Bestiaire genevois

Trois nouvelles de nos amies les bêtes.

Les hirondelles, tout d’abord. Je vous parlais samedi de nids obstrués par des mains peu amicales à Lullier. D’après Jac, pas de quoi en faire un plat! Lui-même condamne chaque année les dix nids accrochés sous son avant-toit. Il le fait surtout pour éviter que les piafs ne s’y installent. Puis il ôte ces bouchons, début avril, quand les voyageuses reviennent d’Afrique. Pas de souci, donc: les hirondelles sont toujours attendues et espérées. Comme le printemps!

Le chat, ensuite. Olivier me signale que le haret noir et blanc des Charmilles est mort vendredi, fauché par un véhicule. Ce SDF majestueux avait ses inconditionnels dans le quartier. Mon informateur assure ne pas en être, lassé qu’il était de le voir dormir sur le toit de sa voiture. Le matou vagabond trouvait chic de faire sa sieste sur une toile de cabriolet! N’empêche. C’est bien Olivier qui s’est arrêté, rue de Lyon, de nuit, pour rendre hommage à la mascotte des Charmilles étendue sur la chaussée. Cette histoire fait office de lettre de faire-part, dira-t-il sobrement.

Le lapin, enfin. Je parle ici de la statue qui fête Pâques toute l’année à la place du Cirque. J’ai reçu cette lettre, signée «abasourdi»: «Les filles qui ont, lors de la journée des femmes, dérobé puis jeté dans le Rhône le gros lapin jaune du Café Remor, ont fait beaucoup pour l’égalité des sexes, au Panthéon de la bêtise.» Bien vu! Si ces miss regrettent de l’avoir pareillement roué de coups et balancé à la flotte, qu’elles viennent lui refaire une beauté. Car le lapin, fidèle au poste, est désormais mastiqué de partout et un brin pâlot. Un bon coup de peinture lui ferait du bien!

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