé.

Et le lendemain, les représailles annoncées étaient bel et bien exécutées: une porte de son palier était badigeonnée de merde. Sauf que c’était pas la sienne. De porte, bien sûr.

Depuis, Isabelle fait gaffe. Elle évite de sortir seule quand le soir tombe et surveille qui sonne à sa porte à travers son guignard. Elle et ses voisins ont reçu pour consigne d’appeler le 117 en cas de problème. Ambiance!

Faut dire que la médiation promise entre les services compétents et les jeunes a échoué. Les polices municipale et cantonale ont donc décidé d’intensifier les patrouilles répressives en soirée dans le secteur.

Les identités des jeunes qui créent des nuisances vont être relevées de manière systématique, dit-on en haut lieu. Mieux. Ils seront verbalisés, en cas de troubles à la tranquillité publique.

Avec effet rétroactif? Ils sèment la zizanie dans le quartier depuis des mois en toute impunité… Bref. D’autres types d’actions sont possibles en fonction de l’évolution de la situation, nous assure-t-on.

Finie la rigolade!

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14/10/2016

Punaises, le retour

La suite d’hier. Les punaises de lit sont donc de retour dans la chambre à coucher de Marilou. Quelle tuile! Elle en perd le sommeil et l’appétit.

Car elle n’a plus le courage de tout recommencer, le nettoyage, la désinfection, la congélation. Tout ça à quoi bon, puisque ces bêtes reviennent?

Cette dame âgée n’a plus qu’une idée en tête. Quitter son logis et trouver un appartement protégé où elle serait indépendante, tout en étant en sécurité.

Sa fille entreprend des démarches. Mais elle a un défaut: elle est honnête! Elle explique l’urgence qu’il y a pour sa mère de déménager. Elle donne aussi toutes les garanties pour que les punaises ne soient pas du voyage. A tant les traquer, elle a fini par tout savoir sur le mode opératoire de ces sales bestioles…

«Désolé, l’honnêteté ne paye pas! On ne prendra pas votre maman dans nos maisons!» lui dit-on alors. Comme si sa mère était une pestiférée! C’est fou comme la peur ou la méconnaissance d’un sujet font dire n’importe quoi.

Les semaines filent, les tentatives de relogement échouent et la locataire déprime grave. Très affaiblie, elle est aujourd’hui hospitalisée. Les punaises, faut-il le préciser, ne l’ont pas suivie…

Elles sont restées dans sa chambre à coucher, où des entreprises sont à l'oeuvre cette semaine. Ses vieux meubles sont détruits, son lit aussi. L’appartement va être à nouveau désinfecté à grands frais et ses affaires congelées. Et après?

Après, il faudrait qu’en sortant de l’hôpital, Marilou ne retourne plus chez elle. Qu’elle reparte de zéro, ailleurs, et vive tranquille dans ses nouveaux meubles. Sans punaises. Ce serait la moindre, à son âge. Qui peut l’aider?

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13/10/2016

Punaises, l'arrivée

Elle s’appelle Marilou et a 77 ans. L’âge au-delà duquel on ne peut plus lire la revue <i>Tintin</i>. Pas dit pourtant qu’elle ait eu le temps de la feuilleter, à l’époque, quand elle s’occupait de sa famille et faisait des ménages pour faire bouillir la marmite.

Depuis qu’elle est à la retraite, cette grand-maman n’aspire qu’à couler des jours paisibles dans l’appartement où elle vit depuis trente-sept ans. Un logis fatigué, certes, mais d’une grande propreté.

Or voilà qu’en mai 2015, elle est piquée dans son sommeil par des punaises de lit. Pour Marilou, c’est le début de la fin.

Avec l’aide de sa fille, tout est alors entrepris pour se débarrasser de ce fléau, arrivé d’on ne sait où. Un chien spécialisé vient renifler les pièces, une entreprise rodée dans la lutte contre ces bestioles désinfecte le logis. Ses objets personnels sont congelés et son lit détruit.

Tout ceci coûte bonbon. Si la régie prend en charge la pose des produits chimiques, le reste est pour sa pomme. Et ce n’est pas rien pour un budget comme le sien. Car elle doit encore acheter, à crédit, lit, sommier, matelas.

Quand elle rentre après la désinfection, le problème semble réglé. Chez elle du moins. Mais les autres appartements de l’immeuble n’ont pas tous été traités. C’est pas très malin.

Parce qu’en mai dernier, rebelote! Les punaises débarquent sans crier gare et attaquent Marilou dans son nouveau lit. Une horreur. Dégoûtée, la vieille dame condamne alors sa chambre à coucher et s’en va dormir, pendant des mois, sur le canapé du salon.

La suite demain, si tout va bien.

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12/10/2016

Le froid dedans...

Lundi matin, école des Charmilles.

En entrant dans le bâtiment scolaire, le directeur sent comme un coup de froid lui tomber dessus. Ça caille autant dedans que dehors, la bise en moins. Et ce n’est pas qu’une impression: il fait entre 10 et 15 degrés dans les 19 classes de l’établissement…

Oh là là, ça va pas le faire!

Le responsable de l’école en a sans doute des sueurs froides. Comment assurer la prise en charge de 360 élèves dans ces conditions? Leur dire de venir avec des écharpes et des moufles? Pas terrible, pour la dictée ou les travaux manuels. Leur dire de rester au chaud à la maison? Trop tard, ils arrivent déjà.

Alors pendant que la Ville de Genève cherche en urgence un chauffagiste pour s'occuper de la chaudière, le corps enseignant se démène pour occuper tant bien que mal les enfants refroidis. Mais bientôt, il se prépare à les libérer pour l’après-midi, car le brûleur en panne ne peut être réparé à temps.

Victoire, chantent aussitôt les élèves, en rentrant chez eux avec une lettre informant leurs parents de la situation. Un après-midi de congé inespéré!

Ceux qui ne peuvent être pris en charge par des proches resteront à l’école, où une permanence est assurée. Grâce à la coordination entre l’équipe pédagogique et le parascolaire, «aucun enfant n’a été lâché dans la nature» nous assure le Département. Notez qu’il aurait fait la même température dehors que dedans!

Après ce couac rarissime si tôt dans la saison, tout comme ce froid, la chaudière fonctionnait à nouveau mardi. Les élèves sont donc retournés en classe. La récré glacée n’aura pas fait long feu…

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11/10/2016

Galerie de portraits

On en croise du monde ces temps-ci sur le quai Wilson!

En plus des habituels promeneurs du dimanche ou des coureurs du petit matin, une centaine de femmes et d’hommes campent près du lac.

Le regard droit, plein d’assurance, ils toisent les passants depuis de grands panneaux alignés le long de la promenade des Genevois. Ces portraits sont l’œuvre d’Oliviero Toscani, regroupés sous le nom de «Razza Umana». Ils sont présentés là par le Haut-commissariat pour les droits de l’homme.

Les individus mis en valeur sont comme vous et moi. Ils habitent un peu partout sur la Terre, ils ne sont ni des mannequins, ni des acteurs ou autres célébrités. Juste des êtres croisés un beau jour par le photographe en quête de sujets. Il leur a alors demandé de poser sur un fond blanc et de fixer des yeux son objectif.

Oliviero Toscani dit avoir ainsi immortalisé plus de 80 000 personnes dans le monde entier. Toutes uniques. Toutes différentes. Et toutes avec une certaine intensité dans le regard. Voilà de quoi enrichir son travail de longue haleine sur la diversité du genre humain.

Ces photos n’ont donc pas été prises au bout du lac pour montrer le côté cosmopolite de la cité, comme me l’affirmait un lecteur. Il déplorait qu’il n’y ait pas de «vieux Genevois» dans la galerie de portraits. Comment en être sûr, puisqu’ils ne sont pas légendés?

Car c’est bien là le propos de l’expo. D’où qu’il vienne, quelque soit son sexe et la couleur de sa peau, chaque être humain est unique, précieux et respectable. A voir par tous les temps.

Quai Wilson, jusqu’au 31 octobre

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10/10/2016

Chère ambulance

Comment limiter les coûts de la santé, disions-nous? En évitant les frais inutiles, par exemple. Ce serait déjà un bon début.

Ainsi Martha. Cette dame âgée va un jour consulter dans une clinique car elle réagit mal à un médicament et que ça l’inquiète un peu. Sur place, on prend la chose suffisamment au sérieux pour lui faire des examens sanguins et tout le tintouin.

Réflexion faite, estiment les blouses blanches de la maison, ce serait préférable qu’elle se rende à l’Hôpital cantonal, mieux outillé pour régler ce problème.

Très bien, dit l’octogénaire, qui rassemble ses affaires et s’apprête à commander un taxi pour le trajet entre la clinique et les HUG.

Mais vous n’y pensez pas, Madame, lui dit-on. Quelle insouciance, à votre âge. Sait-on jamais ce qui pourrait vous arriver. On n’est jamais assez prudent.

La patiente a beau protester, rien n’y fait. Une ambulance est appelée, et voilà notre dame embarquée dans le véhicule spécial, où aucun soin ne lui sera prodigué en cours de route. Normal, elle n’en avait pas besoin…

A l’arrivée, rebelote. Elle repasse les mêmes examens que ceux qu’elle vient de subir en clinique. Bonjour les doublons. Bonjour les frais. La situation la fait enrager, ce qui n’est pas bon pour la santé.

Mais tout ça n’est encore rien comparé à la mouche que Martha a piquée devant la facture de sa chère ambulance non désirée.

On nous demande de faire des économies, et le système vous pousse à dépenser toujours plus, s’irrite Martha. Et vous trouvez ça normal?

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08/10/2016

Le vol des cormorans

Une masse nuageuse fait couvercle ces temps-ci sur nos têtes. Le ciel semble être descendu d’un cran.

Comme si cela ne suffisait pas à nous faire rentrer le cou dans les épaules, cette grisaille générale est trouée depuis quelques jours par des vols de cormorans.

Noir sur gris, ça pourrait vite plomber l’ambiance. Il y a plus joyeux, dans les cieux!

Mais ces grands oiseaux sombres qui survolent nos plans d’eau en imposent, par leur silhouette semblable à des croix, et par leurs formations groupées en forme de V qui s’étirent ou se rétractent comme des respirations. C’est de toute beauté!

Ces cormorans-là nous viennent des pays du Nord. Ils descendent se mettre à l’abri des grands froids sévissant au Danemark et environs pour faire halte dans nos régions poissonneuses. Alors forcément, ça coince du côté des pêcheurs. Ils préféreraient les voir plonger pour se nourrir ailleurs qu’ici.

Les amis de ces oiseaux migrateurs diront qu’ils ne consomment pas tant de poissons que ça. Ils se contenteraient de 300 à 350 grammes de pitance au quotidien. N’empêche.

Sachant que ces invités de passage sont estimés entre deux et trois mille individus et qu’ils s’ajoutent aux 1800 cormorans nicheurs séjournant déjà du côté du lac de Neuchâtel, ça fait soudain du monde!

A combien de kilos s’élèverait alors la prise hebdomadaire de ces oiseaux? Je vous laisse calculer, j’aime pas trop les chiffres. Mais ça doit faire son poids!

Les pêcheurs professionnels ont sans doute raison de ne pas aimer les vols de cormorans. Moi, je m’en régale!

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07/10/2016

La main tendue

A l’ère des SMS et des réseaux sociaux, les cartes postales sont à la peine. Et pourtant: choisir l’image derrière laquelle on écrira à ses proches un mot de circonstance fait partie du rite des vacances. Comme le fait de s’y prendre toujours au dernier moment…

Après un mois passé les doigts de pieds en éventail à Palma de Majorque, Geneviève prend l’avion pour Genève. Le contrôle de sécurité effectué, elle se rappelle soudain de la carte écrite à une amie et qui traîne dans son sac depuis des jours. Or dans la zone d’embarquement, plus trace de boîte aux lettres.

Au duty free où la vacancière sur le retour trompe son ennui, une vendeuse lui propose des eaux de toilette. Elle lui répond qu’au N° 5, elle préférerait une boîte où glisser son courrier... Et bien que ce ne soit pas de son rayon, l’aimable señorita s’engage à poster la carte de cette cliente après son travail.

Geneviève confie alors sa missive oblitérée à la vendeuse, qui la glisse dans son tiroir plein de parfums. Elle va sans doute l’oublier, se dit-elle. Comme je l’ai fait. Toujours est-il que quelques jours plus tard notre voyageuse reçoit le téléphone de l’amie la remerciant pour sa carte, un vrai rayon de soleil! Alors muchas gracias à la señorita.

Et merci d’avance à l’Ensemble Instrumental Romand qui donnera un concert de soutien en faveur de la Main Tendue et de son fameux numéro d’appel 143.

La formation, placée sous la direction du maestro Eric Bauer, jouera des œuvres de Bach, Schönberg et Haydn. Le concert a lieu au temple de la Madeleine dimanche 9 octobre à 18 h. Entrée libre et collecte à la sortie. On y court!

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06/10/2016

Fraîche, l'ambiance

La fête est finie.

Dans les rues, les jambes nues des filles sont désormais recouvertes de collants; les souliers fermés remplacent les espadrilles; les cous se cachent sous des écharpes; les bras se glissent dans des vestes; les amoureux marchent enlacés plutôt que main dans la main.

Les temps frisquets sont revenus.

Les promeneurs pressent alors le pas; les terrasses se vident; les cheminées fument; les visages se ferment et la nuit tombe toujours plus vite qu’avant. Faudra s’y faire…

Sur le pont des Bergues, la nature en ville montre aussi quelques signes d’essoufflement. Les feuilles virent au brun, les fleurs se fanent. Il n’y a plus grand monde pour se prendre en photo devant les arceaux végétalisés.

Les gens préfèrent lorgner du côté du pont de la Machine, où le spectacle est assuré. Une barge a été installée en début de semaine sur ce plan d’eau et des plongeurs s’activent depuis mardi, sous le regard des curieux.

Car ces travaux lacustres ne sont pas de la rigolade. Les plongeurs s’attaquent à du gros, du lourd, du symbolique: ils enlèvent les huit pieux rouges qui soutenaient la piscine du bicentenaire. Une vieille histoire, donc.

Ces reliquats des bains lacustres en forme de croix suisse pointaient la tête hors de l’eau depuis l’hiver dernier, servant de perchoirs aux mouettes. Là, ils vont dégager définitivement.

Plus vite dit que fait: ces pieux fichés dans le lit du Rhône doivent être sciés à la base et évacués. Comment? Les pros nous l’expliqueront peut-être. En attendant, il n’y aura bientôt plus du tout trace de ces bains suisses.

La fête est finie.

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05/10/2016

L'enfance meurtrie

timbre.pngLa Poste suisse a eu une excellente idée. Elle a créé et mis en circulation, le 8 septembre dernier, un timbre-poste à un franc pour les lettres prioritaires avec une surtaxe de 50 centimes.

En quoi est-ce positif de payer plus cher un service qui l’est déjà bien assez, me direz-vous?

Eh bien parce que cette surtaxe est reversée «au fonds d’aide immédiate pour les personnes victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extrafamiliaux avant 1981» explique la Poste sur son site.

Autrement dit en achetant ces timbres spéciaux, on aide concrètement ces anciens enfants placés, ceci dans la mesure de nos moyens. Et on reconnaît la souffrance endurée par ces garçons et filles arrachés à leur famille pour être mis dans des institutions ou chez des particuliers. Soi-disant pour leur bien.

En réalité, ils ont souffert tous les maux et ne se sont pas tous remis de leur enfance meurtrie. Ces tourments demandent réparation. L’idée de lever des fonds complémentaires par le biais de timbres surtaxés est donc excellente.

Encore faudrait-il les trouver! Car si la Poste assure avoir communiqué tout bien tout juste à leur sujet, à l’externe comme à l’interne, certains employés ignorent encore tout de ces timbres avec profil d’enfant et coquelicots.

Il faut donc insister pour les obtenir car tous les offices genevois en ont, m’assure le géant jaune à Berne. Bien.

Alors on les demandera. Même s’il faut patienter des plombes derrière le seul et unique guichet qui les met en vente. Même s’il faut payer un peu plus l’affranchissement de son courrier A. Les enfants placés ont assez attendu.

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04/10/2016

Le sapin maudit

La malédiction du sapin. Ou le sapin maudit. Ce pourrait être le titre d’un polar venu du grand Nord. Mais c’est juste la réalité, du côté de Perly.

Rarement un végétal de la République aura tant fait parler de lui, et depuis si longtemps. Exception faite, bien sûr, du marronnier de la Treille.

Faut dire que le fameux Sapinou reste un cas à part dans l’imaginaire collectif. Trônant près de la sortie de l’autoroute, ce conifère solitaire se transforme chaque hiver, et comme par enchantement, en messager de Noël, apportant une touche de poésie bienvenue dans le paysage.

L’arbre se retrouve à l’Avent décoré de guirlandes et de boules, sans que la population alentours ne sache qui se cache derrière cette jolie tradition. Et ça fait plus de vingt ans que cela dure. Avec quelques accidents de parcours.

Car Sapinou 3 vient de rendre l’âme. Le voilà tout jaune, tout sec. Or il était en terre depuis moins d’une année. C’est peu. «La sécheresse a bon dos! Faut croire qu’on l’arrose à l’acide…», lâche une dame assez remontée contre la mort prématurée de cet arbre.

Il remplaçait depuis l’automne dernier Sapinou 2, un if chétif qui avait mal supporté la canicule. Lui-même n’avait tenu en place qu’une année, après avoir succédé à Sapinou 1er, scié en 2014, alors qu’il pétait la santé.

Mais alors, pourquoi l’abattre? Parce qu’il pouvait, un jour, gêner la circulation sur l’autoroute. En attendant, ce qui gêne, c’est l’absence de descendance de cette fameuse lignée en ce lieu.

Faudrait assurer la relève, à Perly. Côté résineux s’entend. Pour le reste, j’en sais trop rien!

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03/10/2016

Le verre à moitié plein

Positivons, pour commencer ce mois d’octobre d’un bon pied! Quand les jours diminuent inexorablement et que des temps humides et frais s’annoncent, c’est l’exercice à pratiquer au quotidien pour ne pas sombrer. Positivons, donc.

Pascal me signale ainsi que les gens honnêtes existent encore. La preuve? Alors qu’il venait de faire le plein à une station Shell, il a laissé tomber septante francs de sa poche en sortant ses clés de voiture. Et il a démarré.

Devant la pompe à essence voisine, un scootériste a tout vu, a tout ramassé, et a déposé ces billets à la caisse de la station. Puis il s’est arrangé pour rattraper l’automobiliste au feu rouge suivant et lui signaler la chose.

Quelle agréable et généreuse intervention, s’est dit Pascal. «Comme quoi les deux-roues ne sont pas tous des brûleurs de feux, des doubleurs à droite et autres queue-de-poissonistes!»

C’est bien de s’en rappeler et de ne pas mettre tous les motards dans le même panier. Pareil pour les chauffeurs de taxi, souvent critiqués. Or Helena en a rencontré un qui avait le cœur sur la main. Un homme bien.

Cette dame devait retourner de toute urgence à son boulot à l’Hôpital de Loëx, après avoir appris l’accident de son ex-mari et réconforté ses enfants en ville. Elle a donc hélé un taxi. Une fois dedans, elle a réalisé qu’elle n’avait pas de quoi payer une si longue course.

Mais le chauffeur ne l’a pas déposée en route, comme elle le lui demandait. Il a compris la panade dans laquelle sa cliente était, il a compati et a conduit Helena à son travail, se contentant du billet qu’elle avait en poche. Sympa!

Voilà, j’ai positivé.

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01/10/2016

La semaine cauchemar

Quelle misère, cette semaine! Vivement qu’on arrive au bout du cauchemar, car trop, c’est trop.

Cette semaine calamiteuse s’est ouverte sur les analyses expliquant pourquoi le souverain avait décidé, la veille, de pas augmenter les rentes des personnes à l’AVS. En gros, qu’elles se débrouillent avec ce qu’elles ont, c’est bien assez comme ça. Soit. Les seniors apprécieront.

Droit derrière, nous avons pris dans les dents la nouvelle augmentation des primes maladie. Pan! Ça fait rudement mal dans de nombreux foyers genevois. Or cette douleur ne se soigne pas. Faut faire avec et se la coincer. La gueule de bois est assurée.

Dans la foulée, et comme si cela ne suffisait pas, les employés de ce journal ont appris qu’une vague de licenciements les menaçait. Ça plombe grave les esprits, et le reste aussi.

D’autant que la semaine cauchemardesque n’était pas encore terminée. Elle nous a réservé une nouvelle dont les femmes se seraient bien passées.

Le Conseil national a en effet donné son feu vert pour faire trimer les travailleuses plus longtemps encore. Jusqu’à 65 ans. Alors, vous vouliez l’égalité? Eh bien la voilà. Na!

Notez que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge puisque l’âge de la retraite pourrait grimper à 67 ans pour tous. C’est le pompon!

Des séries comme ça, il n’en faudrait pas trop, car elles nous mettent la tête sous l’eau. Heureusement, celle du lac est toujours bonne pour la trempette, grâce à une météo de rêve.

Enfin une note positive dans cette triste semaine…

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30/09/2016

Entre plaisir et nécessité

Les personnes âgées sont à la fête en cette fin de semaine, avec un Festival qui célèbre tous azimuts les dix ans de Cité Seniors. Joyeux anniversaire, donc!

J’en profite pour faire un clin d’œil à une petite entreprise genevoise développée par de jeunes seniors qui n’entendent pas rester les bras croisés, une fois arrivés à la retraite. Car ils font un boulot formidable.

Ces gens-là ont de l’expérience, des idées claires et du temps libre. Ils sont en mesure d’offrir leurs compétences à qui en a besoin. Enfin offrir, c’est façon de dire: ils se font payer pour le travail effectué, mais à des tarifs raisonnables.

Seniors SOS (comme Seniors Offrent Service) est ainsi né en juillet 2013 et se consacre à l’aide à la personne. Âgée ou pas. Depuis sa création, elle compte plus de 350 clients répartis dans tout le canton et quelque 4000 prestations.

Les plus demandées? Auxiliaire de vie arrive en tête. D’anciennes infirmières viennent ainsi à domicile préparer les repas ou veiller des malades.

Selon leur ancienne profession, les seniors aident aussi à gérer la comptabilité d’un ménage, conduisent les enfants à l’école, assurent le montage de meubles, le voiturage, la rédaction d’un courrier ou le carrelage de la cuisine.

Tous ces échanges créent un lien social bienvenu et permettent à ces personnes qui ont bossé toute leur vie de se sentir encore utiles. Une activité qui procure du plaisir, mais que certains seniors font aussi par nécessité. Ça leur met un peu de beurre dans les épinards. Et c’est meilleur ainsi!

Pour plus d’infos, www.seniors-sos.ch; 022 784 54 52

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