14/01/2017

La P'tite Prune

C’était le soir du réveillon, après un repas bien animé. Au détour d’une conversation, un convive me lance soudain: «Tu connais la P’tite Prune?» «Euh… non.» «Et t’es de la Tribune?» «Euh… oui, j’en suis toujours, aux dernières nouvelles.»

Alors sans plus attendre, mon voisin de table pousse la chansonnette que voici: «Je m’appelle P’tite Prune, je vends la Tribune, je n’fais pas fortune, mais ça n’fait rien…»

Le tout sur le refrain de «Je te fait pouet-pouet, tu me fais pouet-pouet, etc...» interprété en son temps par Bourvil. Une chanson extraite de l’opérette "Elle est à vous" datant de 1929 déjà.

Mais pour en revenir à cette soirée du 31 décembre, je n’en croyais pas mes oreilles. Ainsi donc mon journal et sa vendeuse avaient, un beau jour, inspiré une chanson populaire. Extra! J’avoue que ça m’en a bouché un coin.

«Attends, j’appelle ma maman» poursuit l’ami, devant mon air surpris. Au bout du fil, la Genevoise de 94 ans confirme en fredonnant en direct la P’tite Prune. «C’est comme ça que je la chantais à mes enfants quand ils étaient petits…»

D’où vient donc cette ritournelle? A-t-elle des couplets? Une suite? Impossible d’en savoir plus sur le moment. Ni après, d’ailleurs.

Je me tourne vers vous. Si vous connaissez l’histoire de cette chanson maison, je suis toute ouïe. Ce serait trop dommage qu’elle se perde, elle me semble assez unique en son genre.

Notez qu’on pourrait aussi imaginer des variations en «une» pour combler ces lacunes. Ainsi P’tite Prune rime bien avec Thune. Pour décrocher enfin la lune?

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13/01/2017

Une bonne rentrée

Allez, on va commencer l’année par une nouvelle réjouissante: malgré les rythmes et les horaires de travail qui pèsent lourdement sur leurs épaules, certains chauffeurs des TPG n’oublient pas d’être serviables et sympas. Un exemple?

En ce lundi frisquet de la rentrée, une maman et sa fille de 8 ans rentrent à pied depuis les Tournettes à Veyrier. Il fait déjà nuit quand l’enfant trébuche et s’ouvre salement le genou en tombant sur le goudron.

Impossible de consoler la petite en pleurs et encore moins de la faire marcher. C’est la cata. Le genre de situation bloquée que tous les parents connaissent ou redoutent.

C’est alors que Zorro est arrivé…

Un bus de la ligne 8 qui passait par là freine et s’arrête à la hauteur de la mère et de la fille. Le conducteur s’inquiète. Ont-elles besoin d’aide? Oh que oui, lâchent-elles en chœur.

Il les invite aussitôt à bord de son bus et les véhicule jusque tout près de chez elles, leur proposant même de les déposer entre deux arrêts, si nécessaire. Tout ça avec le sourire en plus.

Mieux qu’Uber. Et encore moins cher. Mais surtout si réconfortant!

Ce devait être un bon jour, ce lundi. Car au même moment, à l’autre bout du canton, la famille Portier accueillait les gens de Perly pour fêter l’Epiphanie en bonne compagnie.

Au menu, pas moins de 36 litres de vin chaud, préparés par Louis, plus quelques galettes pour couronner le roi et la reine du village. Sans oublier la panse de Jules qui récoltait à cette occasion ses dernières thunes. Y’a pas à dire, l’année commence bien!

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12/01/2017

Déclaration d'amour

«Ma chère Carouge, je t’aime fort, et depuis longtemps…» Waouh! Ça, c’est de la déclaration! La Mairie, à qui ce courrier s’adresse, doit en frétiller d’aise. Au début. Après ça se gâte un peu.

Car l’amoureux lui fait vite part de sa déception sentimentale. C’est vrai, à la fin. Pourquoi le punir de la sorte quand il fait tant efforts pour lui plaire?

Au lieu d’aller manger n’importe où dans le canton, c’est à Carouge que Laurent se rend la veille du réveillon. Or la belle roupille un peu en ces Fêtes.

L’homme ne veut pas la réveiller, juste dîner chez elle, en bonne compagnie. Il tournicote dans les rues désertes jusqu’à trouver une auberge ouverte et accueillante. Et aucun problème pour garer sa voiture: les places libres abondent. Il truffe alors de pièces le parcomètre, sous les yeux de deux contractuelles qui s’ennuient.

Il jouit ainsi d’une heure et demie de parking. C’est un peu court pour un repas de fête. Peu avant l’heure butoir, Laurent déplace son véhicule en zone bleue et retourne gueuletonner.

Tout au plaisir de la table, il dépasse de peu l’heure convenue. Mais les contractuelles veillent au grain. Laurent découvre en sortant la prune gelée de Noël. Qui lui reste sur l’estomac.

Carouge est-elle à ce point intéressée qu’elle ne puisse pas lâcher la pression, comme Versoix l’a fait en fin d’année? Les contrevenants légers y ont certes reçu une bûche de Noël. Mais une représentation de la pâtisserie, avec un petit mot de la police municipale leur rappelant les règles en usage et en leur souhaitant de joyeuses Fêtes. Classe!

Malgré tout, Laurent déclare à Carouge: «Sans rancune, je t’aime toujours...» Paraît que quand on aime, on ne compte pas!

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11/01/2017

Tant de blancheur

neige.JPGLes vacances sont à peine terminées que la neige se met timidement à tomber en plaine. Mieux vaut tard que jamais, direz-vous, mais tout de même: les glissades auraient été plus drôles sur les pistes que sur les trottoirs…

Mais l’or blanc n’en fait qu’à sa tête. Il se pose peu à peu sur le paysage pour lui adoucir les contours, voire brouiller les cartes. Et sa couverture froide, très lumineuse aussi, change nos repères habituels.

Mais cette blancheur est éphémère. En ville surtout, où elle ne peut tenir en place. Elle se marque et se salit à toute allure, avant de fondre dans la grisaille ambiante.

Serait-ce le propre du blanc que d’avoir une si courte espérance de vie? Songez aux habits de cette couleur qui le restent si peu après usage; à cette page vierge qui angoisse tant l’écrivain avant qu’il ne la remplisse de phrases. Et à ces panneaux publicitaires qui n’avaient jamais affiché tant de vide dans l’espace public genevois.

Combien d’entre eux sont-ils encore immaculés? A l’évidence, ces surfaces libres sont une invite à l’expression citoyenne ou artistique. Voire les deux à la fois. Et dire que nos élus découvrent à cette occasion que le canton regorge de gens talentueux. Il était temps!

Dans la neige fraîche, les pneus des voitures laissent aussi sur leur passage d’étranges motifs sombres; les doigts d’enfants dessinent des cœurs sur les pare-brise; ceux des plus grands tracent des messages moins poétiques; les petits pas des promeneurs constellent le tapis clair de motifs foncés.

Profitons-en! Bientôt, il ne restera plus rien de tout ce blanc comme neige.

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10/01/2017

La Thune se partage

Ça y est, c’est fait: Jules a été bouchoyé hier dans les règles de l’art, et son lard a fait des heureux. Tant mieux!

Nous l’avons partagé hier dans les locaux de la Julie et taillé le bout de gras avec les représentants des associations bénéficiaires, Partage, Le Caré et Café Cornavin (voir l’article en page 16).

Pour sa 21e édition, la Thune du Cœur a donc collecté 60 000 francs. Ouf! J’ai craint un instant de ne pas pouvoir atteindre cette somme. Mais avec les donateurs de dernière minute, les rouleaux de monnaie à rouler et les euros à changer, c’est bon, on y est tout juste arrivé. Bravo et merci à tous ceux qui ont rendu la chose possible!

Alors quoi, c’était si difficile que ça de réunir des fonds cette fois-ci? Oui et non! Les Genevois sont toujours aussi généreux, dans les milieux les plus divers, ce qui est extraordinaire.

Mais les temps sont durs pour certains. Alors ils donnent de l’argent, mais moins. Pas tous, certes. Disons que c’est une tendance générale. Et puis comme me le rappelait de façon un peu aigre une lectrice excédée par la Thune: «Vous n’êtes d’ailleurs pas la seule à faire une collecte pour les pauvres…»

Encore heureux! Car venir en aide à ceux qui en ont besoin n’est pas une chasse gardée. Et toutes les actions de solidarité sont utiles face à la précarité qui gagne du terrain chez nous.

Alors merci à ceux qui agissent, à l’Amicale des sapeurs pompiers de Plan-les-Ouates, aux spectateurs de la Revue genevoise, aux golfeurs anonymes, aux clients et au patron du RDV Café de la rue de Carouge et à tous les autres qui ont le cœur sur la main.

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09/01/2017

La santé d'abord

Jusqu’à quelle date peut-on souhaiter la bonne année à son entourage sans être totalement à côté de la plaque?

Jusqu’au 31 janvier, ai-je lu sur un site spécialisé dans les bonnes manières. Il faut le faire sans précipitation, mais aussi sans tarder, à la première occasion venue. Je saute donc sur cette première encre de l’an neuf pour vous souhaiter santé et conservation!

Car la santé, c’est tout, comme le rappelait non sans humour le comédien Vincent Aubert lors du beau concert de l’An donné par l’Ensemble instrumental romand au temple de la Madeleine, en adressant au public ses meilleurs vœux pour 2017. Et je n’ai pas résisté à la tentation de vous faire profiter de ses souhaits:

«-que vous puissiez vous passer d’Alka Selzer

-que le Dafalgan dépasse sa date limite de péremption sans douleur

-que votre lumbago devienne une destination de vacances ensoleillée

-que vos corps aux pieds soient sanctifiés

-que vos intestins ne soient plus lessivés

-que nos chairs soient sans faiblesse

-que nos volontés soient encore à faire

-que le réchauffement climatique s’attaque d’abord à notre cœur

-que le nucléaire illumine nos êtres

-que la musique batte toujours dans nos veines

et que nous n’oublions jamais le prénom d’Alzheimer. Bonne année à tous.» Santé, donc!

Ai-je encore oublié quelque chose? Ah oui: la remise de la Thune du Cœur a lieu ce lundi. Alors on en reparle demain.

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24/12/2016

Vivement Noël!

A force de courir comme des dératés, nous avons fini par y arriver, à Noël! Un peu lessivés, avec tous ces trucs de dernière minute à régler pour que la fête soit belle. Mais tellement soulagés d’y être, enfin!

Alors vous me permettrez de vous parler une fois encore de Jules cette année. D’ailleurs, ce sera la dernière, vu que je m’évade quelques jours. Le cochon, lui, continuera à boulotter ferme jusqu’au passage de l’an neuf.

On en était où, déjà, dans le comptage? A la dernière pesée, ce vendredi, Jules indiquait 49 000 francs. Peut faire mieux, donc. Allez hop, un petit effort!

Les dons arrivent encore ces jours de partout dans notre tirelire en chef: les scrabbleuses d’Anières, la Pétanque de Confignon, les admirateurs du Sapinou de Perly, si fier de montrer ses boules, les sous du jeune et généreux Cédric, les élèves de la classe de piano de Chantal. Les crousilles posées à l’entrée de la Revue genevoise ont été fort bien farcies. Le spectacle se joue d'ailleurs jusqu’à la fin de l’année, n’hésitez pas à aller vous bidonner au Casino-Théâtre.

Mais c’est au temple de la Madeleine qu’il faudra se rendre dimanche 1er janvier à 18 h, pour le concert de l’An. Placé sous la direction du maestro Eric Bauer, l’Ensemble instrumental Romand jouera des œuvres de Vivaldi, Bach, Piazzolla et Gardel pour nous filer la patate, en compagnie du comédien Vincent Aubert. L’entrée à ce concert est libre, collecte à la sortie en faveur de la Thune. Ben oui! D’avance, merci aux musiciens!

Je vous retrouve à la rentrée pour la remise de la Thune aux associations. D’ici là, Joyeux Noël et bonne année, pleine de bonheur!

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23/12/2016

La Thune, what else!

Vous en reprendrez bien une louche?

De quoi? Mais de Thune, bien sûr! Wath else, lâcherait le beau Georges, le sourire en coin. Pour ma part, je me contente de Jules, baron de la Crousille. D’ailleurs, il n’y en a que pour lui dans les petits mots qui me parviennent.

«Pour l’adorable Jules», «Pour le charmant Jules», «A Sa Majesté porcine» quand ce n’est pas «Un gros bisou sur le groin de mon cochon préféré», et je ne vous dis pas tout. Quelle star, celui-là. Et quelle allure! C’est qu’il commence par s’arrondir, le cochon…

«Jules n’ayant pas de cholestérol, un peu de gras ne lui est pas déconseillé» constate un sympathique donateur, en lui donnant de quoi prendre un tour de taille supplémentaire. «Pour son festin de Noël», en rajoute une autre, en glissant des billets dans sa panse.

Les Gourmettes de Genève ne sont pas en reste, elles qui aiment se voir autour d’une bonne table. Elles ont ainsi nourri le nourrain entre deux plats alors qu’ailleurs, les participants aux apéros de la courette des Noirettes collectaient des sous pour le Jules entre deux tournées. Hips. Et Santé à tous!

Plus loin, ce sont les joueurs du Club de bridge du Mouvement des aînés et du club de bridge rive gauche qui ont pensé à la Thune, alors que les tisserandes des Avanchets et la petite cellule de l’association Espéranto Genève-régions faisaient de même.

Je ne vais pas oublier de remercier encore le service de la petite enfance et des espaces verts de la commune de Vernier, le vide-greniers d’Anières, les artisans de Puplinge et les habitants des Eaux-Vives qui ont fait prospérer Jules. What else? Vous le saurez demain!

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22/12/2016

Des dons de saison

On ne peut pas plaire à tout le monde! Je vais donc à nouveau énerver ceux qui trouvent que j’en fais trop ces temps-ci avec la Thune du Cœur. Mais c’est de saison, ma foi. D’ailleurs, qui d’autre que moi en parlerait?

La radio, la télé, les autres journaux? Faut pas rêver. C’est chacun pour soi. Même si c’est pour une bonne cause. Alors je profite de ces lignes pour vous signaler ce qui se passe dans cette dernière ligne droite avant Noël et le passage à l’encre blanche, voire sèche.

La Thune vient de recevoir un bon coup de pouce du Conseil administratif de Chêne-Bourg. Grand merci, ça fait du bien! Si ce geste pouvait inciter d’autres communes genevoises à faire de même, ce serait drôlement positif.

Ce n’est pas que ces collectivités ne fassent rien pour soulager ponctuellement des associations ou des gens dans le besoin. Mais s’il leur restait des sous après avoir bouclé leur budget, et qu’elles ne savent pas comment les dépenser, qu’elles pensent à la Thune! Et aux gens qui ont recours aux services de Partage, Le Caré et Café Cornavin, les associations bénéficiaires de cette action.

La commission sociale de Migros Genève a ainsi réservé le solde de ses économies pour Jules, en le truffant de thunes, ce qui est adorable de sa part, compte tenu des sollicitations qui lui parviennent.

Le service des objets trouvés vient aussi de bouchoyer les cochons dans lesquels ceux qui perdent tout ont glissé des pièces en signe de reconnaissance. Vive les distraits généreux ainsi que les retraités de la Société Générale de Surveillance qui ont fait une collecte lors de leur repas annuel. Miam, fait Jules! Ou grouik!

La suite demain…

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21/12/2016

Les clichés de Noël

La magie de Noël, donc…

C’est la période de l’année où s’alignent les clichés: les publicités nous inondent de scènes de retrouvailles familiales dans des salons douillets et chaleureux, alors que tombe la neige au dehors.

Enfants et adultes ont l’air comblés près du sapin joliment décoré, avec des tas de cadeaux dessous, ou réunis autour de grandes et belles tables chargées de victuailles.

Les bulles des boissons pétillent, les lumières brillent, les clochettes tintent et les sourires n’en finissent plus de s’épanouir. Toutes ces scènes baignent dans beaucoup d’amour et d’opulence. Dieu que c’est bon tout ça.

Bon, la crèche et l’aspect religieux de Noël sont les grands absents de ces représentations. L’essentiel, visiblement, c’est de fêter. Et de faire rêver les foules sentimentales.

Malgré tout ça, chacun fera au mieux à Noël. Avec sa famille, simple ou recomposée. Avec ses amis. Ou seul.

On sait que cette période de l’année est particulièrement dure à vivre pour les personnes isolées, exclues ou dans la précarité. Que c’est le temps de tous les dangers. Et ce n’est pas un cliché.

Alors pour que ce Noël apporte un peu de chaleur à ces gens fragilisés, pourquoi ne pas en inviter à sa table, même si elle n’a pas cinq étoiles? Ou offrir un peu de son temps aux associations qui se mobilisent pour accueillir ces personnes pendant les Fêtes de fin d’année?

Un calendrier de l’Hospice général recense toutes les activités rassembleuses proposées, et il y en a de très belles. Serait-ce là aussi la magie de Noël?

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Les clichés de Noël

La magie de Noël, donc…

C’est la période de l’année où s’alignent les clichés: les publicités nous inondent de scènes de retrouvailles familiales dans des salons douillets et chaleureux, alors que tombe la neige au dehors.

Enfants et adultes ont l’air comblés près du sapin joliment décoré, avec des tas de cadeaux dessous, ou réunis autour de grandes et belles tables chargées de victuailles.

Les bulles des boissons pétillent, les lumières brillent, les clochettes tintent et les sourires n’en finissent plus de s’épanouir. Toutes ces scènes baignent dans beaucoup d’amour et d’opulence. Dieu que c’est bon tout ça.

Bon, la crèche et l’aspect religieux de Noël sont les grands absents de ces représentations. L’essentiel, visiblement, c’est de fêter. Et de faire rêver les foules sentimentales.

Malgré tout ça, chacun fera au mieux à Noël. Avec sa famille, simple ou recomposée. Avec ses amis. Ou seul.

On sait que cette période de l’année est particulièrement dure à vivre pour les personnes isolées, exclues ou dans la précarité. Que c’est le temps de tous les dangers. Et ce n’est pas un cliché.

Alors pour que ce Noël apporte un peu de chaleur à ces gens fragilisés, pourquoi ne pas en inviter à sa table, même si elle n’a pas cinq étoiles? Ou offrir un peu de son temps aux associations qui se mobilisent pour accueillir ces personnes pendant les Fêtes de fin d’année?

Un calendrier de l’Hospice général recense toutes les activités rassembleuses proposées, et il y en a de très belles. Serait-ce là aussi la magie de Noël?

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20/12/2016

Un merci, c'est tout!

Les gens sont vraiment très polis, ici.

Quand on leur demande s’ils peuvent donner de l’argent pour la Thune du Cœur, comme nous l’avons encore fait samedi dernier à Balexert, avec une chouette équipe de bénévoles, certains chalands disent merci et passent leur chemin.

C’est ce merci que je ne comprends pas! Car ces personnes interpellées ne nous doivent rien! Elles pourraient faire semblant de ne rien avoir entendu. Ou alors marcher tête basse pour éviter de nous voir, bien qu’un cochon d’un mètre vingt au garrot se dresse à deux pas d’eux. Le gros Jules ne passe pas inaperçu, même dans un centre commercial débordant de biens!

Mais non. Ces personnes disent merci en passant, sourient vaguement et filent plus loin.

Merci pourquoi ou de quoi, je vous le demande! De ne pas insister lourdement? De leur avoir adressé la parole en les regardant dans yeux? Ou est-ce une façon de décliner l’offre en y mettant les formes? Dans ce cas, on dirait plutôt non merci… Mystère!

D’autres clients n’ont rien dit du tout mais ont filé des thunes à Jules. Et c’est nous autres gardiens de tirelires roses qui avons alors dit merci aux donateurs. Avec une mention spéciale à Ghyslaine qui a glissé une sympathique enveloppe collective dans l’animal et nous a remis un petit cochon douillet et mécanique qui a fait les cent pas devant le stand et attiré les enfants avec ses «grouik grouik grouik». Ambiance!

Un immense merci aussi à tous ceux qui participent à la Thune sans se faire connaître et à qui je ne peux pas envoyer le mot magique. Lequel, déjà?

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19/12/2016

L'aurore genevoise

Tout le monde n’a pas les moyens, ou l’envie, de se rendre ces temps-ci dans le grand Nord pour se pâmer devant une aurore boréale.

Le spectacle est grandiose, émouvant, hallucinant, confient ceux qui ont eu la chance de vivre ce phénomène lumineux et imprévisible. Les veinards.

Car le ciel qui entre en transe prend des couleurs allant du vert au rose, du rouge à l’indigo violet, en des formes libres et mouvantes. Cette chorégraphie céleste et magique étourdit les humains. Même les plus blasés!

Un artiste genevois s’est mis en tête d’apporter cette émotion visuelle là où elle ne viendrait jamais naturellement. Chez nous, par exemple.

Dan Acher, à qui l’on doit déjà CinéTransat, les pianos à jouer dans les rues ou les boîtes d’échanges entre voisins, a mis au point une performance technologique pour simuler la chose. Grâce à lui et à son studio Happy city lab, nous pourrons voir des aurores boréales sur demande, ici et maintenant.

Evidemment, c’est un luxe de s’offrir pareille distraction par les temps qui courent. "Boréalis" demande en effet une grosse installation technique, et donc des moyens conséquents. Mais alors que brille la manifestation "Geneva Lux" sur la cité, je me dis que cette œuvre a toute sa place dans le ciel genevois. Ceux qui l’ont vue pour la première fois en novembre au-dessus du Rolex-Center à l’EPFL ne diront pas le contraire...

D’ailleurs si notre créateur est en tractation avec des villes comme Lyon ou Montréal pour faire tourner Boréalis,  pourquoi pas Genève?

Une aurore boréale au-dessus de la rade? J’en rêve déjà…

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17/12/2016

Le jambon et le groin

julesgros.JPGBen mon cochon, l’heure est grave! Faut vraiment te remuer le jambon ou jouer du groin pour sensibiliser les Genevois à ta mission, Jules.

Car les appels aux dons pour soulager les plus démunis d’ici ne manquent pas en cette saison. Même la Radio suisse romande s’y met. C’est dire si la situation est préoccupante.

Suffit de lire la page Evénement de ce jour pour réaliser combien la précarité prend discrètement ses quartiers dans cette ville si opulente.

Alors si les foules ne viennent pas facilement au nourrain de la Thune du Cœur, autant aller à leur rencontre. Le gros Jules à roulettes sera ainsi de sortie samedi, avec sa tribu rose et cochonne, au centre commercial de Balexert, de l’ouverture à la fermeture des lieux.

Autant le dire tout de suite, l’animal n’est pas à vendre. Ni lui ni ses copains. Ils sont là pour se remplir d’oseille jusque derrière les oreilles, pas pour se tirer avec le premier venu.

Ces tirelires roses seront d’ailleurs sous bonne garde, celle des amis de la Thune et des nombreux bénévoles du Centre genevois du volontariat. Venez donc engraisser ces joyeux nourrains entre trois courses de Noël et tailler ensemble le bout de gras!

A peine remis de son bain de foule à Balexert, Jules s’en ira faire une autre virée, lundi 19 décembre au kiosque des Bastions, sur le coup de 18 h.

Faut dire qu’il aime la musique et là, il sera aux anges: le chœur de gospel universitaire, le chœur de la cathédrale et le groupe Gospel Spirit interpréteront des chansons de Noël sur le thème «What a wonderful world». Ambiance! Jules pourra alors se remuer le jambon ou jouer du groin à son aise...

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16/12/2016

Sous la mer de nuages

Il y a comme ça des gens qui nous font du mal. Qui nous envoient des photos montrant une mer de nuages au-dessus de laquelle ils se trouvent, et d’où ils nous narguent.

Car ces bienheureux planent au soleil sous un ciel totalement bleu, eux!

Alors que nous autres de la plaine baignons dans une grisaille humide et monotone. C’est un peu moche de nous enfoncer de la sorte, non?

Comme si cela ne suffisait pas à nous plomber le moral, des jardiniers tondaient hier encore les platanes du quai des Eaux-Vives. Ne restaient, après cette coupe rase, propre et nette, que de tristes moignons tendus dans la bruine genevoise. C’est d’un gai!

Qu’on accroche au moins des boules de Noël, des guirlandes ou que sais-je à ces restes de branches pour les choyer un tantinet. Car cette alignée d’arbres fraîchement dépouillés fait peine à voir. Bref. Vivement qu’un brin de soleil revienne pour que fonde cette morosité ambiante.

Mais le soleil, il est dans nos cœurs!, me direz-vous.

Certes. Comme la magie de Noël… Celle que la Poste Suisse nous apporte gentiment dans nos boîtes aux lettres, sur une carte de vœux dessinée par la fille d’une factrice lucernoise.

«Des yeux qui pétillent, des moments de sérénité, des lumières qui brillent de mille feux: en décembre, le monde tourne un peu différemment.» Telle est la magie de Noël, selon notre géant jaune. Jaune? Comme le soleil…

Celui qui brille au-dessus de la mer de nuages. Et dire que le téléphérique du Salève rouvre ce vendredi et qu’il fait grand beau là-haut!

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15/12/2016

Le compte à rebours

Dans dix jours, c’est Noël! Au secours, on ne va pas y arriver…

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins: Jules a beau mettre dans cette histoire son cœur et ses tripes, sa panse contient actuellement 27 372 francs. Plus quelques euros. C’est bien, mais disons que pour parvenir, voire même dépasser les 77 000 francs récoltés l’an dernier, il faudrait une mobilisation générale!

Ce n’est pas pour faire toujours plus grand ou toujours mieux. Mais si le but de l’opération est de venir en aide aux plus démunis du canton, alors il est temps de se retrousser les manches.

Certains l’ont déjà fait, et plutôt bien: le Beau Lac de Bâle n’a pas hésité à casser sa tirelire pour la Thune après le concert d’Escalade de samedi au Pickwick. Leur cachet plus la collecte faite dans un pt’tit Jules. Vive ces rockers au grand cœur!

Des musiciens ont joué du ukulélé et de l’accordéon lundi soir, au froid, pendant que le public se réchauffait de soupe et de vin chaud. Ceci en faveur de notre action de solidarité. Quelle belle équipe, l’ex-jeunesse de Plan-les-Ouates!

Ce compliment vaut aussi pour le Club des aînés de Perly-Certoux qui a fêté l’Escalade en truffant le nourrain de thunes. Une bonne initiative, ma foi.

De l’autre côté du canton, des peintres sur porcelaine ont également œuvré pour Jules. Les dames de l’atelier Decorann de Vésenaz ont décoré, depuis l’été, des étoiles, des cloches et des sapins de Noël sous la houlette d’Annette et de Martine. Avec le fruit de leur travail et des dons, ces artistes généreuses ont préparé un festin pour Jules. De vrais anges, ces dames!

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14/12/2016

Des fleurs mortelles

Au cimetière des Rois, le temps du deuil n’en finit plus: l’exposition "Open End" joue les prolongations. Installée entre les tombes et les arbres à mi-septembre, pour célébrer les 150 ans du service des pompes funèbres de la Ville de Genève, elle restera finalement en place jusqu’au 15 janvier.

Pourquoi pas. C’est même plutôt une bonne nouvelle, car les sculptures déposées sur le frais gazon supportent bien le temps qui passe. Elles sont d’ailleurs nombreuses à faire sens en ce lieu, comme la fausse pierre tombale où se lit l’épitaphe de Groucho Marx «Je vous l’avais bien dit que j’étais malade», et dont l’humour noir fait toujours son petit effet.

Mais si l’on pouvait éviter d’avoir sous nos yeux, un mois de plus, la barrière de fleurs trépassées qui se dresse à droite de l’entrée principale du cimetière, ce serait une délivrance...

Certes, il s’agit d’une installation artistique. Certes, elle doit sans doute nous questionner sur notre rapport à la mort, la décomposition, le culte du souvenir et tout le tralala.

Mais quand on voit au quotidien cet étalage de produits périmés depuis des semaines, c’est pas seulement moche, ça devient aussi vite déprimant. Car les fleurs sont fanées et pourries dans leur emballage de guingois, les bougies ont rendu l’âme, les bouquets en plastique ont viré au fade et au tristounet.

Les temps actuels sont déjà assez lourds pour ne pas en rajouter une couche supplémentaire. Alors tant qu’à prolonger l’expo, faudrait remettre là des fleurs fraîches, des bougies neuves. Ou replanter des arbres dans le cimetière, pour redonner un peu de vie. On en a bien besoin!

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13/12/2016

Baron de la crousille

En cette période de Thune du Cœur, les enveloppes garnies se suivent et ne se ressemblent pas. Certaines arrivent par la poste, d’autres sont déposées à la réception ou en main propre.

Presque toutes sont destinées à Jules, parfois à lui et à moi et, ma foi, je les ouvre toutes. J’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur, le nourrain!

En plus des sous, certaines enveloppes contiennent des billets doux. Mon cochon rosit ainsi de bonheur devant ce poème rédigé par les vadrouilleurs de Conches, qui sont décidément toujours très inspirés. Voyez plutôt.

«Très cher Jules, qui te tiendrait «pour sot»?/ Baron de la Crousille/Toi qui d’aise frétille/Et que les écus émoustillent/Ton heure de gloire est revenue/Pour remplir ta panse dodue/Alors, tous ensemble ré-écoutons/La Truie de Chou Vert et méditons/Ta sage devise: qui vivra verrat…/ Pourvu que tous, on arrive à bon porc…»

Jules chavire aussi de voir toutes ces coupures venues de partout, petites et grandes, avec ou sans bisous ajoutés, remplir gentiment sa panse.

Alors merci aux donateurs connus et fidèles, Olivier, Rosemary, Eric et aux généreux anonymes. Merci aux Perruches, ces dames âgées de 50 à 89 ans qui se sont réunies autour d’un repas et qui ont pensé à la Thune, comme l’a aussi fait le groupe «sport» de l’Association d’Usagers des Bains des Pâquis.

Par contre, je ne sais pas si le groupe de Dames de la paroisse protestante de Châtelaine s’est réuni ou non autour d’un repas, mais une chose est sûre: c’est bien Jules qui a été nourri!

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12/12/2016

Bien au chaud dedans

C’est Noël avant l’heure, me dit Martin. Pourquoi une telle félicité? Parce que les CFF ont tenu leur promesse: la salle d’attente de la gare de Coppet est à nouveau chauffée, et même très bien chauffée! Ce qui, par les temps qui courent, est plutôt une bonne nouvelle.

Mais dans sa hotte de Père Noël, l’entreprise ferroviaire n’a pas prévu de bancs supplémentaires pour la gare Cornavin, comme espéré par de nombreux clients.

Ce serait pourtant si pratique, des bancs publics, quand il faut attendre un train ou quelqu’un, plaide Clotilde, qui n’a pas forcément envie d’aller au bistrot d’à côté pour trouver une place assise. Franchement, dit-elle, l’accueil réservé aux visiteurs n’est pas terrible, dans cette belle gare.

L’autre jour, il y avait beaucoup de touristes asiatiques assis sur les marches d’escaliers, faute de trouver mieux pour poser leur séant.

Eh bien, diraient les CFF, dommage pour eux. Car une salle d’attente existe à Cornavin! Elle est d’ailleurs faite pour ce genre d’usage et en plus, elle n’est pas aux courants d’air.

Car les seuls autres bancs publics installés dans le périmètre de Cornavin se trouvent effectivement sur les voies. Là où les passagers ne posent pas leurs fesses quand il gèle ou vente au dehors.

Dedans, ce serait bien mieux, avec des sièges installés çà et là pour permettre aux clients de se reposer un moment en regardant passer les gens. Car une gare, c'est tout un spectacle!

Les CFF sont d’un autre avis. Les halls et couloirs sont faits pour que les flux de milliers de passagers passent vite et sans encombre. A eux la priorité, de droite et de gauche. Les autres sont mis sur la touche. Mais sans le banc!

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10/12/2016

Cochon de soutien

Les Américains ont parfois de drôles d’idées.

Pour ceux qui ont peur de prendre l’avion, l’aéroport de San Francisco a trouvé une solution. La "wag brigade", soit un groupe de chiens mis à disposition des passagers qui peuvent les caresser ou jouer avec eux pour se tranquilliser avant l’embarquement.<

Paraît que ça aide à réguler la pression artérielle et les battements du cœur, en cas de stress. Je devrais y songer.

Mais là où ils font très, très fort, les gens de l’aéroport de San Francisco, c’est qu’ils viennent d’embaucher un cochon de soutien. Copieurs, clame mon Jules!

Sauf que ce LiLou-là est en fait une cochonne! Avec les toutous de service, elle se balade dans les terminaux avec un tutu bleu et du verni à ongle (la couleur n’est pas précisée!), plus une veste où c’est joliment brodé dessus «pet me!» (caressez-moi!) Quand je vous disais qu’ils avaient de drôles d’idées, ces Américains...

Jules, lui, ne se laisse pas caresser. Il préfère qu’on le truffe de thunes. Faut dire qu’il a la dalle! Pour l’heure, il a environ 17 000 francs dans son bidon, ce qui n’est pas très lourd. Bon, il sait que des collectes s’organisent à l’Escalade pour le faire prospérer, ça le rassure un peu.

Et puis il s’active. Il campera samedi au MParc la Praille pour boulotter tant et plus d’oseille et sera de sortie le même soir au Pickwick pour le concert donné par le grand et Beau lac de Bâle, dès 21 h (80, rue de Lausanne.)

Rebelote lundi 12 décembre à 20 h. Une soirée «Ukulélé et accordéon» est organisée à Plan-les-Ouates par l’ancienne jeunesse locale en faveur de la Thune du Cœur, avec soupe et vin chaud. Miam! Et c’est où? Au 187 route de Saint-Julien!

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